LE VIEUX PECHEUR

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LE VIEUX PECHEUR

100_0112La baie de txingudi avec en premier plan les ruines du fort de Vauban, et au fond Fuenterrabia et son fort de Charles Quint.
Deux ennemis, face à face, dans un cadre paisible , qui parle de paix

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HENDAYE

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MON BAS-QUARTIER
Bien que n’en étant pas ,je l’emprunte sans cesse soit pour aller en ville, ou pour faire l’inverse. Le traversant ainsi chaque fois en entier
On dit de moi, bien sûr qu’ elle est du Bas-quartier
Eh bien ! puisque j’en suis, que je vous le présente : C’est un grand carrefour au bout de rues en pente, Des maisons en souci d’un vague alignement N’offrant, pour tout cachet, que leur délabrement
Le Bas-Quartier n’est pas son vrai nom d’origine , iI n’est pas bien ancien comme on se l’imagine; la baie en l’occupant en faisait un bon port
Très à l’abri des vents , à l’ombre du vieux fort.
Harri-Chabaleta, rives harmonieuses s’éveillant aux échos d’histoires merveilleuses Que contaient à l’envie de très anciens pêcheurs S’étendant sur leurs joies et peu sur leurs malheurs.
N’étant plus visité par l’antique baleine, D’autre part n’allant plus à la pêche lointaine le progrès a détruit un ordre primitif.
Car jamais rien n’est stable ou bien définitif.
Le port devient un luxe aux beautés superflues, Rappelant les départs vers les bancs de morue Hendaye a chassé l’eau pour gagner du terrain
Tant mieux pour aujourd’hui mais tant pis pour demain
Foin de vieux souvenirs. Tout pour le modernisme
Faisons donc place nette et pensons au tourisme.
Adieu Vieux-Fort, remparts, pont – levis, souterrains, échauguettes, réduits, rasons tout de nos mains.
Harri-Chabeleta, c’est en pieux hommage
, Que j’ai fait ce poème à ton premier visage : Les vieux chalets sont là, s’il manque un ponceau,
On peut y voir quand même Hendaye en son berceau .

Joséphine Moléres

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HARRI XABALETA
UN PORT SANS BATEAUX

image20Petit , certes, mais protégé par deux mamelons celui d’Ouristi et celui du fort de Gaztelu ,et ouvert par un étroit passage vers la baie de Xingudi ,alimenté par deux ruisseaux celui d’Aizpurdi , et celui de Zapatenia, et l’eau de la marée, à l’abri des raids des marins de Fontarrabie nos farouches voisins qui interdirent toute navigation pendant 653 ans .Alors il a fallut chercher ailleurs : le port de Saint Jean de Luz les accueillit.
On sait peu de choses sur Harri Zabaletta qui subit en 1793 lors de la guerre de la Convention un bombardement et une invasion de l’Espagne suivi d’une mise à feu systématique, puis 20 ans plus tard , une autre invasion par les troupes alliées d’Angleterre, du Portugal et à nouveau de l’Espagne et Napoléon

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LES MARINS —
LES PECHEURS –LES CORSAIRES

Les braves et aventureux marins de Hendaye méritaient de sortir de l’oubli dans lequel ils étaient plongés. Pour peu que l’on ouvre un livre d’histoire maritime, on les trouve un peu partout, mais jamais on n’avait eu la pensée de les rechercher pour réunir leurs actions d’éclat en un seul ouvrage et leur rendre ainsi le juste hommage qui leur était dû.
Sans nul doute, les basques ont été considérés comme un peuple d’hommes qui, du fait de leur soif d’aventures ou de leur caractère entreprenant, n’ont pas hésité à s’élancer au-delà des horizons qui les étouffaient. Mais ,malgré leur amour pour leur pays, les Basques quittèrent leur terre poussés par le besoinde suppléer à une terre stérile et par leur soif d’aventures, ayant à leur actif le voisinage de la mer L
Ce silence de divers auteurs sur les capitaines de navires et les officiers d’Hendaye, résulte sans doute du fait que les archives de cette ville furent détruites entre autres par les Espagnols lors de l’occupationde six paroisses frontalières d’octobre 1636 à octobre 1637, mais également en 1793 lors de la guerre de la Convention, et enfin en 1813-1814 par les alliés du général anglais, Wellington, l’Espagne et le Portugal
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Quand on parle de Hendaye , on pense Pellot.
Il est fêté comme il se doit.
Pour la fête Basque il à même droit à un char !
Peut être pense- t-on à un second marin, avec Suhigaraychipi.
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Alors nous allons essayer de vous raconter , comment avec un port, « sous scellé  » Hendaye figure parmi les plus importantes villes maritimes du littoral basque , en nombre de marins, à l’égal de Saint de Luz, Ciboure et Fontarrabie .

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la baleine à bosse à Hendaye

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PREHISTOIRE
LEKEITIO-MUNDAKA
Avant de parler longuement des baleines et de la vie de nos pêcheurs de Harri zabaleta , il serait judicieux je crois de faire une enquête pour en savoir davantage.
On a longtemps pensé que leur chasse était d’origine préhistorique mais sans disposer de preuves tangibles. En fait, plusieurs représentations paléolithiques (en particulier, dans le Sud-Ouest de la France et en Espagne)n’avaient pas été immédiatement reconnues comme telles.
LEKEITIO

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Lekeitio en Pays basque d’Espagne, nous disait que la présence humaine dans le territoire de la ville de Lekeitio- Mundaka remontait à la Préhistoire et était documentée par les restes trouvés dans le gisement de la grotte de Lumentza. par des harpons en os, en bois de renne, qui révèlent la pratique de la chasse à la baleine depuis des temps immémoriaux chez les Basques .Ce gisement avait été étudié et validé par Telesforo Aranzadi – un scientifique spécialiste en anthropologie, botanique et zoologie- et José Miguel de Barandiarán pendant les années 1930.
Nous avons voulu aller un peu plus loin pour trouver une certidude.
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Des os de baleine du paléolithique dans les Pyrénées
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Les chasseurs-cueilleurs de la fin du paléolithique supérieur ont eu un mode de vie littoral.
C’est ce que démontre le préhistorien Jean-Marc Pétillon, chargé de recherche au CNRS à Toulouse.
Non, l’homme préhistorique n’était pas qu’un homme des terres et des grottes.
Les chasseurs-cueilleurs de la fin du paléolithique supérieur ont eu un mode de vie littoral.
C’est ce que vient de montrer le préhistorien Jean-Marc Pétillon, chargé de recherche au CNRS à Toulouse*, dans une étude publiée en ligne dans le Journal « of Human Evolution » .
Il a réexaminé des pièces d’une quarantaine de collections, issues de 23 sites occupés dans les Pyrénées entre moins 18.000 et moins 15.000, exhumées au cours de fouilles entre la fin du 19e siècle et les années 1970.
En particulier des pointes de sagaie, classées un peu vite comme étant en bois de renne.
« Or, j’avais déjà identifié, dans la grotte d’Isturitz, que certaines étaient en os de grand cétacé. J’avais l’intuition que ces pièces étaient différentes », explique le préhistorien. Un premier examen visuel l’a encouragé et a été confirmé par des analyses physico-chimiques réalisées avec les chercheurs du laboratoire du musée du Louvre.
Au total, une centaine d’outils en os de baleine ou de cachalot ont été identifiés.
« Il est difficile de reconstituer le mode de vie de ces nomades sur le littoral marin, car, à cause de la montée du niveau des eaux, ces sites sont désormais à 100 m sous l’océan. Depuis dix ans, nous sommes donc de plus en plus attentifs à tous les indices indirects.
. » Nos ancêtres récupéraient sans doute ces os sur des carcasses échouées de baleine et de cachalot, à l’époque foisonnants dans le golfe de Gascogne.
Un matériau idéal pour tailler des projectiles plus résistants que les os terrestres ou les bois.
L’étude montre que ces outils sont disséminés sur le versant nord des Pyrénées, du littoral atlantique jusqu’à l’Ariège. Comment sont-ils arrivés jusque-là ? « On imagine deux hypothèses : soit ces nomades se sont déplacés avec leurs pointes de sagaie, soit il s’agit d’échanges de proche en proche. »
De quoi considérer d’un œil neuf d’autres objets paléolithiques, « comme ceux des sites du nord de l’Espagne, Cantabrie, Asturies et Galice
* Laboratoire Travaux et Recherches archéologiques sur les cultures, les espaces et les sociétés, CNRS/Université Toulouse 2/Ministère de la Culture et de la Communication/EHESS/Inrap.
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En conclusion on est obligé de reconnaître que la pêche comme la chasse sont contemporaines de l’arrivée de l’homme sur terre.
L’homme a toujours chassé et il a toujours pêché comme il a toujours mangé ; mais la pêche comme la chasse se sont profondément modifiées avec le temps comme avec les besoins des individus ; au fur et à mesure que la société s’est formée, que les familles sont devenues des peuples et que le commerce s’est développé.
Il est hors de contexte en effet, que c’est pour poursuivre la proie convoitée, quelque gros poisson qu’il voyait lui échapper, que le premier marinier osa quitter le rivage où il était impuissant , pour se risquer sur un tronc d’arbre ou tout autre objet flottant qui le rapprochait de son gibier. Ce fut là évidemment le premier bateau monté par le premier navigateur.
Un basque de HariZabaletta. ?
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NOS VOISINS
les GROTTES DE SARE

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Les témoins d’occupation les plus anciens sont des racloirs et des éclats âgés d’au moins 45. 000 ans (Moustérien).
Puis viennent en plus grand nombre des outils (burins et pointes) d’environ 25 000 ans (Gravetien) et des lamelles et grattoirs d’environ 13 000 ans (Magdalénien). Les hommes chassaient alors au Pays basque le cerf et le bouquetin, qu’ils cuisaient sur des foyers à même le sol. Végétaux, baies sauvages et peut-être coquillages de l’Atlantique tout proche et poisson, complétaient leur menu.
Au Néolithique puis à l’âge du bronze, Lezea (l’une des grottes de Sare) fut occupée par des agriculteurs-éleveurs, comme en témoignent de nombreux fragments de céramiques et des ossements de bétail.
A peu de distance de Hendaye on devait les trouver aussi sur les bords de la Bidassoa , l’homme de Neandertal
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Faisons connaissance avec la Baleine
sardako baléa
La baleine a des ancêtres terrestres depuis 50 millions d’années
Elle était un mamifère prédateur Grâce à sa longue queue et ses grandes pattes-nageoires, elle pourchassait ses proies en nageant . Les Millénaires passant elle s’était transformée en poisson.

L’homme de cromagnon ne devait pas ête bien loin .
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Chaque baleine pesant autant que cinquante éléphants, lorsque l’une d’elle s’échouait sur la grève ou était ramenée au port c’était une aubaine pour nos populations.
Chaque animal apportait 35.000 kilos de viande, il en était tiré 30.000 kilos d’huile, des fanons pour les corsets, de la peau pour en faire des cordes et jusqu’aux os qui servaient, les vertèbres comme sièges et les côtes comme poutres.
Sans compter la langue, morceau de choix destiné soit à l’évêque de Bayonne soit au roi (de France ou d’Angleterre selon l’époque).
La baleine qui fréquentait le golfe de Gascogne est connue sous le nom de  » baleine des Basques » ou  » Balaena Biscayencis « . Sa tête est courte, sa couleur noire, pour une taille d’environ vingt mètres, un poids de 50 à 100 tonnes et se nourrit de petits crustacés  » le krill »
Elle passait l’hiver sur nos côtes, les femelles venant jusqu’à s’échouer pour mettre bas. L’été cette baleine remontait vers les côtes islandaises ou norvégiennes.

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HISTOIRE

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Le premier document écrit date de 670 et parle de la vente de 40 pots d’huile de baleines au nord de la France à l’Abbaye de Jumièges en normandie, par des Basques venus du Labourd
.Cette facture était accompagnée d’un texte de cinq lignes en langue basque.

Pour l’Antiquité, le site de Guéthary, mis à jour par Jean-Luc Tobie a permis de confirmer la présence près du rivage d’un «four à huile de baleine», et, vers l’intérieur, des bassins de salaisons de thon remontant au premier siècle après J.C.
On sait aussi que le site antique de Bayonne, Lapurdum, constituait un important marché de langoustes aux IIIe-IVe siècles après après JC

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Epoque romaine

AU MOYEN AGE

Les premiers documents connus qui témoignent véritablement de
cette activité datent des XIe et XIIe siècles.
En France, dès 1059, des redevances en baleine étaient perçues sur ces animaux,

Alphonse VIII de Castille et Ferdinand III étendront d’ailleurs le même privilège aux villes de Fontarabie en 1203, Motrico et Guétaria en 1204 et Zarauz .

Le mode d’entreprendre implique tellement de modifications dans
les méthodes de pêche, qu’il est permis de parler de technique basque autochtone.
Selon une hypothèse, cette technique aurait été acquise dès le IXe siècle en chassant les cétacés qui venaient régulièrement détruire les filets de pêche.
. Découvrant que la baleine était timide et inoffensive,les Basques se seraient aventurés à la pêcher avec des harpons.
C’est alors qu’ils découvrirent l’immense valeur de cet animal . En l’espace d’un siècle, les Basques maîtrisèrent cette pêche au point de devancer tous leurs concurrents du Nord de l’Europe où le déclin de la pêche coïncide avec le sommet de l’activité basque aux XIIIe
et XIVe siècles.
Pendant plusieurs siècles, la capture de ces cétacés procurera des revenus importants à tout le Pays basque de Saint Jeande-Luz en jusqu’à la Cantabrie en Espagne.. Cette nouvelle source de revenus était d’autant plus bienvenue que le Pays basque en général, mais surtout la région du Labourd, était stérile et seule la pêche rapportait un bénéfice certain.

Les archives de Biarritz et de Lequeitio en particulier, témoignent abondamment de ce fait. Bon nombre de fruits et de légumes étaient encore inconnus à cette époque. La pêche fournissait donc l’essentiel du repas d’autant plus que l’année comptait 166 jours de jeûne qui étaient préconisés par l’Eglise !.

Contrairement à ce qui se produira lorsque les Basques armeront pour des expéditions au long cours aux XIIe, XIIIe et XIVe siècles, on utilisait alors toutes les parties de l’animal: la chair servait à nourrir les populations pauvres et les équipages de navires; l’huile se transformait en lumière et en lubrifiant ou entrait dans la préparation de divers produits comme le savon, la laine, le cuir et la peinture; les fanons, que les Basques utilisaient dès le XIIe siècle, s’employaient dans la confection des vêtements, des décorations comme les plumeaux des casques de chevaliers, des chapeaux de femmes, des corsets, des tabatières, des ressorts de chaises, des soies de brosses à cheveux, des cerceaux de jupes dont la grande robe de la reine; les vertèbres, les côtes et les mâchoires devenaient des sièges, des clôtures, des poutres, des ex-voto placés de chaque côté des portes d’églises et même des moellons comme c’est le cas dans plusieurs bâtiments médiévaux de même les excréments étaient utilisés pour teindre les tissus en rouge ,

Les premiers documents connus qui témoignent véritablement de
cette activité datent des XIe et XIIe siècles.
En France, dès 1059 (sous Philippe Ier),des redevances en baleine étaient déjà perçues sur ces animaux,
D’Aussy ,dans La vie privée des Français cite un manuscrit du XIIIe siècle selon lequel les marchés de Bayonne, de Ciboure et de Biarritz vendaient de la langue de baleine.
Cette partie de l’animal était un mets de la plus haute délicatesse réservé au clergé ou au roi
En 1565, deux quintaux en furent offerts à Charles IX et à Catherine de Médicis.
Aux XIIIe et XIVe siècles, les prises étaient à ce point importantes
que les autorités royales et ecclésiastiques virent, dans la pêche de la baleine, une façon d’accroître leurs revenus,
Jusqu’au milieu du XIIe siècle et en vertu d’une clause des jugements d’Oléron, les Basques avaient été exemptés du droit de pêche; c’est donc dire que les sommes qu’ils versaient à leurs suzerains étaient des dons et non des impôts.
C’est Henry II, roi d’Angleterre (1154-1189) et duc de Guyenne, qui
reversa cette clause. Les archives basques contiennent des dizaines d’exemples de taxes et de redevances perçues sur ce commerce à partir de cette époque: à Biarritz, un règlement de 1268 fixait les droits
Aux XIIIe et XIVe siècles la pêche de la baleine se pratiquait en
haute mer dans le golfe de Gascogne.
Les impôts datent depuis longtemps


Les Hendayais supportaient mal les droits de coutume qui frappaient les marchandises passant le frontière. Ils avaient obtenu l’exemption de la moitié de ces droits qui revenaient au roi. Mais bayonne continuait à percevoir la partie de la ville. Des différents furent soulevés entre Hendaye et Urrugne contre Bayonne à ce sujet. Les taxes étaient très élevées et les infraction à payer très importantes Les Hendayais durcirent leur conduite à l’égard de la perception .
Les receveurs venaient à Hendaye dans la crainte, car les Hendayais ne les ménageaient guère, et leurs redevances étaient payées à coup de baton.

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Manuscrit d’Islande du Moyen Age: Dépecage d’une baleine
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ET L’ADOUR CHANGEA DE LIT

ET FIT LA FORTUNE DE SAINT JEAN DE LUZ
et dans une moindre mesure de ses VOISINS.

Vers 1310 , se produisit un évènement imprévu , qui porta un coup terrible à Bayonne et contribua à la prospérité de Saint Jean de Luz .L’ Adour changea de lit, l’ancienne embouchure étant bloquée par les sables, le fleuve se déversa dans la mer plus loin, au Nord par des canaux qui ne présentaient pas une profondeur suffisante pour la navigation.époque et obligea la plupart des armateurs de Bayonne à se réfugier à Saint-Jeande-Luz et même à Saint-Sébastien.
, Toute une population de marins, d’ouvriers,, de maneuvres vint s’y installer; les gens de la campagne qui allaient à Bayonne se dirigèrent vers cette ville qui d’un port exclusivement destiné à la pêche, devint aussi un port de commerce.
Ciboure prit aussi son essor, Urrugne Ascain, Bidart, Guétary y portèrent leurs bateaux , Hendaye conforta sa présence Cette grande importance ne provenait que de la ruine momentanée de Bayonne.
, Guéthary, Bidart , Biarritz et Hendaye, qui ne formèrent jamais d’armements particuliers, se contentèrent d’envoyer leurs braves et intrépides matelots former une grande partie des équipages de marins et de de corsaires mis en mer par les trois ports que nous venons de citer . Nous ajouteront pour Hendaye aussi : Pasajes et Saint Sébastien.
Celà dura ainsi jusqu’au 17 ème siécle – soit 6 siècles- .
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Hendaye avait trouvé un port depuis longtemps déjà, celui de toute la côte Basque ,de Biarritz de Guétary de Bidart de Ciboure
SAINT JEAN DE LUZ
devint le plus important de France

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La Baleine

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. C’est de cette époque que datent les méthodes de pêche qui seront en usage jusqu’au milieu du XIXe siècle.

Un des grands avantages des Basques était de voir défiler le long de leurs côtes, à partir de l’équinoxe de septembre et pendant tout l’hiver, des centaines de baleines qui accomplissaient leur périple annuel vers les mers tempérées du Sud
Ces cétacés, qui portent le nom chez les Basques de « sardako », ce qui signifie baleine vivant en groupe. Cette espèce se déplaçait en bancs avec femelles et baleinaux qui fermaient la marche.
Elles étaient une proie rêvée en comparaison d’autres espèces trop rapides pour être poursuivies par des embarcations ou trop puissantes pour être capturées avec les moyens de l’époque.
Elles avaient surtout la capacité de flotter après leur mort, et pouvaient être remorquées jusqu’à la côte ou jusqu’au navire pour les dépecer.

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CE QUI ARRIVA UN JOUR
. Quand nos « trés trés  » lointains anciens virent pour la première fois , ce jet d’eau projeté avec force depuis la surface de l’eau et entre deux vagues, ces masses noiratres qui ondulaient . Lorsque qu’ils trouvèrent une baleine échouée sur le sable de nos plages, ils furent vite en éveil
Ils furent sans nul doute vivement intrigués.

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Pas trop ,car ils se mirent très vite à la dépecer, puis avec prudence à la goûter.. puis à se demander comment faire pour en avoir une seconde.
La chasse à la baleine était ouverte
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Depuis quand : depuis toujours

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Pour survivre, les Basques furent les premiers à chasser les baleines dans le .Golfe de Gascogne
L’humanité avait d’abord découvert les qualités de la baleine en dépeçant celles qui s’échouaient sur le rivage. De tout temps, un tel événement avait été considéré comme une magnifique aubaine de la nature , par les populations côtières.

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LA DECOUVERTE
A HARRI-ZABALETA

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Sur la falaise d’Aragorri, face aux jumeaux, un rocher qui s’est toujours appelé Guetta.
De là un marin, scrutait la mer, de nuit et de jour à l’affût du moindre jet d’eau qui signale la présence de la baleine; prêt à avertir par les moyens les plus bruyants, de cette présence et par du foin humide qui faisait, allumé ,une fumée épaisse.
Plus bas dans la cuvette du vieux quartier de Belcenia, d’autres marins dormant à moitié, lançaient le branle bas de combat.. La pêche qui fut plus tard, la plus difficile et la plus périlleuse qui ait jamais existé, celle de la baleine, pouvait commencer. ——————

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Guéthary l’atalaye
lieu à des confrontations parfois sanglantes.
En 1581 une sentence de conflit dans la chasse d’une baleine entre Lekeitio et Ondarroa en Biskaya distants de quelques kilomètres laissa des traces profondes, en Gipuzkoa
Entre Hendaye et Fontarrabie plusieurs affrontements ,pour les mêmes raisons eurent lieu.
Les villes de
Fontarabie, Guetaria, Motrico, Lequeitio, Bermeo et Castro Urdiales ont toutes des baleines dans leurs armoiries, ce qui implique que la pêche de ce cétacé était une caractéristique reconnue de ces villes.
Sur la Côte basque Biarritz Guéthary et Hendaye ont aussi la baleine dans leur blason.
Plusieurs maisons possédaient aussi une pièce du rez-de-chaussée réservée à la fonte du lard.
Encore au début du XXe siècle, des vestiges de tours ou de vigies témoignaient d’une époque où les Basques scrutaient la mer de
ces postes d’observation.

Biaritz

image34BIARRITZ la vieille tour de l’atalaye

Au début, la baleine était chassée sur les côtes , au cours de
campagnes qui allaient du mois d’Octobre au mois de Mars, lorsqu’elles descendaient depuis les mers gelées du Nord.

. Ne dépassant pas 20 mètres de longueur, ces baleines étaient
lentes et inoffensives. Elles étaient une proie rêvée en comparaison
d’autres espèces trop rapides pour être poursuivies par des embarcations ou trop puissantes pour être capturées avec les moyens de l’époque.
Elles avaient surtout la capacité de flotter après la mort,
. Grâce à cette flottabilité, les pêcheurs pouvaient les remorquer jusqu’à la côte pour les dépecer.

Les trainières attaquaient d’abord les baleineaux, qui fréquentaient ces eaux tempérées lors de la période de reproduction hivernale , et les ramenaient vers le bord.
La baleine, s’apprétait à les défendre, son instinct maternel affolé frappant de tous côtés avec son énorme queue. L’homme au harpon s’approchant au plus près de la bête .
Ce combat qui fut fatal, dura longtemps, dans le golfe de Gascogne, et toute la côte Cantabrique ,des siècles durant, au point que l’espèce dont la méfiance était venue, commenca par s’éloigner de la rive puis disparut progressivement jusqu’à ne plus revenir
.Le problème était posé il fallait chercher plus loin

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PREMIERE TENTATIVE .
Aux XIIIème et XIVème siècles, lorsque la baleine commença à se raréfier sur la côte Cantabrique, à cause d’une pêche intensive et irresponsable, les pêcheurs allèrent la chercher plus loin vers le cap Finistère, aux Asturies et en Galice (1371)
.Ils avaient bien commencé avec des pinasses , mais la mer réputée dangereuse ne pouvait pas permettre d’aller bien loin.
Les baleines étaient harponnées à peu de distance des côtes, les trainières les emmenaient sur la grève Il règnait alors une intense animation autour des fours, près des dépeceurs, coupeurs de lard, tonneliers et autres spécialistes.
Mais c’était encore des entreprises locales

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La première barque est de type « pinazza » harponne, et ramène la prise à son port.
Quand la distance n’est pas trop importante ce sont les rameurs des trainières qui ramènent la bête

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La baleinière basque renflouée exposée au musée du Lieu historique national de Red Bay, station baleinière basque du xvie siècle, située dans l’actuelle province canadienne de Terre-Neuve-et-Labrador.

Il règne alors une intense animation autour des fours, près des dépeceurs, coupeurs de lard, tonneliers et autres spécialistes.
Ensuite il fallut attendre les premiers Naos

LES PREMIERS NAO

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PREMIER VOYAGE
Les Naos( ou caraques ) navires sommaires, de la fin du Moyen Âge, caractérisés par leur coque arrondie furent l’un des premiers à pouvoir naviguer en haute mer sans trop de risques
Ces navires encore rudimentaires avaient fait leur première expérience avec Christophe Colomb pour la découverte de l’Amérique; et Magellan pour son tour du monde sous les ordres de Juan Sebastián Elcano.
Nos basques à leur tour prirent le large vers l’Angleterre l’Irlande et la Norvège
Ces campagnes difficiles qui duraient 3 à 4 mois, aguerrirent nos pêcheurs à la pêche au loin. Le besoin de subsistance les y poussait plus que l’attrait aventurier, leur vie étant très rude.


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copie du navire de Christophe COLOMB avec lequel il découvrit l’Amérique centrale en 1492
EL CANO fit le tour du monde avec le même navire


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LE GRAND DEPART

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L’emploi de la boussole au XIV siècle permit à nos pêcheurs armant des Naos, d’aller, toujours plus au nord ,dans les eaux de Terre Neuve, du Labrador, au Groenland, ou au Spitzberg.
Avec des NAOS un peu plus grand Ils se dirigèrent vers le Grand Nord,
Mais ils n’étaient pas les premiers
Nos marins ne partaient pas à l’aventure, car il y a longtemps que le Grand nord avait été découvert par les Corsaires toujours à l’affut de piratage.
Les naos mettent environ 1 mois pour rejoindre les côtes de Terre Neuve. La campagne durant pratiquement 6 mois, les navires partent chargés en approvisionnement, armements, matériels de pêche et de transformation, barils, briques et tuiles pour construire les fours, sans oublier le cidre et la coutellerie servant pour les échanges dans le commerce et les relations avec les tribus autochtones ( ( Micmacs, Algoquins, Montagnais)
Nos corsaires sont depuis toujours en contact avec les populations indigènes et le commerce va bon train
A la compagnie de Montmorency qui leur contestait la liberté de trafiquer à Terre-Neuve, ils répondirent par la phrase suivante :
 » il y a plus de troys cens ans que les habitans dudict lieu on faict la découverte de Terre Neuve et par leur soing, un grand nombre de pertes d’hommes et navires, le commerce y a ésté estably et la pescherie et trafficq permis. »

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ILS ETAIENT ATTENDUS

LA chasse aux baleines est étroitement liée aux corsaires, car elle fut exercée avant leur création pour venir finalement les rejoindre.
Les premiers corsaires du Pays Basque furent des baleiniers qui alternaient leurs occupations de chasse avec le pillage des ennemis sur les bancs de Terreneuve, cautionnés par leurs lettres de marque.
Les pillages de morue, par exemple, constituaient pour eux un butin aussi convoité que les soies les plus riches, l’or ou les meilleurs vins des navires marchands. –
Mais pour nos corsaires, ce n’était pas que ça

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On a prétendu que les Basques avaient délaissé la pêche de la baleine pour se consacrer au commerce des fourrures, plus lucratif et moins dangereux.
Depuis que le commerce est né et que les marchandises ont parcouru les mers il y a toujours eu quelqu’un pour les intercepter.
Les Basques en avait fait leur métier.
Cette contrebande se faisait au détriment des deux grandes nations qui contrôlaient le Grand Nord : l’Angleterre et la France.

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Quatre peuples se dégagent très nettement de tous les autres par l’intensité de leur activité.
Il s’agit des Basques espagnols et français, des Anglais, des Hollandais et des Américains.
Le long des côtes du golfe de Gascogne, un petit peuple, le peuple Basque qui pratiquait également cette pêche,commençait à s’affirmer.
À compter de cette époque,ce nouvel élément vint modifier la situation.
Les Basques seront les premiers à faire de la pêche de la baleine une industrie internationale
. Avec eux – peuple de marins hardis et inventifs – commence la véritable histoire de la pêche de la baleine dans l’Atlantique Nord
Il semble que les Basques et les habitants de la côte cantabrique seraient les premiers chasseurs de baleines de l’histoire et les inventeurs de l’industrie baleinière. Ils étaient organisés comme tels dès le VIIème siècle.
Pendant six siécles les basques du Labourd domineront la chasse à la baleine

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Départ pour le Grand Nord

Les naos mettent environ 1 mois pour rejoindre les côtes de Terre Neuve. La campagne durant pratiquement 6 mois, les navires partent chargés en approvisionnement, armements, matériels de pêche et de transformation, barils, briques et tuiles pour construire les fours, sans oublier le cidre et la coutellerie servant pour les échanges dans le commerce et les relations avec les tribus autochtones ( ( Micmacs, Algoquins, Montagnais)
Nos corsaires sont depuis toujours en contact avec les populations indigènes et le commerce va bon train
Ils étaient prêts :
Les contrats établis en début d’année
prévoyaient que l’équipage parte en mer au premier beau temps,
les départs se situant en général en avril. La pêche prenait fin le jour
de la Saint-Michel, le 29 septembre
Le retour au port d’attache était prévu vers la fin du mois d’octobre, mais avait lieu le plus souvent dans le courant du mois de novembre et même de décembre,notamment lorsque les produits de la pêche devaient être livrés dans d’autres ports.
Pour chaque saison de pêche, l’absence hors du foyer familial pouvait alors durer sept à huit mois.

les Naos aussi étaient prêts
et attendait nos marins
LE VOYAGE

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la NINA de Colomb – – le même Nao qui emmera plus tard nos marins dans le Grand Nord
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La NINA, est l’une des deux caravelles de la première expédition de Christophe Colomb en Amérique, avec la PINTA et la caraque Santa Maria, qui vont découvrir la première route aller- retour Europe/ Amérique le 12 octobre 1492.

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LA VIE À BORD
L’équipage
La vie quotidienne à bord de tout corsaire ou marin basque se déroulait de la façon suivante:
Les marins vivaient sur le pont de jour comme de nuit, qu’il vente ou qu’il pleuve.
Pendant la journée il y avait plusieurs quarts à faire, de quatre heures chacun. Le travail commençait à l’aube: nettoyer les ponts, raccommoder et hisser les voiles, grimper le long des mâts et assurer les cordages.
Le matin, le marin gardait le tapis ou la couverture où il avait dormi, étalait ses vêtements, se lavait dans un seau, prenait un petit déjeuner frugal (biscuits, quatre-quarts, aïl, fromage et quelques sardines grillées), écopait l’eau que la nef avait recueillie pendant la nuit et mettait de l’ordre dans sa malle ou son coffre. Celui-ci contenait les vêtements propres à tout corsaire ou marin: une chemisette en laine, une chemise, des chausses, un capuchon ou une cagoule, et peut-être une pélerine courte et un bonnet.
Le seul repas chaud était celui de midi.. La nourriture était abondante mais monotone.
On utilisait de l’huile, de l’aïl, des haricots, des fèves, des pois chiches avec de la viande séchée ou boucanée, du lard, de la morue ou des sardines séchées, de la viande salée, du quatre-quarts ou des biscuits de farine de blé, le tout stocké dans la partie la plus sèche de la nef.
Le miel remplaçait le sucre et le vin était rationné par homme et par jour car il était cher. Chacun recevait sa portion dans une écuelle en terre cuite ou dans une assiette en bois; une cuillère en bois et un poignard complétaient la vaisselle.
L’ eau était conservée dans des barriques en bois, où elle se corrompait promtement . Le biscuit, qui était la base principale de l’alimentation, fermentait par l’effet de la chaleur et de l’humidité des soutes, auxquels ne résistaient pas beaucoup mieux le lard et le poisson salé, les garbanzos et le fromage, qui formaient toute l’échelle de la nourriture..
Ces aliments étaient cuits plus ou moins bien dans le fougon, sorte de grande caisse doublée de fer, garnie d’un lit de terre et placée sur le pont des naos ; au-dessus, on leur faisait une toiture pour les préserver des pluies diluviennes . Ces traversées étaient de vrais cauchemards acceptés avec fatalité, avec un climat rigoureux dù aux masses d’air polaire qui affluaient des régions arctiques
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Il n’y avait que le capitaine qui avait sa chambre à lui, mais qui ne lui servait uniquement que pour ses cartes. Au cours des derniers siècles des équipées corsaires il avait seul une chambre pour dormir.Le reste de l’équipage dormait sur le pont assis sur ses chevilles. Plus tard ils apprirent des Indiens à se servir de hamacs
Un couple rituel résonnait ensuite toutes les demi-heures, et le timonier et la vigie étaient remplacés toutes les heures.
Le manque d’hygiène, l’entassement sur le pont et les repas monotones étaient d’excellents bouillons de culture pour les maladies. La mauvaise nutrition les rendait très peu résistants aux maladies, et le danger de périr d’une épidémie déclarée à bord était grand.
Le scorbut, qui n’avait pas encore été découvert, et qui était dû au manque de vitamines, était la maladie la plus habituelle. Seuls les officiers avaient des provisions personnelles (figues, raisins secs, confitures, raisins,…) qui contenaient certaines doses des vitamines nécessaires.
La syphilis fut une autre maladie très commune, qui sévit particulièrement au XVIème siècle. Le barbier était la personne à bord qui s’y connaissait le mieux pour soigner les malades.
Une grande partie de son travail consistait à extraire des objets, à cicatriser et à cautériser des blessures et à coudre ou couper des membres. Le traitement se limitait aux saignées, aux médecines végétales…, et le trousseau était composé par un mortier, des espèces, un découpeur, des plantes médicinales et de l’eau-de-vie.

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LES DANGERS

Sur place, les conditions de vie sont rudes, le froid et les maladies font des ravages. Gare aux équipages qui se laissent surprendre par l’hiver! Selon Nelson Cazeils, auteur de Cinq Siècles de pêche à la morue (éd. Ouest-France), 542 marins basques du Guipuzcoa auraient ainsi été « victimes des glaces lors de l’hiver sibérien de 1576-1577 à Terre-Neuve et le long du détroit de Belle-Isle ». Chasser la baleine est un métier à risque: il arrive que, d’un coup de queue, l’animal précipite une douzaine d’hommes dans l’eau glacée.
Une fois tué, il est dépecé et sa graisse fondue dans de grands fours installés à terre pour en extraire l’huile.

Les marins devaient affronter les dangers de la mer.
Au cours de très grandes tempêtes ou d’ouragan, des navires disparaissaient .
Nombreux furent aussi les navires corsaires capturés par des bâtiments anglais plus puissamment armés
Fait prisonnier, l’équipage était conduit dans des geôles
anglaises ( les pontons ) Les conditions de captivité y étaient horribles Les géoliers les laissaient mourir lentement.

D’autre part, pris probablement par des corsaires de Salé ou
d’Alger, quelques Hendayais furent esclaves en Barbarie.
Ils ne pouvaient retrouver leur liberté qu’après paiement d’une rançon.
Parmi eux nous citerons : en 1619, Joannis de Laparque, fils de Marie de Suhigaray (rançon prévue : 736 livres) ; Pierre Serviau, chirurgien ; Joannis de Harostéguy y resta une année, tandis que son fils Joannis de Harostéguy pris en même temps que lui, réussit à s’évader en 1715 après huit ans d’esclavage.
En 1723, François Apéstéguy âgé de 60 ans, était esclave depuis vingt ans. Betry de Romatet était en 1712 esclave en Turquie.

Quelques statistiques

De diverses études effectuées, il ressort que la durée de vie des
marins était environ de 42 ans en moyenne, alors qu’elle était de
52-53 ans pour la population masculine non maritime. Par ailleurs,
60 % des marins mouraient hors de leur village — de maladie ou de
noyade au cours de violentes tempêtes ou d’ouragan sur les corsaires,
ou prisonniers en Angleterre ou aussi sur les vaisseaux du
Roi —, et à un âge moyen de 30 à 35 ans suivant les paroisses. ( Lassus )

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La discipline et les prisonniers
A bord des vaisseaux corsaires basques espagnols, les marins ne pouvaient être condamnés à mort, aussi grave que fut leur faute. De sorte qu’étant libérés de la crainte des châtiments durs ou des plus extrêmes, les hommes d’équipage faisaient très souvent preuve d’une grande indiscipline. Il y avait cependant des punitions, comme le passage sous la coque, qui pouvait être assimilé parfois à la peine de mort.
En contrepartie, les basco-français étaient plus durs aussi bien dans leurs coutumes que dans leurs châtiments: le châtiment corporel et les rites d’initiation (attacher le nouveau au mât pour le frapper) subsistèrent malgré l’interdiction des autorités. L’assassin était attaché au cadavre de sa victime et était jeté par-dessus bord.
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Quoi qu’il en soit, il est sûr que les Basques ont découvert un grand
nombre de baleines dans les eaux qu’ils fréquentaient chose certaine dès la première moitié du XVIe siècle.
Dans les années1550, la documentation historique prouve sans équivoque que les ports de Biarritz,Capbreton, Pasajes, Renteria, Saint-Jean-de-Luz, Saint-Sébastien et Ciboure armaient annuellement plusieurs navires pour la pêche de la baleine et de la morue aux terres neuves.
La première référence certaine à cette industrie au Labrador date de 1554.
Par contre, le « Grand Insulaire et pilotage  » du cosmographe André Thévet, rédigé vers1550, dit qu’il existe près de Tadoussac (Thadoyzeau), » une île où les Bayonnais et les Espagnols viennent chaque année faire la pêche de la baleine. »
Cette présence a très certainement influencé les Amérindiens.
Dans un document basque français déposé aux archives de la mairie de Saint-Jean-de-Luz, on peut lire que des le début, les Basques établirent des liaisons commerciales avec les autochtones mais plus particulièrement avec les Esquimaux. Les langues de ces deux peuples étant bien sûr différentes, ils formèrent une espèce de langue franque composée de basque et de deux langues amérindiennes. « Les personnes qui ont fait des établissemens aux colonies françoises au Canada et en la partie septentrion de l’Acadie, y trouvèrent ce langage » étably depuis longtems, la première fois qu’ils y arrivèrent « 

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Les CORSAIRES , les pêcheurs
et les AMERINDIENS

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Tout une industrie s’était installé entre les populations autochtones primitives, les Amérindiens Iroquois, mais aussi Algonquins, Nipissinges, Hurons les Mic Mac et d’autres selon les régions.

Leur commerce était du troc
Le produit qui intéressaient particulièrent les Amérindiens était le métal dont ils étaient dépourvus , les couteaux et les haches les marteaux, des barres de fer, des clous des scies enfin tout ce qui pouvait concerner la constructions d’abris.

Et aussi l’alcool dont nous parlerons plus loin.

En échange ils offraient des fourures et particulièrement
des castors dont le poil était très prisé pour la fabrication du feutre pour les chapeaux . Outre le castor, d’autres animaux à fourrure étaient aussi recherchés, par exemple, les loutres, les martres et les renards.

La fourrure procurait donc un revenu très important pour nos contrebandiers.
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Une hutte de trappeur

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et les tribulations de la
VERITABLE EAU DE VIE
DE ANDAYE

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L’eau de vie de Andaye a une origine qui n’a jamais été découverte, une ou deux familles en revendiquant la paternité.
Son secret de fabrication étant jalousement gardé, une petite entreprise en assurait la survie.
C’était l’époque ou nos marins et surtout nos corsaires découvraient le Grand Nord encore faiblement peuplé, ce qui n’empéchait pas un début de commerce qui pratiquait le troc. C’est ainsi que les français découvrirent les fourrures et les autochtones l’alcool que nos marins emportaient pour leurs besoins personnels. L’eau de vie fut une grande révélation pour les  » MicMac » ou les  » Algonquins » et leurs besoins augmentairent avec les voyages, à la surprise et à la grande satisfaction des hendayais dont l’entreprise se développait trop rapidement.
grande satisfaction des hendayais dont l’entreprise se développait trop rapidement.
Aussi l’affare changea de mains et cinq Hendayais brûleurs d’eau de vie, Dominique d’Irandatz, , Martin Galbarret, Jean Duhalde , Pierre Dottace, , et Martin Haranibar tous marins, commerçants – et à l’occasion corsaires – avaient créé une société qui était en contact avec les autorités canadienes et les populations autochtones des « Algonquins  » avec lesquelles ils faisaient du troc. .
Ce commerce était devenu florissant pour nos Hendayais car le Grand Nord avait découvert les  » vertus  » de cette eau de vie qui réchauffait le corp et égayait les esprit .
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Je me dois de rapporter que tout ne fut pas parfait, quelques incidents vinrent troubler cette harmonie. Le premier est que :
. Vers 1636, les Basques auraient , en toute confiance , laissé un mousse chez les Indiens pour qu’il surveille les bateaux à l’arrêt pendant les grands froids et apprene la langue de la tribu.
Ces derniers l’auraient mangé au cours de l’hiver.
Ce manque d’hospitalité fit peu de bruit et fut vite oublié.
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Du second dont nos basques sont grandement coupables:
Nos marins qui fréquentaient surtout la côte nord du fleuve, avaient été chassés par les Esquimaux avec qui ils n’étaient plus en très bons termes.
C’est du moins la conclusion de quelques chroniqueurs du début du XVIIe siècle,dont le père Biard qui raconte
 » que la querelle aurait débuté lorsque les Basques enlevèrent la femme d’un chef esquimaux. »
Ce manque de civilité et cette maudite incontinence souleva la tribu d’une grande fureur , l’affaire tourna au drame et le commerce s’en trouva affecté .
Depuis lorsque l’on s’aventure dans ces parages, il est fortement conseillé de faire un grand détour .
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Hélas , bon nombre d ‘années plus tard
La LIQUEUR DE HENDAYE était devenue IZARRA

LES BALEINIERS

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TOMBE d’un BALEINIER

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DESCRIPTION d’un COMBAT par
– Samuel de Champlain

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Champlain – Samuel de 1567/1635 ( Fondateur du Québec )témoin oculaire, nous donne une forte et intéressante description de la pêche à la baleine à son époque, qui n’était pas très différente de celle du siècle précédent, ni de ce qui se fera encore pendant longtemps:

« Ceux donc qui sont plus adroits à ceste pesche sont les Basques, lesquels pour ce faire, mettent leurs vaisseaux en un port de seureté, ou proche de là où ils jugent y avoir quantité de ballaines, et équipent plusieurs chalouppes garnies de bons hommes et haussières, qui sont cordes faites du meilleur chanvre qui se peut recouvrer, ayant de longueur pour le moins cent cinquante brasses, et ont force per­tusanes longues de demie pique qui ont le fer large de six pouces, d’autres d’un pied et demy et deux de long, bien tranchantes.

Ils ont en chacune chalouppe un harpon­neur, qui est un homme des plus dispos et adroits d’entre eux; aussi tire il les plus grands salaires après les maistres, d’autant que c’est l’office le plus hazardeux. ( dangereux )
Ladite chalouppe estant hors du port, ils regardent de toutes parts s’ils pourront voir et descouvrir quelque balaine, allant à la bordée d’un costé et d’autre: et ne voyant rien, ils vont à terre et se mettent sur un promontoire, le plus haut qu’ils trou­vent pour descouvrir de plus loin, où ils mettent un homme en sentinelle, qui aper­cevant la balaine, qu’ils descouvrent tant par sa grosseur, que par l’eau qu’elle jette par les esvents, qui est plus d’un poinçon à la fois, et de la hauteur de deux lances; et à ceste eau qu’elle jette, ils jugent ce qu’elle peut rendre d’huille. Il y en a telle d’où l’on en peut tirer jusques à six vingt poinçons, d’autres moins.
Or voyant cet espouvantable poisson, ils s’embarquent promptement dans leurs chalouppes, et à force de rames ou de vent, vont jusques à ce qu’ils soient dessus.
Là voyant entre deux eaux; à mesme instant l’harponneur est au devant de la chalouppe avec un harpon, qui est un fer long de deux pieds et demy de large par le bas, emman­ché en un baston de la longueur d’une demie pique, où au milieu il y a un trou où s’attache la haussière, et aussi tost que ledit harponneur voit son temps, il jette son harpon sur la balaine, lequel entre fort avant, et incontinent qu’elle se sent blessée, elle va au fonds de l’eau.
Et si d’adventure en se retournant quelque fois, avec sa queue elle rencontre la chalouppe, où les hommes, elle les brise aussi facilement qu’un verre.
C’est tout le hazard qu’ils courent d’estre tués en la harponnant

: mais aussi tost qu’ils ont jetté le harpon dessus, ils laissent filer leur haussière, jusques à ce que la balaine soit au fonds: et quelque fois comme elle n’y va pas droit, elle entraine la chalouppe plus de huit ou neuf lieues, et va aussi vite comme un cheval, et sont le plus souvent contraints de coupper leur haussière, craignant que la balaine ne les attire sous l’eau:

mais aussi quand elle va au fonds tout droit, elle y repose quelque peu, et puis revient tout doucement sur l’eau: et à mesure qu’elle monte, ils rembarquent leur haussière peu à peu: et puis comme elle est dessus, ils se mettent deux ou trois chaloupes autour avec leurs pertusanes, desquelles ils luy donnent plusieurs coups, et se sentant frappée, elle descend derechef sous l’eau en perdant son sang, et s’affaiblit de telle façon, qu’elle n’a plus de force ni vigueur, et revenant sur l’eau, ils achè­vent de la tuer: et quand elle est morte, elle ne va plus au fonds de l’eau, lors ils l’at­tachent avec de bonnes cordes, et la traînent à terre, au lieu où ils font leur degrat, qui est l’endroit où ils font fondre le lard de ladite balaine, pour en avoir l’huille.

Voila la façon que elles se peschent, et non à coups de canon, ainsi que plusieurs pensent.
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XVII ème siècle
APOGEE
de la grande pêche à
Saint Jean de Luz
et chez ses voisins
En compagnie des
CORSAIRES

A partir du IX° siècle et après la défaite et l’expulsion des Normands des côtes de Gascogne, pendant six siècles les basques furent les maîtres de cette pêche grâce à la technique à la hardiesse et au courage de nos harponneurs
Ainsi, le XVIIe siècle marque-t-il l’apogée de la grande pêche et de l’importance du port de Saint-Jean-de-Luz, qui était le seul du pays où se fissent les armements
Les premiers corsaires du Pays Basque furent des baleiniers qui alternaient leurs occupations de chasse avec le pillage des ennemis sur les bancs de Terre-Neuve, cautionnés par leurs lettres de marque.
Le travail était d’abondance, et c’était une ruée vers l’or .
Quelle qu’en ait été l’époque, elle a permis aux marins d’ajouter à la pêche à la baleine une autre branche d’industrie non moins productive­ : la pêche de la morue.
Ils avaient en effet trouvé les bancs, si riches en morues, qui entourent la grande île et la vente de ces poissons inconnus jusqu’alors, eut un tel succès que des armements furent faits pour cette pêche , en même temps que celle de la chasse à la baleine
On y armait entre cinquante et quatrevingts navires sans compter ceux affectés au cabotage et à la petite pêche
Environ trois mille marins partaient chaque printemps et revenaient à l’automne , après avoir réalisé des bénéfices considérables pour leurs armateurs et pour eux mêmes au cours de leurs randonnées dans les mers du Nord .
Le port de SaintJeandeLuz devint notoirement insuffisant
Les corsaires Hendayais remplirent le port de Saint Jean de Luz de leurs butins à tel point que le gouverneur de Bayonne écrivait à Louis XIV:
« En six ans Suigaraychipi captura à lui seul cent voiliers marchands, et en huit mois, avec le support des frégates du Roi, cent vingt-cinq ,au point que le gouverneur de Bayonne écrivait à Louis XIV: « Il est possible de traverser depuis la maison où votre Majesté aviez logé jusqu’à Ciboure sur un pont fait avec les navires pillés et attachés les uns aux autres ».
Après plusieurs années il s’occupa à protéger des Anglais les retours des Basco-français et des Bretons de Terreneuve, .
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Nombreux furent les capitaines d’Hendaye qui se distinguèrent dans cette guerre de course tels Jacobé Larroche, Pierre Dalbarade Pellot…, n’hésitant pas à attaquer à l’abordage des navires plus puissants
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Quoique Bayonne eut repris une certaine importance, depuis la déviation de l’Adour dans son lit actuel en 1578 Saint-Jean-de-Luz avait presque exclusivement le monopole de la pêche.On y armait entre cinquante et quatrevingt navires sans compter ceux affectés au cabotage et à la petite pêche
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Les navires non armés ne pouvaient pratiquer ni le commerce ni les pêches lointaines, car ils auraient été des proies trop faciles pour les corsaires et vaisseaux de guerre ennemis.
Le Roi accordait alors des congés ou commissions
aux négociants et aux notables, afin de leur permettre d’armer
en guerre des navires privés pour courir sus aux ennemis de l’État.
Il s’agissait de la guerre de course.
L’équipage était rémunéré à la part : d’une demi-part
pour le mousse à dix pour le second et douze pour le capitaine.

Ces bâtiments armés de canons avaient ainsi la possibilité de se défendre contre des corsaires, et éventuellement de s’emparer de navires ennemis.
Leurs lettres de marque,qui alternaient leurs occupations de chasse avec le pillage des ennemis sur les bancs de Terreneuve
. On en trouve trace en 1560 : des établis­sements existaient déjà à Terre-Neuve pour la préparation des mo­rues ;toute une population s’y rendait en été et on comptait un certain nombre de Basques qui y étaient fixés définitivement.
Chacune de ces découvertes produisit une recrudescence d’activité dans les armements et des augmentations de bénéfice.

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Nid de vipères !

Les Anglais disaient que le golfe de Gascogne était  » Un nid de vipères « .
Dès le XVII ème siècle les anglais craignaient les redoutables pêcheurs basques reconvertis en corsaires.
En effet, leur réputation était grande et ces derniers étaient si doués que les prises étaient abondantes
. Nombreux sont ces capitaines basques qui embarquaient à bord de frégates, brigantins ou goélettes équipés de canons, et qui sillonnaient les mers pour « courir sus » aux bateaux ennemis

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PENDANT LE XVII ° siècle
en 1627
Le roi LOUIS XIII et Richelieu réquisionairent nos marins et particulièrement nos Hendayais pour délivrer les habitants de La Rochelle du blocus fait par les Anglais de Bukingam

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Un exploit des marins Hendayais
L’ÎLE DE RE
et les pinasses à fond plat

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LOUIS XIII et RICHELIEU à l’Ile de RE

En début d’année 1568, poussé par l’intense propagande menée par les pasteurs, le maire protestant François Pontard, soulève la ville contre les catholiques.
Ces derniers fuient hors des murs, mais 13 prêtres sont arrêtés, égorgés et jetés à la mer . Les églises sont détruites, leurs pierres servant à renforcer les murailles. Les troubles se répandent dans la région, où les pillages se multiplient. Des catholiques sont massacrés par des Rochelais, tandis que des catholiques massacrent des calvinistes .
L’île de Ré se range aux côtés de La Rochelle, qui se proclame république indépendante et calviniste, en adoptant officiellement les idées réformistes et en rejoignant le parti protestant, ce qui ne manque pas d’inquiéter le pouvoir royal, et qui a d’importants retentissements dans le monde protestant.
En effet, avec ses 23 000 habitants, la ville est parmi les plus grandes du Royaume de France, et elle est également riche du commerce développé avec l’Espagne, l’Angleterre et les pays d’Europe du Nord, ce qui en fait une cité d’une importance exceptionnelle pour l’époque.
Les Anglais pour défendre leurs alliés de la religion réformée envoient le duc de Buckingham les défendre. Il s’installera sur l’Île de Ré, en face de La Rochelle, avec plus de 100 navires et 6.000 hommes.
Le siège de l’Île durera de juillet à novembre 1627.
Manquant de vivres et d’eau ses habitants sont dans une famine hors du commun. Le gouverneur de l’Île, envoie à la nage trois volontaires rejoindre les troupes royales à La Rochelle pour obtenir leur aide ; un seul y parviendra.
Richelieu avait épuisé toute les possibilités pour ravitailler l’île devenue stratégique pour la récupération de La Rochelle. C’est alors que l’un de ses conseiller lui parle des marins basques et leur habilité à naviguer tant à la voile comme à l’aviron.
Ne disposant pas d’un nombre suffisant de vaisseaux de guerre pour briser ce blocus, Richelieu,informé de la combativité des Basques, fit appel au Gouverneur de Bayonne, qui lui répondit aussitôt par l’envoi de bateaux armés en cette ville et de Saint-Jean-de-Luz ainsi que d’une flottille de pinasses à fond plat manoeuvrées à la rame et à la voile, partie de Hendaye.
Un mémoire du temps , cité par E .Ducéré
<< les Corsaires sous l’ancien régime rapporte un incident qui, pour le moins mérite de retenir l’attention.“ Or, il arriva que, comme cette flotte allait cinglant à pleine voile, et que l’on croyait être déjà devant Saint-Martin, Dieu fit cesser le vent tout à coup en telle sorte qu’il fallut demeurer près de deux heures sans pouvoir aller ni à droite ni à gauche. Alors chacun tout étonné et croyant demeurer à la merci des ennemis si le jour les surprenait, se mirent à prier Dieu, faisant vœux et prières, et se recommandant à la Vierge, lui faisant vœu, au nom du roi, de lui faire bâtir une église sous le nom de Notre-Dame de Bon-Secours, en mémoire de cette journée, s’il lui plaisait envoyer le vent favorable.
“ Soudain ils furent exaucés, car le vent se rafraîchit ; en sorte que chacun ayant repris sa piste et son ordre, en moins de demi-heure ils virent le feu que M. de Toiras faisait faire en la citadelle. Là, quittant la côte de la Tranche, chaque pilote regardant sa boussole, ne pensant plus qu’à passer courageusement, on entra dans la forêt des navires ennemis. Les premières sentinelles les ayant laissé passer sans dire mot ; après que tout eut passé, ils commencèrent à les envelopper et canonner si furieusement que l’on eût dit que c’était de la grêle. En face de l’île de Ré, ils se heurtèrent au barrage que les Anglais avaient établi, sous la forme de câbles peu profondément immergés et reliés à des tonneaux ou à des rochers.
Les marins hendaiars eurent l’astuce de faire glisser leurs pinasses, à faible tirant d’eau, sur la hauteur restée libre. Ils eurent aussi le courage et l’audace de couper à la hache, sous le feu de l’ennemi, les grelins attachés aux rochers.A six reprises, en septembre et octobre, ils réussirent ainsi à percer la ligne de la flotte anglaise et à ravitailler l’île. .Mais la bataille fut rude et les simples pêcheurs, vaillants combattants, remarqués pour leur hardiesse, remontant par trois fois sous le feu de l’ennemi, contribuèrent à mettre en échec le siège britannique Nos simples marin pêcheurs se révélèrent être de vaillants combattants:
35 petites barques de la flotte française équipées de 1 000 hommes réussiront à forcer de nuit le blocus anglais et à ravitailler les soldats à St Martin.
Grâce aux Basques et,aux Hendaiars , l’Anglais était battu.
Le duc de Buckingham tente un dernier assaut, mais, devant la perte de 5.000 soldats, il doit reconnaître sa défaite, sonner la retraite et rentrer sans gloire en Angleterre.
Très peu de batailles ont été gagnées par les Français contre les Anglais : cette victoire mérite d’être signalée.
Les Hendayais fidèles à leur promesse érigèrent sur une colline proche de la paroisse une chapelle à Notre Dame du Bon Secours, qui au fil du temps a vu son nom se modifier pour devenir SOCORRI de consonance plus basque. Aujourd’hui encore au large de La Rochelle le Pertuis d’Antioche est nommé Pertuis aux Basques
.D’après Duvoisin, la flotille de Hendaye était conduite par Jean Pellot, ancêtre du célèbre corsaire. Une médaille d’or distribuée par le roi aux chefs des escadrilles resta longtemps en la possession de la famille Pellot. Les Hendayais se distinguèrent dans cette bataille contribuant à mettre en échec le siège britannique sur l’île de Ré
. Le roi voulut récompenser les marins basques et là ou les autres se contentèrent d’une récompense monétaire, les marins d’Hendaye, revendiquant depuis longtemps leur émancipation d’Urrugne, dont ils n’étaient qu’un quartier, obtinrent du roi un territoire dit
“ Les Joncaux ” qui furent donc offert
“ aux marins de
Hendaye ”.

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les Joncaux à droite de l’image
Le roi Louis XIII les rétribua généreusement ce qui leur permit de faire élever la chapelle de SOCORRI . C’est à ses marins ainsi qu’à la générosité des rois que Hendaye dut la première concession, qui lui fut faite, celle des terres nourricières des Joncaux couvrant 26 hectares environ, Ce fut là le point de départ de la commune de Hendaye qui par édit du roi du 20 mai 1654 s’affranchit de la tutelle d’Urrugne.
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Chapelle de Socori

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combat de Corsaires

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LE DECLIN
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LES CAUSES
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LES HOLLANDAIS
LES ANGLAIS
Les HARPONNEURS BASQUES
LES GUERRES DE LOUIS XIV

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Alors que la pêche de la morue allait continuer à une large échelle à Terre-Neuve, celle de la baleine disparut rapidement.
A partir du IX° siècle et après la défaite et l’expulsion des Normands des côtes de Gascogne, pendant six siècles les basques furent les maîtres incontestables de cette pêche grâce à la technique à la hardiesse et au courage de nos harponneurs
Les Basques étaient donc devenus les maîtres d’une industrie de grande rentabilité. Ils ont au cours du XVI ième siècle extrait du Saint-Laurent et de son estuaire plus de 20. 000 barils d’une huile fortement recherchée pour l’éclairage domestique et d’une valeur lnapreciable.
Les bateaux se réunissaient à un endroit situé à cinquante kilomètres de Terreneuve et du Labrador, où ils restaient jusqu’à la fin du mois de Janvier, lorsque les températures glaciales les obligeaient à interrompre la marée. Au cours de ces campagnes qui duraient huit mois, du printemps à l’automne,
Vers la moitié du XVIème siècle, surtout pendant les décennies de 1570 et de 1580, se produisit un grand mouvement de Basques vers Terreneuve qui apporta de grand changements dans la vie économique de Pays Basque.
Le Spitsberg était l’endroit riche en baleines ou ils opéraient seuls. Les Anglais et les Hollandais pêchaient par ailleurs sans grands résultats. Ils en étaient encore aux premières armes .
. En 1607 une compagnie privée, chargée de prospection, découvrit la grande quantité de baleines du Greoenland dans le secteur. ,Iil ne fallut pas beaucoup de temps aux membres de cette compagnie- compagnie privée – à qui fut donné le monopole de cette recherche pour en saisir toute l’importance.
Conscients de leur ignorance dans le domaine,ils tentèrent de profiter des connaissances et de l’expérience des Basques qui pratiquaient cette pêche depuis au moins 500 ans.

Un émissaire fut donc envoyé au Pays basque afin d’y recruter des pêcheurs pour le compte de la compagnie. Sa mission dura 14 ans L’expédition fut un échec , L’année suivante, les Anglais tentèrent à nouveau l’expérience.
Le personnage indispensable pour cette pêche était le Harponneur son savoir et son courage
.C’est un métier et un tempérament qui ne s’improvisent pas. Ils n’en avaient pas alors ils en importèrent.
La politique d’embauche de Basques eut pour double effet d’apprendre aux Hollandais et aux Anglais, les techniques de pêche et de priver la flotte basque de plusieurs bons éléments
Dans les années 1620, la flotte de pêche hollandaise était devenue de loin la plus puissante au Spitsberg, si bien qu’elle finit par éliminer tous ses adversaires.

Selon Cleirac, s’il est juste de faire remarquer
que les Basques étaient meilleurs pêcheurs, il faut également noter queles Hollandais étaient meilleurs navigateurs, les premiers étant plus disposés à « vider la bouteille, humer l’eau de vie et fumer le tabac, qu’à manier adroitement l’astrolabe, le grand anneau, le quadran ou quart de rond, le triangle ou l’arbalestille »

Après avoir appris des Basques les techniques de pêche, les
Hollandais les chassèrent.

Les basques protestèrent prétendant y avoir :Les
« mesme droict que les autres nations,et voulurent continuer
ladite pesche et y envoyer des vaisseaux ils en furent chasser [sic], leurs navires pris et leurs personnes emprisonnées… »

C’est en réaction à cette attitude que les Basques pillèrent les établissements hollandais de Jan Mayen en 1632.

la très forte concurrence venant de ce pays allait avoir raison de l’industrie basque

Une vingtaine d’années plus tard, la pêche de la baleine n’était plus qu’un souvenir en pays basque français.
Ainsi prenaient fin au moins sept siècles de pêche continue par ce petit peuple du golfe de Gascogne.

Pourquoi, après avoir connu de si brillants moments,
l’entrée en scène des Anglais mais surtout des Hollandais, est
certainement la principale cause de ce déclin.
Après avoir acquis leurs connaissances des Basques, les Hollandais inondèrent les marchés européens, y compris la France, des produits dérivés de la baleine. Grâce à leur politique de prix très bas, allant même jusqu’à ne tirer aucun profit de leurs transactions
, ils s’accaparèrent les débouchés des Basques.

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1970 La triste fin de la chasse aux baleines Massacre de l’espèce au canon et à l’obus à la tête explosive

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Depuis la pêche est interdite
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Il apparaît évident que si l’Espagne et la France avaient mieux protégé leurs pêcheurs de baleine, l’industrie basque aurait pu mieux résister aux Hollandais.
Au contraire, ces gouvernements ont plutôt agravé la situation des pêcheurs en les impliquant dans des guerres prolongées, en prélevant des taxes élevées, en mettant des embargos et en réquisitionnant des embarcations et des équipages pour les guerres.
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Nos marins- pêcheurs se trouvèrent sans travail à la suite de la prise de contrôle du Spitsberg par les Hollandais. Ils furent chassés, violentés, voire emprisonnés. Cen était de trop et ils ne furent pas long à réagir emportés par une saine colère. De plus Les différents traités . avaient supprimés leurs occupationsl. Nos vaillants marins trouvèrent vite la solution.
Souvent, les pêcheurs profitent de l’hiver ou des périodes de guerre pour se reconvertir dans la course.
Il leur suffit alors de troquer harpons et filets contre grappins et mousquets!
Aussi tôt dit aussitot fait .Ils s »armèrent tous jusqu’au dents
.De 1744 à 1748, en pleine guerre de Succession d’Autriche, pas moins de 103 navires corsaires sont armés sur la côte basque.
C’est une vraie bataille navale. Pendant la guerre de 7 ans, les saisies de batiments et de cargaisons ainsi que les rançons versées rapportent 6.4 millions de livres aux corsaires du Labourd pour seulement 1 millions investis.
Pendant toute la campagne de pêche à la morue, les bateaux pleins à rabord furent interceptés ou ranconnés malgré des navires pourtant armés de canons. Nous retrouvions là les fameuses vipères tant redoutées des Anglais.
Pourtant il n’y eu pas que des réussites
Des milliers de corsaires basques en captivité en Angleterre

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LES GUERRES DE LOUIS XIV
Après la période de croissance et de prospéritéde la deuxième moitié du XVIe siècle, viennent les années d’hésitations et de difficultés entre 1600 et 1620, que prolongent ultérieurement les guerres de Louis XIV. En outre, les projets de colonisation impulsés par la monarchie française favorisèrent les monopoles de commerce et la traite des fourrures.
La guerre de succession d’Espagne (1702-1713)
, suivie du traité d’Utrecht, empêcha la relance durable de la pêche au XVIIIe siècle, d’autant plus que désormais Hollandais et Anglais s’emparent des marchés européens
La GUERRE DE LA SUCCESSION D’AUTRICHE 1744/1748

LA GUERRE DE 7 ANS
Le conflit s’est traduit par un rééquilibrage important des puissances européennes.
S’emparant de Québec (1759) et de Montréal (1760), l’Empire britannique fait presque entièrement disparaître le Premier espace colonial français.
Sa puissance hégémonique dans le monde s’affirmera tout au long du XIXe siècle :
Selon l’historien Alfred Lassus, la guerre de course durant la guerre de Sept Ans (1756-1763) coûta la vie à plus de 1.100 marins et 4.000 se retrouvent à croupir plusieurs années dans les geôles anglaises. Epidémies, malnutrition, mauvais traitements… sur les infâmes pontons de Plymouth ou de Portsmouth, on crève à petit feu, en priant pour sa libération.
Et le traité de Paris : 1763

consacre la domination de la Nouvelle-Angleterre.

.Le ROI renonça à lutter occupé par le trafic des fourrures baucoup plus rentable que la chasse à la baleine.
: D’ailleurs Voltaire aurait dit :Pourquoi s »occuper de quelques arpents de neige, le Roi approuva .
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La Grande Pêche
LA PECHE A LA MORUE
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Terre-Neuve et l’Islande, deux îles glacées qui évoquent la Grande Pêche qui, de 1508 aux années 1970, vit tant de navires et de marins partir pour de longues et périlleuses campagnes de pêche dont tous ne revenaient pas. », la pêche à la morue est devenue dans la mémoire collective une pêche mythique. Elle est restée vivante par le souvenir des terre-neuvas et des islandais ainsi que l’on appelait les équipages de navires.
Terre-Neuve

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C’est le début d’une grande aventure, chaque année, dès le XVIème siècle, des centaines de bateaux provenant de tout l’Atlantique sud, d’Angleterre, de France, d’Espagne et du Portugal furent armés pour aller pêcher la morue sur les Grands Bancs de Terre-Neuve.
Au XVIème siècle, Les armateurs malouins armaient 80 navires pour partir pêcher sur les bans de terre-Neuve pour les campagnes d’été. C’étaient 4000 marins qui vivaient de la pêche et travaillaient 16 à 18 h par jour. Les navires malouins livraient tous les ports jusqu’à Marseille qui était alors « le » port de la morue.
A la fin du XVIIème siècle, on pouvait y compter jusqu’à 20 000 pêcheurs.
Tous les ports de France de Dunkerque à St Jean de Luz armaient à la morue,
Sur les Grands Bancs, la pêche était praticable toute l’année, si bien qu’il était possible de faire deux campagnes de pêche par an. Sur l’île de Terre-Neuve, on ne pêchait que durant les trois à quatre mois d’été.
Quand la France a pris possession de Terre-Neuve, elle y installa des pêcheurs qui y firent souche. Se faisant paysans durant les périodes d’inactivités, ils cultivèrent et élevèrent ce qui était nécessaire à leur survie. Beaucoup de marins ne s’y installaient que durant la période de pêche et construisaient des habitations et des ateliers de salage et séchage.
La saison de la pêche à Terre-Neuve

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Durant l’été, l’activité ne cessait jamais sur l’île de Terre-Neuve. Levés avec le soleil, les marins partaient sur des chaloupes pêcher la morue. Ils ramaient jusqu’à la zone de pêche et lançaient leurs lignes. Le bateau se remplissait de poissons tout au long de la journée et le soir ils revenaient vers la terre où ils débarquaient leurs prises.
Et tous les jours où il était possible de sortir en mer, ce même travail recommençait. C’était un travail très dur et dangereux, le brouillard pouvait se lever très rapidement parfois et la tempête arriver inopinément, nombreuses furent les chaloupes qui ne rejoignaient jamais la côte.
Pendant que les pêcheurs étaient en mer, le travail ne cessait sur l’île. C’était un travail très bien organisé et chacun avait une tâche bien précise à faire. Car il fallait aller vite et saler le plus vite possible le poisson.
Les premiers à l’œuvre étaient les décolleurs, ainsi nommés car ils coupaient les têtes des morues. Ensuite les trancheurs entraient en action, ils éventraient, vidaient, détachaient les arêtes et ouvraient les morues en deux et les aplatissaient afin qu’elles soient prêtes pour le salage.
Elles étaient lavées et vidées complètement de leur sang. Ensuite les saleurs les recouvraient de sel et les sécheurs les étendaient sur des claies, appelées échafaudages, au soleil sur les grèves. Les foies étaient mis de côté et traités par macération pour en extraire l’huile de foie, très recherchée car riche en iode. Les langues et les joues étaient cuisinées sur place, c’étaient des mets de choix qui faisaient le régal des populations locales.

La pêche sur les Grands Bancs

 

Les Grands Bancs sont situés àimage46 500 kilomètres à l’est de Terre-Neuve. La pêche sur les Grands Bancs ne connaissait pas de saison. Les bateaux venus d’Europe, du Canada ou de la côte est de l’Amérique du nord se croisaient sur les grands bancs deux fois par an.
On ne pêchait pas directement à partir des morutiers mais sur des chaloupes et plus tard des doris qui étaient mis à la mer chaque matin, des doris qu’on appelait des barques-suicides.

Deux pêcheurs embarquaient dans chaque chaloupe et toute la journée, ils pêchaient à la ligne en appâtant avec des bulots et relevaient les lignes qu’ils avaient posées la veille et qui étaient fixées à des bouées sur lesquelles nom du doris était marqué.
Quand la chaloupe était pleine de morues, ils revenaient jusqu’au bateaux, piquaient les morues et les lançaient sur le bateau.
Et ils repartaient pour ne revenir se reposer qu’à la nuit. Les journées étaient longues, très longues surtout quand le froid et le vent gelaient les hommes. De plus de nombreux dangers les menaçaient. Outre les brouillards et les tempêtes que nous avons déjà évoqués, les chaloupes risquaient de rencontrer des icebergs et des baleines ou de se renverser et de couler quand elles étaient trop remplies de morues.
Les pêcheurs étaient payés en fonction de leur pêche et ils prenaient le risque de remplir le plus possible leurs embarcations pour ne pas faire trop de voyage vers le morutier et ainsi ne pas prendre de temps.
Mais une frêle chaloupe trop remplie prise dans la tempête courait encore plus le risque de se renverser et de couler. Et dans la brume et la tempête, même si la cloche de bord sonnait sans cesse pour guider les chaloupes rendues aveugles, nombreuses étaient celles qui s’égaraient définitivement dans la mer glacée.
Plus tard, les marins eurent des alliés très précieux, les terre-neuve, chiens au flair remarquable et au courage incroyable qui ramenaient les chaloupes ou les pêcheurs tombés à l’eau vers le navire-mère.
Morutiers et chaloupes,
Le BAGNE

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Sur les bateaux travaillaient les marins et les mousses dont certains étaient à peine agés de douze ans.
Le travail pour tous était très durs, les terre-neuvas étaient les bagnards de la mer au dire d’un aumonier des Terre-Neuvas avant la guerre
« Ce qui relègue ce métier de la grande pêche – au dire des marins eux-mêmes – au rang de « dernier des métiers »,
Ici, il n’est pas question de journées de huit heures. La loi du travail sur les Bancs, c’est le maximum de rendement pendant le maximum de temps! Une féroce émulation dresse l’amour-propre d’un doris contre l’amour-propre d’un autre doris, l’amour-propre d’un navire contre l’amour-propre d’un autre navire. C’est à qui pêchera le plus, c’est à qui « débanquera » le premier.
Sur le voilier,arrivé à bord, il ne faut pas songer au reppos. La morue, il faut la préparer, il faut l’ébréguer (la dépouiller de ses entrailles), il faut la décoller (lui couper la tête), il faut la trancher (lui enlever la colonne vertébrale), il faut l’énocter (lui vider ses deux poches de sang), il faut la laver, il faut l’empiler, il faut la saler.
Les lignes, il faut les boëtter (amorcer). Il est difficile de se faire une idée de la somme de travail que représente ce boëttage des lignes.
Se battre pendant sept ou huit heures contre une manne de lignes embrouillées, un inextricable fagot d’hameçons semblables à des ronces et à des épines d’acier, qu’il faut démêler, dénouer, réparer et boëtter. Et ce travail se fait à moitié plié en deux. Aussi, pendant ces longues heures, on voit des pauvres malheureux se relever, se redresser de temps en temps, placer les mains sur les hanches et lancer le torse en arrière pour soulager leurs reins endoloris.
Et pendant la première pêche, alors que souffle la bise ou que tombent les bruines glaciales, la neige, plus d’un s’arrête pour souffler dans ses mains engourdies, gercées, crevassées, grignotées par la chair salée ou déchirées par les écailles tranchantes des bulots, ou pour frotter ses poignets dévorés par les démangaisons des « petits choux » des bancs, (excroissances d’origine microbienne). Et, les lignes boëttées, il faut aller le soir à la nuit tombante, les poser, les larguer à deux ou trois miles.
Il n’y a pas d’heure pour les repas. Les hommes mangent quand ils peuvent, entre deux tournées, au milieu du nettoyage du poisson ou en boëttant leurs lignes.
Il n’y a pas d’heure pour le repos. Aucune considération ne tient devant ces deux faits: la piaule (banc de morue) passe, le poisson donne: il faut le saisir. Le travail n’est même pas limité par les forces humaines, mais uniquement par l’impossibilité de travailler. Sur les bancs, l’ordinaire du travail c’est dix-huit heures d’affilée.
Et le sort des équipages des chalutiers n’est pas plus enviable. Le chalutier libère le marin du travail de boëttage des lignes, du halage et des dangers des doris; mais, loin d’alléger son sort, il ne fait que l’accabler.
A Terre-Neuve, la machine n’est pas le serviteur de l’homme: c’est l’homme qui est l’esclave de la machine. La machine peut travailler nuit et jour, l’homme travaillera nuit et jour. Ce sont les travaux forcés sans discontinuité tant que le poisson donne; et l’abondance du poisson est parfois telle qu’elle ne laisse aux hommes que sept heures de repos par trois jours.
Aussi n’est-il pas rare qu’ils titubent de fatigue et de sommeil. Et dire que, sur certains chalutiers, l’équipage comprent une vingtaine de jeunes de moins de vingt ans!
Car, il faut bien le préciser, le calendrier des Terre-Neuvas n’est pas réglé par le soleil. l’aurore et le crépuscule, le jour et la nuit sont biffés du calendrier; il ne comporte ni fête, ni dimanche, ni repos hebdomadaire. Tous ces mots donnent la cadence à la vie normale, mais tous ces mots n’ont aucun sens pour les Terre-Neuvas; leur vie ne comporte qu’un seul mot: Morue-Morue-Morue!
La loi des Bancs est unique: » La morue donne! marche ou crève! » Aucune loi divine ni aucune loi humaine ne tient devant cette loi. La morue est le dictateur le plus volontaire, le plus absolu et le plus tyrannique que l’on puisse imaginer.
Les forces humaines? Elle n’en a cure. sur les voiliers à Terre-Neuve, elle se bute à l’impossibilité de travailler la nuit, mais au Groenland, elle prend sa revanche.
Le jour perpétuel, en juin, juillet, août et septembre, lui permet de donner libre cours à sa sauvagerie, et je l’ai vue condamner les hommes aux travaux forcés de vingt heures par jour, pendant soixante-deux jours consécutifs. Naufrages et abordages ont causé la disparition de nombreux matelots. Une collision avec un iceberg, des doris qui ne rentrent pas au bateau pour cause de brouillard ou de chargement de morues trop lourd, sont le lot habituel… Les marins qui tombent dans ces eaux glacées, empêtrés dans leur équipement n’ont guère de chance de survie même s’ils sont repêchés.
A cela il faut ajouter l’épuisement dû au travail très dur et à la longueur des journées de travail.
Les occasions de blessure ne manquent pas : chutes, fractures, coupures, hameçons plantés dans la main. L’infection se propage vite et amène à l’amputation. Les conditions d’hygiène déplorables sur un bateau surpeuplé, le froid, la nourriture peu variée et insuffisante en vitamines C avec son corollaire, le scorbut, ajoutent à la mortalité.
La cuisine est faite par un mousse de treize à quinze ans et il faudra attendre 1907 pour qu’un cuisinier âgé de 18 ans figure obligatoirement sur les rôles d’équipage. D’une façon générale, les mousses sont particulièrement rudoyés. L’alcool est distribué largement comme “remontant” que ce soit sur les bateaux , le boujaron – cinq cl d’eau de vie servis au réveil- ou dans les cabarets de Saint-Pierre, mais il entraîne rixes et noyades et fait des ravages dans la population des terre-neuvas. L’espérance de vie d’un marin de la pêche est courte, bien inférieure à celle d’un marin du commerce, et leurs femmes sont veuves en moyenne à 36 ans.

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L’âpreté au gain des armateurs, a fait du Terre-Neuvas un esclave du profit
Il n’y a pas de mot pour qualifier le comportement de c
es armateurs ausssi nous laisserons à chacun le soin de les juger.
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On le sait, la pêche à Terre-Neuve n’a jamais été une sinécure. Métier terrible, insalubre, dangereux, mais aussi métier d’esclaves, où les armateurs tenaient d’une poigne de fer les malheureux équipages.
Témoins ces quelques obligations
(il y en a 21 au total) figurant au contrat des matelots de la Thémis, armée en 1770 par la demoiselle Péronnelle Richard de Binic (22).
– Si des marins étaient arrêtés par la maréchaussée avant le départ, ils devraient rendre leurs avances (denier à Dieu). Les héritiers de ceux qui mourront pendant le voyage ne pourront prétendre à rien.
– Pendant que le navire sera en rade, ils feront le quart par tiers, jour et nuit. Leur seul salaire durant cette période sera leur nourriture.
– Le navire, paré à faire voile, les engagés se rendront à bord sous peine d’être traités comme déserteurs, de restituer leurs avances et de supporter toutes les conséquences.
– Le navire sous voiles, les salaires ne seront acquis que lorsqu’il sera avancé au-delà de l’île de Bréhat. Les engagés ne pourront en aucun cas abandonner le navire jusqu’à l’achèvement du voyage, sous peine d’être traités comme déserteurs.
– Il est défendu de jurer, ni blasphémer le saint nom de Dieu, de se mutiner, de se quereller, sous peine de punition exemplaire suivant l’ordonnance en vigueur.
– Le capitaine, les officiers et les matelots qui l’auront mérité bénéficieront de « la part de pêche ». Elle représente le 1/5 ème du produit net de la vente du poisson. La part de pêche sera répartie entre toutes les têtes (méritantes) de l’équipage.
– Toute perte de matériel (doris, approvisionnements, outils, sel, etc.), qui interviendrait avant ou pendant la pêche, sera déduite de la part de pêche.
– Pendant que le navire sera en rade, ils feront le quart par tiers, jour et nuit. Leur seul salaire durant cette période sera leur nourriture.
– Toute perte de matériel (doris, approvisionnements, outils, sel, etc.), qui interviendrait avant ou pendant la pêche, sera déduite de la part de pêche.
– Quitter la pêche au cours du voyage ou se débiner pendant le déchargement implique la restitution des avances, la perte de la part, le remboursement du manque à gagner dû à leur défection, le paiement de dommages et intérêts. Les coupables subiront, en outre, les rigueurs de l’ordonnance qui sanctionne ce genre de faits.
– En cas d’insolvabilité, tout l’équipage assumera solidairement…
Cela en dit long sur la condition du petit peuple, contraint d’accepter ça pour survivre.

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CONCLUSION

Cette longue épopée, ce réçit d »aventures tragiques ou se mêlent tous les malheurs de la terre, accompagnée par la présence quotidienne du danger, hélas, tous nos marins l’ont vécu , depuis leur plus jeune âge.
Ils étaient partis pleins d’ histoires dérobées le soir ,dans des tavernes enfumées et qui les faisaient réver .
Ils avaient hâte de partir, de les rejoindre et de devenir à leur tour des héros.
Mais quand ils embarquèrent dans leur premier Nao leurs illusions laissèrent la place à la dure réalité.
C’est celà tout que j’ai voulu raconter, ce qu’ils ne savaient pas dire, ou qu’ils voulaient ne pas dire devant des incrédules ,pour un devoir de mémoire amplement mérité.
Car quand on énumère brièvement ce à quoi se sont heurtés, les marins-pêcheurs de toute nos quartiers , le bilan est tout simplement effrayant .
Dans cet engagement, il y avait tout : sans relache; du départ au retour, l’isolement qui pouvait durer 8 ou 9 mois,le blizard, le froid polaire, le danger de tomber dans l’eau glacée lors de tempêtes , ou lors peut être de combats avec la baleine :
Un marin faisait office de chirurgien équipé de sommaires instruments , et avec beaucoup d’eau de vie , était chargé de réduire les fractures et sciait un menbre en cas d’infection.
Ce régime dura des centaines d’années.
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J’ai connu un de ces marins. Il avait 80 ans et était peu bavard j’avais 10 ans et nous ne parlions guère.
.Il était marin bien sûr ,puis en plus, matelot sous l’Empire et en guerre contre l’Allemagne de Bismark
La vie nous a séparés très tôt et par la suite personne ne sut me donner le moindre renseignement sur sa vie de marin. ni sur celle de mes autres anciens . Seulement un extrait de naissance avec la mention concernant son père qui pour lors, était à la pêche à Terre-Neuve
. Heureusement j’avais son portrait qui ne quittait pas
Lorsque j’ai décidé d’écrire cette histoire – pour retrouver son parcours tout le long de sa vie , celui de son épouse la grande absente, et de ses prédécesseurs, j’ai compris les souffrances, le courage, l’abnégation de cet homme simple .
Maintenant ,enfin, je sais.
C’est pour cette reconnaissance que j »ai écrit cet essai; c’est pour lui et pour tous ceux qui l’ont précédé, et leur dire de tout mon coeur, dans leur langue maternelle

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MARTIN
Marin Pécheur

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SUITE

LES CONSEQUENCES SUR LA COTE BASQE
D’ HIER A AUJOURDHUI
Manex Goyhenetche

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.Une délibération de l’assemblée des habitants de Ciboure, le 24 septembre 1747, analyse très bien cette situation de détresse que vivent les populations de matelots, lorsque les guerres les privent de leurs ressources et les entraînent dans le cycle infernal des disettes et des surmortalités:
.Laurier Turgeon (op. cit. en note 11), a fixé les rythmes de développement de la pêche terre-neuvième,ses modes de production, d’utilisation et de commercialisation.
Laurier Turgeon montre aussi que la guerre ne fut pas la seule cause du déclin de la pêche hauturière.
Elle fut victime aussi d’une crise structurelle. L’économie maritime reposait sur un système d’échanges rudimentaires et fragiles fondés sur la vente des produits de la pêche contre le paiement en argent qui était destiné au financement de l’avitaillement.
Cette espèce de mono production était à la merci de la moindre crise Il manquait une politique de diversification.
Par ailleurs, le développement de la pêche maritime lointaine était lié à la production des ressources agricoles de l’arrière-pays nécessaires pour fournir tant l’avitaillement que la main-d’oeuvre. On voit par là que recul de l’agriculture, émigration, sous-emploi, déclin de la démographie et de la pêche allaient de pair et s’enchaînaient dans le même cycle de la dépression. La guerre avait pour conséquence de transformer les baleiniers et morutiers basques en soldats et corsaires, signifiait la disparition de nombreux marins (prisonniers, tués), ou l’augmentation des invalides.
Les courbes démographiques témoignent de l’ampleur de la crise qui frappe l’économie maritime en Labourd tout au long du XVIIIe siècle.
Les populations maritimes restent enfermées dans le cycle infernal des grandes mortalités aggravées par les guerres du XVIIIe siècle.
Depuis la réforme de Colbert, le recrutement des matelots et des officiers se faisait selon le système des classes: les gens de mer étaient inscrits sur des listes puis répartis en classes pour être appelés à tour de rôle.
En temps de guerre, les marins pêcheurs devenant soldats, la source de revenus que constituait la pêche disparaît pour la famille, entraînant la sous-alimentation et l’endettement.
Les archives communales des ports labourdins portent les traces et les témoignages des différents aspects du déclin inexorable des populations maritimes dès la fin du XVIIIe siècle
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.Une délibération de l’assemblée des habitants de Ciboure,
le 24 septembre 1747, analyse très bien cette situation de détresse que vivent les populations de matelots, lorsque les guerres les privent de leurs ressources et les entraînent dans le cycle infernal des disettes et des surmortalités:
«Ladite communauté a délibéré d’une voix unanime qu’il est important de représenter à sa grandeur l’état et la situation où se trouve la communauté de Ciboure depuis quelques années, que les habitants qui la composent étant généralement presque tous matelots, elle se trouve dépeuplée considérablement par les mortalités que les guerres accompagnent soit sur les vaisseaux des armateurs et aux prisons des ennemis de l’Etat où plusieurs se trouvent détenus, et les pauvres familles sans secours réduites à la misère (…), sans ressource d’aucun commerce ni moyen de subsistance, la plus grande partie de ses habitants est à la mendicité»
16. Près de quarante ans plus tard, la situation n’a guère évolué.
Elle a même empiré, si l’on se fie à la délibérationde l’assemblée des habitants de Ciboure le 27 août 1780
:«Elle n’y a d’autre aliment que la pêche à la morue et des armements du pais ayant été reservés dans deux ports de l’île de Terre Neuve (il s’agit de Saint-Pierre et Miquelon), bien loin d’avoir eu quelque succès, presque tous les armateurs y ont perdu, de là une privation de la subsistance des matelots et de leurs familles, parce qu’ils se trouvaient au retour débiteur de leurs armateurs et une pareille privation (…) qu’à cette guerre a succédé la misère, soit par la cessation de cette pêche telle qu’elle, soit par des levées considérables des matelots pour le service dans les vaisseaux du Roi où il est déjà port une soixantaine, par conséquent une dépopulation et une désolation (…)»
A la veille de la Révolution de 1789, la population de Ciboure souffrait toujours de la crise alimentaire et de la sous-alimentation que provoquait la guerre. Le démantèlement de la pêche a pour résultat la disparition,dans les familles, de la source de revenus (le produit de la pêche) qui permettait l’achat de la nourriture céréalière.
Pour faire face à la disette et à la sous-alimentation, il fallait s’endetter, hypothéquer des biens. L’appauvrissement des familles entraine l’augmentation des difficultés financières de la communauté obligée de vendre une partie de ses biens communaux:
«La communauté de Ciboure n’a aucun bien patrimonial, qu’elle n’a presque point de territoire, que les habitants seuls donc en supportent presque toutes les charges et impositions, que les habitants sont presque tous marins qui dans ce moment se trouvent à la pêche des morues, que cette pêche dans les trois ou quatre dernières années a été si peu abondant dans la partie de la grande île de Terre neuve où la majeure partie des matelots de cette comunauté se trouve occupés, que bien loin de leur donner quelque profit pour la subsistance de leurs femmes et de leurs enfants, ils se sont trouvés au contraire endettés chaque année au retour du voyage envers leurs armateurs, que la misère occasionnée par ce défaut de pêche a rendu impossible même la perception ordinaire des impositions»
Le manque de ressources frappait aussi l’arrière-pays des ports labourdins. Dans les années 1780, Inda, curé d’Ainhoa, soulignait la disette dont souffrait sa paroisse: «
Le dépouillement des sources fiscales permet de mettre en évidence l’appauvrissement des populations maritimes du Labourd au XVIIIe siècle. Prenons le rôle de la capitation à Saint-Jean-de-Luz en 1701
Il recense 257 chefs de feux.
Quinze ans plus tard, celui de 1716 ne contient plus que 231 feux, soit une diminution de 109%. Pendant le même laps de temps, la proportion des petits contribuables (entre 10 sols et 1 livre) est passée de 69,26% à 88,74%, soit une augmentation de 27%, tandis que la proportion des plus hauts revenus est tombée de 9,33% à 1,29%, soit une diminution de 116%. C’est le signe le plus évident de la paupérisation des habitants de Saint-Jean-de-Luz dès la première moitié du XVIIIe siècle
On peut également vérifier la paupérisation de Saint-Jean-de-Luz dans l’évolution des déficits et des dettes de la ville. Le déficit du budget dans les années 1711-1712 se situe environ à 2000 livres par an. Ilatteint plus de 5OOO livres en 1733, grimpe à 9478 livres en 1745. En 1770, le trésorier de la ville devait 20599 livres et 8673 livres d’intérêts
Il était difficile, sinon impossible, dans ces conditions, d’impulser une politique de renouveau de la pêche. Dans le faisceau des facteurs déterminants de l’évolution de la pêche, système juridique, démographie, agriculture et finances s’enchevêtrent.
Le droit successoral favorisait la formation d’une réserve de main-d’oeuvre disponible pour les activités de pêche. Mais au XVIIIe siè-tentatives»
. Laurier Turgeon, à partir de l’exploitation des archives notariales
, a mis en exergue le recul continu de l’armement, notamment de 1723 à 1732, et de 1738 à 1742, et les aspects structurels qui furent à l’origine de cette évolution catastrophique, notamment à Saint-Jean-de-Luz et Ciboure.
Dans ces deux ports, la pêche était organisée à partir de la métropole. Il était difficile de contourner les lointaines régions peuplées par des colons qui avaient la mainmise sur la pêche et sur le développement des activités de commerce.
Saint-Jean-de-Luz et Ciboure n’avaient pas une infrastructure commerciale suffisante pour s’adapter au troc pratiqué à Terre-Neuve, et qui consistait à échanger la morue contre les denrées alimentaires et les produits manufacturés.
XVIIIe -XXe SIÈCLES
Jusqu’au XVIIIe siècle, les Labourdins s’étaient adonnés aux deux grandes pêches lointaines: la morue et la baleine.
L’inspecteur Lemasson du Parc, dans son rapport de 1727, anotait que «le commerce le plus considérable des habitants de Ciboure et de Saint-Jean-de-Luz est celuy de la pesche de la baleine « 
<<. Ils sont sans contestation les plus hardis et les plus expérimentés de tous les pescheurs français et même des autres nations qui pratiquent cette pesche <<
L’infrastructure commerciale ne semble pas avoir attiré son regard. A peine note-t-il: «Les habitants de Bayonne font des armements comme ceux de Ciboure et de Saint-Jean-de-Luz pour la pesche de la baleine au nord et dans les glaces».
un mémoire sur la pêche à la baleine qui étudie les causes de son déclin, les conditions d’une relance éventuelle, et surtout cette dure réalité du rapport de forces avec les concurrents: «Les Hollandais envoient à présent 2 à 300 (navires), les négociants de Bayonne et de Saint-Jean-de-Luz n’ont armé depuis 20 ans que 25 navires tout au plus chaque année».
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Une nouvelle histoire commençait pour le Labourd avec l’aménagement des ports de plaisance, Larraldenia à SaintJean-de-Luz et Ciboure,et
Xingudi à Hendaye, .
1970
Abandont de la pêche
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D’ HIER A AUJOURDHUI

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A Hendaye de même qu’à Biarritz, Bidart, Guétary Ciboure, et Saint Jean -de-Luz nous avons connu et partagé le même destin, ; la la même chute, la même misère.
Pendant la guerre de la Convention,
nos soldats luttaient contre l’Espagne dans le Roussillon, laissant l’autre bout des Pyrénées , complètement dégarni,le Général Caro, fort étonné traversa la Bidassoa la fleur au fusil et le massacre commença.La population terrorisée par un bombardement qui ne laissa une pierre debout s’enfuit le plus vite possible et le plus loin possible
.Quand le bombardement eut cessé il fut remplacé par une horde de brigants qui mirent le feu à tout ce qui pouvait bruler
.C’est ainsi que Hendaye perdit ses archives et redevint un quartier d’Urrugne.
Le général rameuta des soldats, et Caro rentra chez lui satisfait.
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Que sont devenus les habitants de ce lieu ? demandait unvoyageur, en 1820, à un vieillard d’Hendaye assis en guenilles
sur quelques ruines.
Les uns sont morts, dit le Labourdin, en se levant, quelques-
uns ont émigré, la guerre a disséminé le plus grand nombre,
les autres sont ensevelis dans le grand champ derrière l’église.
Quel champ ? demanda l’interlocuteur.
Le Basque regarda fixement l’homme frivole qui ne l’avait
pas compris et, faisant du bras un geste solennel, il montra…
l’Océan.
Dans un autre ordre d’idées, voici ce qu’écrivait, plus tard,en 1834, M. Lacour :
« Hendaye n’existe réellement que sur la carte ; elle n’offre que des décombres.
Ses habitants sont dispersés, son industrie tuée. Je vois partout la dévastation, la solitude et le deuil.
Quelques rares maisons s’élèvent à travers ses rues désertes et au-dessus ces pans de murs cachés sous le lierre qui se plaît à les tenir embrassés, On croit se promener au milieu de catacombes.

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APRES
LES GUERRES DE
1793 et de 1813

image54

Hendaye mit de longues années à se relever de ses ruines.
Lors du passage de Wellington les habitants avaient fui, il ne restait plus que 50 personnes.
. En 1820 on ne comptait encore que 330 habitants.
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L’église ne fut rendue au culte que vers 1807. Elle nécessitait des réparations urgentes qui ne purent être exécutées qu’en 1831, faute de ressources de la commune.
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En vue d’ augmenter, celle-ci le Maire Pellot obtint du gouvernement la concession de l’herbe des terrains du vieux Fort,

Au cours des dix années suivantes, la ville ne reprit que très
lentement un peu d’animation; les habitants de retour (ils n’étaient
encore que 330 en 1820) travaillèrent courageusement à relever les
ruines de leurs maisons.
Un détail est caractéristique de la pauvreté des cultivateurs de
la commune en 1822 : les militaires n’y recensent que 4 paires de
boeufs, 4 paires de vaches ainsi que 4 charrettes.

Il était, en 1799,45 bêtes à cornes.

Telle était la dimension d’un dommage de la
guerre presque dix ans après !
Pendant longtemps encore Hendaye n’exista plus.

Que sont devenus les habitants de ce lieu ? demandait un voyageur, en 1820, à un vieillard d’Hendaye assis en guenilles sur quelques ruines.
Les uns sont morts, dit le Labourdin, en se levant, quelques-
uns ont émigré, la guerre a disséminé le plus grand nombre,
les autres sont ensevelis dans le grand champ derrière l’église.
Quel champ ? demanda l’interlocuteur.
Le Basque regarda fixement l’homme frivole qui ne l’avait
pas compris et, faisant du bras un geste solennel, il montra… L’Océan.

Dans un autre ordre d’idées, voici ce qu’écrivait, plus tard,en 1834, M. Lacour :
« Hendaye n’existe réellement que sur la carte ; elle n’offre que des décombres. Ses habitants sont dispersés, son industrie tuée. Je vois partout la dévastation, la solitude et le deuil.
Quelques rares maisons s’élèvent à travers ses rues désertes et au-dessus ces pans de murs cachés sous le lierre qui se plaît à les tenir embrassés, On croit se promener au milieu de catacombes.

L’église ne fut rendue au culte que vers 1807. Elle nécessitait des réparations urgentes qui ne purent être exécutées qu’en 1831, faute de ressources de la commune.
Les ressources de la commune consistaient en la locations de carrés de terrains communaux aux Joncaux aux habitants pour subsister.
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En vue de les augmenter, celle-ci obtint du gouvernement la concession de l’herbe des terrains du vieux Fort !
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Au cours des dix années suivantes, la ville ne reprit que très
lentement un peu d’animation; les habitants de retour (ils n’étaient
encore que 330 en 1820) travaillèrent courageusement à relever les
ruines de leurs maisons.
Un détail est caractéristique de la pauvreté des cultivateurs de
la commune en 1822 : les militaires n’y recensent que 4 paires de
boeufs, 4 paires de vaches ainsi que 4 charrettes.

Il était, en 1799, 45 bêtes à cornes.

Telle était la dimension d’un dommage de la
guerre presque dix ans après !
Pendant longtemps encore Hendaye n’exista plus.
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Hendaye mit de longues années à se relever de ses ruines.
20 Ans plus tard
le scénario fut le même
Cette fois çi les envahisseurs étaient une coalition de l’Espagne, du Portugal et de L’Anglerre, commandés par Wellington. qui couraient sus après Napoléon.
Ce qu’il se passa fut à l’exemple de ce qui se passa vingt ans plus tôt
Lors du passage de Wellington les habitants avaient fui, il ne restait plus que 50 personnes.
. En 1820 sept ans après on ne comptait encore que 330 habitants.
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Un espoir tout de même
: De très loin on entendait l’arrivée
d’un train.

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fin