Marins deux

Et malgré toutes ces vicissitudes l’homme de Arra-Zabaletta de Suerbernoa de Aizpurdi , sans oublier Urrugne Béhobie ou Biriatou a réagi

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MON BAS-QUARTIER

Bien que n’en étant pas ,je l’emprunte sans cesse soit pour aller en ville, ou pour faire l’inverse

. Le traversant ainsi chaque fois en entier
On dit de mois, bien sûr qu’ elle est du Bas-quartier
Eh bien ! puisque j’en suis, que je vous le présente :

C’est un grand carrefour au bout de rues en pente, Des maisons en souci d’un vague alignement N’offrant, pour tout cachet, que leur délabrement.
Le Bas-Quartier n’est pas son vrai nom d’origine , iI n’est pas bien ancien comme on se l’imagine; la baie en l’occupant en faisait un bon port
Très à l’abri des vents , à l’ombre du vieux fort.
Harri-Chabaleta, rives harmonieuses s’éveillant aux échos d’histoires merveilleuses

Que contaient à l’envie de très anciens pêcheurs S’étendant sur leurs joies et peu sur leurs malheurs.
N’étant plus visité par l’antique baleine,

D’autre part n’allant plus à la pêche lointaine le progrès a détruit un ordre primitif.
Car jamais rien n’est stable ou bien définitif.
Le port devient un luxe aux beautés superflues, Rappelant les départs vers les bancs de morue Hendaye a chassé l’eau pour gagner du terrain
Tant mieux pour aujourd’hui mais tant pis pour demain
Foin de vieux souvenirs. Tout pour le modernisme
Faisons donc place nette et pensons au tourisme.
Adieu Vieux-Fort, remparts, pont – levis, souterrains, échauguettes, réduits, rasons tout de nos mains.
Harri-Chabeleta, c’est en pieux hommage
, Que j’ait fait ce poème à ton premier visage : Les vieux chalets sont là, s’il manque un ponceau,
On peut y voir quand même Hendaye en son berceau .

Joséphine Moléres

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HENDAYE
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HARRI XABALETA

UN PORT SANS BATEAUX
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ESSAI
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Petit , certes, mais protégé par deux mamelons celui d’Ouristi et celui du fort de Gaztelu ,et ouvert par un étroit passage vers la baie de Xingudi ,alimenté par deux ruisseaux celui d’Aizpurdi , et celui de Zapatenia, et l’eau de la marée, à l’abri des raids des marins de Fontarrabie nos farouches voisins qui interdirent toute navigation pendant 653 ans .Alors il a fallut chercher ailleurs : le port de Saint Jean de Luz les accueillit.
On sait peu de choses sur Harri Zabaletta qui subit en 1793 lors de la guerre de la Convention un bombardement et une invasion de l’Espagne suivi d’une mise à feu systématique, puis 20 ans plus tard , une autre invasion par les troupes alliées d’Angleterre, du Portugal et à nouveau de l’Espagne et Napoléon

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la baleine à bosse à Hendaye

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Avant de parler longuement des baleines et de la vie de nos pêcheurs de Harri zabaleta , il serait judicieux je crois de faire une enquête pour en savoir davantage.
On a longtemps pensé que leur chasse était d’origine préhistorique mais sans disposer de preuves tangibles. En fait, plusieurs représentations paléolithiques (en particulier, dans le Sud-Ouest de la France et en Espagne)n’avaient pas été immédiatement reconnues comme telles.
LEKEITIO

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Lekeitio en Pays basque d’Espagne, nous disait que la présence humaine dans le territoire de la ville de Lekeitio- Mundaka remontait à la Préhistoire et était documentée par les restes trouvés dans le gisement de la grotte de Lumentza. par des harpons en os, en bois de renne, qui révèlent la pratique de la chasse à la baleine depuis des temps immémoriaux chez les Basques .Ce gisement avait été étudié et validé par Telesforo Aranzadi – un scientifique spécialiste en anthropologie, botanique et zoologie- et José Miguel de Barandiarán pendant les années 1930.
Nous avons voulu aller un peu plus loin pour trouver une certidude.
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Des os de baleine du paléolithique dans les Pyrénées
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Les chasseurs-cueilleurs de la fin du paléolithique supérieur ont eu un mode de vie littoral.
C’est ce que démontre le préhistorien Jean-Marc Pétillon, chargé de recherche au CNRS à Toulouse.
Non, l’homme préhistorique n’était pas qu’un homme des terres et des grottes.
Les chasseurs-cueilleurs de la fin du paléolithique supérieur ont eu un mode de vie littoral.
C’est ce que vient de montrer le préhistorien Jean-Marc Pétillon, chargé de recherche au CNRS à Toulouse*, dans une étude publiée en ligne dans le Journal « of Human Evolution » .
Il a réexaminé des pièces d’une quarantaine de collections, issues de 23 sites occupés dans les Pyrénées entre moins 18.000 et moins 15.000, exhumées au cours de fouilles entre la fin du 19e siècle et les années 1970.
En particulier des pointes de sagaie, classées un peu vite comme étant en bois de renne.
« Or, j’avais déjà identifié, dans la grotte d’Isturitz, que certaines étaient en os de grand cétacé. J’avais l’intuition que ces pièces étaient différentes », explique le préhistorien. Un premier examen visuel l’a encouragé et a été confirmé par des analyses physico-chimiques réalisées avec les chercheurs du laboratoire du musée du Louvre.
Au total, une centaine d’outils en os de baleine ou de cachalot ont été identifiés.
« Il est difficile de reconstituer le mode de vie de ces nomades sur le littoral marin, car, à cause de la montée du niveau des eaux, ces sites sont désormais à 100 m sous l’océan. Depuis dix ans, nous sommes donc de plus en plus attentifs à tous les indices indirects.
. » Nos ancêtres récupéraient sans doute ces os sur des carcasses échouées de baleine et de cachalot, à l’époque foisonnants dans le golfe de Gascogne.
Un matériau idéal pour tailler des projectiles plus résistants que les os terrestres ou les bois.
L’étude montre que ces outils sont disséminés sur le versant nord des Pyrénées, du littoral atlantique jusqu’à l’Ariège. Comment sont-ils arrivés jusque-là ? « On imagine deux hypothèses : soit ces nomades se sont déplacés avec leurs pointes de sagaie, soit il s’agit d’échanges de proche en proche. »
De quoi considérer d’un œil neuf d’autres objets paléolithiques, « comme ceux des sites du nord de l’Espagne, Cantabrie, Asturies et Galice
* Laboratoire Travaux et Recherches archéologiques sur les cultures, les espaces et les sociétés, CNRS/Université Toulouse 2/Ministère de la Culture et de la Communication/EHESS/Inrap.
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NOS VOISINS

LES GROTTES DE SARE

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Les témoins d’occupation les plus anciens sont des racloirs et des éclats âgés d’au moins 45. 000 ans (Moustérien). Puis viennent en plus grand nombre des outils (burins et pointes) d’environ 25 000 ans (Gravetien) et des lamelles et grattoirs d’environ 13 000 ans (Magdalénien). Les hommes chassaient alors au Pays basque le cerf et le bouquetin, qu’ils cuisaient sur des foyers à même le sol. Végétaux, baies sauvages et peut-être coquillages de l’Atlantique tout proche, complétaient leur menu.
Au Néolithique puis à l’âge du bronze, Lezea (l’une des grottes de Sare) fut occupée par des agriculteurs-éleveurs, comme en témoignent de nombreux fragments de céramiques et des ossements de bétail
sardako baléa
La baleine a des ancêtres terrestres depuis 50 millions d’années
Elle était un mamifère prédateur Grâce à sa longue queue et ses grandes pattes-nageoires, elle pourchassait ses proies en nageant . Les Millénaires passant elle s’était transformée en poisson.

L’homme de cromagnon ne devait pas ête bien loin .
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Chaque baleine pesant autant que cinquante éléphants, lorsque l’une d’elle s’échouait sur la grève ou était ramenée au port c’était une aubaine pour nos populations.
Chaque animal apportait 35.000 kilos de viande, il en était tiré 30.000 kilos d’huile, des fanons pour les corsets, de la peau pour en faire des cordes et jusqu’aux os qui servaient, les vertèbres comme sièges et les côtes comme poutres.
Sans compter la langue, morceau de choix destiné soit à l’évêque de Bayonne soit au roi (de France ou d’Angleterre selon l’époque).
Les Basques avaient créé des réseaux commerciaux, à preuve, au VIIe siècle, une facture de l’abbaye de Jumièges pour 50 pots d’huile, accompagnée de cinq lignes en langue basque
La baleine franche et la baleine de Biscaye sont deux des très
rares espèces de baleines au sens rigoureux du terme.
Les baleines bleues qui pèsent jusqu’à 150 tonnes, soit trois fois plus que le plus grand des dinosaures ou 36 fois le poids d’un éléphant adulte.

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HISTOIRE

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Le premier document écrit date de 670 et parle de la vente de 40 pots d’huile de baleines au nord de la France à l’Abbaye de Jumièges en normandie, par des Basques venus du Labourd.

Suivi d’un texte de 5 lignes en langue basque.

Pour l’Antiquité, le site de Guéthary, mis à jour par Jean-Luc Tobie a permis de confirmer la présence près du rivage d’un «four à huile de baleine», et, vers l’intérieur, des bassins de salaisons de thon remontant au premier siècle après J.C.
On sait aussi que le site antique de Bayonne, Lapurdum, constituait un important marché de langoustes aux IIIe-IVe siècles après après JC

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Epoque romaine
AU MOYEN AGE

Les premiers documents connus qui témoignent véritablement de
cette activité datent des XIe et XIIe siècles.
En France, dès 1059, des redevances en baleine étaient perçues sur ces animaux,

Alphonse VIII de Castille et Ferdinand III étendront d’ailleurs le même privilège aux villes de Fontarabie en 1203, Motrico et Guétaria en 1204 et Zarauz .

Le mode d’entreprendre implique tellement de modifications dans
les méthodes de pêche, qu’il est permis de parler de technique basque autochtone.
Selon une hypothèse, cette technique aurait été acquise dès le IXe siècle en chassant les cétacés qui venaient régulièrement détruire les filets de pêche.
. Découvrant que la baleine était timide et inoffensive,les Basques se seraient aventurés à la pêcher avec des harpons.
C’est alors qu’ils découvrirent l’immense valeur de cet animal . En l’espace d’un siècle, les Basques maîtrisèrent cette pêche au point de devancer tous leurs concurrents du Nord de l’Europe où le déclin de la pêche coïncide avec le sommet de l’activité basque aux XIIIe
et XIVe siècles.
Pendant plusieurs siècles, la capture de ces cétacés procurera des revenus importants à tout le Pays basque de Saint Jeande-Luz en jusqu’à la Cantabrie en Espagne.. Cette nouvelle source de revenu était d’autant plus bienvenue que le Pays basque en général, mais surtout la région du Labourd, était stérile et seule la pêche rapportait un certain bénéfice.

Les archives de Biarritz et de Lequeitio en particulier, témoignent abondamment de ce fait. Bon nombre de fruits et de légumes étaient encore inconnus à cette époque. La pêche fournissait donc l’essentiel du repas d’autant plus que l’année comptait 166 jours de jeûne.

Contrairement à ce qui se produira lorsque les Basques armeront pour des expéditions au long cours aux XIIe, XIIIe et XIVe siècles, on utilisait alors toutes les parties de l’animal: la chair servait à nourrir les populations pauvres et les équipages de navires; l’huile se transformait en lumière et en lubrifiant ou entrait dans la préparation de divers produits comme le savon, la laine, le cuir et la peinture; les fanons, que les Basques utilisaient dès le XIIe siècle, s’employaient dans la confection des vêtements, des décorations comme les plumeaux des casques de chevaliers, des chapeaux de femmes, des corsets, des tabatières, des ressorts de chaises, des soies de brosses à cheveux, des cerceaux de jupes dont la grande robe de la reine; les vertèbres, les côtes et les mâchoires devenaient des sièges, des clôtures, des poutres, des ex-voto placés de chaque côté des portes d’églises et même des moellons comme c’est le cas dans plusieurs bâtiments médiévaux de même les excréments étaient utilisés pour teindre les tissus en rouge ,

Les premiers documents connus qui témoignent véritablement de
cette activité datent des XIe et XIIe siècles. En France, dès 1059 (sous Philippe Ier),des redevances en baleine étaient déjà perçues sur ces animaux,
D’Aussy ,dans La vie privée des Français cite un manuscrit du XIIIe siècle selon lequel les marchés de Bayonne, de Ciboure et de Biarritz vendaient de la langue de baleine.
Cette partie de l’animal était un mets de la plus haute délicatesse réservé au clergé ou au roi
En 1565, deux quintaux en furent offerts à Charles IX et à Catherine de Médicis.
Aux XIIIe et XIVe siècles, les prises étaient à ce point importantes
que les autorités royales et ecclésiastiques virent, dans la pêche de la baleine, une façon d’accroître leurs revenus,
Jusqu’au milieu du XIIe siècle et en vertu d’une clause des jugements d’Oléron, les Basques avaient été exemptés du droit de pêche; c’est donc dire que les sommes qu’ils versaient à leurs suzerains étaient des dons et non des impôts.
C’est Henry II, roi d’Angleterre (1154-1189) et duc de Guyenne, qui
renversa cette clause. Les archives basques contiennent des dizaines d’exemples de taxes et de redevances perçues sur ce commerce à partir de cette époque: à Biarritz, un règlement de 1268 fixait les droits
Aux XIIIe et XIVe siècles la pêche de la baleine se pratiquait en
haute mer dans le golfe de Gascogne

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Manuscrit d’Islande du Moyen Age: Dépecage d’une baleine

. C’est de cette époque que datent les méthodes de pêche qui seront en usage jusqu’au milieu du XIXe siècle. Un des grands avantages des Basques était de voir défiler le long de leurs côtes, à partir de l’équinoxe de septembre et pendant tout l’hiver, des centaines de baleines qui accomplissaient leur périple annuel vers le sud.
Ces cétacés, qui portent le nom chez Basques de « sardako », ce qui signifie baleine vivant en groupe. Ne dépassant pas 20 mètres de longueur, ces baleines étaient lentes et inoffensives.
Elles étaient une proie rêvée en comparaison d’autres espèces trop rapides pour être poursuivies par des embarcations ou trop puissantes pour être capturées avec les moyens de l’époque.
Elles avaient surtout la capacité de flotter après la mort, pouvaient se remorquer jusqu’à la côte ou jusqu’au navire pour les dépecer.
À compter du XVe siècle toutefois, ce genre de pêche semble
disparaître du golfe de Gascogne.
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LES MARINS —
LES PECHEURS –LES CORSAIRES

Jusqu’à maintenant, l’Histoire de Hendaye s’est portée essentiellement sur les Rois et les Reines, les Guerres , les Traités, et toutes sortes d’évènements dont les Hommes et les femmes de ce pays sont totalement absents.
Nous en avions oublié l’essentiel , qui est de parler d’eux, de leur vie, au cours des siècles

Les braves et aventureux marins de Hendaye méritaient de sortir de l’oubli dans lequel ils étaient plongés. Pour peu que l’on ouvre un livre d’histoire maritime, on les trouve un peu partout, mais jamais on n’avait eu la pensée de les rechercher pour réunir leurs actions d’éclat en un seul ouvrage et leur rendre ainsi le juste hommage qui leur était dû.
Sans nul doute, les basques ont été considérés comme un peuple d’hommes qui, du fait de leur soif d’aventures ou de leur caractère entreprenant, n’ont pas hésité à s’élancer au-delà des horizons qui les étouffaient. Malgré leur amour pour leur pays, les Basques quittèrent leur terre poussés par le besoin et par leur soif d’aventures, ayant à leur actif le voisinage de la mer.
Ce silence de divers auteurs sur les capitaines de navires et les officiers d’Hendaye, résulte du fait que les archives de cette ville
furent détruites entre autres par les Espagnols lors de l’occupation
de six paroisses frontalières d’octobre 1636 à octobre 1637, mais
également en 1793 lors de la guerre de la Convention, et enfin en 1813-1814 par les alliés du général anglais, Wellington, l’Espagne et le Portugal
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Quand on parle de Hendaye , on pense Pellot.
Il est fêté comme il se doit.
Pour la fête Basque il à même droit à un char !
Peut être pense- t-on à un second marin, avec Suhigaraychipi.
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Nous allons essayer de vous raconter , comment avec un port,
« sous scellé  » Hendaye figure parmi les plus importantes villes maritimes du littoral basque , à l’égal de Saint de Luz, Ciboure et Fontarrabie .

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LA DECOUVERTE
au présent
. Quand nos très lointains anciens virent pour la première fois , ce jet d’eau projeté avec force depuis la surface de l’eau et entre deux vagues, ces masses noiratres qui ondulaient , Ils furent sans nul doute vivement intrigués.
Lorsque qu’ils trouvèrent une baleine échouée sur le sable de nos plages, ils furent vite en éveil et finirent par se poser des questions .

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Pas trop ,car ils se mirent très vite à la dépecer, puis avec prudence à la goûter.. puis à se demander comment faire pour en avoir une seconde.
La chasse à la baleine était ouverte

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Depuis quand : depuis toujours
Le problème était comment

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Sur la falaise d’Aragorri, face aux jumeaux, un rocher qui s’est toujours appelé Guéta.
De là un marin, scrutait la mer, de nuit et de jour à l’affût du moindre jet d’eau qui signale la présence de la baleine; prêts à avertir par les moyens les plus bruyants, de cette présence et par du foin humide qui faisait, allumé une fumée épaisse.
Plus bas dans la cuvette du vieux quartier de Belcenia, d’autres marins dormant à moitié, lançaient le branle bas de combat.. La pêche la plus difficile et la plus périlleuse qui ait jamais existé, celle de la baleine, pouvait commencer.
Les Basques exploitèrent d’abord les individus qui s’échouaient en nombre sur leurs côtes. La viande et le lard de la baleine étaient très prisés, la graisse servait à faire de l’huile pour l’éclairage, sans oublier les fanons utilisés pour la corsetterie.
Cette variété de baleine ( la baleine basque ) était lente , docile et peu difficile à approcher.
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Les premiers hendayais disséminés surtout à Zubernoa, étaient des agriculteurs . La culture y était difficile la terre en grande partie argileuse, donnait peu de rendement et au fur et à mesure de l’essor de la populations l’agriculture seulement couvrait la moitié de leurs besoins ;
Heureusement la pêche était là ,et manquait de de bras
D’abord les enfants, avaient été formés, sur le tas, en écoutant dans les bars enfumés, d’Harri xabaleta, les anciens qui revenaient d’ îles lointaines avec des noms à faire réver .
.Depuis leur très jeune âge ils étaient embauchés come mousse et même comme moussaillons. Plus tard viendront des instructeurs qualifiés.
Hendaye avait trouvé un port, celui de toute la côte Basque ,de Biarritz de Guetary de Bidart de Ciboure et donc de Hendaye
à Saint Jean de Luz.

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La Baleine

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Pour survivre, les Basques furent les premiers à chasser les baleines dans le .Golfe de Gascogne

La baleine qui fréquentait le golfe de Gascogne est connue sous le nom de  » baleine des Basques » ou  » Balaena Biscayencis « . Sa tête est courte, sa couleur noire, pour une taille d’environ vingt mètres, un poids de 50 à 100 tonnes et se nourrit de petits crustacés  » le krill »
Elle avait la particularité de flotter quand elle était morte. Elle passait l’hiver sur nos côtes, les femelles venant jusqu’à s’échouer pour mettre bas. L’été cette baleine remontait vers les côtes islandaises ou norvégiennes.
Une autre espèce a gardé le nom de ses persécuteurs: il s’agit de la baleine sarde ou  » Sardako balea « , en basque, que l’on peut traduire par  » baleine de troupeau ». Cette espèce se déplaçait en bancs avec femelles et baleinaux qui fermaient la marche.
Les trainières attaquaient d’abord les baleineaux, qui fréquentaient ces eaux tempérées lors de la période de reproduction hivernale , les ramenaient vers le bord. La baleine, s’apprétait à les défendre, son instinct maternel affolé frappant de tous côtés avec son énorme queue. L’homme au harpon s’approchant au plus près de la béte
Ce combat dura longtemps, dans le golfe de Gascogne, et toute la côte Cantabrique .des siècles durant, au point que l’espèce disparut progressivement. et ensuite de disparaître complètement. Il leur fallut rechercher ailleurs. .
Nos marins de Harri zabaletta avec tous ceux Saint Jean.de Luz de la côte basque et d’Espagne prirent alors la direction du nord, avec des moyens nouveaux, des Caraques espagnoles, des Naos.
navires sommaires, de la fin du Moyen Âge, caractérisés par leur coque arrondie .Au cours du temps on en construisit avec un ou deux châteaux
Elles furent l’un des premiers type de navires européens, sans abri , à pouvoir s’aventurer en haute mer.

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NAO
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Trainière

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La baleinière basque renflouée exposée au musée du Lieu historique national de Red Bay, station baleinière basque du xvie siècle, située dans l’actuelle province canadienne de Terre-Neuve-et-Labrador.

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Les Basques, d’abord, charognèrent les carcasses de celles qui venaient, nombreuses, s’échouer sur nos côtes.

De Bayonne à la fin de la chaine Cantabrique le bord de mer était jalonnée de vigies – les atalayes- qui comme celle d’Aragorri à Hendaye.
La première barque est de type « pinaza » harponne, et ramène la prise à son port. Il règne alors une intense animation autour des fours, près des dépeceurs, coupeurs de lard, tonneliers et autres spécialistes.

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Toujours avec ces mêmes Pinasses mais cette fois avec quille
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DANS LE GOLFE DE GASCOGNE
et la côte Cantabrique

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La documentation sur la pêche des cétacés ne débute véritablement
qu’à la fin du 1er millénaire, avec l’invasion du Nord de la France
par les Normands ( Vikings )
Dans la plupart des cas, cette pêche a atteint un sommet entre le Xe et le XIIe siècle.

Quatre peuples se dégagent très nettement de tous les autres par l’intensité de leur activité.
Il s’agit des Basques espagnols et français, des Anglais, des Hollandais et des Américains.
Le long des côtes du golfe de Gascogne, un petit peuple, le peuple Basque qui pratiquait également cette pêche,commençait à s’affirmer.
À compter de cette époque,ce nouvel élément vint modifier la situation.
Les Basques seront les premiers à faire de la pêche de la baleine une industrie internationale
. Avec eux – peuple de marins hardis et inventifs – commence la véritable histoire de la pêche de la baleine dans l’Atlantique Nord
Il semble que les Basques et les habitants de la côte cantabrique seraient les premiers chasseurs de baleines de l’histoire et les inventeurs de l’industrie baleinière. Ils étaient organisés comme tels dès le VIIème siècle.
Pendant six siécles les basques du Labourd domineront la chasse à la baleine

.Au début, la baleine était aussi chassée sur les côtes cantabriques, au cours de campagnes qui allaient du mois d’Octobre au mois de Mars, lorsqu’elles descendaient depuis les mers gelées du Nord.
La première mention de la vente d’une baleine apparaît sur un document à Bayonne.
Plus tard paraîtront des documents concernant le ramassage des os de baleine pour les utiliser dans les réparations, et l’apparition de jarres pour y conserver l’huile de baleine

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L’humanité avait d’abord découvert les qualités de la baleine en
dépeçant celles qui s’échouaient sur le rivage. De tout temps, un tel
événement avait été considéré comme une magnifique aubaine de la nature , par les populations côtières.


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DE LA BALEINE A LA MORUE

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La baleine devint un pilier important de l’économie du Pays Basque, si bien qu’aux XIIIème et XIVème siècles, lorsqu’elle commença à se raréfier à , les pêcheurs allèrent la chercher plus loin
En passant par le Gipuzkoa la Viscaye , la Galice et les Asturies, en traversant les villes et les villages tout le long de la mer. avec une suite de plages de sable fin de collines rocheuses et des grottes. Avec pour toutes un passsé Préhistorique et Romain
Elles avaient connu le même passé de chasse à la Baleine ,. Avec maintenant leur disparition, toute la Cantabrie et la Côte basque s’apprétait maintenant au départ vers l’inconnu.
Au début et avec précaution elles se se dirigèrent vers l’Islande et le Pays de Galles
Ces campagnes difficiles duraient 3 à 4 mois , et aguerrirent les basques à la pêche au loin.
Le besoin de subsistance les y poussait plus que l’attrait aventurier, leur vie étant très rude.
L’emploi de la boussole au XIV siècle permit à nos pêcheurs armant des Naos, d’aller, toujours plus au nord ,dans les eaux , de Terre Neuve, du Labrador, au Groenland, ou au Spitzberg.
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En compagnie des corsaires
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Les premiers corsaires du Pays Basque furent des baleiniers qui alternaient leurs occupations de chasse avec le pillage des ennemis sur les bancs de Terreneuve, cautionnés par leurs lettres de marque.

La chasse aux baleines est étroitement liée aux corsaires, car elle fut exercée avant leur création pour venir finalement les rejoindre.

Les pillages de morues , par exemple, constituaient pour eux un butin aussi convoité que les soies les plus riches, l’or ou les meilleurs vins des navires marchands.
Le travail était d’abondance, et c’était une ruée vers l’or .
Quelle qu’en ait été l’époque, elle a permis aux marins d’ajouter à la pêche à la baleine une autre branche d’industrie non moins productive­ : la pêche de la morue.
Ils avaient en effet trouvé les bancs, si riches en morues, qui entourent la grande île et la vente de ces poissons inconnus jusqu’alors, eut un tel succès que des armements furent faits pour cette pêche , en même temps que celle de la chasse à la baleine
.On en trouve trace en 1560 : des établis­sements existaient déjà à Terre-Neuve pour la préparation des mo­rues ; toute une population s’y rendait en été et on comptait un certain nombre de Basques qui y étaient fixés définitivement.
Chacune de ces découvertes produisit une recrudescence d’activité dans les armements et des augmentations de bénéfice.
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En 1525 à Pasajes, 41 naos arment pour la campagne à Terre
Neuve avec 1475 hommes d’équipage et 295 chaloupes.

Avec une moyenne d’environ 8 à 10 baleines tuées par
campagne,les baleiniers aux barils pleins d’huile rentrent au pays
avant que l’hiver rigoureux de ces contrées ne les paralyse
vers le grand nord

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Le Harponneur dans la situation de tous les dangers
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Vers la moitié du XVIème siècle, surtout pendant les décennies de 1570 et de 1580, se produisit un grand mouvement de Basques vers Terreneuve qui apporta de grand changements dans la vie économique de toute cette côte
Les dernières découvertes effectuées au Canada relatives à la fréquence de la toponymie basque à cet endroit, les mots basques utilisés par les indiens et la façon de harponner les baleines seraient la preuve que les Basques furent les premiers à arriver sur ces terres et à établir des rapports d’amitié avec les indigènes.

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1492 Les trois bateaux de Colomb
LES NAOS DE COLOMB

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LES NAOS CANTABRIQUES

Ils étaient prêts :
Les contrats établis en début d’année
prévoyaient que l’équipage parte en mer au premier beau temps,
les départs se situant en général en avril. La pêche prenait fin le jour
de la Saint-Michel, le 29 septembre
Le retour au port d’attache était prévu vers la fin du mois d’octobre, mais avait lieu le plus souvent dans le courant du mois de novembre et même de décembre,
notamment lorsque les produits de la pêche devaient être livrés dans d’autres ports. Pour chaque saison de pêche, l’absence hors du foyer familial pouvait alors durer sept à huit mois.

les Naos aussi étaient prêts
et les attendait

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LE VOYAGE

L’emploi de la boussole au XIV siècle permit à nos pêcheurs , d’aller dans les eaux du grand nord.
Les bateaux qui venaient de servir pour le voyage de Christophe Colomb étaient des caraques .navires, de la fin du Moyen Âge, qui étaient caractérisés par une coque arrondie
Elle fut l’un des premiers types de navires européens à pouvoir s’aventurer en haute mer.
Les Espagnols l’appelaient nao (navire) et les Portugais nau : elle fut, avec la caravelle, le navire fait , pour la recherche vers l’inconnu. De ce fait, tout était encore rudimentaire.
Plus tard les NAOS auront fait des progrès et seront devenus plus confortables
L’Islande avait déjà été découverte au XVe• siècle.
Puis les pê­cheurs atteignirent le Labrador, le Groenland et enfin le Spitzberg en 1617.
Mais tout était encore très rudimentaire

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La Pinta, est l’une des deux caravelles de la première expédition de Christophe Colomb en Amérique, avec la Niña et la caraque Santa Maria, qui vont découvrir la première route aller-retour le grand le 12 octobre 1492.
C’est avec ce même type de navire que les Basques vont aller vers le Grand Nord

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LA VIE À BORD

L’équipage

La vie quotidienne à bord de tout corsaire ou marin basque se déroulait de la façon suivante:
Les marins vivaient sur le pont de jour comme de nuit, qu’il vente ou qu’il pleuve.
Pendant la journée il y avait plusieurs quarts à faire, de quatre heures chacun. Le travail commençait à l’aube: nettoyer les ponts, raccommoder et hisser les voiles, grimper le long des mâts et assurer les cordages.
Le matin, le marin gardait le tapis ou la couverture où il avait dormi, étalait ses vêtements, se lavait dans un seau, prenait un petit déjeuner frugal (biscuits, quatre-quarts, aïl, fromage et quelques sardines grillées), écopait l’eau que la nef avait recueillie pendant la nuit et mettait de l’ordre dans sa malle ou son coffre. Celui-ci contenait les vêtements propres à tout corsaire ou marin: une chemisette en laine, une chemise, des chausses, un capuchon ou une cagoule, et peut-être une pélerine courte et un bonnet.
Le seul repas chaud était celui de midi.pont dans d’énormes chaudrons en fer placés sur un brasier. La nourriture était abondante mais monotone.
On utilisait de l’huile, de l’aïl, des haricots, des fèves, des pois chiches avec de la viande séchée ou boucanée, du lard, de la morue ou des sardines séchées, de la viande salée, du quatre-quarts ou des biscuits de farine de blé, le tout stocké dans la partie la plus sèche de la nef.
Le miel remplaçait le sucre et le vin était rationné par homme et par jour car il était cher. Chacun recevait sa portion dans une écuelle en terre cuite ou dans une assiette en bois; une cuillère en bois et un poignard complétaient la vaisselle.
L’ eau était conservée dans des barriques en bois, où elle se corrompait promtement . Le biscuit, qui était la base principale de l’alimentation, fermentait par l’effet de la chaleur et de l’humidité des soutes, auxquels ne résistaient pas beaucoup mieux le lard et le poisson salé, les garbanzos et le fromage, qui formaient toute l’échelle de la nourriture..
Ces aliments étaient cuits plus ou moins bien dans le fougon, sorte de grande caisse doublée de fer, garnie d’un lit de terre et placée sur le pont des naos ; au-dessus, on leur faisait une toiture pour les préserver des pluies diluviennes . Ces traversées étaient de vrais cauchemards acceptés avec fatalité, avec un climat rigoureux dù aux masses d’air polaire qui affluaient des régions arctiques
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Il n’y avait que le capitaine qui avait sa chambre à lui, qui lui servait uniquement pour ses cartes. Au cours des derniers siècles des équipées corsaires il avait seul une chambre pour dormir.Le reste de l’équipage dormait sur le pont assis sur ses chevilles. Plus tard ils apprirent des Indiens à se servir de hamacs
Un couple rituel résonnait ensuite toutes les demi-heures, et le timonier et la vigie étaient remplacés toutes les heures.
Le manque d’hygiène, l’entassement sur le pont et les repas monotones étaient d’excellents bouillons de culture pour les maladies. La mauvaise nutrition les rendait très peu résistants aux maladies, et le danger de périr d’une épidémie déclarée à bord était grand.
Le scorbut, qui n’avait pas encore été découvert, et qui était dû au manque de vitamines, était la maladie la plus habituelle. Seuls les officiers avaient des provisions personnelles (figues, raisins secs, confitures, raisins,…) qui contenaient certaines doses des vitamines nécessaires. La syphilis fut une autre maladie très commune, qui sévit particulièrement au XVIème siècle. Le barbier était la personne à bord qui s’y connaissait le mieux pour soigner les malades.
Une grande partie de son travail consistait à extraire des objets, à cicatriser et à cautériser des blessures et à coudre ou couper des membres. Le traitement se limitait aux saignées, aux médecines végétales…, et le trousseau était composé par un mortier, des espèces, un découpeur, des plantes médicinales et de l’eau-de-vie.

image1

LES DANGERS

Sur place, les conditions de vie sont rudes, le froid et les maladies font des ravages. Gare aux équipages qui se laissent surprendre par l’hiver! Selon Nelson Cazeils, auteur de Cinq Siècles de pêche à la morue (éd. Ouest-France), 542 marins basques du Guipuzcoa auraient ainsi été « victimes des glaces lors de l’hiver sibérien de 1576-1577 à Terre-Neuve et le long du détroit de Belle-Isle ». Chasser la baleine est un métier à risque: il arrive que, d’un coup de queue, l’animal précipite une douzaine d’hommes dans l’eau glacée. Une fois tué, il est dépecé et sa graisse fondue dans de grands fours installés à terre pour en extraire l’huile.

Les marins devaient affronter les dangers de la mer.
Au cours de très grandes tempêtes ou d’ouragan, des navires disparaissaient .
Nombreux furent aussi les navires corsaires capturés par des bâtiments anglais plus puissamment armés
Fait prisonnier, l’équipage était conduit dans des geôles
anglaises ( les pontons ) Les conditions de captivité y étaient horribles Les géoliers les laissaient mourir lentement.

D’autre part, pris probablement par des corsaires de Salé ou
d’Alger, quelques Hendayais furent esclaves en Barbarie.
Ils ne pouvaient retrouver leur liberté qu’après paiement d’une rançon.
Parmieus nous citerons : en 1619, Joannis de Laparque, fils de Marie de Suhigaray (rançon prévue : 736 livres) ; Pierre Serviau, chirurgien ; Joannis de Harostéguy y resta une année, tandis que son fils Joannis de Harostéguy pris en même temps que lui, réussit à s’évader en 1715 après huit ans d’esclavage.
En 1723, François Apéstéguy âgé de 60 ans, était esclave depuis vingt ans. Betry de Romatet était en 1712 esclave en Turquie.

Quelques statistiques

De diverses études effectuées, il ressort que la durée de vie des
marins était environ de 42 ans en moyenne, alors qu’elle était de
52-53 ans pour la population masculine non maritime. Par ailleurs,
60 % des marins mouraient hors de leur village — de maladie ou de
noyade au cours de violentes tempêtes ou d’ouragan sur les corsaires,
ou prisonniers en Angleterre ou aussi sur les vaisseaux du
Roi —, et à un âge moyen de 30 à 35 ans suivant les paroisses. ( Lassus )

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La discipline et les prisonniers
A bord des vaisseaux corsaires basques espagnols, les marins ne pouvaient être condamnés à mort, aussi grave que fut leur faute. De sorte qu’étant libérés de la crainte des châtiments durs ou les plus extrêmes, les hommes d’équipage faisaient très souvent preuve d’une grande indiscipline. Il y avait cependant des punitions, comme le passage sous la coque, qui pouvait être assimilé parfois à la peine de mort.
En contrepartie, les basco-français étaient plus durs aussi bien dans leurs coutumes que dans leurs châtiments: le châtiment corporel et les rites d’initiation (attacher le nouveau au mât pour le frapper) subsistèrent malgré l’interdiction des autorités. L’assassin était attaché au cadavre de sa victime et était jeté par-dessus bord.
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Quoi qu’il en soit, il est sûr que les Basques ont découvert un grand
nombre de baleines dans les eaux qu’ils fréquentaient chose certaine dès la première moitié du XVIe siècle.
Dans les années1550, la documentation historique prouve sans équivoque que les ports de Biarritz,Capbreton, Pasajes, Renteria, Saint-Jean-de-Luz, Saint-Sébastien et Ciboure armaient annuellement plusieurs navires pour la pêche de la baleine et de la morue aux terres neuves.
La première référence certaine à cette industrie au Labrador date de 1554.
Par contre, leGrand Insulaire et pilotage du cosmographe André Thévet, rédigé vers1550, dit qu’il existe près de Tadoussac (Thadoyzeau), » une île où les Bayonnais et les Espagnols viennent chaque année faire la pêche de la baleine. »
Cette présence a très certainement influencé les Amérindiens.
Dans un document basque français déposé aux archives de la mairie de Saint-Jean-de-Luz, on peut lire que des le début, les Basques établirent des liaisons commerciales avec les autochtones mais plus particulièrement avec les Esquimaux. Les langues de ces deux peuples étant bien sûr différentes, ils formèrent une espèce de langue franque composée de basque et de deux langues amérindiennes. « Les personnes qui ont fait desétablissemens aux colonies françoises au Canada et en la partie septentrion de l’Acadie, y trouvèrent ce langage étably depuis longtems, la première fois qu’ils y arrivèrent « 

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LES BALEINIERS

image1

Sur la trace des baleines

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tombe d’un baleinier
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DESCRIPTION d’un COMBAT par
– Samuel de Champlain

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Champlain – Samuel de 1567/1635 ( Fondateur du Québec )témoin oculaire, nous donne une forte et intéressante description de la pêche à la baleine à son époque, qui n’était pas très différente de celle du siècle précédent, ni de ce qui se fera encore pendant longtemps:

« Ceux donc qui sont plus adroits à ceste pesche sont les Basques, lesquels pour ce faire, mettent leurs vaisseaux en un port de seureté, ou proche de là où ils jugent y avoir quantité de ballaines, et équipent plusieurs chalouppes garnies de bons hommes et haussières, qui sont cordes faites du meilleur chanvre qui se peut recouvrer, ayant de longueur pour le moins cent cinquante brasses, et ont force per­tusanes longues de demie pique qui ont le fer large de six pouces, d’autres d’un pied et demy et deux de long, bien tranchantes.
Ils ont en chacune chalouppe un harpon­neur, qui est un homme des plus dispos et adroits d’entre eux; aussi tire il les plus grands salaires après les maistres, d’autant que c’est l’office le plus hazardeux. ( dangereux )
Ladite chalouppe estant hors du port, ils regardent de toutes parts s’ils pourront voir et descouvrir quelque balaine, allant à la bordée d’un costé et d’autre: et ne voyant rien, ils vont à terre et se mettent sur un promontoire, le plus haut qu’ils trou­vent pour descouvrir de plus loin, où ils mettent un homme en sentinelle, qui aper­cevant la balaine, qu’ils descouvrent tant par sa grosseur, que par l’eau qu’elle jette par les esvents, qui est plus d’un poinçon à la fois, et de la hauteur de deux lances; et à ceste eau qu’elle jette, ils jugent ce qu’elle peut rendre d’huille. Il y en a telle d’où l’on en peut tirer jusques à six vingt poinçons, d’autres moins.
Or voyant cet espouvantable poisson, ils s’embarquent promptement dans leurs chalouppes, et à force de rames ou de vent, vont jusques à ce qu’ils soient dessus.
Là voyant entre deux eaux; à mesme instant l’harponneur est au devant de la chalouppe avec un harpon, qui est un fer long de deux pieds et demy de large par le bas, emman­ché en un baston de la longueur d’une demie pique, où au milieu il y a un trou où s’attache la haussière, et aussi tost que ledit harponneur voit son temps, il jette son harpon sur la balaine, lequel entre fort avant, et incontinent qu’elle se sent blessée, elle va au fonds de l’eau.
Et si d’adventure en se retournant quelque fois, avec sa queue elle rencontre la chalouppe, où les hommes, elle les brise aussi facilement qu’un verre.
C’est tout le hazard qu’ils courent d’estre tués en la harponnant

: mais aussi tost qu’ils ont jetté le harpon dessus, ils laissent filer leur haussière, jusques à ce que la balaine soit au fonds: et quelque fois comme elle n’y va pas droit, elle entraine la chalouppe plus de huit ou neuf lieues, et va aussi vite comme un cheval, et sont le plus souvent contraints de coupper leur haussière, craignant que la balaine ne les attire sous l’eau:

mais aussi quand elle va au fonds tout droit, elle y repose quelque peu, et puis revient tout doucement sur l’eau: et à mesure qu’elle monte, ils rembarquent leur haussière peu à peu: et puis comme elle est dessus, ils se mettent deux ou trois chaloupes autour avec leurs pertusanes, desquelles ils luy donnent plusieurs coups, et se sentant frappée, elle descend derechef sous l’eau en perdant son sang, et s’affaiblit de telle façon, qu’elle n’a plus de force ni vigueur, et revenant sur l’eau, ils achè­vent de la tuer: et quand elle est morte, elle ne va plus au fonds de l’eau, lors ils l’at­tachent avec de bonnes cordes, et la traînent à terre, au lieu où ils font leur degrat, qui est l’endroit où ils font fondre le lard de ladite balaine, pour en avoir l’huille.

Voila la façon que elles se peschent, et non à coups de canon, ainsi que
plusieurs pensent.
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ARRIVEE DE LA MORUE

APOGEE

 » On relève la phrase suivante : » il y a plus de troys cens ans que les habitans dudict lieu on faict la découverte de Terre Neuve et par leur soing, un grand nombre de pertes d’hommes et navires, le commerce y a ésté estably et la pescherie et trafficq permis. »
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Aussi le XVII° siècle marque-t-il l »apogée de la grande pêche et de l’importance du port de Saint-Jean-de-Luz qui était le seul du pays ou se fissent les armements.
Quoique Bayonne eut repris une certaine importance, depuis la déviation de l’Adour dans son lit actuel en 1578 Saint-Jean-de-Luz avait presque exclusivement le monopole de la pêche.On y armait entre cinquante et quatrevingt navires sans compter ceux affectés au cabotage et à la petite pêche
Environ 3000 marins partaient chaque printemps et revenaient à l’automne, après avoir réalisé des bénéfices considérables pour leurs armateurs et pour eux mêmes, au cours de leurs courageuses randonnées sur les mers du nord.
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Les navires non armés ne pouvaient pratiquer ni le commerce ni les pêches lointaines, car ils auraient été des proies trop faciles pour les corsaires et vaisseauxde guerre ennemis.
Le Roi accordait alors des congés ou commissions
aux négociants et aux notables, afin de leur permettre d’armer
en guerre des navires privés pour courir sus aux ennemis de l’État.
Il s’agissait de la guerre de course.
L’équipage était rémunéré à la part : d’une demi-part
pour le mousse à dix pour le second et douze pour le capitaine.

Avant l’embarquement, il recevait une avance qui restait acquise.
Le complément était éventuellement versé après la vente des prises
capturées.
Le produit de celle-ci était ainsi réparti : après déduction
des frais divers, 10 % revenaient à l’amiral de France et, pour le reste
deux tiers étaient attribués aux armateurs et un tiers à l’équipage.
Outre la guerre de course, le Roi autorisait aussi à armer en guerre
les marchandises des navires privés, soit afin de continuer le commerce
avec les colonies françaises d’Amérique, soit pour effectuer
les pêches lointaines des baleines et des morues.
Ces bâtiments armés de canons avaient ainsi la possibilité de se défendre contre des corsaires, et éventuellement de s’emparer de navires ennemis.
Nombreux furent les capitaines d’Hendaye qui se distinguèrent
dans cette guerre de course tels Croisic, Jacobé Larroche, Pierre
Dalbarade…, n’hésitant pas à attaquer à l’abordage des navires plus
puissants
Leurs lettres de marque,qui alternaient leurs occupations de chasse avec le pillage des ennemis sur les bancs de Terreneuve
Les pillages de morue, par exemple, constituaient pour eux un butin aussi convoité que les soies les plus riches, l’or ou les meilleurs vins des navires marchands.
Quelle qu’en ait été l’époque, elle a permis aux marins d’ajouter à la pêche à la baleine une autre branche d’industrie non moins pro­ductive : la pêche de la morue.Ils avaient en effet trouvé des bancs, si riches en morues, qui entourent la grande île ,et la vente de ces poissons, inconnus jusqu’alors, eut un tel succès que des armements furent faits pour cette pêche seulement, en même temps que ceux pour la pêche à la baleine.
. On en trouve trace en 1560 : des établis­sements existaient déjà à Terre-Neuve pour la préparation des mo­rues ;toute une population s’y rendait en été et on comptait un certain nombre de Basques qui y étaient fixés définitivement. Chacune de ces découvertes produisit une recrudescence d’activité dans les armements et des augmentations de bénéfice.

Aussi, le XVIIe siècle marque-t-il l’apogée de la grande pêche et de

l’importance du port de Saint-Jean-de-Luz, qui était le seul du pays

où se fissent les armement

Quoique Bayonne eût repris une certaine importance, depuis la

déviation de l’Adour dans son lit actuel, en 1578, Saint-Jean-de-

Luz avait presque exclusivement le monopole de la pêche

On y armait entré cinquante et quatre-vingts navires sans compter

ceux affectés au cabotage et à la petite pêche
.
Environ trois mille marins partaient chaque printemps et

revenaient à l’automne, après avoir réalisé des bénéfices consi­

dérables pour leurs armateurs et pour eux-mêmes, au cours de

leurs courageuses randonnées sur les mers du Nord.

Les corsaires Hendayais remplirent le port de Saint Jean de Luz de
leurs butins à tel point que le gouverneur de Bayonne écrivait à Louis XIV:
« En six ans Suigaraychipi captura à lui seul cent voiliers marchands, et en huit mois, avec le support des frégates du Roi, cent vingt-cinq au point que le gouverneur de Bayonne écrivait à Louis XIV: « Il est possible de traverser depuis la maison où votre Majesté aviez logé jusqu’à Ciboure sur un pont fait avec les navires pillés et attachés les uns aux autres ».
Après plusieurs années il s’occupa à protéger contre les Anglais les retours des Basco-français et des Bretons de Terreneuve, où il mourut

Nid de vipères !
Les Anglais disaient que le golfe de Gascogne était  » Un nid de vipères « .
Dès le XVII ème siècle les anglais craignaient les redoutables pêcheurs basques reconvertis en corsaires.
En effet, leur réputation était grande et ces derniers étaient si doués que les prises étaient abondantes
. Nombreux sont ces capitaines basques qui embarquaient à bord de frégates, brigantins ou goélettes équipés de canons, et qui sillonnaient les mers pour « courir sus » aux bateaux ennemis
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PENDANT LE XVII ° siècle en 1627
se fit une PARENTHESE.
Le roi LOUIS XIII et Richelieu réquisionairent nos marins et particulièrement nos Hendayais pour délivrer les habitants de La Rochelle du blocus fait par les Anglais de Bukingam
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Un exploit des marins Hendayais
L’ÎLE DE RE
et les pinasses à fond plat

LOUIS XIII et RICHELIEU à l’Ile de RE

En début d’année 1568, poussé par l’intense propagande menée par les pasteurs, le maire protestant François Pontard, soulève la ville contre les catholiques.
Ces derniers fuient hors des murs, mais 13 prêtres sont arrêtés, égorgés et jetés à la mer . Les églises sont détruites, leurs pierres servant à renforcer les murailles. Les troubles se répandent dans la région, où les pillages se multiplient. Des catholiques sont massacrés par des Rochelais, tandis que des catholiques massacrent des calvinistes .
L’île de Ré se range aux côtés de La Rochelle, qui se proclame république indépendante et calviniste, en adoptant officiellement les idées réformistes et en rejoignant le parti protestant, ce qui ne manque pas d’inquiéter le pouvoir royal, et qui a d’importants retentissements dans le monde protestant.
En effet, avec ses 23 000 habitants, la ville est parmi les plus grandes du Royaume de France, et elle est également riche du commerce développé avec l’Espagne, l’Angleterre et les pays d’Europe du Nord, ce qui en fait une cité d’une importance exceptionnelle pour l’époque.
Les Anglais pour défendre leurs alliés de la religion réformée envoient le duc de Buckingham les défendre. Il s’installera sur l’Île de Ré, en face de La Rochelle, avec plus de 100 navires et 6 000 hommes.
Le siège de l’Île durera de juillet à novembre 1627.
Manquant de vivres et d’eau ses habitants sont dans une famine hors du commun. Le gouverneur de l’Île, envoie à la nage trois volontaires rejoindre les troupes royales à La Rochelle pour obtenir leur aide ; un seul y parviendra.
Richelieu avait épuisé toute les possibilités pour ravitailler l’île devenue stratégique pour la récupération de La Rochelle. C’est alors que l’un de ses conseiller lui parle des marins basques et leur habilité à naviguer tant à la voile comme à l’aviron.
Ne disposant pas d’un nombre suffisant de vaisseaux de guerre pour briser ce blocus, Richelieu,informé de la combativité des Basques, fit appel au Gouverneur de Bayonne, qui lui répondit aussitôt par l’envoi de bateaux armés en cette ville et de Saint-Jean-de-Luz ainsi que d’une flottille de pinasses à fond plat manoeuvrées à la rame et à la voile, partie de Hendaye.
Un mémoire du temps , cité par E .Ducéré
<< les Corsaires sous l’ancien régime rapporte un incident qui, pour le moins mérite de retenir l’attention.“ Or, il arriva que, comme cette flotte allait cinglant à pleine voile, et que l’on croyait être déjà devant Saint-Martin, Dieu fit cesser le vent tout à coup en telle sorte qu’il fallut demeurer près de deux heures sans pouvoir aller ni à droite ni à gauche. Alors chacun tout étonné et croyant demeurer à la merci des ennemis si le jour les surprenait, se mirent à prier Dieu, faisant vœux et prières, et se recommandant à la Vierge, lui faisant vœu, au nom du roi, de lui faire bâtir une église sous le nom de Notre-Dame de Bon-Secours, en mémoire de cette journée, s’il lui plaisait envoyer le vent favorable.
“ Soudain ils furent exaucés, car le vent se rafraîchit ; en sorte que chacun ayant repris sa piste et son ordre, en moins de demi-heure ils virent le feu que M. de Toiras faisait faire en la citadelle. Là, quittant la côte de la Tranche, chaque pilote regardant sa boussole, ne pensant plus qu’à passer courageusement, on entra dans la forêt des navires ennemis. Les premières sentinelles les ayant laissé passer sans dire mot ; après que tout eut passé, ils commencèrent à les envelopper et canonner si furieusement que l’on eût dit que c’était de la grêle. En face de l’île de Ré, ils se heurtèrent au barrage que les Anglais avaient établi, sous la forme de câbles peu profondément immergés et reliés à des tonneaux ou à des rochers.
Les marins hendaiars eurent l’astuce de faire glisser leurs pinasses, à faible tirant d’eau, sur la hauteur restée libre. Ils eurent aussi le courage et l’audace de couper à la hache, sous le feu de l’ennemi, les grelins attachés aux rochers.A six reprises, en septembre et octobre, ils réussirent ainsi à percer la ligne de la flotte anglaise et à ravitailler l’île. .Mais la bataille fut rude et les simples pêcheurs, vaillants combattants, remarqués pour leur hardiesse, remontant par trois fois sous le feu de l’ennemi, contribuèrent à mettre en échec le siège britannique Nos simples marin pêcheurs se révélèrent être de vaillants combattants: 35 petites barques de la flotte française équipées de 1 000 hommes réussiront à forcer de nuit le blocus anglais et à ravitailler les soldats à St Martin.
Grâce aux Basques et,aux Hendaiars , l’Anglais était battu.
Le duc de Buckingham tente un dernier assaut, mais, devant la perte de 5.000 soldats, il doit reconnaître sa défaite, sonner la retraite et rentrer sans gloire en Angleterre.
Très peu de batailles ont été gagnées par les Français contre les Anglais : cette victoire mérite d’être signalée.
Les Hendayais fidèles à leur promesse érigèrent sur une colline proche de la paroisse une chapelle à Notre Dame du Bon Secours, qui au fil du temps a vu son nom se modifier pour devenir SOCORRI de consonance plus basque. Aujourd’hui encore au large de La Rochelle le Pertuis d’Antioche est nommé Pertuis aux Basques
.D’après Duvoisin, la flotille de Hendaye était conduite par Jean Pellot, ancêtre du célèbre corsaire. Une médaille d’or distribuée par le roi aux chefs des escadrilles resta longtemps en la possession de la famille Pellot. Les Hendayais se distinguèrent dans cette bataille contribuant à mettre en échec le siège britannique sur l’île de Ré
. Le roi voulut récompenser les marins basques et là ou les autres se contentèrent d’une récompense monétaire, les marins d’Hendaye, revendiquant depuis longtemps leur émancipation d’Urrugne, dont ils n’étaient qu’un quartier, obtinrent du roi un territoire dit
“ Les Joncaux ” qui furent donc offert“ aux marins deHendaye ”.

les Joncaux à droite de l’image
Le roi Louis XIII les rétribua généreusement ce qui leur permit de faire élever la chapelle de SOCORRI . C’est à ses marins ainsi qu’à la générosité des rois que Hendaye dut la première concession, qui lui fut faite, celle des terres nourricières des Joncaux couvrant 26 hectares environ, Ce fut là le point de départ de la commune de Hendaye qui par édit du roi du 20 mai 1654 s’affranchit de la tutelle d’Urrugne.
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Chapelle de Socori
Et liberté leur sera rendue

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combat de Corsaires

PECHE A LA MORUE

Sur les côtes sud et ouest de Terre Neuve, de l’Acadie et du Saint-Laurent, pendant près de quatre siècles, les Basques pratiquent essentiellement la pêche « sédentaire « , c’est-à-dire que la morue est capturée près des côtes, et salée puis séchée à terre.
Peu connue au Moyen-âge, la morue devient, grâce aux pêches lointaines, le poisson le plus consommé de France, aux dépens du hareng, le roi des poissons de l’époque. Dès la fin du seizième siècle, de nombreuses communautés maritimes exploitent les bancs de morues de l’Atlantique nord-ouest
. Les Basques des provinces du Labourd, de Guipuzkoa et de Biscaye pratiquent cette pêche en même temps que la chasse à la baleine.
Au seizième siècle, le développement maximal de cette pêche donne un essor important à l’économie locale.
.Bien que troublées par des incursions, anglaises notamment, les relations des Basques avec les indigènes de Terre-Neuve et du Canada sont excellentes.
Au dix-septième siècle, le port de Saint Jean de Luz prend de l’importance grâce aux grandes pêches lointaines.
Mais la concurrences entre Français et Anglais se fait de plus en plus forte.
Après le traité d’Utrecht (1713) qui prive la France de l’Acadie et de Terre-Neuve au profit des Anglais, les pêcheurs Basques se tournent vers Louisbourg et l’île Royale.
Les armements s’y maintiennent tant bien que mal au dix-huitième siècle, en particulier grâce à des primes offertes par l’Etat : on y compte vingt-six morutiers luziens ou cibouriens en 1738. Mais la concurrence britannique devient aiguë, en particulier sur le marché espagnol. En outre, la guerre de Succession d’Autriche (1740-48 ), puis la prise de Louisbourg et de l’île Royale portent un coup sévère à cette activité . Il faut attendre la fin de la guerre de Sept Ans (1763 ) pour assister à un véritable renouveau, jusqu’à la révolution.
Le traité de Versailles à la fin de la guerre de l’Independance américaine (1783 ) redonne à la France Saint-Pierre et Miquelon et le droit de pêche à Terre-Neuve.
Au début du 19 ° siècle, la flotte du Pays Basque est dans un état de ruine presque générale.
La pêche continue, mais dans des dimensions moindres, souffrant de pénurie de bateaux et de marins.
A partir de 1840, la plupart des morutiers traitent le produit de leur pêche dans les sécheries de Saint-Pierre et Miquelon.
Les armateurs eux-mêmes commencent à armer leurs bateaux à partir de Saint-Pierre.
Pendant la deuxième moitié de ce siècle, la famille Légasse, fondatrice de la compagnie  » la Morue française « , permet la poursuite de cette pêche, à partir de ces dernières possessions en Amérique du nord.
Le navire le plus communément utilisé est le trois-mâts goélette dorissier, introduit par les Fécampois. Le dernier morutier à voile de cette compagnie, qui a des attaches ( à Hendaye ) au Pays Basque par l’origine de ses armateurs, disparaît à Marseille en 1945 : le quatre-mâts  » Zazpiak Bat  » est détruit par un incendie.
La fin du dix-neuvième siècle et le début du vingtième voient disparaître l’ importance économique et sociale d’une industrie morutière jusque là florissante.
Le remplacement des voiliers par les chalutiers ne modifie pas cette situation
. Même après 1945, l’arrivée d’une flotte moderne de bateaux chalutant par l’arrière ne peut enrayer la disparition graduelle de la grande pêche, mise à mal une fois de plus par la concurrence étrangère et le nouveau droit de la mer, mais aussi par les fluctuations des stocks ou encore les changements des goûts des consommateurs.

la pêche à bord du bateau

la morue est mise en barriques

la flotte Hollandaise a la pêche

mise en barriques

drapeau de Saint Pierre et Miquelon

MORUTIER

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corsaire le plus utilisé pendant le Révolution et l’Empire

LE DECLIN
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LES CAUSES
LES HOLLANDAIS
LES ANGLAIS
Les HARPONNEURS

Concurrence étrangère à laquelle les Basques ne sont pas étrangers.
Longtemps tributaires du Pays Basque pour leur approvisionnement en huile de baleine, les Anglais et les Hollandais se sont en effet lancés à leur propre compte.
Engageant des équipages basques pour apprendre l’ABC du métier, ils en assimilent vite les techniques.
Les Hollandais en font autant.
Les deux nationalités multiplient les expéditions en Mer du Nord et rivalisent d’audace pour s’assurer la maîtrise de la ressource.
À la fin du XVI ième siècle les Hollandais possèdent 200 baleiniers qui s’accaparent le gros de la production
. La montée des pays nordiques marque ainsi la fin de l’hégémonie basque sur le commerce européen des huiles de baleine.

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Souvent, les pêcheurs profitent de l’hiver ou des périodes de guerre pour se reconvertir dans la course. Il leur suffit alors de troquer harpons et filets contre grappins et mousquets! De 1744 à 1748, en pleine guerre de Succession d’Autriche, pas moins de 103 navires corsaires sont armés sur lacôte basque.

Le contact s’établit avec les Indiens micmacs: Luziens et Basques comme les autres marins français, complètent leurs revenus grâce au commerce de fourrures et de peaux, échangées contre quelques outils venus d’Europe. Ces fortes têtes rejettent le monopole de la traite qu’Henri IV accorde en 1603 aux premiers colonisateurs pour financer le peuplement de la Nouvelle France.

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Des milliers de corsaires basques en captivité en Angleterre
Tous les corsaires français ne meurent pas dans leur lit.
Selon l’historien Alfred Lassus, la guerre de course durant la guerre de Sept Ans (1756-1763) coûte la vie à plus de 1100 marins et 4000 se retrouvent à croupir plusieurs années dans les geôles anglaises. Epidémies, malnutrition, mauvais traitements… sur les infâmes pontons de Plymouth ou de Portsmouth, on crève à petit feu, en priant pour sa libération.
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Les Basques étaient donc devenus les maîtres d’une industrie de grande rentabilité. Ils ont au cours du XVI ième siècle extrait du Saint-Laurent et de son estuaire plus de 20 000 barils d’une huile fortement recherchée pour l’éclairage domestique et d’une valeur inappréciable . Mais l’apparition de tensions internationales en Europe a forcé leur retrait graduel de l’industrie baleinière, en raison notamment de la guerre franco-espagnole et la défaite de la Grande Armada en 1588. Mais un autre facteur tout aussi important est à l’origine du déclin de l’industrie
Un mémoire sur la pêche à la baleine qui étudie les causes de son déclin, les conditions d’une relance éventuelle, et surtout cette dure réalité du rapport de forces avec les concurrents: «Les Hollandais envoient à présent 2 à 300 (navires), les négociants de Bayonne et de Saint-Jean-de-Luz n’ont armé depuis 20 ans que 25 navires tout au plus chaque année».
Cependant, vers le XIVème siècle, les baleines commencèrent à se faire rares sur la côte basque, et les Basques furent obligés d’aller à leur recherche vers l’Irlande et Terreneuve.
Les dernières découvertes effectuées au Canada relatives à la fréquence de la toponymie basque à cet endroit, les mots basques utilisés par les indiens et la façon de harponner les baleines seraient la preuve que les Basques furent les premiers à arriver sur ces terres et à établir des rapports d’amitié avec les indigènes. C’est ainsi que les années vingt du XVI ème siècle connurent le début de la chasse à la baleine en Terreneuve, bien qu’il y ait des témoignages antérieurs sur la présence basque dans ces terres.
Les bateaux se réunissaient à un endroit situé à cinquante kilomètres de Terreneuve et du Labrador, où ils restaient jusqu’à la fin du mois de Janvier, lorsque les températures glaciales les obligeaient à interrompre la marée. Au cours de ces campagnes qui duraient huit mois, du printemps à l’automne, quelques vaisseaux baleiniers rentraient avec leurs cales à moitié vides, et d’autres ne rentraient plus, ou perdaient leur chargement entre les mains des pirates.

Vers la moitié du XVIème siècle, surtout pendant les décennies de 1570 et de 1580, se produisit un grand mouvement de Basques vers Terreneuve qui apporta de grand changements dans la vie économique de Pays Basque.
A partir de 1585 les baleiniers basques commencent leur déclin. Au cours de cette année-là, date du début de la guerre contre la Grande-Bretagne, un grand nombre de vaisseaux est réquisitionné par la Flotte Espagnole, qui n’avait pas de bâtiments suffisants pour former une grande escadre.
Trois années plus tard, à la suite de la défaite de l' »Armada » espagnole, un très petit nombre de bateaux partirent pour la pêche en Ils ne pouvaient plus être défendus et étaient à la merci des corsaires
A cela il fallut ajouter la signature de la paix de 1598 entre la France et l’Espagne. L’Angleterre, la France et le Danemark s’emparèrent politiquement des terres et des mers de l’Amérique du Nord, et la France envoya même un gouverneur en Terreneuve.
La situation continuerait ainsi jusqu’au XVIIIème siècle, lorsqu’en 1713, en vertu du Traité d’Utrecht, le roi Philippe V fait accorder la liberté de pêche pour les Basques en Terreneuve. Mais les baleines étaient déjà rares..

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1 LES HOLLANDAIS LES ANGLAIS

Les HARPONNEURS BASQUES

Le transfert de l’Amérique au Spitsberg arrivait toutefois trop tard
pour préserver ce qui restait de l’industrie basque.
Au Spitsberg, qui s’appelait alors Groenland, les Basques se heurtèrent aux Anglais et aux Hollandais qui n’en étaient encore qu’à leurs premières armes dans la pêche mais qui allaient bientôt les devancer. Cette concurrence des Anglais mais surtout des Hollandais a contribué à mettre un terme à la pêche basque de la baleine.

La pêche au Spitsberg a débuté en 1611, soit 15 années après la
découverte de l’île par le Hollandais Willem Barendszoo En 1607, Henry Hudson avait visité l’île pourle compte de la Muscovy Company et c’est lui qui découvrit la grande quantité de baleines du Groenland dans le secteur.
Trois ans plus tard, la compagnie y envoyait un premier navire de 70 tonneaux
Ce navire n’était pas équipé pour la pêche de la baleine car à cette époque, les gouvernements Anglais, comme les responsables Hollandais, ne semblaient pas encore intéressés à cette industrie.
Toutefois, il ne fallut pas beaucoup de temps aux membres de la Muscovy Company – compagnie privée – à qui fut donné le monopole pour en saisir toute l’importance. Conscients de leur ignorance dans le domaine,ils tentèrent de profiter des connaissances et de l’expérience des Basques qui pratiquaient cette pêche depuis au moins 500 ans. Nathaniel Wright fut donc envoyé au Pays basque afin d’y recruter des pêcheurs pour le compte de la compagnie. Sa mission dura 14 ans
Six pêcheurs basques originaires de Saint-Jean-de-Luz firent
partie, en 1611, de la première expédition organisée par la Muscovy
Company pour capturer les baleines du Spitsberg. L’expédition fut un échec.
L’année suivante, les Anglais tentèrent à nouveau l’expérience
avec des harponneurs basques, mais déjà ils n’étaient plus seuls.
Ils
rencontrèrent des Hollandais et des Basques, respectivement dirigés par deux anciens employés de la Muscovy Company.
La part des Basques dans la pêche au Spitsberg se résume à leur
participation à titre d’employés des Anglais ou des Hollandais et aussi à titre personnel.
Dès le début, les Anglais employèrent des Basques que Baffin appelait « nos harponneurs [strikers] de baleine ».
Dans une lettre de 1612, le roi Jacques Ier d’Angleterre demande d’ailleurs la permissionau roi d’Espagne d’engager des Basques pour la pêche anglaise
Cette politique fut adoptée très tôt également par les Hollandais.
Des 1613,l’équipage de deux navires armés pour la pêche de la baleine par ce pays comprenait 12 Basques dont 3 harponneurs, 3 maîtres de chaloupe, des dépeceurs et des bouilleurs. Pour les récompenser et les inciter à poursuivre cette collaboration, les Hollandais auraient même élevé des statues aux plus habiles capitaines et harponneurs basques.
L’auteur d’un mémoire rédigé en 1710 sur la découverte de Terre-Neuve déclare: « Onvoit encore à présent de ces statues à Amsterdam, habillées à la mode ancienne des Basques »^.
Selon Cleirac, s’il est juste de faire remarquer
que les Basques étaient meilleurs pêcheurs, il faut également noter queles Hollandais étaient meilleurs navigateurs, les premiers étant plus disposés à « vider la bouteille, humer l’eau de vie et fumer le tabac, qu’à manier adroitement l’astrolabe, le grand anneau, le quadran ou quart de rond, le triangle ou l’arbalestille »

La politique d’embauche de Basques eut pour double effet d’apprendre aux Hollandais et aux Anglais les techniques de pêche et de priver la flotte basque de plusieurs bons éléments
La pêche basque à titre personnel, s’est trouvée coincée entre
l’Angleterre et la Hollande en lutte pour le contrôle de la pêche au
Spitsberg. En 1613, la partie espagnole du Pays basque envoyait huit navires de pêche dans l’île . Cette même année fut toutefois marquéepar l’émission d’une charte par laquelle Jacques Ier d’Angleterre concédaità la Muscovy Company, le privilège exclusif de la pêche au Spitsberg. Des lors, toutes les nations se virent interdire l’accès à l’île, y compris les Anglais qui n’étaient pas membres de la compagnie.
Cette dernière consentit une seule exception, soit un navire de Saint-Jean-de- Luz. En 1614, la Hollande ripostait à l’Angleterre par la formation de la compagnie Noodsche.
La Muscovy Company, ne pouvant concurrencer cette nouvelle entreprise, finit par consentir au partage des côtes du Spitsberg entre Anglais, Hollandais, Danois, Hambourgeois, Français et
Basques.
Dans les années 1620, la flotte de pêche hollandaise était de loin la
plus puissante au Spitsberg, si bien qu’elle finit par éliminer tous ses
adversaires.
Après avoir appris des Basques les techniques de pêche, les
Hollandais les chassèrent.
C’est du moins le reproche que la Compagnie française du Nord faisait dans ses remontrances au Parlement en 1644: et comme lesdits Basques, et autres particuliers Français avec eux, prétendant y avoir « mesme droict que les autres nations, voulurent continuer
ladite pesche et y envoyer des vaisseaux ils en furent chasser [sic], leurs navires pris et leurspersonnes emprisonnées… »

C’est en réaction à cette attitude que les Basques pillèrent les établissements hollandais de Jan Mayen en 1632.

À compter des années 1630, les Basques, qui se retrouvaient sans
établissements côtiers, durent pratiquer la pêche hauturière. La nécessité étant la mère de l’invention, ils commencèrent alors à utiliser une nouvelle technique de transformation du lard mise au point par Martin Sopite, un Basque de Saint-Jean-de-Luz. Cette méthode consistait à dépecer et à faire fondre le lard de la baleine à bord du navire, rendant ainsi les expéditions totalement indépendantes de la terre.
C’est grâce à cette découverte qu’ils auraient commencé à exploiter, immédiatement après avoir été chassés du Spitsberg, deux nouvelles réserves de baleines dont l’une était située entre le Spitsberg et le Groenland actuel, et l’autre dans un endroit qu’ils appelaient Sarde et qui se trouvait au

Au arge de la Finlande. Au milieu du XVIIe siècle, les villes de Saint-Jeande- Luz, Bayonne et Ciboure armaient une cinquantaine de navires
baleiniers de 200 à 300 tonneaux.
Tout au long du XVIIe siècle, et malgré un interdit du roi en 1634,
les Basques continuèrent à travailler pour le compte des Hollandais tout en armant leurs propres expéditions.
Selon un ouvrage publié en 1666, les relations entre la Hollande et Saint-Jean-de-Luz étaient encore soutenues à cette époque. L’auteur déclare avoir rencontré dans cette ville en 1655, des Flamands qui avaient embauché une cinquantaine de pêcheurs basques.
La collaboration avec les Hollandais et surtout la très forte
concurrence venant de ce pays allait avoir raison de l’industrie basque
Au début du XVIIIe siècle, les ports de Saint-Jean-de-Luz, de Ciboure et de Bayonne n’armaient plus qu’une trentaine de navires d’environ 250 tonneaux chacun.
La découverte des stocks de baleines du détroit de Davis vers 1720 revigora l’industrie mais pour peu de temps.
Au milieu du XVIIIe siècle, le déclin était amorcé de façon irrémédiable. L’échouage d’une baleine sur les côtes de Saint-3ean-de-Luz en 1764 en est un bel exemple: les pêcheurs l’attaquèrent avec des outils rouilles et en fort mauvais état.

Une vingtaine d’années plus tard, la pêche de la baleinen’était plus qu’un souvenir en pays basque français. Ainsi prenaient fin
au moins sept siècles de pêche continue par ce petit peuple du golfe de Gascogne.

Pourquoi, après avoir connu de si brillants moments,
L’entrée en scène des Anglais mais surtout des Hollandais, est
certainement la principale cause de ce déclin.
Après avoir acquis leurs connaissances des Basques, les Hollandais inondèrent les marchés européens, y compris la France, des produits dérivés de la baleine. Grâce à leur politique de prix très bas, allant même jusqu’à ne tirer aucun profit de leurs transactions
, ils s’accaparèrent les débouchés des Basques.
Il apparaît évident que si l’Espagne et la France avaient mieux protégé leurs pêcheurs de baleine, l’industrie basque aurait pu mieux résister aux Hollandais.
Déjà mal protégés militairement sur mer, les Basques n’ont pu bénéficier de la protection ni des encouragements de leurs gouvernements qui n’ont rien fait pour contrer l’invasion des marches par les produits étrangers.
Au contraire, ces gouvernements ont plutôt agravé la situation des pêcheurs en les impliquant dans des guerres prolongées, en prélevant des taxes élevées, en mettant des embargos et en réquisitionnant des embarcations et des équipages pour les guerres.
La stérilité du pays basque est un autre facteur qui a précipité la
chute de cette industrie. Obligés d’importer la plus grande partie des denrées nécessaires à l’armement de leurs navires, les Basques devaient donc payer plus cher pour l’équipement de leurs expéditions. Cependant, la présence des Hollandais les obligeait à s’en tenir à des prix de vente concurrentiels d’où une marge des profits réduite d’autant.
Retirant moins de revenus de la pêche, les pêcheurs émigrèrent, changèrent de métier ou s’engagèrent chez les Hollandais qui payaient mieux.
La rareté des marins provoqua à son tour la diminution du tonnage des navires et une augmentation des frais.
Il est en effet démontré qu’il en coûtait plus cher pour armer un petit navire puisque, si le prix de l’équipement était légèrement inférieur, par contre le rapport des prises par navire était nettement moindre.
La mésentente entre les armateurs basques au sujet de l’embauche
des marins, le piètre état des ports qui rendait périlleux le mouvement des navires, le retard de la construction navale française et les tracasseries faites par l’Espagne, sont autant de facteurs qui ont aussi contribué à ce déclin.
Le port de Bayonne en particulier était continuellement gêné par des bancs de sable qui obstruaient l’entrée de l’Adour et qui obligeaient les armateurs locaux à faire hiverner leurs baleiniers à Pasajes.
De son côté, au début du XVIIIe siècle, le roi
d’Espagne défendait aux marins de Guipuzcoa de s’embarquer sur des navires étrangers. En effet, les armateurs français de Bayonne et de Saint-Jean-de-Luz recrutaient annuellement environ 200 rameurs et harponneurs dans cette province. Ce recrutement se faisait selon un cycle qui était presqu’un rituel: à chaque année et dans le but de nuire le plus possible à la pêche française, le roi d’Espagne attendait jusqu’à la dernière minute avant d’accorder la permission aux pêcheurs espagnols de s’engager chez les Français, ce qui occasionnait généralement de mauvaises pêches. Au retour, après maintes lettres d’excuse et de justification entre la Chambre de commerce de Bayonne et les délégués de l’Espagne, ceux-ci rappelaient à la cour d’Espagne les services rendus aux Espagnols par les pêcheurs français et la fraternité qui unissait les Basques des deux côtés des Pyrénées. Le roi promettait finalement que les harponneurs seraient facilement octroyés l’année suivante tandis que les armateurs français déploraient l’absence dans leur pays de pêcheurs qualifiés.
L’année suivante, le même scénario se répétait à peu de chose
près65. Ce malentendu compliquait la vie des armateurs français qui possédaient les capitaux mais qui devaient recourir aux Espagnols pour la main-d’oeuvre spécialisée. Dans une lettre du 31 décembre 1729, les Baylis et Jurats de Saint-Jean-de-Luz déclarent:
« Nous nous apliquerons nous mettre à l’abry des Caprices de nos voisins…
« Cette décision arrivait toutefois trop tard.

Le transfert de l’Amérique au Spitsberg arrivait en effet ,toutefois trop tard pour préserver ce qui restait de l’industrie basque.
Au Spitsberg, qui s’appelait alors Groenland, les Basques se heurtèrent aux Anglais et aux Hollandais qui n’en étaient encore qu’à leurs premières armes dans la pêche mais qui allaient bientôt les devancer. Cette concurrence des Anglais mais surtout des Hollandais a contribué à mettre un terme à la pêche basque de la baleine.

La pêche au Spitsberg a débuté en 1611, soit 15 années après la
découverte de l’île par le Hollandais Willem Barendszoo En 1607, Henry Hudson avait visité l’île pourle compte de la Muscovy Company et c’est lui qui découvrit la grande quantité de baleines du Groenland dans le secteur.
Trois ans plus tard, la compagnie y envoyait un premier navire de 70 tonneaux
Ce navire n’était pas équipé pour la pêche de la baleine car à cette époque, les gouvernements Anglais, comme les responsables Hollandais, ne semblaient pas encore intéressés à cette industrie.
Toutefois, il ne fallut pas beaucoup de temps aux membres de la Muscovy Company – compagnie privée – à qui fut donné le monopole pour en saisir toute l’importance. Conscients de leur ignorance dans le domaine,ils tentèrent de profiter des connaissances et de l’expérience des Basques qui pratiquaient cette pêche depuis au moins 500 ans. Nathaniel Wright fut donc envoyé au Pays basque afin d’y recruter des pêcheurs pour le compte de la compagnie. Sa mission dura 14 ans
Six pêcheurs basques originaires de Saint-Jean-de-Luz firent
partie, en 1611, de la première expédition organisée par la Muscovy
Company pour capturer les baleines du Spitsberg. L’expédition fut un échec.
L’année suivante, les Anglais tentèrent à nouveau l’expérience
avec des harponneurs basques, mais déjà ils n’étaient plus seuls.
Ils
rencontrèrent des Hollandais et des Basques, respectivement dirigés par deux anciens employés de la Muscovy Company.
La part des Basques dans la pêche au Spitsberg se résume à leur
participation à titre d’employés des Anglais ou des Hollandais et aussi à titre personnel.
Dès le début, les Anglais employèrent des Basques que Baffin appelait « nos harponneurs [strikers] de baleine ».
Dans une lettre de 1612, le roi Jacques Ier d’Angleterre demande d’ailleurs la permissionau roi d’Espagne d’engager des Basques pour la pêche anglaise
Cette politique fut adoptée très tôt également par les Hollandais.
Des 1613,l’équipage de deux navires armés pour la pêche de la baleine par ce pays comprenait 12 Basques dont 3 harponneurs, 3 maîtres de chaloupe, des dépeceurs et des bouilleurs. Pour les récompenser et les inciter à poursuivre cette collaboration, les Hollandais auraient même élevé des statues aux plus habiles capitaines et harponneurs basques.
L’auteur d’un mémoire rédigé en 1710 sur la découverte de Terre-Neuve déclare: « Onvoit encore à présent de ces statues à Amsterdam, habillées à la mode ancienne des Basques »^.
Selon Cleirac, s’il est juste de faire remarquer
que les Basques étaient meilleurs pêcheurs, il faut également noter queles Hollandais étaient meilleurs navigateurs, les premiers étant plus disposés à « vider la bouteille, humer l’eau de vie et fumer le tabac, qu’à manier adroitement l’astrolabe, le grand anneau, le quadran ou quart de rond, le triangle ou l’arbalestille »

La politique d’embauche de Basques eut pour double effet d’apprendre aux Hollandais et aux Anglais les techniques de pêche et de priver la flotte basque de plusieurs bons éléments
La pêche basque à titre personnel, s’est trouvée coincée entre
l’Angleterre et la Hollande en lutte pour le contrôle de la pêche au
Spitsberg. En 1613, la partie espagnole du Pays basque envoyait huit navires de pêche dans l’île . Cette même année fut toutefois marquéepar l’émission d’une charte par laquelle Jacques Ier d’Angleterre concédaità la Muscovy Company, le privilège exclusif de la pêche au Spitsberg. Des lors, toutes les nations se virent interdire l’accès à l’île, y compris les Anglais qui n’étaient pas membres de la compagnie.
Cette dernière consentit une seule exception, soit un navire de Saint-Jean-de- Luz. En 1614, la Hollande ripostait à l’Angleterre par la formation de la compagnie Noodsche.
La Muscovy Company, ne pouvant concurrencer cette nouvelle entreprise, finit par consentir au partage des côtes du Spitsberg entre Anglais, Hollandais, Danois, Hambourgeois, Français et
Basques.
Dans les années 1620, la flotte de pêche hollandaise était de loin la
plus puissante au Spitsberg, si bien qu’elle finit par éliminer tous ses
adversaires.
Après avoir appris des Basques les techniques de pêche, les
Hollandais les chassèrent.
C’est du moins le reproche que la Compagnie française du Nord faisait dans ses remontrances au Parlement en 1644: et comme lesdits Basques, et autres particuliers Français avec eux, prétendant y avoir « mesme droict que les autres nations, voulurent continuer
ladite pesche et y envoyer des vaisseaux ils en furent chasser [sic], leurs navires pris et leurspersonnes emprisonnées… »

C’est en réaction à cette attitude que les Basques pillèrent les établissements hollandais de Jan Mayen en 1632.
À compter des années 1630, les Basques, qui se retrouvaient sans
établissements côtiers, durent pratiquer la pêche hauturière. La nécessité étant la mère de l’invention, ils commencèrent alors à utiliser une nouvelle technique de transformation du lard mise au point par Martin Sopite, un Basque de Saint-Jean-de-Luz. Cette méthode consistait à dépecer et à faire fondre le lard de la baleine à bord du navire, rendant ainsi les expéditions totalement indépendantes de la terre.
C’est
grâce à cette découverte qu’ils auraient commencé à exploiter, immédiatement après avoir été chassés du Spitsberg, deux nouvelles réserves de baleines dont l’une était située entre le Spitsberg et le Groenland actuel, et l’autre dans un endroit qu’ils appelaient Sarde et qui se trouvait au

arge de la Finlande. Au milieu du XVIIe siècle, les villes de Saint-Jeande- Luz, Bayonne et Ciboure armaient une cinquantaine de navires
baleiniers de 200 à 300 tonneaux.
Tout au long du XVIIe siècle, et malgré un interdit du roi en 1634,
les Basques continuèrent à travailler pour le compte des Hollandais tout en armant leurs propres expéditions.
Selon un ouvrage publié en 1666, les relations entre la Hollande et Saint-Jean-de-Luz étaient encore soutenues à cette époque. L’auteur déclare avoir rencontré dans cette ville en 1655, des Flamands qui avaient embauché une cinquantaine de pêcheurs basques.
La collaboration avec les Hollandais et surtout la très forte
concurrence venant de ce pays allait avoir raison de l’industrie basque
Au début du XVIIIe siècle, les ports de Saint-Jean-de-Luz, de Ciboure et de Bayonne n’armaient plus qu’une trentaine de navires d’environ 250 tonneaux chacun.
La découverte des stocks de baleines du détroit de Davis vers 1720 revigora l’industrie mais pour peu de temps.
Au milieu du XVIIIe siècle, le déclin était amorcé de façon irrémédiable. L’échouage d’une baleine sur les côtes de Saint-3ean-de-Luz en 1764 en est un bel exemple: les pêcheurs l’attaquèrent avec des outils rouilles et en fort mauvais état.

Une vingtaine d’années plus tard, la pêche de la baleinen’était plus qu’un souvenir en pays basque français. Ainsi prenaient fin
au moins sept siècles de pêche continue par ce petit peuple du golfe de Gascogne.

Pourquoi, après avoir connu de si brillants moments,
L’entrée en scène des Anglais mais surtout des Hollandais, est
certainement la principale cause de ce déclin.
Après avoir acquis leurs connaissances des Basques, les Hollandais inondèrent les marchés européens, y compris la France, des produits dérivés de la baleine. Grâce à leur politique de prix très bas, allant même jusqu’à ne tirer aucun profit de leurs transactions
, ils s’accaparèrent les débouchés des Basques.
Il apparaît évident que si l’Espagne et la France avaient mieux protégé leurs pêcheurs de baleine, l’industrie basque aurait pu mieux résister aux Hollandais.
Déjà mal protégés militairement sur mer, les Basques n’ont pu bénéficier de la protection ni des encouragements de leurs gouvernements qui n’ont rien fait pour contrer l’invasion des marches par les produits étrangers.
Au contraire, ces gouvernements ont plutôt agravé la situation des pêcheurs en les impliquant dans des guerres prolongées, en prélevant des taxes élevées, en mettant des embargos et en réquisitionnant des embarcations et des équipages pour les guerres.
La stérilité du pays basque est un autre facteur qui a précipité la
chute de cette industrie. Obligés d’importer la plus grande partie des denrées nécessaires à l’armement de leurs navires, les Basques devaient donc payer plus cher pour l’équipement de leurs expéditions. Cependant, la présence des Hollandais les obligeait à s’en tenir à des prix de vente concurrentiels d’où une marge des profits réduite d’autant.
Retirant moins de revenus de la pêche, les pêcheurs émigrèrent, changèrent de métier ou s’engagèrent chez les Hollandais qui payaient mieux.
La rareté des marins provoqua à son tour la diminution du tonnage des navires et une augmentation des frais.
Il est en effet démontré qu’il en coûtait plus cher pour armer un petit navire puisque, si le prix de l’équipement était légèrement inférieur, par contre le rapport des prises par navire était nettement moindre.
La mésentente entre les armateurs basques au sujet de l’embauche
des marins, le piètre état des ports qui rendait périlleux le mouvement des navires, le retard de la construction navale française et les tracasseries faites par l’Espagne, sont autant de facteurs qui ont aussi contribué à ce déclin.
Le port de Bayonne en particulier était continuellement gêné par des bancs de sable qui obstruaient l’entrée de l’Adour et qui obligeaient les armateurs locaux à faire hiverner leurs baleiniers à Pasajes.
De son côté, au début du XVIIIe siècle, le roi
d’Espagne défendait aux marins de Guipuzcoa de s’embarquer sur des navires étrangers. En effet, les armateurs français de Bayonne et de Saint-Jean-de-Luz recrutaient annuellement environ 200 rameurs et harponneurs dans cette province. Ce recrutement se faisait selon un cycle qui était presqu’un rituel: à chaque année et dans le but de nuire le plus possible à la pêche française, le roi d’Espagne attendait jusqu’à la dernière minute avant d’accorder la permission aux pêcheurs espagnols de s’engager chez les Français, ce qui occasionnait généralement de mauvaises pêches. Au retour, après maintes lettres d’excuse et de justification entre la Chambre de commerce de Bayonne et les délégués de l’Espagne, ceux-ci rappelaient à la cour d’Espagne les services rendus aux Espagnols par les pêcheurs français et la fraternité qui unissait les Basques des deux côtés des Pyrénées. Le roi promettait finalement que les harponneurs seraient facilement octroyés l’année suivante tandis que les armateurs français déploraient l’absence dans leur pays de pêcheurs qualifiés.
L’année suivante, le même scénario se répétait à peu de chose
près65. Ce malentendu compliquait la vie des armateurs français qui possédaient les capitaux mais qui devaient recourir aux Espagnols pour la main-d’oeuvre spécialisée. Dans une lettre du 31 décembre 1729, les Baylis et Jurats de Saint-Jean-de-Luz déclarent: « Nous nous apliquerons
[…] à former des harponiers chès nous, pour pouvoir avec le Temps, nous
mettre à l’abry des Caprices de nos voisins…

CETTE DECISION ARRIVAIT TOUTEFOIS TROP TARD

_________________________________________________________

2  LES GUERRES DE LOUIS XIV

Après la période de croissance et de prospéritéde la deuxième moitié du XVIe siècle, viennent les années d’hésitations et de difficultés entre 1600 et 1620, que prolongent ultérieurement les guerres de Louis XIV. En outre, les projets de colonisation impulsés par la monarchie française favorisèrent les monopoles de commerce et la traite des fourrures.
La guerre de succession d’Espagne (1702-1713), suivie du traité d’Utrecht, empêcha la relance durable de la pêche au XVIIIe siècle, d’autant plus que désormais Hollandais et Anglais s’emparent des marchés européens
. Avec la guerre de Succession d’Autriche (1744-1748) et celle de Sept Ans (1756-1763), on assiste au démantèlement de la pêche à Terre-Neuve.
Et le traité de Paris (1763) consacre la domination de la Nouvelle-Angleterre.
.La France renonça : D’ailleurs Voltaire aurait dit :Pourquoi s »occuper de quelques arpents de neige, le Roi approuva .
—————————–
Les Basques étaient donc devenus les maîtres d’une industrie de grande rentabilité. Ils ont au cours du XVI ième siècle extrait du Saint-Laurent et de son estuaire plus de 20. 000 barils d’une huile fortement recherchée pour l’éclairage domestique et d’une valeur inappréciable .
Mais l’apparition de tensions internationales en Europe a forcé leur retrait graduel de l’industrie baleinière, en raison notamment de la guerre franco-espagnole et la défaite de la Grande Armada en 1588. Mais un autre facteur tout aussi important est à l’origine du déclin de l’industrie
——————————–
Après la période de croissance et de prospéritéde la deuxième moitié du XVIe siècle, viennent les années d’hésitations et de difficultés entre 1600 et 1620, que prolongent ultérieurement les guerres de Louis XIV.
En outre, les projets de colonisation impulsés par la monarchie française favorisèrent les monopoles de commerce et la traite des fourrures beaucoup plus rentables que la pêche.
La guerre de succession d’Espagne (1702-1713), suivie du traité d’Utrecht, empêcha la relance durable de la pêche au XVIIIe siècle, d’autant plus que désormais Hollandais et Anglais s’emparent des marchés européens
————————————-
Un mémoire sur la pêche à la baleine qui étudie les causes de son déclin, les conditions d’une relance éventuelle, et surtout cette dure réalité du rapport de forces avec les concurrents: «Les Hollandais envoient à présent 2 à 300 (navires), » les négociants de Bayonne et de Saint-Jean-de-Luz n’ont armé depuis 20 ans que 25 navires tout au plus chaque année».
Laurier Turgeon montre aussi que la guerre ne fut pas la seule cause du déclin de la pêche hauturière.
Elle fut victime aussi d’une crise structurelle.
L’économie maritime reposait sur un système d’échanges rudimentaires et fragiles fondés sur la vente des produits de la pêche contre le paiement en argent qui était destiné au financement de l’avitaillement.
Cette espèce de monoproduction était à la merci de la moindre crise Il manquait une politique de diversification
Par ailleurs, le développement de la pêche maritime lointaine était lié à la production des ressources agricoles de l’arrière-pays nécessaires pour fournir tant l’avitaillement que la main-d’oeuvre. On voit par là que recul de l’agriculture, émigration, sous-emploi, déclin de la démographie et de la pêche allaient de pair et s’enchaînaient dans le même cycle de la dépression.
La guerre avait pour conséquence de transformer les baleiniers et morutiers basques en soldats et corsaires, signifiait la disparition de nombreux marins (prisonniers, tués), ou l’augmentation des invalides.
Les courbes démographiques témoignent de l’ampleur de la crise qui frappe l’économie maritime en Labourd tout au long du XVIIIe siècle.
Les populations maritimes restent enfermées dans le cycle infernal des grandes mortalités aggravées par les guerres du XVIIIe siècle.
Depuis la réforme de Colbert, le recrutement des matelots et des officiers se faisait selon le système des classes: les gens de mer étaient inscrits sur des listes puis répartis en classes pour être appelés à tour de rôle.
En temps de guerre, les marins pêcheurs devenant soldats, la source de revenus que constituait la pêche disparaît pour la famille, entraînant la sous-alimentation et l’endettement.
Les archives communales des ports labourdins portent les traces et les témoignages des différents aspects du déclin inexorable des populations maritimes dès la fin du XVIIIe siècle

LES CONSEQUENCES SUR LA COTE BASQUE
D’ HIER A AUJOURDHUI
Manex Goyhenetche

______________________________________________________

.Une délibération de l’assemblée des habitants de Ciboure, le 24 septembre 1747, analyse très bien cette situation de détresse que vivent les populations de matelots, lorsque les guerres les privent de leurs ressources et les entraînent dans le cycle infernal des disettes et des surmortalités:
.Laurier Turgeon (op. cit. en note 11), a fixé les rythmes de développement de la pêche terre-neuvième,ses modes de production, d’utilisation et de commercialisation.
Laurier Turgeon montre aussi que la guerre ne fut pas la seule cause du déclin de la pêche hauturière.
Elle fut victime aussi d’une crise structurelle. L’économie maritime reposait sur un système d’échanges rudimentaires et fragiles fondés sur la vente des produits de la pêche contre le paiement en argent qui était destiné au financement de l’avitaillement.
Cette espèce de monoproduction était à la merci de la moindre crise Il manquait une politique de diversification
Par ailleurs, le développement de la pêche maritime lointaine était lié à la production des ressources agricoles de l’arrière-pays nécessaires pour fournir tant l’avitaillement que la main-d’oeuvre. On voit par là que recul de l’agriculture, émigration, sous-emploi, déclin de la démographie et de la pêche allaient de pair et s’enchaînaient dans le même cycle de la dépression. La guerre avait pour conséquence de transformer les baleiniers et morutiers basques en soldats et corsaires, signifiait la disparition de nombreux marins (prisonniers, tués), ou l’augmentation des invalides.
Les courbes démographiques témoignent de l’ampleur de la crise qui frappe l’économie maritime en Labourd tout au long du XVIIIe siècle.
Les populations maritimes restent enfermées dans le cycle infernal des grandes mortalités aggravées par les guerres du XVIIIe siècle.
Depuis la réforme de Colbert, le recrutement des matelots et des officiers se faisait selon le système des classes: les gens de mer étaient inscrits sur des listes puis répartis en classes pour être appelés à tour de rôle.
En temps de guerre, les marins pêcheurs devenant soldats, la source de revenus que constituait la pêche disparaît pour la famille, entraînant la sous-alimentation et l’endettement.
Les archives communales des ports labourdins portent les traces et les témoignages des différents aspects du déclin inexorable des populations maritimes dès la fin du XVIIIe siècle
______________________________________________________

.Une délibération de l’assemblée des habitants de Ciboure,
le 24 septembre 1747, analyse très bien cette situation de détresse que vivent les populations de matelots, lorsque les guerres les privent de leurs ressources et les entraînent dans le cycle infernal des disettes et des surmortalités:
«Ladite communauté a délibéré d’une voix unanime qu’il est important de représenter à sa grandeur l’état et la situation où se trouve la communauté de Ciboure depuis quelques années, que les habitants qui la composent étant généralement presque tous matelots, elle se trouve dépeuplée considérablement par les mortalités que les guerres accompagnent soit sur les vaisseaux des armateurs et aux prisons des ennemis de l’Etat où plusieurs se trouvent détenus, et les pauvres familles sans secours réduites à la misère (…), sans ressource d’aucun commerce ni moyen de subsistance, la plus grande partie de ses habitants est à la mendicité»
16. Près de quarante ans plus tard, la situation n’a guère évolué.
Elle a même empiré, si l’on se fie à la délibérationde l’assemblée des habitants de Ciboure le 27 août 1780
:«Elle n’y a d’autre aliment que la pêche à la morue et des armements du pais ayant été reservés dans deux ports de l’île de Terre Neuve (il s’agit de Saint-Pierre et Miquelon), bien loin d’avoir eu quelque succès, presque tous les armateurs y ont perdu, de là une privation de la subsistance des matelots et de leurs familles, parce qu’ils se trouvaient au retour débiteur de leurs armateurs et une pareille privation (…) qu’à cette guerre a succédé la misère, soit par la cessation de cette pêche telle qu’elle, soit par des levées considérables des matelots pour le service dans les vaisseaux du Roi où il est déjà port une soixantaine, par conséquent une dépopulation et une désolation (…)»
17 A la veille de la Révolution de 1789, la population de Ciboure souffrait toujours de la crise alimentaire et de la sous-alimentation que provoquait la guerre. Le démantèlement de la pêche a pour résultat la disparition,dans les familles, de la source de revenus (le produit de la pêche) qui permettait l’achat de la nourriture céréalière.
Pour faire face à la disette et à la sous-alimentation, il fallait s’endetter, hypothéquer des biens. L’appauvrissement des familles entraine l’augmentation des difficultés financières de la communauté obligée de vendre une partie de ses biens communaux:
«La communauté de Ciboure n’a aucun bien patrimonial, qu’elle n’a presque point de territoire, que les habitants seuls donc en supportent presque toutes les charges et impositions, que les habitants sont presque tous marins qui dans ce moment se trouvent à la pêche des morues, que cette pêche dans les trois ou quatre dernières années a été si peu abondant dans la partie de la grande île de Terre neuve où la majeure partie des matelots de cette comunauté se trouve occupés, que bien loin de leur donner quelque profit pour la subsistance de leurs femmes et de leurs enfants, ils se sont trouvés au contraire endettés chaque année au retour du voyage envers leurs armateurs, que la misère occasionnée par ce défaut de pêche a rendu impossible même la perception ordinaire des impositions»
Le manque de ressources frappait aussi l’arrière-pays des ports labourdins. Dans les années 1780, Inda, curé d’Ainhoa, soulignait la disette dont souffrait sa paroisse: «
Le dépouillement des sources fiscales permet de mettre en évidence l’appauvrissement des populations maritimes du Labourd au XVIIIe siècle. Prenons le rôle de la capitation à Saint-Jean-de-Luz en 1701
Il recense 257 chefs de feux. Quinze ans plus tard, celui de 1716 ne contient plus que 231 feux, soit une diminution de 109%. Pendant le même laps de temps, la proportion des petits contribuables (entre 10 sols et 1 livre) est passée de 69,26% à 88,74%, soit une augmentation de 27%, tandis que la proportion des plus hauts revenus est tombée de 9,33% à 1,29%, soit une diminution de 116%. C’est le signe le plus évident de la paupérisation des habitants de Saint-Jean-de-Luz dès la première moitié du XVIIIe siècle
On peut également vérifier la paupérisation de Saint-Jean-de-Luz dans l’évolution des déficits et des dettes de la ville. Le déficit du budget dans les années 1711-1712 se situe environ à 2000 livres par an. Ilatteint plus de 5OOO livres en 1733, grimpe à 9478 livres en 1745. En 1770, le trésorier de la ville devait 20599 livres et 8673 livres d’intérêts
21. Il était difficile, sinon impossible, dans ces conditions, d’impulser une politique de renouveau de la pêche. Dans le faisceau des facteurs déterminants de l’évolution de la pêche, système juridique, démographie, agriculture et finances s’enchevêtrent.
Le droit successoral favorisait la formation d’une réserve de main-d’oeuvre disponible pour les activités de pêche. Mais au XVIIIe siè-tentatives»
. Laurier Turgeon, à partir de l’exploitation des archives notariales
, a mis en exergue le recul continu de l’armement, notamment de 1723 à 1732, et de 1738 à 1742, et les aspects structurels qui furent à l’origine de cette évolution catastrophique, notamment à Saint-Jean-de-Luz et Ciboure.
Dans ces deux ports, la pêche était organisée à partir de la métropole. Il était difficile de contourner les lointaines régions peuplées par des colons qui avaient la mainmise sur la pêche et sur le développement des activités de commerce.
Saint-Jean-de-Luz et Ciboure n’avaient pas une infrastructure commerciale suffisante pour s’adapter au troc pratiqué à Terre-Neuve, et qui consistait à échanger la morue contre les denrées alimentaires et les produits manufacturés.
XVIIIe -XXe SIÈCLES
Jusqu’au XVIIIe siècle, les Labourdins s’étaient adonnés aux deux grandes pêches lointaines: la morue et la baleine.
L’inspecteur Lemasson du Parc, dans son rapport de 1727, anotait que «le commerce le plus considérable des habitants de Ciboure et de Saint-Jean-de-Luz est celuy de la pesche de la baleine
<<. Ils sont sans contestation les plus hardis et les plus expérimentés de tous les pescheurs français et même des autres nations qui pratiquent cette pesche <<
L’infrastructure commerciale ne semble pas avoir attiré son regard. A peine note-t-il: «Les habitants de Bayonne font des armements comme ceux de Ciboure et de Saint-Jean-de-Luz pour la pesche de la baleine au nord et dans les glaces».
un mémoire sur la pêche à la baleine qui étudie les causes de son déclin, les conditions d’une relance éventuelle, et surtout cette dure réalité du rapport de forces avec les concurrents: «Les Hollandais envoient à présent 2 à 300 (navires), les négociants de Bayonne et de Saint-Jean-de-Luz n’ont armé depuis 20 ans que 25 navires tout au plus chaque année».
__________
Une nouvelle histoire commençait pour le Labourd avec l’aménagement des ports de plaisance, Larraldenia à SaintJean-de-Luz et Ciboure,et
Xingudi à Hendaye, .
1970
Abandont de la pêche

****************

D’ HIER A AUJOURDHUI
A Hendaye de même qu’à Biarritz, Bidart, Guétary Ciboure, et Saint Jean -de-Luz nous avons connu et partagé le même destin, ; la la même chute, la même misère.

Hendaye fut en plus victime de 2 guerres : Celle de la Convention et celle de Bonaparte
Pendant la guerre de la Convention, et que nos soldats luttaient contre l’Espagne dans le Roussillon, laissant l’autre bout des Pyrénées , complètement dégarni,le Général Caro, fort étonné traversa la Bidassoa la fleur au fusil et le massacre commença.La population terrorisée par un bombardement qui ne laissa une pierre debout s’enfuit le plus vite possible et le plus loin possible
.Quand le bombardement eut cessé il fut remplacé par une horde de brigants qui mirent le feu à tout ce qui pouvait bruler.C’est ainsi que Hendaye perdit ses archives et redevint un quartier d’Urrugne.Le général rameuta des soldats, et Caro rentra chez lui satisfait.
——————————-
Que sont devenus les habitants de ce lieu ? demandait unvoyageur, en 1820, à un vieillard d’Hendaye assis en guenilles
sur quelques ruines.
Les uns sont morts, dit le Labourdin, en se levant, quelques-
uns ont émigré, la guerre a disséminé le plus grand nombre,
les autres sont ensevelis dans le grand champ derrière l’église.
Quel champ ? demanda l’interlocuteur.
Le Basque regarda fixement l’homme frivole qui ne l’avait
pas compris et, faisant du bras un geste solennel, il montra…
l’Océan.
Dans un autre ordre d’idées, voici ce qu’écrivait, plus tard,en 1834, M. Lacour :
« Hendaye n’existe réellement que sur la carte ; elle n’offre que des décombres.
Ses habitants sont dispersés, son industrie tuée. Je vois partout la dévastation, la solitude et le deuil.
Quelques rares maisons s’élèvent à travers ses rues désertes et au-dessus ces pans de murs cachés sous le lierre qui se plaît à les tenir embrassés, On croit se promener au milieu de catacombes.

———————————————-
APRES
LES GUERRES DE
1793 et de 1813
Hendaye mit de longues années à se relever de ses ruines.
Lors du passage de Wellington les habitants avaient fui, il ne restait plus que 50 personnes.
. En 1820 on ne comptait encore que 330 habitants.
______________
L’église ne fut rendue au culte que vers 1807. Elle nécessitait des réparations urgentes qui ne purent être exécutées qu’en 1831, faute de ressources de la commune.
————————
En vue d’ augmenter, celle-ci le Maire Pellot obtint du gouvernement la concession de l’herbe des terrains du vieux Fort,

Au cours des dix années suivantes, la ville ne reprit que très
lentement un peu d’animation; les habitants de retour (ils n’étaient
encore que 330 en 1820) travaillèrent courageusement à relever les
ruines de leurs maisons.
Un détail est caractéristique de la pauvreté des cultivateurs de
la commune en 1822 : les militaires n’y recensent que 4 paires de
boeufs, 4 paires de vaches ainsi que 4 charrettes.

Il était, en 1799,45 bêtes à cornes.

Telle était la dimension d’un dommage de la
guerre presque dix ans après !
Pendant longtemps encore Hendaye n’exista plus.

Que sont devenus les habitants de ce lieu ? demandait un voyageur, en 1820, à un vieillard d’Hendaye assis en guenilles sur quelques ruines.
Les uns sont morts, dit le Labourdin, en se levant, quelques-
uns ont émigré, la guerre a disséminé le plus grand nombre,
les autres sont ensevelis dans le grand champ derrière l’église.
Quel champ ? demanda l’interlocuteur.
Le Basque regarda fixement l’homme frivole qui ne l’avait
pas compris et, faisant du bras un geste solennel, il montra… L’Océan.

Dans un autre ordre d’idées, voici ce qu’écrivait, plus tard,en 1834, M. Lacour :
« Hendaye n’existe réellement que sur la carte ; elle n’offre que des décombres. Ses habitants sont dispersés, son industrie tuée. Je vois partout la dévastation, la solitude et le deuil.
Quelques rares maisons s’élèvent à travers ses rues désertes et au-dessus ces pans de murs cachés sous le lierre qui se plaît à les tenir embrassés, On croit se promener au milieu de catacombes.

L’église ne fut rendue au culte que vers 1807. Elle nécessitait des réparations urgentes qui ne purent être exécutées qu’en 1831, faute de ressources de la commune.
Les ressources de la commune consistaient en la locations de carrés de terrains communaux aux Joncaux aux habitants pour subsister.
————————-
En vue de les augmenter, celle-ci obtint du gouvernement la concession de l’herbe des terrains du vieux Fort !
_______________________
Au cours des dix années suivantes, la ville ne reprit que très
lentement un peu d’animation; les habitants de retour (ils n’étaient
encore que 330 en 1820) travaillèrent courageusement à relever les
ruines de leurs maisons.
Un détail est caractéristique de la pauvreté des cultivateurs de
la commune en 1822 : les militaires n’y recensent que 4 paires de
boeufs, 4 paires de vaches ainsi que 4 charrettes.

Il était, en 1799, 45 bêtes à cornes.

Telle était la dimension d’un dommage de la
guerre presque dix ans après !
Pendant longtemps encore Hendaye n’exista plus.
___________________________________________
Hendaye mit de longues années à se relever de ses ruines.
20 Ans plus tard
le scénario fut le même Cette fois çi les envahisseurs étaient une coalition de l’Espagne, du Portugal et de L’

Anglerre, commandés par Wellington. qui couraient sus après Napoléon.
Ce qu’il se passa fut une fois de plus les même choses à l’exemple de ce qui se passa vingt ans plus tôt
Lors du passage de Wellington les habitants avaient fui, il ne restait plus que 50 personnes.
. En 1820 sept ans après on ne comptait encore que 330 habitants.
—————————————
Un espoir tout de même
: De très loin on entendait l’arrivée
d’un train.

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****************

Ce grand récit ou je me suis promené avec dans l’esprit, la vie des marins de ce pays, j’avoue y avoir pris un certain plaisir , tout en sentant la présence constante d’une tragédie .
Maintenant enfin je sais ;
———————————

Lorsque Martin Argoitia nous quitta j’avais dix ans : il en avait quatre-vingt
Il était peu bavard et par la suite personne ne sut me donner le moindre renseignement sur sa vie de marin. Il faut croire qu’il me manquait beaucoup car son portrait n’était jamais resté bien loin de moi.
Lorsque j’ai décidé d’écrire cet essai – pour retrouver le parcours de sa vie j’ai compris le courage qu’il lui avait fallu pour aider sa femme , ses enfants, et ses parents, seulement à n’avoir pas faim.
Car, dans cet engagement, il y avait tout : sans relache; du départ au retour, l’isolement qui pouvait durer 8 ou 9 mois,le blizard, le froid polaire, le danger de tomber dans l’eau glacée lors de tempêtes , ou lors de combats avec la baleine : des souvenirs cruels qui ne se racontent pas.
C »est pour ça, que j »ai écrit cet essai; c’est pour lui et ceux qui l’ont précédé, et leur dire de tout mon coeur, dans leur langue usuelle :
milesker

—————————————————————

MARTIN
Marin Pécheur

fin

**************** RESERVE

Hendaye
Ses marins
et ses corsaires
ALFRED LASSUS

Editions atlantica

___________________

AVEC L AIMABLE PERMISSIION DE L’ EDITEUR Atlantica

QUELQUES EXTRAITS DE L’OUVRAGE D » ALFRED LASSUS
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INTRODUCTION

La présente étude a pour objet de sortir de l’oubli les capitaines
de navires et de corsaires d’Hendaye. Ce travail a déjà été réalisé
pour ceux de Saint-Jean-de-Luz, de Ciboure, d’Urrugne, d’Ascain,
de Sare, de Guéthary, et en 1997, avec la collaboration de M. Pierre
Darrigrand, pour ceux de Biarritz.

Informations diverses sur les marins

Les marins du pays de Labourd et de Bayonne pratiquaient surtout
la pêche, soit pour une petite partie des poissons frais à proximité
des côtes, soit pour la majorité celle des morues et des baleines.
Ceux d’Hendaye étaient plus spécialisés pour cette dernière
pêche, chasse et fonte des baleines, vers les mers du Nord près des
glaces de la Norvège, du Groenland et de l’Islande, surtout jusqu’à
la fin du XVII siècle et au début du siècle suivant.
Il est même probable que l’Hendayais Pierre Betton, fut l’un des
derniers capitaines, sinon le dernier du pays de Labourd et de
Bayonne à commander un navire baleinier. C’était en 1784 et il
s’agissait du Restaurateur de Bayonne, frégate de 480 tx appartenant
au Roi ; ce dernier désirait sans doute relancer cette pêche. Les
les Hendayais firent aussi celle des morues à Terre-Neuve.
La guerre de course.

—, les navires non armés
ne pouvaient pratiquer ni le commerce ni les pêches lointaines, car
ils auraient été des proies trop faciles pour les corsaires et vaisseaux
de guerre ennemis. Le Roi accordait alors des congés ou commissions
aux négociants et aux notables, afin de leur permettre d’armer
en guerre des navires privés pour courir sus aux ennemis de l’État. Il
s’agissait de la guerre de course, chaque campagne durant en général
trois mois. L’équipage était rémunéré à la part : d’une demi-part
pour le mousse à dix pour le second et douze pour le capitaine.
Avant l’embarquement, il recevait une avance qui restait acquise.
Le complément était éventuellement versé après la vente des prises
capturées. Le produit de celle-ci était ainsi réparti : après déduction
des frais divers, 10 % revenaient à l’amiral de France et, pour le reste
deux tiers étaient attribués aux armateurs et un tiers à l’équipage.
Outre la guerre de course, le Roi autorisait aussi à armer en guerre
et marchandises des navires privés, soit afin de continuer le commerce
avec les colonies françaises d’Amérique, soit pour effectuer
les pêches lointaines des baleines et des morues. Ces bâtiments
armés de canons avaient ainsi la possibilité de se défendre contre
des corsaires, et éventuellement de s’emparer de navires ennemis.
Nombreux furent les capitaines d’Hendaye qui se distinguèrent
dans cette guerre de course tels Croisic, Jacobé Larroche, Pierre
Dalbarade…, n’hésitant pas à attaquer à l’abordage des navires plus
puissants.

Sur la vie pénible des marins.

Les contrats établis en début d’année
prévoyaient que l’équipage parte en mer au premier beau temps,
les départs se situant en général en avril. La pêche prenait fin le jour
de la Saint-Michel, le 29 septembre. Le retour au port d’attache
était prévu vers la fin du mois d’octobre, mais avait lieu le plus souvent
dans le courant du mois de novembre et même de décembre,
notamment lorsque les produits de la pêche devaient être livrés dans
d’autres ports. Pour chaque saison de pêche, l’absence hors du foyer
familial pouvait alors durer sept à huit mois. Les conditions de travail
étaient particulièrement pénibles, dans un climat froid et
humide, surtout pour la chasse des baleines. En outre les conditions
de logement sur les navires n’étaient pas idéales.
Les marins devaient affronter les dangers de la mer. Au cours de
très grandes tempêtes ou d’ouragan, des navires disparaissaient en
mer. Plusieurs bâtiments corsaires de Bayonne ou de Saint-Jean-de-
Luz ne revinrent jamais au port. Nombreux furent aussi les navires
corsaires capturés par des bâtiments anglais plus puissamment
armés. Fait prisonnier, l’équipage était conduit dans des geôles
anglaises. Les conditions de captivité y étaient difficiles ; beaucoup
de marins y moururent.
D’autre part, pris probablement par des corsaires de Salé ou
d’Alger, quelques Hendayais furent esclaves en Barbarie. Ils ne pouvaient
retrouver leur liberté qu’après paiement d’une rançon. Parmi
eux nous citerons : en 1619, Joannis de Laparque, fils de Marie de
Suhigaray (rançon prévue : 736 livres) ; Pierre Serviau, chirurgien ;
Joannis de Harostéguy y resta une année, tandis que son fils Joannis
de Harostéguy pris en même temps que lui, réussit à s’évader en
1715 après huit ans d’esclavage. En 1723, François Pastéguy— sans
doute Apestéguy — âgé de 60 ans, était esclave depuis vingt ans.
Époux de Catherine de Hiriart, Betry de Romatet était en 1712
esclave en Turquie.
Quelques statistiques

De diverses études effectuées, il ressort que la durée de vie des
marins était environ de 42 ans en moyenne, alors qu’elle était de
52-53 ans pour la population masculine non maritime. Par ailleurs,
60 % des marins mouraient hors de leur village — de maladie ou de
noyade au cours de violentes tempêtes ou d’ouragan sur les corsaires,
ou prisonniers en Angleterre ou aussi sur les vaisseaux du
Roi —, et à un âge moyen de 30 à 35 ans suivant les paroisses. Pour
Hendaye, ce dernier pourcentage n’a pu être établi à défaut de
registres paroissiaux.
Capitaines hendayais récompensés par le Roi

En mai 1684, messire Charles de Planque, lieutenant pour le
Roi au département de Bayonne, remit à neuf capitaines de navire
d’Hendaye ou à leur épouse, pour ceux qui étaient déjà sortis en
mer, une médaille d’or envoyée par le roi Louis XIV afin de les,remercier de leur courage devant le siège de Fontarrabie

Il s’agissait de Joannis de Suhigaraychipy
— Joannis deMorcoitz —
Martin de Léremboure
–Martin deHaramboure
Michel de Gélos et son fils Joannis de Gélos
— Joannis d’Etcheverry
— Joannis de Sallaberry
et Samson de Sallaberry.
Par ailleurs, bien que les officiers sur les vaisseaux du roi fussent,
en principe, des fils de famille noble, quelques marins d’Hendaye,
non nobles, devinrent officiers dans la Marine royale.
Quelques uns peuvent être cités :
Joannis de Suhigaraychipy capitainede frégate du Roi ;
Michel de Gélos qui commanda aussi une frégate du Roi
; Martin de Haramboure, lieutenant de vaisseau ;
Simon Daragorry, capitaine du 4 avril 1759 au 31 mai 1760 de la
frégate ou flûte du Roi, 1′ Outarde, et qui en 1781 était cité comme
capitaine de frégate du Roi, et
Jean Dalbarade. Ce dernier, né àBiarritz, vécut dès l’âge de 5 ans environ à Hendaye. Il devint capitaine defrégate du Roi
de vaisseau du Roi — signant le Chevalier d’Albarade —, puis
ministre de la Marine et des Colonies et enfin contre-amiral.
______________________________________________________

Formation des marins

Étienne Dalbarade était professeur d’hydrographie à Biarritz.
Vers le milieu du XVIII° siècle, il vint avec sa famille habiter à
Hendaye, la communauté de cette ville lui ayant offert une rémunération
plus intéressante. Il y exerça l’activité de régent d’école et
de professeur d’hydrographie
Quelques années plus tard, les autoritésde Biarritz tentèrent de le faire revenir vers sa ville natale, ce qu’il refusa
Après son inspection en 1781, Marc-Antoine Chardon,
écuyer, maître de requêtes et commissaire pour la visite des
ports, précisait dans son rapport qu’Arbelade (Dalbarade) enseignait
le pilotage à Hendaye depuis quarante ans, et qu’il était payé
par la municipalité.
Étienne Dalbarade eut quatre fils : Jean, né à Biarritz, Pierre,
Louis et Guillaume, nés à Hendaye qui devinrent capitaines de
navire.
Négriers

Peu de marins d’Hendaye furent embarqués pour le voyage de
la Guinée. Peuvent cependant être cités Pierre Damespil, décédé en
1769 sur la Revanche de Bordeaux ; Jean Croisic,
Suhigaraychipy et Louis Dalbarade. il y aurait-il un rapport avec Belcenia : une maison et un pont à hendaye et Et Belcenia une grande batisse à Saint jean de luz ?

Navires corsaires armés à Hendaye

Les bâtiments corsaires armés en guerre et aussi en guerre et marchandises
furent, au sujet de notre région, armés principalement à
Bayonne, Saint-Jean-de-Luz et Ciboure. C’est dans ces ports que
les marins hendayais trouvaient la possibilité de s’embarquer.
Mais quelques navires, d’un volume plus modeste il est vrai,
furent aussi armés à Hendaye avec l’autorisation du Roi ou de son
administration. Il s’agit :
— En 1691, de la pinasse corsaire la Marie d’Hendaye, commandée
par Joannis de Hiriart qui fit une prise.
— Le 3 juillet 1703, de l’armement de la Sainte-Anne d’Hendaye
(18 tx), capitaine : Joannis de Harostéguy.
— En octobre 1705, d’Étienne de Haramboure commandant en
course la petite corvette la Sainte-Anned’Hendaye (20 tx, 6 canons).
— En 1710, de Joannis de Galbarette commandant en course le
Santiago d’Hendaye.
— En 1711, de la Ruzée d’Hendaye (40 tx, 6 canons, 60 hommes)
armée en guerre le 14 juin 1711, capitaine : Joannis de Galbarette
et second : Mathieu Daguerre.
— Le 20 novembre 1711, du Saint-Jacques d’Hendaye (100 tx,
4 canons, 20 hommes) commandé par Betry Darmore.
— En 1720, du Saint-Jacques d’Hendaye (100 tx), capitaine :
J. Laparque.
Construction navale à Hendaye

Cette ville possédait des ateliers de construction navale. Parmi
les navires qui y furent construits, figurent :

— La Sainte-Barbe de Saint-Jean-de-Luz (130 tx) construit à
Hendaye par Miguel de Salla en 1687, et envoyé à la pêche des
baleines sous le commandement de Domingo de Lessaque.
—F,Espérance de Saint-Jean-de-Luz (80 tx) construit à Hendaye
en 1690 et destiné à la pêche à Terre-Neuve ; capitaine : Ogier
Dolhabaratz.
________________________
<Hendaye et la tradition maritime
Il existe à Hendaye un grand silence sur les nombreux capitaines de navire et aussi les équipages de bateaux de pêche pinasses frégates morutiers
Au XVIII siècle, les trois-mâts, proches de ceux utilisés au XVI°siècle (deux châteaux avec deux étages de voiles), deviennent le navire courant pour la pêche de la morue, mais voient apparaître à leurs côtés le brigantin et la goélette à partir de 1720

HENDAYE en 1764

Saint Pierre et Miquelon

8 eme Province province basque

A partir de la fin du XVIII° siècle, les populations de Bidart et Guéthary ont pu trouver dans cet archipel un nouveau souffle après la disparition du port de Bidart qui abritait 300 marins et une vingtaine de chaloupes.
Leurs habitants et ceux d’Urrugne, Ciboure, St Jean de Luz, Sare, Ascain Socoa et Hendaye ont bénéficié des emplois proposés par St Pierre et Miquelon, soit à terre dans le séchage des morues, dans les grèves, l’agriculture, le bâtiment, soit en mer à la grande pêche ou à la petite pêche.
La compagnie basque Légasse en a fait sa base et son fief

La rade et le port de Socoa abritent des Terre Neuviers jusqu’à la moitié du XIX° siècle. […]

La compagnie Légasse, dernière compagnie de morutiers du Labourd.

La famille Légasse/Camino originaire de Bassussary, ( Résidente à Hendaye par alliance ) est présente à Terre Neuve depuis le XVII° siècle selon M.Lacroix (La Grande Pêche).
Le père de Louis Légasse se serait perdu sur la “Jeune Française” en 1873 en se rendant à St Pierre.
Louis possédait un comptoir à St Pierre et Miquelon et une flottille de plusieurs voiliers.
En 1890, avec ses deux frères Armand et Martin, ils créent la société “La Morue Française” qui a armé, en une seule campagne, jusqu’à 37 navires avec 40 hommes d’équipage à bord.
Des centaines de pêcheurs du Pays Basque et d’ailleurs ont navigué chez Légasse.
Cette famille prend part à la naissance en 1927 de la prestigieuse PSYBE de Pasajes, le roi Alphonse XIII en étant le principal actionnaire.
En 1935, Ferdinand Légasse, petit fils de Louis, crée la Compagnie Générale de Pêche, armée au chalut, avec le débarquement et le séchage des morues à Bègles.
En 1945, “Zazpiak bat”, dernier fleuron de la flottille Légasse disparaît à Marseille, dans un incendie […]

La goélette est le voilier type de l’archipel de St Pierre et Miquelon à partir de 1763.
Vers 1830, une quarantaine de goélettes coloniales sont armées à St Pierre et Miquelon, puis leur nombre ne cesse d’augmenter pour dépasser les 200 au début du XX° siècle. Parallèlement à cet essor, de plus en plus d’armements métropolitains (la plupart granvillais ou malouins), arment des goélettes locales, ouvrent des comptoirs à St Pierre et obtiennent des concessions de graves de l’archipel afin de faire sécher les morues capturées sur les Bancs.
Vers 1900, au début de chaque printemps, de gros vapeurs amènent de France des graviers, mais aussi pas moins de 3000 matelots recrutés dans la région de St Malo et qui constituent 80 à 90% des équipages des goélettes locales, chacune armée de six doris et d’une quinzaine d’hommes.
Chacun de ces voiliers rentre à peu près tous les mois au Barachois livrer la pêche effectuée sur les bancs. Celle-ci peut être directement chargée sur un bateau chasseur qui l’apportera aussitôt dans un port métropolitain, en particulier Bordeaux.
La vie d’esclave sur les chalutiers
Une vingtaine de chalutiers sont envoyés à Terre-Neuve en 1909, plus d’une trentaine en 1920. Dès lors, la lutte tourne à l’avantage des vapeurs au détriment des trois-mâts et des goélettes. Equipés d’un moteur, les grands chalutiers mis en service vers 1930 ont un rendement moyen quatre à cinq fois supérieur à celui des voiliers. Sur ces navires, qui ont un équipage de 40 à 60 hommes, on prépare la morue à la main, toujours de façon classique. Bien que mieux nourris que sur les trois-mâts, les matelots ont encore des conditions de travail très pénibles, dénoncées par le Révérend Père Yvon : “Le chalutier libère le marin du travail du boêtage des lignes, du halage et des dangers des doris ; mais, loin d’alléger son sort, il ne fait que l’accabler. A Terre-Neuve, la machine n’est pas le serviteur de l’homme, c’est l’homme qui est l’esclave de la machine. La machine peut travailler nuit et jour, l’homme travaillera nuit et jour. Ce sont les travaux forcés sans discontinuité tant que le poisson donne ; et l’abondance du poisson est parfois telle qu’elle ne laisse aux hommes que sept heures de repos par trois jours. Aussi n’est-il pas rare qu’ils titubent de fatigue et de sommeil. Et dire que sur certains chalutiers, l’équipage comprend une vingtaine de jeunes gens de moins de 20 ans ! Pauvres enfants !

L’activité de pêche y est aujourd’hui plus que réduite, mais la population est fière de ses racines basques qui ont été ravivées lors du centenaire de la construction du fronton place libre, cœur de l’archipel, en août 2006.
Il y a, à l’île St Pierre, 6000 habitants et 600 à celle de Miquelon, dont plus de la moitié sont des Detcheverry.

Drapeau de Sain t Pierre et Miquelon

Saint Pierre et Miquelon

8 eme Province province basque

A partir de la fin du XVIII° siècle, les populations de Bidart et Guéthary ont pu trouver dans cet archipel un nouveau souffle après la disparition du port de Bidart qui abritait 300 marins et une vingtaine de chaloupes.
Leurs habitants et ceux d’Urrugne, Ciboure, St Jean de Luz, Sare, Ascain Socoa et Hendaye ont bénéficié des emplois proposés par St Pierre et Miquelon, soit à terre dans le séchage des morues, dans les grèves, l’agriculture, le bâtiment, soit en mer à la grande pêche ou à la petite pêche.
La compagnie basque Légasse en a fait sa base et son fief

La rade et le port de Socoa abritent des Terre Neuviers jusqu’à la moitié du XIX° siècle. […]

La compagnie Légasse, dernière compagnie de morutiers du Labourd.

La famille Légasse/Camino originaire de Bassussary, ( Résidente à Hendaye par alliance ) est présente à Terre Neuve depuis le XVII° siècle selon M.Lacroix (La Grande Pêche).
Le père de Louis Légasse se serait perdu sur la “Jeune Française” en 1873 en se rendant à St Pierre.
Louis possédait un comptoir à St Pierre et Miquelon et une flottille de plusieurs voiliers.
En 1890, avec ses deux frères Armand et Martin, ils créent la société “La Morue Française” qui a armé, en une seule campagne, jusqu’à 37 navires avec 40 hommes d’équipage à bord.
Des centaines de pêcheurs du Pays Basque et d’ailleurs ont navigué chez Légasse.
Cette famille prend part à la naissance en 1927 de la prestigieuse PSYBE de Pasajes, le roi Alphonse XIII en étant le principal actionnaire.
En 1935, Ferdinand Légasse, petit fils de Louis, crée la Compagnie Générale de Pêche, armée au chalut, avec le débarquement et le séchage des morues à Bègles.
En 1945, “Zazpiak bat”, dernier fleuron de la flottille Légasse disparaît à Marseille, dans un incendie […]

La goélette est le voilier type de l’archipel de St Pierre et Miquelon à partir de 1763.
Vers 1830, une quarantaine de goélettes coloniales sont armées à St Pierre et Miquelon, puis leur nombre ne cesse d’augmenter pour dépasser les 200 au début du XX° siècle. Parallèlement à cet essor, de plus en plus d’armements métropolitains (la plupart granvillais ou malouins), arment des goélettes locales, ouvrent des comptoirs à St Pierre et obtiennent des concessions de graves de l’archipel afin de faire sécher les morues capturées sur les Bancs.
Vers 1900, au début de chaque printemps, de gros vapeurs amènent de France des graviers, mais aussi pas moins de 3000 matelots recrutés dans la région de St Malo et qui constituent 80 à 90% des équipages des goélettes locales, chacune armée de six doris et d’une quinzaine d’hommes.
Chacun de ces voiliers rentre à peu près tous les mois au Barachois livrer la pêche effectuée sur les bancs. Celle-ci peut être directement chargée sur un bateau chasseur qui l’apportera aussitôt dans un port métropolitain, en particulier Bordeaux.
La vie d’esclave sur les chalutiers
Une vingtaine de chalutiers sont envoyés à Terre-Neuve en 1909, plus d’une trentaine en 1920. Dès lors, la lutte tourne à l’avantage des vapeurs au détriment des trois-mâts et des goélettes. Equipés d’un moteur, les grands chalutiers mis en service vers 1930 ont un rendement moyen quatre à cinq fois supérieur à celui des voiliers. Sur ces navires, qui ont un équipage de 40 à 60 hommes, on prépare la morue à la main, toujours de façon classique. Bien que mieux nourris que sur les trois-mâts, les matelots ont encore des conditions de travail très pénibles, dénoncées par le Révérend Père Yvon : “Le chalutier libère le marin du travail du boêtage des lignes, du halage et des dangers des doris ; mais, loin d’alléger son sort, il ne fait que l’accabler. A Terre-Neuve, la machine n’est pas le serviteur de l’homme, c’est l’homme qui est l’esclave de la machine. La machine peut travailler nuit et jour, l’homme travaillera nuit et jour. Ce sont les travaux forcés sans discontinuité tant que le poisson donne ; et l’abondance du poisson est parfois telle qu’elle ne laisse aux hommes que sept heures de repos par trois jours. Aussi n’est-il pas rare qu’ils titubent de fatigue et de sommeil. Et dire que sur certains chalutiers, l’équipage comprend une vingtaine de jeunes gens de moins de 20 ans ! Pauvres enfants !

L’activité de pêche y est aujourd’hui plus que réduite, mais la population est fière de ses racines basques qui ont été ravivées lors du centenaire de la construction du fronton place libre, cœur de l’archipel, en août 2006.
Il y a, à l’île St Pierre, 6000 habitants et 600 à celle de Miquelon, dont plus de la moitié sont des Detcheverry.

L’entreprise des frères Darragory

1. LA PRÉSENCE BASQUE SUR
LA HAUTE ET BASSE-CÔTENORD
AU XVIe
Des contemporains de Jacques Cartier
Les habitants du Pays Basque comptent parmi les maîtres de la chasse à la baleine. Leurs premières armes en ce domaine remontent au IX ième siècle. Attirés par une recherche de plus en plus éloignée des cétacés, ils parvinrent au Nouveau Monde en un temps qui correspond aux découvertes officielles, peut-être même avant Non seulement leur déplacement vers l’Amérique est-il contemporain des grandes découvertes, mais il s’est aussi étendu à toutes les parties du golfe et du fleuve Saint-Laurent. Si on se fie à François-Xavier Charlevoix, le premier historien de la Nouvelle-France,les Basques étaient parvenus à la Baie des Chaleurs avant Jacques Cartier3•
REVUE D’HISTOIRE DU BAS·SAINT -LAURENT
L’huile de baleine, une mine d’or
La fréquentation de ces lieux était soutenue et leur disponibilité âprement disputée. En 1554, Red Bay était la scène d’accrochages entre Basques français et Basques espagnols chez qui les liens de la culture ne garantissaient pas nécessairement de bonnes relations. Treize bâtiments français s’en prirent alors à quatre baleiniers espagnols et s’en emparèrent, sans doute pour des raisons de rivalité commerciale
Outre Red Bay, de nombreux autres postes se développèrent du temps de Cartier ou après son passage: , une historienne spécialisée dans l’histoire maritime du Pays Basque, évalue entre vingt et trente le nombre des baleiniers qui se rendaient à l’époque aux Terra Nov . À l’apogée de cette activité, de 1546 à 1586, chaque campagne amenait 2 000 hommes sur les côtes du Labrador . Aux termes de leurs efforts, les Basques tiraient jusqu’à 120 poinçons (5 520 de nos gallons) d’huile dans une baleine de forte taille. Chaque baleinier monté par 130 hommes embarquait 2 ooo barils d’huile de baleine pesant chacun 400 livres Une cargaison, rapportant à elle seule plus de 10 000 ducats, défrayait les coûts d’assurance, couvrait les salaires, l’achat du navire et de ses provisions et rapportait en plus des bénéfices nets.
Le déclin d’une industrie
Les Basques étaient donc devenus les maîtres d’une industrie de grande rentabilité. Ils ont au cours du XVI ième siècle extrait du Saint-Laurent et de son estuaire plus de 20 000 barils d’une huile fortement recherchée pour l’éclairage domestique et d’une valeur inappréciable . Mais l’apparition de tensions internationales en Europe a forcé leur retrait graduel de l’industrie baleinière, en raison notamment de la guerre franco-espagnole et la défaite de la Grande Armada en 1588. Mais un autre facteur tout aussi important est à l’origine du déclin de l’industrie
La concurrence étrangère à laquelle les Basques ne sont pas étrangers. Longtemps tributaires du Pays Basque pour leur approvisionnement en huile de baleine, les Anglais et les Hollandais se sont en effet lancés à leur propre compte. Engageant des équipages basques pour apprendre l’ABC du métier, ils en assimilent vite les techniques
. Les Hollandais en font autant. Les deux nationalités multiplient les expéditions en Mer du Nord et rivalisent d’audace pour s’assurer la maîtrise de la ressource.
À la fin du XVI ième siècle les Hollandais possèdent 200 baleiniers qui s’accaparent le gros de la production
. La montée des pays nordiques marque ainsi la fin de l’hégémonie basque sur le commerce européen des huiles de baleine.
2. LE XVIIe SIÈCLE OU
LA FIN D’UN RÊVE
La majorité des campagnes de chasse à la baleine menées aux Terres Neuves étaient le fait de bourgeois basques. Il est arrivé toutefois que de leurs marchands aient trouvé des partenaires commerciaux hors de leurs frontières provinciales. Certains de ces hommes d’affaires possédaient des succursales dans le port de Bordeaux, aux Sables d’Olonne, à La Rochelle et ailleurs. En conséquence, un grand nombre de navires baleiniers étaient montés par des équipages basques bien qu’affrétés par des armateurs français, mais cela a permis à leur région de maintenir son effort. Éclipsés du premier rang en tant que producteurs d’huile de baleine, les gens du Pays Basque n’en poursuivent donc pas moins leurs activités en Amérique, comme en témoignent des écrits datant des débuts de la Nouvelle-France. Les récits rédigés par Samuel de Champlain à l’époque où ce dernier s’installait dans la vallée du SaintLaurent révèlent qu’en 1604 trente-huit galions basques hivernaient encore à Red Bay au Labrador
Ayant à nouveau rencontré de ces Basques au travail en 1611, Champlain raconte degré de latitude. Cela situe toujours leur champ d’activité dans le détroit de BelleIsle. Mais la baleine est tout aussi présente à l’intérieur du Saint-Laurent qu’à l’embouchure de son cours de sorte que le fondateur de Québec rapporte la présence régulière de baleiniers basques à Tadoussac L’endroit, qui paraît s’être maintenu depuis le siècle précédent, demeure encore un pointde rencontre annuel pour trois ou quatre baleiniers et peut-être même plus.Les activités qui se passent à proximitéde son établissement ne sont pas sans laisser le père de la Nouvelle-France indifférent. Samuel de Champlain évaluera dans des prévisions faites en 1618 que sa compagnie pourrait tirer annuellement 200. 000 livres des huiles de baleine «et que des bardes des dictes baleines et dents de vache marine, qui sont meilleurs que le morfil, la livre valant vingt sols, et quantité de loups marins; et (il) s’en feroit par an pour 500 000
Cela laisse supposer l’importance de cette pratique bien qu’à cette époque elle était déjà sur son déclin. L’arrivée des Français dans la région lui a donné le coup de grâce. «  »En 1664, le père Henri Nouvel, faisant état d’un voyage qui l’a mené à l’I1e aux-Basques, parle de leur activité comme d’une chose du passé, mais qui est encore bien en mémoire : Cette isle … porte le nom de l’Isle aux Basques, a raison de la pesche de Baleines que les Basques y faisoient autrefois. J’ai pris plaisir de visiter les fourneaux qu’ils y ont basty pour faire leurs huyles, on y voit encor tout au(p)rês de grandes costes de Baleines qu’ils y ont tuées «  »
Le siècle se termine sans qu’on nevoit une reprise des activités basques. En1705, le père François-Xavier Charlevoix, passant à Tadoussac, se rappelera à la vue des baleines que ces derniers les y avaient auparavant chassées pour leur graisse: « Les Basques ont fait autrefois cette pêche et on voit encore sur cette isle qui porte leur nom et qui est un peu plus bas que l ‘IIe-Verte, des restes de fourneaux et des costes de baleines ».

3. LE XVIIIe SIÈCLE, ENTRE LE RÊVE ET LA RÉALITÉ
Les rêves canadiens
En réalité, les Canadiens songent un moment à prendre la relève des pêcheurs basques. Le potentiel qu’offre la baie de Gaspé et ses environs font rêver Denis Riverin, un homme d’affaires déjà impliqué dans la pêche à la morue. Celui-ci présente en 1696 un projet intégré de pêche à la morue, de chasse au loup marin et de chasse à la baleine qui pourrait donner du travail à 500 hommes et nécessiter l’emploi d’une centaine de chaloupes. Allant de l’avant, il a pris contact avec des gens de Bayonne pour lever des équipes de chasseurs et des maîtres pour former des pêcheurs de morue. Des pertes monétaires et une réorientation de ses projets réduiront cependant ce rêve à néant! D’autres entrepreneurs canadiens songent aussi à chasser les baleines du SaintLaurent. Augustin Legardeur de Courtemanche, par exemple, avait obtenu en 1702 la concession de la baie de Phélippeaux, au Labrador, avec les droits de traite et de pêche à la morue et à la baleine pour dix ans!. Mais rien de concret n’avait été réalisé encore en 1714 quand on renouvelait sa concession, ni en 1717 quand le ministre des Colonies l’encourageait à démarrer ses entreprises. Plus tard, vers 1730, un navigateur du Cap-Saint-Ignace, Hilaire Brideau, lançait un autre projet. Il avait eu l’idée d’utiliser un canon de trois livres pour tuer les cétacés qu’il avait observés à la hauteur du Saguenay et il avait obtenu l’exclusivité de la pêche sur ce territoire. II apparaît, toutefois, qu’une entreprise de cette nature présentait des difficultés insurmontables pour les Canadiens puisqu’il n’y eut pas de suite non plus.
L’entreprise des frères Darragory
Pourtant, ces difficultés, des entrepreneurs basques se montrèrent prêts à les affronter Il s’agit de trois frères de Hendaye, au Pays Basque, Simon, Nicolas et Joannis Darragory.
Ils prirent en 1733 (sous Louis XV ) la relève d’Hilaire Brideau qui n’avait rien fait d’autre que de planifier. Leur expérience fut d’abord menée dans l’esprit de la libre entreprise, mais ils désenchantèrent rapidement devant leurs minces succès. Dans une lettre envoyée aux autorités de Paris, en octobre 1735, Les Darragory rapportaient avoir tué neuf gibarts, un cachalot et une petite baleine de Grand Baye, pour 143 quintaux d’huile . Il n’y avait pas là une cargaison suffisante pour couvrir les frais du retour au Pays Basque de sorte que leur navire, L’Adélaïde de Bayonne, passa par Louisbourg pour prendre un chargement de morue, comme l’atteste une lettre de change tirée le deux novembre de cette année-là . L’expédition avait été dirigée par Simon qui repartit avec  » L’Adélaïde  » au printemps de 1736 pour mener une nouvelle campagne. Il passa tout l’été dans le fleuve et il connut une meilleure pêche. Les efforts de son équipagefurent un peu mieux récompensés que l’année précédente avec 200 barils d’huile de baleine, mais il n’en demeure pas moins que cela ne constituait qu’un succès mitigé.
Arrivés trop tard sur le fleuve, Darragory et ses hommes manquèrent le gros du passage des baleines, mais, aussi, à ce qu’il semble, le mauvais temps leur aurait nui considérablement.
L’opposition du fermier du Domaine duRoi
Loin de se décourager, les trois frères décidèrent de poursuivre leurs efforts. Ils craignaient cependant que les résultats obtenus, bien que maigres, ne suscitent une concurrence qui eût mis en péril la rentabilité de leur toute nouvelle entreprise. Ils demandèrent alors au roi l’exclusivité de la pêche à la baleine pour une durée de quatre années, à partir de 1737. Ils espéraient, sans doute,
Récupération et dépeçage d’une baleine par les Amérindiens. François-Étienne Cugnet utilisait les services des autochtones pour mener les tâches de ce type lorsque les baleines s’échouaient sur le domaine du roi etassurer de cette façon une garantie de rentabilité minimale à leur travail. Leur demande souleva à ce moment la vive opposition du fermier du Domaine du roi , le sieur François-Étienne Cugnet. Ce dernier se trouvait en plein désaccord avec cette concession parce que le privilège demandé couvrait une bonne partie du Domaine royal. Cugnet présenta donc au ministre des Colonies un mémoire pour faire valoir son point de vue sur les pêches des Darragory et il proposa de partager à moitié pertes et profits les opérations de chasse à la baleine qui se feraient sur les terres de la Couronne . La démarche du sieur Cugnet arrivait trop tard. Le roi avait accordé le privilège demandé par les trois frères. Le souverain français enjoignait de plus l’Amiral de France à ne pas donner de congés à Bayonne
ou à Saint-Jean-de-Luz à d’autres navires en partance pour le Saint-Laurent que le leur 2. Le ministre des Colonies prit bien soin d’en avertir le gouverneur Beauharnois et l’ intendant Hocquart à Québec. Il les invitait à aider les entrepreneurs basques dans les limites de leur possibilité 28.
La poursuite de l’entreprise des
Darragory
De nouvelles entreprises inspirées par l’expérience des campagnes précédentes furent lancées par les Darragory dès l’année 1737. De nouvelles mesures avaient été prises pour améliorer les rendements de leur pêche. La première fut de faire partir  » L’Adélaïde « en février plutôt qu’en mars. Ils présentèrent aussi au roi une requête pour s’assurer la récupération des baleines tuées par leurs harpons, mais perdues et échouées sur les battures du fleuve où les riverins se les appropriaient, profitant ainsi de leur travai1 . Cette demande leur fut accordée. Ensuite les Darragory obtinrent du ministre des Colonies qu’on étende l ‘interdiction d ‘armer pour quelque navire que ce soit et qui veuille aller chasser la baleine dans le SaintLaurent à partir de l’Ile Royale 30 ; aucune entreprise de ce genre, autre que la leur, n’existait, mais on voulait s ‘assurer un champ complètement libre. De telles précautions auraient pu assurer le plein succès, mais un hiver trop rude vint gâcher les premiers mois de l’an 1737 et maintint à terre la trentaine d’hommes laissés antérieurement à Bon Désir. Par contre, » L’Adélaïde » arriva assez tôt et connut une bonne saison. Son équipage tua une baleine de Grand Baye et cinq gibarts qui produisirent 300 barriques d’huile et deux à trois milliers de fanons. Ce fut, donc, les cales chargées que leur frégate quitta Tadoussac le 12 septembre 1737, un résultat qui répondait aux espoirs mis dans l’entreprise et suffisant pour encourager les trois frères. Ainsi, Simon Darragory laissa-til une autre équipe à Bon Désir pour un autre hiver. Ce troisième hivernement constitua une déception de plus et leur pêche connut peu de succès dans l’été qui suivit. La situation convainquit les entrepreneurs Hendayais d’établir un second poste à Sept Iles afin d’améliorer leurs chances de succès. Ils pourraient y poursuivre la baleine de Grand Baye avec un deuxième navire. Simon Darragory, qui conduisait toujours  » L’Adélaïde « , passa l’hiver 1737-1738 à Bon Désir, gardant avec lui une cinquantaine d ‘hommes avec l’idée de pêcher la morue, si les baleines ne se montraient pas, et de diminuer ainsi les pertes éventuelles. Une fin en queue de poisson À vrai dire, sans aller dans le détail de chacune des années suivantes, les Darragory investirent dans la pêche à la baleine pour presque rien. En 1741,le poste de Sept-Iles, d’un meilleur rapport que celui de Bon Désir, connaissait un bien mince succès: quatre baleines plus une quantité indéterminée de morue . Devant tant d’insuccès répétés, les autorités de Paris se demandaient si les marchands de Saint-Jeande-Luz avaient su se doter d’équipages valables et s’ils apportaient toute l’attention requise par leurs expéditions. En tout cas, le ministre des Colonies rejetait l’explication des frères Darragory qui attribuaient leur peu de succès à une diminution de poisson dans le fleuve Saint-Laurent car d’autres assuraient, leur écrivait-il, qu’on avait jamais vu autant de baleines dans les endroitsoù ils avaient justement leurs établissements 3.Finalement, et malgré deux campagnes acceptables, en 1742 et 1743, les frères Darragory abandonnèrent leurs efforts. Ils songèrent quelque peu à les reprendre en 1749 et en 1753, mais sans plus.

LE FLEUVE SAINT-LAURENT
A LA HAUTEUR DU SAGUENAY
1755 les îles et îlets de Kamouraska desfrères Charles-François et André Morel pour y installer un poste de pêche à la baleine. Mais l’expérience et les moyens leur faisaient défaut, comme cela avait été le cas pour tous les autres Canadiens. Plus sérieux, un certain capitaine Sopite apparut dans le décor le même été 38. Toutefois, les Darragory détenaient toujours le privilège exclusif pour cette partie du fleuve et Simon Darragory qui, cet automne là, pêchait la morue dans la Baie des Chaleurs, fut averti par Jacques Perrault l’aîné, agent d’affaires de sa compagnie Tous deux rencontrèrent l’intendant Bigot pour signifier leur opposition à ces projets, mais l’administrateur refusa de se prononcer
.Simon Darragory s’en revint à Kamouraska proposer une entente à Sopite sans que les termes en aient été connus par la suite • De toute manière, ces projets n’aboutirent à rien et la famille Darragory cessa ses entreprises, d’autant que les autorités françaises se montraient plus circonspectes dans l’appui à fournir. Compte tenu des résultats antérieurs, les demandes de gratification leu ravaient probablement paru exagérées •
CONCLUSION
Avec la famille Darragory, s’éteignait la dernière tentative de chasse à la baleine à l’intérieur du fleuve Saint-Laurent sous le régime français. Le bilan de cette entreprise industrielle ne se solde à l’avantage de personne, ni de la Nouvelle-France, ni des protagonistes
Cette entreprise n’avait entraîné aucune entrée d’argent dans la colonie puisque les Basques s’étaient toujours approvisionnés chez eux. Comme ils avaient écoulé le produit de leurs pêches en Europe, elle n’en avait pas non plus stimulé le commerce local. C’est donc tout à fait en parallèle aux opérations maritimes issues du milieu colonial que les activités des Darragory furent menées. De leur côté, à défaut d’ accepter une association avec le directeur du Domaine royal, les Darragory auraient pu trouver avantageux pour eux d’impliquer les marchands canadiens dans leurs opérations
Ce fut peut-être là le grand point faible de leurs projets. La connaissance du milieu géographique que ces derniers possédaient et leur support logistique auraient certainement amélioré les chances de succès des entrepreneurs basques.
REVUE D’HISTOIRE DU BAS-SAINT-LAURENT
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APPENDICE
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Hendaye
Ses marins
et ses corsaires
ALFRED LASSUS

Editions atlantica

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AVEC L AIMABLE PERMISSIION DE L EDITEUR

QUELQUES EXTRAITS DE L’OUVRAGE D » ALFRED LASSUS
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INTRODUCTION

La présente étude a pour objet de sortir de l’oubli les capitaines
de navires et de corsaires d’Hendaye. Ce travail a déjà été réalisé
pour ceux de Saint-Jean-de-Luz, de Ciboure, d’Urrugne, d’Ascain,
de Sare, de Guéthary, et en 1997, avec la collaboration de M. Pierre
Darrigrand, pour ceux de Biarritz.

Informations diverses sur les marins

Les marins du pays de Labourd et de Bayonne pratiquaient surtout
la pêche, soit pour une petite partie des poissons frais à proximité
des côtes, soit pour la majorité celle des morues et des baleines.
Ceux d’Hendaye étaient plus spécialisés pour cette dernière
pêche, chasse et fonte des baleines, vers les mers du Nord près des
glaces de la Norvège, du Groenland et de l’Islande, surtout jusqu’à
la fin du XVII siècle et au début du siècle suivant.
Il est même probable que l’Hendayais Pierre Betton, fut l’un des
derniers capitaines, sinon le dernier du pays de Labourd et de
Bayonne à commander un navire baleinier. C’était en 1784 et il
s’agissait du Restaurateur de Bayonne, frégate de 480 tx appartenant
au Roi ; ce dernier désirait sans doute relancer cette pêche. Les
les Hendayais firent aussi celle des morues à Terre-Neuve.
La guerre de course.

—, les navires non armés
ne pouvaient pratiquer ni le commerce ni les pêches lointaines, car
ils auraient été des proies trop faciles pour les corsaires et vaisseaux
de guerre ennemis. Le Roi accordait alors des congés ou commissions
aux négociants et aux notables, afin de leur permettre d’armer
en guerre des navires privés pour courir sus aux ennemis de l’État. Il
s’agissait de la guerre de course, chaque campagne durant en général
trois mois. L’équipage était rémunéré à la part : d’une demi-part
pour le mousse à dix pour le second et douze pour le capitaine.
Avant l’embarquement, il recevait une avance qui restait acquise.
Le complément était éventuellement versé après la vente des prises
capturées. Le produit de celle-ci était ainsi réparti : après déduction
des frais divers, 10 % revenaient à l’amiral de France et, pour le reste
deux tiers étaient attribués aux armateurs et un tiers à l’équipage.
Outre la guerre de course, le Roi autorisait aussi à armer en guerre
et marchandises des navires privés, soit afin de continuer le commerce
avec les colonies françaises d’Amérique, soit pour effectuer
les pêches lointaines des baleines et des morues. Ces bâtiments
armés de canons avaient ainsi la possibilité de se défendre contre
des corsaires, et éventuellement de s’emparer de navires ennemis.
Nombreux furent les capitaines d’Hendaye qui se distinguèrent
dans cette guerre de course tels Croisic, Jacobé Larroche, Pierre
Dalbarade…, n’hésitant pas à attaquer à l’abordage des navires plus
puissants.

Sur la vie pénible des marins.

Les contrats établis en début d’année
prévoyaient que l’équipage parte en mer au premier beau temps,
les départs se situant en général en avril. La pêche prenait fin le jour
de la Saint-Michel, le 29 septembre. Le retour au port d’attache
était prévu vers la fin du mois d’octobre, mais avait lieu le plus souvent
dans le courant du mois de novembre et même de décembre,
notamment lorsque les produits de la pêche devaient être livrés dans
d’autres ports. Pour chaque saison de pêche, l’absence hors du foyer
familial pouvait alors durer sept à huit mois. Les conditions de travail
étaient particulièrement pénibles, dans un climat froid et
humide, surtout pour la chasse des baleines. En outre les conditions
de logement sur les navires n’étaient pas idéales.
Les marins devaient affronter les dangers de la mer. Au cours de
très grandes tempêtes ou d’ouragan, des navires disparaissaient en
mer. Plusieurs bâtiments corsaires de Bayonne ou de Saint-Jean-de-
Luz ne revinrent jamais au port. Nombreux furent aussi les navires
corsaires capturés par des bâtiments anglais plus puissamment
armés. Fait prisonnier, l’équipage était conduit dans des geôles
anglaises. Les conditions de captivité y étaient difficiles ; beaucoup
de marins y moururent.
D’autre part, pris probablement par des corsaires de Salé ou
d’Alger, quelques Hendayais furent esclaves en Barbarie. Ils ne pouvaient
retrouver leur liberté qu’après paiement d’une rançon. Parmi
eux nous citerons : en 1619, Joannis de Laparque, fils de Marie de
Suhigaray (rançon prévue : 736 livres) ; Pierre Serviau, chirurgien ;
Joannis de Harostéguy y resta une année, tandis que son fils Joannis
de Harostéguy pris en même temps que lui, réussit à s’évader en
1715 après huit ans d’esclavage. En 1723, François Pastéguy— sans
doute Apestéguy — âgé de 60 ans, était esclave depuis vingt ans.
Époux de Catherine de Hiriart, Betry de Romatet était en 1712
esclave en Turquie.
Quelques statistiques

De diverses études effectuées, il ressort que la durée de vie des
marins était environ de 42 ans en moyenne, alors qu’elle était de
52-53 ans pour la population masculine non maritime. Par ailleurs,
60 % des marins mouraient hors de leur village — de maladie ou de
noyade au cours de violentes tempêtes ou d’ouragan sur les corsaires,
ou prisonniers en Angleterre ou aussi sur les vaisseaux du
Roi —, et à un âge moyen de 30 à 35 ans suivant les paroisses. Pour
Hendaye, ce dernier pourcentage n’a pu être établi à défaut de
registres paroissiaux.
Capitaines hendayais récompensés par le Roi

En mai 1684, messire Charles de Planque, lieutenant pour le
Roi au département de Bayonne, remit à neuf capitaines de navire
d’Hendaye ou à leur épouse, pour ceux qui étaient déjà sortis en
mer, une médaille d’or envoyée par le roi Louis XIV afin de les,remercier de leur courage devant le siège de Fontarrabie

Il s’agissait de Joannis de Suhigaraychipy
— Joannis deMorcoitz —
Martin de Léremboure
–Martin deHaramboure
Michel de Gélos et son fils Joannis de Gélos
— Joannis d’Etcheverry
— Joannis de Sallaberry
et Samson de Sallaberry.
Par ailleurs, bien que les officiers sur les vaisseaux du roi fussent,
en principe, des fils de famille noble, quelques marins d’Hendaye,
non nobles, devinrent officiers dans la Marine royale.
Quelques uns peuvent être cités :
Joannis de Suhigaraychipy capitainede frégate du Roi ;
Michel de Gélos qui commanda aussi une frégate du Roi
; Martin de Haramboure, lieutenant de vaisseau ;
Simon Daragorry, capitaine du 4 avril 1759 au 31 mai 1760 de la
frégate ou flûte du Roi, 1′ Outarde, et qui en 1781 était cité comme
capitaine de frégate du Roi, et
Jean Dalbarade. Ce dernier, né àBiarritz, vécut dès l’âge de 5 ans environ à Hendaye. Il devint capitaine defrégate du Roi
de vaisseau du Roi — signant le Chevalier d’Albarade —, puis
ministre de la Marine et des Colonies et enfin contre-amiral.
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Formation des marins

Étienne Dalbarade était professeur d’hydrographie à Biarritz.
Vers le milieu du XVIII° siècle, il vint avec sa famille habiter à
Hendaye, la communauté de cette ville lui ayant offert une rémunération
plus intéressante. Il y exerça l’activité de régent d’école et
de professeur d’hydrographie
Quelques années plus tard, les autoritésde Biarritz tentèrent de le faire revenir vers sa ville natale, ce qu’il refusa
Après son inspection en 1781, Marc-Antoine Chardon,
écuyer, maître de requêtes et commissaire pour la visite des
ports, précisait dans son rapport qu’Arbelade (Dalbarade) enseignait
le pilotage à Hendaye depuis quarante ans, et qu’il était payé
par la municipalité.
Étienne Dalbarade eut quatre fils : Jean, né à Biarritz, Pierre,
Louis et Guillaume, nés à Hendaye qui devinrent capitaines de
navire.
Négriers

Peu de marins d’Hendaye furent embarqués pour le voyage de
la Guinée. Peuvent cependant être cités Pierre Damespil, décédé en
1769 sur la Revanche de Bordeaux ; Jean Croisic,
Suhigaraychipy et Louis Dalbarade. il y aurait-il un rapport avec Belcenia : une maison et un pont à hendaye et Et Belcenia une grande batisse à Saint jean de luz ?

Navires corsaires armés à Hendaye

Les bâtiments corsaires armés en guerre et aussi en guerre et marchandises
furent, au sujet de notre région, armés principalement à
Bayonne, Saint-Jean-de-Luz et Ciboure. C’est dans ces ports que
les marins hendayais trouvaient la possibilité de s’embarquer.
Mais quelques navires, d’un volume plus modeste il est vrai,
furent aussi armés à Hendaye avec l’autorisation du Roi ou de son
administration. Il s’agit :
— En 1691, de la pinasse corsaire la Marie d’Hendaye, commandée
par Joannis de Hiriart qui fit une prise.
— Le 3 juillet 1703, de l’armement de la Sainte-Anne d’Hendaye
(18 tx), capitaine : Joannis de Harostéguy.
— En octobre 1705, d’Étienne de Haramboure commandant en
course la petite corvette la Sainte-Anned’Hendaye (20 tx, 6 canons).
— En 1710, de Joannis de Galbarette commandant en course le
Santiago d’Hendaye.
— En 1711, de la Ruzée d’Hendaye (40 tx, 6 canons, 60 hommes)
armée en guerre le 14 juin 1711, capitaine : Joannis de Galbarette
et second : Mathieu Daguerre.
— Le 20 novembre 1711, du Saint-Jacques d’Hendaye (100 tx,
4 canons, 20 hommes) commandé par Betry Darmore.
— En 1720, du Saint-Jacques d’Hendaye (100 tx), capitaine :
J. Laparque.
Construction navale à Hendaye

Cette ville possédait des ateliers de construction navale. Parmi
les navires qui y furent construits, figurent :

— La Sainte-Barbe de Saint-Jean-de-Luz (130 tx) construit à
Hendaye par Miguel de Salla en 1687, et envoyé à la pêche des
baleines sous le commandement de Domingo de Lessaque.
—F,Espérance de Saint-Jean-de-Luz (80 tx) construit à Hendaye
en 1690 et destiné à la pêche à Terre-Neuve ; capitaine : Ogier
Dolhabaratz.
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<Hendaye et la tradition maritime
Il existe à Hendaye un grand silence sur les nombreux capitaines de navire et aussi les équipages de bateaux de pêche pinasses frégates morutiers
Au XVIII siècle, les trois-mâts, proches de ceux utilisés au XVI°siècle (deux châteaux avec deux étages de voiles), deviennent le navire courant pour la pêche de la morue, mais voient apparaître à leurs côtés le brigantin et la goélette à partir de 1720

HENDAYE en 1764

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le vieux quartier
l’ANSE de HARRI XABALETTA ( larges pierres)
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1735. Ecole d’Hydrographie de Hendaye.
Le Le premier enseignant connu fut Guillaume Descamps pilote de baleiniers
de 1725 à 1730 qui ne navigue plus depuis 1730 et s’occupe de donner l’éducation aux enfants dans le quartier de Subernoa. puis
« Eskol Tikia » apprend lesmathématiques aux enfants et
« Eskol Andi » forme des officiers de marine.
En 1862, on transpose « Eskol Andi » à la mairie actuelle
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D’ALBARADE

Etienne d’Albarade abandonne Biarritz attiré par l’offre hendayaise de diriger une école de formation technique et humaine des gens de la mer.
Epoux de Marie Capdevielle, Etienne d’Albarrade enseignait à Biarritz,
vers le milieu du XVIII° siècle, outre l’écriture et l’arithmétique, l’hydrographie et l’art de la navigation.
La communauté de Hendaye lui ayant offert des appointements plus avantageux ( 280 livres plus le logement ), il s’établit dans cette ville un peu avant 1750 avec sa famille dont un jeune enfant,
Jean, né le 31 août 1743 à Biarritz.
Arrivé à Hendaye de 4 ans
Le père acheta à Hendaye la maison << Franchessénéa >>
Quelques années plus tard, les autorités de Biarritz tentèrent de le faire revenir vers sa ville natale, ce qu’il refusa.
Après son inspection en 1781, Marc-Antoine Chardon, écuyer, maître de requètes et commissaire pour la visite des ports, précisait dans son rapport qu’Arbelade ( Dalbarrade ) enseignait le pilotage à Hendaye depuis quarante ans, et qu’il était payé par la municipalité
. D’autres enfants naquirent dans cette paroisse, dont Guillaume , Pierre ,et Louis qui devinrent tous marins.
Jean l’ainé fit une brillante carrière de marin , et devint Ministre de la Marine et des Colonies et fut nommé contre Amiral.
Guillaume né vers 1752. admis capitaine le 12 février 1752,fut fait prisonnier par les Anglais. La durée de sa captivité n’est pas connue. En 1786 il commandait un navire pour la Martinique.Il mourut lors de ce voyage. Un service funèbre fut célébré le 26 février 1787 à Hendaye
Son frère Pierre né à Hendaye vers 1754 après une brillante carrière de corsaire, et qui avait joué un rôle important durant la période révolutionnaire, fut retrouvé flottant dans l’eau à Ciboure, certainement assassiné par vengeance par ceux dont leurs membres étaient morts à l’échafaud
Louis né à Hendaye vers 1758 corsaire et marchand trouva la mort à l’île aux princes en Guinée.

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, Petit , certes, mais protégé par deux mamelons celui d’Ouristi et celui du fort de Gaztelu et ouverte par un étroit passage vers la baie de Xingudi ,alimentée par deux ruisseaux celui d’Aizpurdi , celui de Zapatenia et l’eau de la marée, à l’abri des raids des marins de Fontarrabie nos farouches voisins
Depuis quand existe -t-il ? depuis toujours !
On sait peu de choses sur Harri Zabaletta qui subit en 1793 lors de la guerre de la Convention un bombardement et une invasion de l’Espagne suivi d’une mise à feu systématique, puis 20 ans plus tard , une autre invasion par les troupes alliées d’Angleterre, du Portugal et à nouveau de l’Espagne.
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Une brève énumération des commerces et des artisants peut aider à avoir une idée sur son importance
Urliena Paraxatagia, qui sera plus tard une fabrique de lampes à huile de baleine., Deux écoles « Eskola Andi » et « Eskol Tikia » qui forment des officiers de marine.– Cinq épiceries,–Un boulanger,–Deux bouchers,–Cinq buvettes,–Deux hôtels,–Quatre forgerons– septmenuisiers/charpentiers–Un tourneur sur bois,–Deux charbonniers
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Il est rappelé qu’en 1650, avaient été dénombrés à Hendaye 250 feux et en 1718 ,1.375 habitants
Maison Aragorri
. Par suite du mariage de Catherine Aragorri avec Jean de Fagadi, le domaine et la maison passèrent à la famille Fagadi, vers le milieu du XVII siècle.
Esteben de Fagadi, leur fils fut trouvé noyé dans une chaloupe,victime des violences des pêcheurs de Fontarrabie
Ce sont donc les descendants de la famille Aragorri qui occupèrent la maison ou la ferme. La dernière fut la famille Detcharry., qui vendit les terrains du domaine à Antoine d’Abaddia en 1885.
Contrairement à ce qui est dit en début de chapitre, Mr d’Abbadie devint propriétaire des 330 hectares (?) par des achats échelonnés. D’après le cadastre d’Urrugne le premier achat date de 1856 ( 6 hectares et 3 ares ).
-En 1631 M.d’Aragorri est nommé maître charpentiermaison « Aragorri » elle même était comprise dans l’achat des terres..D’après le cadastre cité, cette parcelle n’aurait été achetée que vers les années1882-1885.
C’est donc en 1858, 1869, 1882 et 1885 que Monsieur d’Abbadie acheta la pluspart des terres formant l’immense propriété de l’illustre savant..Une tradition orale place le séjour de Mr etMme d’Abbadie pendant la contruction du chateau, dans la maison Arragorri. Furent ils de simples locataires , Lorsque les archives seront bien établies, on pourra répondre à la question.
Les ARAGORRI
La première fois qu’Aragorri est mentionné dasn des documents historiques remonte à 1617. ( Archives de Fontarrabie )
Jean Aragorri et jean d’Harismendi dit  » Olasso « , étaient armateurs de trois navires de 160 tonneaux, montés par 150 marins de Hendaye et des environs, pour la pêche de la morue et de la baleine à Terre Neuve et en Norvège. Ils savaient signer de leurs écritures. de leur propre main
Jean d’Aragorri occupait une importante situation dans la localité, en tant que propriétaires de navires, associé d’un tiers avec d’Harismendi
_ En 1662 M. d’ Aragorri est nommé maître charpentier
– en 1662 Perucho d’Aragorri apparaît comme quatrième jurat d’Hendaye
En 1682 , Marie d’Aragorri veuve de Martin d’Extail, est propriétaire de la maison Martarena
– En 1768 Sisson d’Agorri acheta une terre près de Chouriénia
– En 1769 Esteben de Fagadi, maître de la maison d’Aragorri, fut étranglé dans sa chaloupe par des Espagnols
– En 1737 Simon fils de Nicolas d’Aragorri fut pécheur de baleines dans la Saint Laurent
– En 1762 Nicolas d’Aragorri fut commissaire de la Marine à Saint Sébastien
– en1795 Simon d’Aragorri
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, avaient été dénombrés à Hendaye 250 feux et en 1718 ,1.375 habitants
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basque, on chassait les cétacés à bord de barques traînières.

« Dans les temps favorables, écrira bien plus tard Diderot dans son Encyclopédie, les Basques envoyaient environ 30 navires de 250 tonneaux, armés de 50 hommes, tous d’élite, avec quelques mousses ou demi-hommes.
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Le contact s’établit avec les Indiens micmacs: Les Labourdins, comme les autres marins français, complètent leurs revenus grâce au commerce de fourrures et de peaux, échangées contre quelques outils venus d’Europe.
Ces fortes têtes rejettent le monopole de la traite qu’Henri IV accorde en 1603 aux premiers colonisateurs pour financer le peuplement de la Nouvelle France.
Souvent, les pêcheurs profitent de l’hiver ou des périodes de guerre pour se reconvertir dans la course.
Il leur suffit alors de troquer harpons et filets contre grappins et mousquets! De 1744 à 1748, en pleine guerre de Succession d’Autriche, pas moins de 103 navires corsaires sont armés sur les bords du Labourd.

Des milliers de corsaires basques en captivité en Angleterre
Tous les corsaires français ne meurent pas dans leur lit. Selon l’historien Alfred Lassus, la guerre de course durant la guerre de Sept Ans (1756-1763). Elle coûte la vie à plus de 1100 marins et 4000 se retrouvent à croupir plusieurs années dans les geôles anglaises.
Epidémies, malnutrition, mauvais traitements… sur les infâmes pontons de Plymouth ou de Portsmouth, on crève à petit feu, en priant pour sa libération.
Pendant la guerre de Sept Ans, les saisies de bâtiments et de cargaisons ainsi que les rançons versées rapportent 15 millions de livres aux corsaires du Labourd pour seulement 6,4 millions investis.

. Pendant la guerre de Sept Ans, les saisies de bâtiments et de cargaisons ainsi que les rançons versées rapportent 15 millions de livres aux corsaires basques pour seulement 6,4 millions investis.

******* Au Spitsberg, qui

Hollandais qui n’en étaient encore qu’à leurs premières armes dans la
pêche mais qui allaient bientôt les devancer.
Cette concurrence des
Anglais mais surtout des Hollandais a contribué à mettre un terme à la
pêche basque de la baleine.
La pêche au Spitsberg a débuté en 1611, soit 15 années après la
découverte de l’île par le Hollandais Willem Barendszoo mieux connu sous
le nom de William Barents.
En 1607, Henry Hudson avait visité l’île pour
le compte de la Muscovy Company et c’est lui qui découvrit la grande
quantité de baleines du Groenland dans le secteur.
Trois ans plus tard, la
compagnie y envoyait un premier navire de 70 tonneaux commandé par lecapitaine Jonas Poole.
Ce navire n’était pas équipé pour la pêche de labaleine car à cette
semblaient pas encore intéressés à cette industrie.
Toutefois, il ne fallut pas beaucoup de temps aux membres de la Muscovy Company pour en
saisir toute l’importance. Conscients de leur ignorance dans le domaine,
ils tentèrent de profiter des connaissances et de l’expérience des Basques
qui pratiquaient cette pêche depuis au moins 500 ans. Nathaniel Wright
fut donc envoyé par la Muscovy Company au Pays basque afin d’y
recruter des pêcheurs pour le compte de la compagnie. Sa mission dura
lf ans52.
Six pêcheurs basques originaires de Saint-Jean-de-Luz firent
partie, en 1611, de la première expédition organisée par la Muscovy
Company pour capturer les baleines du Spitsberg33. L’expédition fut un
échec. L’année suivante, les Anglais tentèrent à nouveau l’expérience
avec des harponneurs basques, mais déjà ils n’étaient plus seuls. Ils
rencontrèrent des Hollandais et des Basques, respectivement dirigés par
Allen Sallowes, et Nichola Woodcocke, deux anciens employés de la
Muscovy Company.
La part des Basques dans la pêche au Spitsberg se résume à leur
participation à titre d’employés des Anglais ou des Hollandais et aussi à
titre personnel. Dès le début, les Anglais employèrent des Basques que
Baffin appelait « nos harponneurs [strikers] de baleine ». Dans une lettre
de 1612, le roi Jacques I e r d’Angleterre demande d’ailleurs la permission
au roi d’Espagne d’engager des Basques pour la pêche anglaise* Cette
politique fut adoptée très tôt également par les Hollandais.
Des 1613,l’équipage de deux navires armés pour la pêche de la baleine par ce pays
comprenait 12 Basques dont 3 harponneurs, 3 maîtres de chaloupe, des
dépeceurs et des bouilleurs^. Pour les récompenser et les inciter à
poursuivre cette collaboration, les Hollandais auraient même élevé des
statues aux plus habiles capitaines et harponneurs basques.
L’auteur d’unmémoire rédigé en 1710 sur la découverte de Terre-Neuve déclare: « On voit encore à présent de ces statues à Amsterdam, habillées à la mode ancienne des Basques »^.
Selon Cleirac, s’il est juste de faire remarquer
que les Basques étaient meilleurs pêcheurs, il faut également noter que
les Hollandais étaient meilleurs navigateurs, les premiers étant plus
disposés à « vider la bouteille, humer l’eau de vie et fumer le tabac, qu’à
manier adroitement l’astrolabe, le grand anneau, le quadran ou quart de
rond, le triangle ou l’arbalestille ».
La politique d’embauché de Basques eut pour double effet d’apprendre
aux Hollandais et aux Anglais les techniques de pêche et de priver la flotte basque de plusieurs bons éléments.
La pêche basque à titre personnel, s’est trouvée coincée entre
l’Angleterre et la Hollande en lutte pour le contrôle de la pêche au
Spitsberg.
En 1613, la partie espagnole du Pays basque envoyait huit navires de
pêche dans l’île^. Cette même année fut toutefois marquée
par l’émission d’une charte par laquelle Jacques I e r d’Angleterre
concédait à la Muscovy Company, le privilège exclusif de la pêche au
Spitsberg. Des lors, toutes les nations se virent interdire l’accès à l’île, y
compris les Anglais qui n’étaient pas membres de la compagnie. Cette
dernière consentit une seule exception, soit un navire de Saint-Jean-deLuz.
En 1614, la Hollande ripostait à l’Angleterre par la formation de la
compagnie Noodsche. La Muscovy Company, ne pouvant concurrencer
cette nouvelle entreprise, finit par consentir au partage des côtes du
Spitsberg entre Anglais, Hollandais, Danois, Hambourgeois, Français et
Basques.
Dans les années 1620, la flotte de pêche hollandaise était de loin la
plus puissante au Spitsberg, si bien qu’elle finit par éliminer tous ses
adversaires. Après avoir appris des Basques les techniques de pêche, les
Hollandais les chassèrent. C’est du moins le reproche que la Compagnie
française du Nord faisait dans ses remontrances au Parlement en 1644:
et comme lesdits Basques, et autres particuliers
Français avec eux, prétendant y avoir mesme
droict que les autres nations, voulurent continuer
ladite pesche et y envoyer des vaisseaux ils en
furent chasser [sic], leurs navires pris et leurs
personnes emprisonnées…
établissements
hollandais de Jan Mayen en 1632.
À compter des années 1630, les Basques, qui se retrouvaient sans
établissements côtiers, durent pratiquer la pêche hauturière.
La nécessité étant la mère de l’invention, ils commencèrent alors à utiliser
une nouvelle technique de transformation du lard mise au point par
Martin Sopite, un Basque de Saint-Jean-de-Luz. Cette méthode consistait
à dépecer et à faire fondre le lard de la baleine à bord du navire,
rendant ainsi les expéditions totalement indépendantes de la terre. C’est
grâce à cette découverte qu’ils auraient commencé à exploiter, immédiatement
après avoir été chassés du Spitsberg, deux nouvelles réserves de
baleines dont l’une était située entre le Spitsberg et le Groenland actuel,
et l’autre dans un endroit qu’ils appelaient Sarde et qui se trouvait au
27
large de la Finlande. Au milieu du XVIIe
siècle, les villes de Saint-Jeande-Luz,
Bayonne et Ciboure armaient une cinquantaine de navires
baleiniers de 200 à 300 tonneaux
Tout au long du XVIIe
siècle, et malgré un interdit du roi en 1634,
les Basques continuèrent à travailler pour le compte des Hollandais tout
en armant leurs propres expéditions. Selon un ouvrage publié en 1666,
les relations entre la Hollande et Saint-Jean-de-Luz étaient encore
soutenues à cette époque. L’auteur déclare avoir rencontré dans cette
ville en 1655, des Flamands qui avaient embauché une cinquantaine de
pêcheurs basques^l.
La collaboration avec les Hollandais et surtout la très forte
concurrence venant de ce pays allait avoir raison de l’industrie basque.
Au début du XVIIIe
siècle, les ports de Saint-Jean-de-Luz, de Ciboure et
de Bayonne n’armaient plus qu’une trentaine de navires d’environ 250
tonneaux chacun^. La découverte des stocks de baleines du détroit de
Davis vers 1720 revigora l’industrie mais pour peu de temps. Au milieu
du XVIIIe
siècle, le déclin était amorcé de façon irrémédiable. L’échouage
d’une baleine sur les côtes de Saint-Jean-de-Luz en 1764 en est un
bel exemple: les pêcheurs l’attaquèrent avec des outils rouilles et en fort
mauvais état. Une vingtaine d’années plus tard, la pêche de la baleine
n’était plus qu’un souvenir en pays basque français. Ainsi prenaient fin
au moins sept siècles de pêche continue par ce petit peuple du golfe de
Gascogne.
Pourquoi, après avoir connu de si brillants moments, la pêche
basque de la baleine a-t-elle cessé complètement à la fin du XVIIIe
siècle? L’entrée en scène des Anglais mais surtout des Hollandais, est
certainement la principale cause de ce déclin. Après avoir acquis leurs
connaissances des Basques, les Hollandais inondèrent les marchés européens,
y compris la France, des produits dérivés de la baleine. Grâce à
leur politique de prix très bas, allant même jusqu’à ne tirer aucun profit
de leurs transactions, ils s’accaparèrent les débouchés des Basques. Il
apparaît évident que si l’Espagne et la France avaient mieux protégé
leurs pêcheurs de baleine, l’industrie basque aurait pu mieux résister aux
Hollandais. Déjà mal protégés militairement sur mer, les Basques n’ont
pu bénéficier de la protection ni des encouragements de leurs gouvernements
qui n’ont rien fait pour contrer l’invasion des marches par les
produits étrangers. Au contraire, ces gouvernements ont plutôt agravé
la situation des pêcheurs en les impliquant dans des guerres prolongées,
en prélevant des taxes élevées, en mettant des embargos et en réquisitionnant
des embarcations et des équipages.
La stérilité du pays basque est un autre facteur qui a précipité la
chute de cette industrie. Obligés d’importer la plus grande partie des
denrées nécessaires à l’armement de leurs navires, les Basques devaient
donc payer plus cher pour l’équipement de leurs expéditions. Cependant,
la présence des Hollandais les obligeait à s’en tenir à des prix de vente
concurrentiels d’où une marge des profits réduite d’autant. Retirant
moins de revenus de la pêche, les pêcheurs émigrèrent, changèrent de
métier ou s’engagèrent chez les Hollandais qui payaient mieux. La
rareté des marins provoqua à son tour la diminution du tonnage des
navires et une augmentation des frais. Il est en effet démontré qu’il en
coûtait plus cher pour armer un petit navire puisque, si le prix de

l’équipement était légèrement inférieur, par contre le rapport des prises
par navire était nettement moindre^.
La mésentente entre les armateurs basques au sujet de l’embauche
des marins, le piètre état des ports qui rendait périlleux le mouvement
des navires, le retard de la construction navale française et les tracasseries
faites par l’Espagne, sont autant de facteurs qui ont aussi
contribué à ce déclin. Le port de Bayonne en particulier était continuellement
gêné par des bancs de sable qui obstruaient l’entrée de
l’Adour et qui obligeaient les armateurs locaux à faire hiverner leurs
baleiniers à Pasajes. De son côté, au début du XVIIIe
siècle, le roi
d’Espagne défendait aux marins de Guipuzcoa de s’embarquer sur des
navires étrangers. En effet, les armateurs français de Bayonne et de
Saint-Jean-de-Luz recrutaient annuellement environ 200 rameurs et
harponneurs dans cette province. Ce recrutement se faisait selon un
cycle qui était presqu’un rituel: à chaque année et dans le but de nuire le
plus possible à la pêche française, le roi d’Espagne attendait jusqu’à la
dernière minute avant d’accorder la permission aux pêcheurs espagnols
de s’engager chez les Français, ce qui occasionnait généralement de
mauvaises pêches. Au retour, après maintes lettres d’excuse et de
justification entre la Chambre de commerce de Bayonne et les délégués
de l’Espagne, ceux-ci rappelaient à la cour d’Espagne les services rendus
aux Espagnols par les pêcheurs français et la fraternité qui unissait les
Basques des deux côtés des Pyrénées. Le roi promettait finalement que
les harponneurs seraient facilement octroyés l’année suivante tandis que
les armateurs français déploraient l’absence dans leur pays de pêcheurs
qualifiés. L’année suivante, le même scénario se répétait à peu de chose
près. Ce malentendu compliquait la vie des armateurs français qui
possédaient les capitaux mais qui devaient recourir aux Espagnols pour la
main-d’oeuvre spécialisée. Dans une lettre du 31 décembre 1729, les
Baylis et Jurats de Saint-Jean-de-Luz déclarent:
« Nous nous apliquerons[…] à former des harponiers chès nous, pour
pouvoir avec le Temps, nousmettre à l’abry des Caprices de nos
voisins… » Cette décision arrivait
toutefois trop tard.
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