Marins

CERCLE DE RECHERCHES SUR L’HISTOIRE DE HENDAYE
Médiathèque : Hendaye 64700
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Le Château fort de Charles-Quint

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LA VIE DE NOS ANCIENS MARINS
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PREMIERE PARTIE

LE CONFLIT MEURTRIER

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Une même pièce à deux faces l’avers et le Revers . A l’image de cette pièce de monnaie ce réçit se divise en deux parties
1 L’HISTOIRE DE HENDAYE, déjà écrite, celle des Rois, des Reines, des guerres , des traités ou des événements dont les hommes et les femmes de ce pays ont été totalement absents.
2 L’HISTOIRE DES GENS D’ICI de Harri Zabaletta , Zubernoa, Caneta, Irandatz ,Ondaraitz.

Nous en avions oublié l’essentiel , qui est de parler d’eux, de leur vie, au cours des siècles

UN PEU DE RECUL

Au début du 13 ème siècle trois Royaumes l’Aragon, la Navarre et la Castille sont en conflit permanent, et, ensemble en guerre contre le Maure.
En France Hendaye et l’Aquitaine sont possession Anglaise.
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1199 Le roi de Navarre passe au Maroc ou il prétend épouser la fille de Jacob Aben Juceph, qui lui avait promis de céder en faveur de ce mariage, les domaines qu’il avait en Espagne.
Tout alla bien différemment.
Hélas, le roi du Maroc étant mort, non seulement son fils ne voulu pas abandonner ce qu’il possédait en Espagne, mais il retint le roi de Navarre sous prétexte que son secours lui était nécessaire pour réduire les rebelles d’Afrique.
Lorsque au bout de deux ans ce malheureux revint dans ses Etats , il trouva que le roi de Castille avait envahi , avec la complicité de l’Aragon une partie de ses provinces d’Alava, de Biscaye et du Guipuzcoa
Cette conquête se fit sans trop de heurs, néanmoins le roi de Castille chercha t-il à se concilier cette nouvelle population.?
C’est ainsi qu’il accorda à Donostia et à Fuenterrabia des  » fueros « . C’est à dire qu’elles eurent le privilège de devenir « Communes » avec tous leurs droits et leur devoirs.
Ces privilèges ou  » fueros « , d’abord propres à la ville de Saint-Sébastien, furent étendus à Fontarrabie par le roi de Castille don Alphonse VIII, le 18 avril 1203 .
Ces fameux  » Fueros  » enmèneront avec eux, entre Hendaye et Fontarrabie, le malheur, la désolation, la violence, les meurtres, et ce
pendant près de 7 siècles.

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1203
DATE FATIDIQUE

4 Voyons ces FUEROS
Moi Alfonse, par la grâce de Dieu , roi de Castille et de Tolède, avec mon épouse Aliénor et mon fils Ferdinand , je fais connaître ce qui suit à ceux qui sont présents et à ceux qui viendront après eux.
Je vous donne et concède pour le présent et le futur, à vous Conseil de Fontarabie; et ce à perpétuité les fors de Saint Sébastien. Je vous donne et concède aussi les lieux qui suivent.
Ceux qui vont de la rive de Iarcen ( Inavan) à la rive de Fontarrabie et de la Pena de Aia jusqu’à la mer et de Lesaca jusqu’à la mer ,de Belfa jusquà la mer et limite d’Irun avec tous ceux qui y habitent .
Je vous donne aussi Guillermo de Lançon et ses compagnons afin qu’ils soient vos administrés et je vous concède le port d’Asturriaga à perpétuité . Par pacte vous vous engagez à donner chaque année 50 maravedis pour ce port. Et j’ordonne fermement que personne n’ait l’audace de faire paître des troupeaux sur votre territoire sans votre consentement, et que vous soyez libres de tout péage dans mon royaume.
Si quelqu’un avait l’audace d’enfreindre ou de retrancher quelque chose à notre désir, qu’il encoure toute la colère de Dieu tout puissant et qi’il soit obligé de verser comme caution 500 pièces d’or au trésor royal et que le dommage qu’il vous aurait fait, il le répare en donnant le double .
Charte donnée à Palencia le 18 avril 1241 et moi le roi Alfonse régnant sur la Castille et sur Tolède que j’ai signée de ma main, je lui donne autorité et je la confirme.
Traduction « Philippe Beitia »
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1203 Une charte du roi de Castille, nouveau souverain du Guipuzcoa, détache (?) cette vallée, de Saint-Sébastien dont elle relevait d’après la charte accordée par son ancien souverain le roi de Navarre Sanche le Savant. Elle octroie au conseil de Fontarabie, avec Irun, Lezo et Passages, le statut même de Saint-Sébastien, la franchise générale de péages et le droit d’élire chaque année son alcalde et son prévôt, « prepositum et alcaldem ». Datée du 18 avril 1203 par divers auteurs, la copie diplomatique de 1510 la date du 18 avril 1246, mais elle est en tous cas de cette même époque de la charte de Rouen accordée à Bayonne en 1215 par le roi d’Angle­terre.

.» La charte de Fontarabie lui accorde avec les 2 rivières d’Oyarzun et de (?) Fontarabie même, la franchise totale de péage en Castille, et moyennant 500 maravédis par an le port d’Astubiaga ou Asturiaga. On peut le localiser comme port fluvial à Astubiriaga, pour communiquer sur l’Uruméa avec Saint-Sébastien (Donostia), ou comme port de mer dans l’anse du Figuier, terminus de la navigation fluviale depuis Santestevan (Donostibiri). Le port dans la Bidassoa devait y être toutefois dès l’origine car le prieur de Zubernoa était obligé d’y faire repasser la nuit la gabarre qui lui était concédée le jour sur la rive d’en face.
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Fuenterrabia devenait propriétaire en totalité,de la BIDASSOA jusqu’à la limite des hautes eaux, ainsi que de la Baie de TXINGUDI ,
Le Roi de Castille donnait à Fontarrabie ce qui ne lui appartenait pas .
Il est évident que les Hendayais ne l’accepteront jamais
Une guerre incessante et meurtrière venait de commencer .

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L’Histoire vue par différents auteurs

OLPHE GALIARD
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Du XIIe siècle au début du XIX è siècle, les deux Communes voisines se mesurent en querelles meurtrières .
. Et même en état de paix officielle, la possession de la Bidassoa, avec le droit de navigation et de pêche qui en découle, ne cessera d’opposer Ondarrabiars à Hendayais complicité tacite ou expresse du pouvoir central de chacun des deux pays.
L’histoire de ces incidents de frontières et de ces conflits dura sept siècles
Les habitants de Fontarrabie, qui n’avaient pas pris ombrage de l’établissement de leurs émigrants sur l’autre rive de la Bidassoa, ne mirent bientôt que plus d’acharnement à leur interdire l’usage de cette rivière. Confondant la possession de fait avec le droit de souveraineté, les Espagnols invoquaient la jouissance qu’ils avaient exercée, depuis la fondation de leur cité, sur le fleuve et ses deux rives jusqu’à la limite de la marée haute, per­cevant des droits de port et interdisant à tous autres de naviguer, de jeter l’ancre et de pêcher, à moins de concessions expresses, telles que celles accordées aux moines de Santiago et à quelques amis.
Ils ajoutaient que les eaux de la Bidassoa étaient grossies par un cours d’eau venant de leur montagne.
Les Labourdins rétorquaient qu’ils bénéficiaient pour la pêche et la navigation d’une prescription plus que trentenaire et que la plus grande profondeur du fleuve se mesurait près de la rive française et non du côté de Fontarabie. De plus, si les Guipuzcoans avaient un affluent sur leur territoire, eux-mêmes en comptaient trois aujourd’hui disparus : le Crasper, le Dalentchet et la Vertébie. Ils avaient établi trois nasses ou pêcheries alors que ceux de Fontarabie n’en avaient que deux qui, elles, payaient des redevances aux sires d’Urtubie.
De ces trois nasses, deux appartenaient à l’hôpital de Santiago et la troisième à la maison d’Aizpurdi qui apparaît ainsi comme l’un des plus anciens domaines d’Hendaye, après ceux de Zubernoa et d’Irandatz Des arguments, on en vint aux mains. Cet état d’hostilité avait dû commencer au plus tard dans la deuxième moitié du XIV siècle ; vers le milieu du siècle suivant, il était devenu une situation presque permanente, remontant à une date dont on avait perdu le souvenir.
Il fut marqué par les habituels coups de surprise, destruction de nasses ou de filets, capture d’embarcations et de matelots, et parfois d’incidents burlesques ou tragiques
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A peine quelques maisons avaient-elles été bâties sur la rive française de la Bidassoa que Fontarabie, jalouse de ses droits,fit sentir sa toute puissance aux quelques pêcheurs labourdins qui se hasardèrent à naviguer dans la baie. Il dut y avoir, de la part des Hendayais, quelques vives protestations suivies très
probablement d’un appel au roi de France, mais rien ne nous
permet de préciser ces faits.
Une tour dut être construite dès 1455 environ, soit sur l’emplacement actuel du port de Hendaye, soit sur celui du fort aujourd’hui en ruines
.Toujours est-il que, le 28 septembre 1458, Henri IV de
Castille écrivait au corregidor de Guipûzcoa, D. Juan Furtado de
Mendoza, que, malgré ses instances auprès du roi de France, la
tour de Hendaye allait être achevée et qu’en présence d’unetelle provocation, il fallait, de la part de Fontarabie, une attitudeplus qu’énergique.
Tout Français devait, à son passage sur la rive espagnole, en faire la déclaration à l’alcalde du lieu où il débarquait, lequel transmettait à ses collègues des villes voisines la promesse faite sous serment par le Français de se bien conduire et de respecter les lois du pays.
Si le Français causait quelque dommage, nul besoin n’était de le juger, il fallait le tuer sur le champ ; et non seulement le roi conseillait à ses sujets cette mesure violente, mais encore il la leur ordonnait.
Le mandement royal fut lu sur la place publique de Fontarabie
et les pêcheurs de Hendaye et des autres villages labourdins
se rendirent compte ainsi que le séjour dans la ville guipuzcoane
pouvait devenir dangereux.

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FONTARRABIE :
QUARTIER DE LA MARIN au siècle dernier
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LA BIDASSOA

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Oronoz – Mugaire

Ce voyage, tout le long de la Bidassoa, cette eau , tantôt torrentueuse, tantôt frémissante, et enfin assagie par la marée montante, cette verdure envahissante, et ces petits villages traversés, colorés , aux facades habillées dans un style familier , laisse une impression de beauté tranquille, d’une harmonie ou il fait bon vivre.
Un fleuve à l’eau claire, poissonneux à l’extrême, des truites , de rivière ou de mer, , des vairons, des goujons, des anguilles et leurs alevins et enfin le saumon qui traverse l’atlantique, remonte la rivière pour venir y pondre ses oeufs
. Il y avait tellement de poisson et il était si facile à pêcher, que s’ils n’y prenaient garde, les travailleurs journaliers en avaient aux deux repas de la journée. Aussi lors des contrats passés entre employeurs et domestiques, ces derniers faisaient bien préciser le nombre de journées de la semaine à ne pas dépasser pour la consommation de ce saumon.
Et pourtant la la Bidassoa n’aura jamais été un  » long fleuve tranquille ».
Evidemment cette pêche exclusive assumait largement les besoins de Fontarrabie et le superflu était une monnaie d’échanges fructueuse
.Ils défendirent aprement leur privilège.

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1120 Les premiers seigneurs d’Urtubie apparaissent à la cour du vicomte de Labourd au début du XIIème siècle. Bonion 1er, seigneur d’Urtubie, est mentionné vers 1120

OLPHE GALIARD
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Du XIIe siècle au début du XIXè siècle, les deux nations voisines se mesurent en des querelles meurtrières qui, presque chaque fois, prennent fin sur des échanges de princes, pour mieux se rallumer quelques années après
. Et même en état de paix officielle, la possession de la Bidassoa, avec le droit de navigation et de pêche qui en découle, ne cessera d’opposer Ondarrabiars à Hendayais sous l’œil indifférent et même parfois avec la complicité tacite ou expresse du pouvoir central de chacun des deux pays.
L’histoire de ces incidents de frontières et de ces conflits qui s’échelonnent sur sept siècles ,forme à elle seule plusieurs chapitres du manuscrit entrouvert, devant vous. Pour abréger, il suffira d’en donner les principaux traits.
Les habitants de Fontarabie, qui n’avaient pas pris ombrage de l’établissement de leurs émigrants sur l’autre rive de la Bidassoa, ne mirent bientôt que plus d’acharnement à leur interdire l’usage de cette rivière. Confondant la possession de fait avec le droit de souveraineté, les Espagnols invoquaient la jouissance qu’ils avaient exercée, depuis la fondation de leur cité, sur le fleuve et ses deux rives jusqu’à la limite de la marée haute, per­cevant des droits de port et interdisant à tous autres de naviguer, de jeter l’ancre et de pêcher, à moins de concessions expresses, telles que celles accordées aux moines de Santiago et à quelques amis. Ils ajoutaient que les eaux de la Bidassoa étaient grossies par un cours d’eau venant de leur montagne.
Les Labourdins rétorquaient qu’ils bénéficiaient pour la pêche de la navigation d’une prescription plus que trentenaire et que la plus grande profondeur du fleuve se mesurait près de la rive française et non du côté de Fontarrabie. De plus, si les Guipuzcoans avaient un affluent sur leur territoire, eux-mêmes en comptaient trois aujourd’hui disparus : le Crasper, le Dalentchet et la Vertébie. Ils avaient établi trois nasses ou pêcheries alors que ceux de Fontarabie n’en avaient que deux qui, elles, payaient des redevances aux sires d’Urtubie. De ces trois nasses, deux appartenaient à l’hôpital de Santiago et la troisième à la maison d’Aizpurdi qui apparaît ainsi comme l’un des plus anciens domaines d’Hendaye, après ceux de Zubernoa et d’Irandatz. Des arguments, on en vint aux mains. Cet état d’hostilité avait dû commencer au plus tard dans la deuxième moitié du XIV siècle ; vers le milieu du siècle suivant, il était devenu une situation presque permanente, remontant à une date dont on avait perdu le souvenir.
Il fut marqué par les habituels coups de surprise, destruction de nasses ou de filets, capture d’embarcations et de matelots, et parfois d’incidents burlesques ou tragiques

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Pierre DAGUERRE

EXTRAIT DE « AU PIED DES MONTS »
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Pour la relation de ce court épisode Pierre Daguerre s’est appuyé sur une partie des trois siècles de l »Essai de Théodoric Legrand
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Cet immense cirque marin qu’est la baie de Chin goudi fut l’arène souvent sanglante où se vidèrent maintes querelles entre Labourdins et Guipuzcoans. Les siècles passés retentissent du bruit de leurs incessantes disputes.
Les archives sont toutes frémissantes de protestations, menaces,provocations, 
Dans une relation de l’an 1621, figurant aux archives de Fontarabie, il est dit que, près de deux cents ans auparavant, la tour de Guardiagana, toute proche d’Irun, regorgeait de soldats chargés de la police de la baie. Etait-ce cet attirail militaire qui avait impressionné le chanoine de Dax, délégué de Guyenne, et lui faisait signer ce triste parchemin par lequel étaient reconnues comme appartenant au roi de Castille toutes les terres recouvertes par les eaux de la Bidassoa, depuis Endarlaza jusqu’au cap du Figuier ?
La malheureuse sentence fut transcrite à la diligence de Juanot de Vera, alcalde de Fontarabie.
Elle était bien faite pour engendrer la guerre. Et, si les Labourdins se tinrent tranquilles, ce ne fut pas pour longtemps. Par une magnifique journée de juillet, où le ciel, l’eau, la mer, les montagnes, communient dans une sorte d’irradiation, de scintillement et de lumière qui en font un instant unique dans la nature, indifférents sans doute à toute cette beauté, cachés dans les herbes hautes, des Labourdins d’Hendaye, de Biriatou et de Urrugne attaquèrent des bateaux chargés de ballots de laine, qui descendaient lentement la Bidassoa, sous la surveillance de marchands navarrais.
Les marchands furent assommés et la cargaison emportée. Lorsque nos pauvres Navarrais, tous plus ou moins blessés, accostèrent au port de Fontarabie, les cales vides et l’oeil au beurre noir, ce ne fut qu’un cri d’indignation. Les poings se dressèrent vers Hendaye. Le corregidor accourut de Saint-Sébastien à Fontarabie.
Esprit temporisateur, il voulut gagner quelques semaines pour permettre aux têtes de se calmer; Aussi chargea-t-il Domingo de Alcega, – notaire royal en la ville, d’Hernani, de procéder à une enquête. Les enquêtes ont du bon. Celle-ci permit d’établir que le Labourdin qui dirigeait l’assaut contre les bateaux navarrais était un habitant d’Hendaye, le sieur Esteban de Echeverri, lequel était en droit de se plaindre de ce que les Espagnols lui avaient jadis dérobé des chevaux.
Tout semblait donc devoir tourner à l’apaisement, lorsque, à propos de la demande formulée par les Espagnols de se voir restituer les ballots de laine volés sur les bateaux, le sire d’Urtubie,qui commandait les lieux, revendiqua la propriété du fleuve jusqu’en son milieu, et ce pour le royaume de France.
Afin, sans doute, d’appuyer cette revendi cation, il fit piller de plus belle les convois navar rais. Et trois canons, montés dans la tour qui s’éle vait face à Fontarabie, se mirent à bombarder les barques qui s’aventuraient à leur portée.
Les Labourdins ne se gênaient pas pour dire à qui voulait les entendre que c’étaient là mesures de représailles contre les Espagnols, qui avaient incendié des mouins français bâtis sur la Bidassoa. On n’en finissait plus ! Pleins de bonne volonté, des commissaires français et espagnols, réunis à Saint-Jean-de-Luz le 10 avril 1510, proclamèrent que les habitants d’Hendaye et de Fontarabie étaient placés désormais dans l’obligation de vivre en paix. Excellente sentence, mais qui, malheureusement, consacrait l’interdiction aux pêcheurs du Labourd d’utiliser des barques à quille. Question épineuse par excellence ! N’autoriser les pêcheurs labourdins qu’à se servir de bateaux plats, c’était les condamner à rester sur les calmes eaux de la baie de Chingoudi et les empêcher d’aller travailler en pleine mer.
Le mécontentement était grand. Le problème des barques à quille encombrait les chancelleries ! Le roi de France, Louis XII, en conférait avec D. Geronimo Cabanillas, ambassadeur d’Espagne à Paris. Le bon roi Louis était au mieux avec Ferdinand d’Aragon. Ne s’étaient-ils pas partagé à eux deux le royaume de Naples ? Mais Ferdinand ne voulut rien entendre. Le fleuve lui appartenait. Il en était le maitre. Seuls, les Navarrais auraient des bateaux à quille.
Alors, les Labourdins, estimant que mieux valait compter sur soi que sur les autres, et ayant placé à leur tête un jeune hobereau audacieux, qui s’appelait Pierre de Buniort, s’embusquèrent dans les herbages du fleuve et firent main basse sur une caravane de gabares, propriété de marchands de la Navarre et de l’Aragon.
De plus, de la tour fortifiée de Munjunito, placée sur le bord de la baie, les Labourdins s’essayaient à couler, de quelques boulets de pierre, les barques espagnoles qui franchissaient les passes. Les pires choses ont une fin, comme les meilleures. Labourdins et Guipuzcoans vécurent pendant une dizaine d’années en assez bonne intelligence, quand, au mois de juin 1577, un bateau français, transportant du blé, fut saisi par les Espagnols et conduit à Fontarabie. Le sire d’Urtubie avait beau protester sous sa toque et s’agiter dans sa « journade » à manches, rien n’y fit ! Bien au contraire, par une molle journée de jan vier 1578, les alcaldes de Fontarabie s’avancèrent dans la baie, à marée basse. Ils s’engagèrent sur les sables et élevèrent leur baguette noire et dorée à la hauteur de leur front, vers cette méchante petite cité d’Hendaye. Ce geste était une provocation intolérable ! Un groupe de marins labourdins s’élancèrent, pieds nus, au-devant des Guipuzcoans. Ceux-ci se mirent à courir pour s’enfuir; mais, s’enfonçant dans le sable, ils furent vite rejoints. Les Labourdins les rouèrent de coups, leur tirèrent les chausses, et les renvoyèrent à leur ville, clopin-clopant, vêtus seulement de leur chemise, qu’ils avaient grand peine à maintenir pour que le vent, soufflant du large, ne la relevât d’indécente façon. Ce fut un grand scandale, qui se répandit dans tout le Guipuzcoa. Le capitaine général de la province protesta avec véhémence auprès du gouverneur de Bayonne. Celui-ci ne se laissa pas faire et prétendit que les alcaldes étaient, par une attitude inconsidérée, les seuls responsables de l’incident; que, par ailleurs, les chausses étaient restées sur place, et qu’il n’ap partenait qu’à eux de les venir prendre avant que la marée ne s’en emparât.
Ce furent, pendant deux ans, de sempiternelles querelles. Les Espagnols s’enhardirent à tel point qu’ils allèrent jusqu’à Socoa, Bidart, Guéthary et Biarritz, pour y capturer de malheureuses gabares françaises. Le 17 janvier 1617, D. Juan Sanx de Aldumbe. prévôt de Fontarabie, allait atteindre sur la Bidassoa un Espagnol qu’il poursuivait comme meurtrier de son voisin, lorsque, arrivé à quelques pas de la rive d’Hendaye, il fut arrêté par des pêcheurs du Labourd et condamné, le lendemain, à regarder brûler sa barque sur la place publique, au milieu des plaisanteries et des amusements de la foule.
Peu après, trois bateaux hendayais, qui hissaient leurs voiles pour partir vers Terre-Neuve, furent capturés et brûlés par des Espagnols. Le 25, au matin, le lieutenant Pierre de Chibau, envoyé à Hendaye par le gouverneur de Bayonne. comte de Gramont, pour enquêter, mettait pied à terre devant l’hôtellerie, fort réputée, de Lecumburu; et il y fut si bien traité, à tous égards, que, pour laisser le meilleur souvenir de son passage à Hendaye, il fit conduire les prisonniers espagnols à Bayonne, où ils furent incarcérés.
Les Hendayais triomphaient. Enfin, l’autorité royale les secondait ! En signe de réjouissance, ils plantèrent un grand mât à l’endroit où ils avaient rossé les alcaldes de Fontarabie, et ils y attachèrent, par dérision, quelques mauvaises chausses, qui rappelaient celles abandonnées par les Espagnols. C’en était trop ! Les habitants de Fontarabie tentèrent une expédition contre le mât insolent. Une dizaine de bateaux furent mis à l’eau. Cent cinquante hommes les montèrent, munis de mousquets, de balles et d’un baril de poudre que leur avait fournis le majordome de l’artillerie.
Devant les Hen dayais, passifs et d’apparence indifférente, ils abattirent le mât. Quelques jours après, les Hendayais le remplaçaient. Mais les Espagnols l’arrachèrent à nouveau. Les Hendayais en plantèrent un autre. Pendant ce temps, les prisonniers espagnols étaient toujours à Bayonne. Paris et Madrid essayaient d’en finir avec cette agitation sans fin qui ruinait toute cette population de pêcheurs labourdins et guipuzcoans. Les mois passaient. Les pourparlers n’aboutis saient pas. Et, le 15 juillet, partait de Paris un ingé nieur, sieur Jacques Alleaume, qui avait ordre de se rendre à Hendaye pour y choisir l’emplacement d’un nouveau fort où le roi de France entretiendrait garnison. La nouvelle provoqua une grosse émotion à Fontarabie; et dans les rues, dans les maisons, autour du château et à l’église, on ne parlait plus que d’une invasion prochaine des fusiliers français.
Au même moment, le 27 septembre 1619, les prisonniers espagnols de Bayonne s’évadaient, sauf un seul, que le roi de France fit mettre en liberté. Dans l’année 1638, Fontarabie eut à soutenir un siège sévère contre les troupes du prince de Condé. On sait qu’elle résista victorieusement. Mais elle n’avait plus la force de harceler les barques labour dines, qui purent pêcher à leur aise. Hélas ! dès 1650 les conflits réapparaissaient. Les plénipotentiaires du traité des Pyrénées itigèrent que ces disputes de pêcheurs ne valaient pas que l’on retardât la conclusion d’une paix si ardemment souhaitée; et, sagement, ils décidèrent que ces questions locales seraient examinées par le gouverneur de Bayonne et le capitaine général de Guipuzcoa, c’est-à-dire entre le maréchal comte de Gramont et le baron de Vatteville. Mais ils eurent soin de ne fixer aucun délai. La besogne était dure. Aussi, M. de Gramont et M. de Vatteville ne montrèrent guère d’empres sement. Et les disputes recommencèrent sur les rives de la Bidassoa, entre ces bateliers, éternels querelleurs !
Pour essayer d’en finir, le 24 septembre 1662, Louis XIV nommait commissaires un lieutenant du Gouvernement de Bayonne, Henri d’Artagnan, et l’abbé de Saint-Martin Barès. Ils arrivèrent à Hendaye le 26 novembre et dépêchèrent à Fontarabie leur greffier, afin d’entamer les négociations le plus tôt possible. Elles s’ouvrirent le 30 décembre 1662, dans une baraque de bois qui fut rapidement élevée dans l’ile des Faisans, en pleine Bidassoa, entre nos commis saires et D. Joseph Romeu de Ferrer et D. Fran cisco Henriquez de Ablitas, désignés comme commissaires par le roi Catholique.
Elles débutèrent assez mal. L’un des commissaires espagnols s’étonna que les commissaires français fussent venus en barques à quille’ et accompagnés de gardes armés. Les soldats de M. d’Artagnan furent renvoyés, devant cette observation, dans les gabares, et la diplomatie en baraque commença ses travaux. Les Espagnols tenaient essentiellement à établir, dès le début des pourparlers, que « la rivière Bidassoa prenoit sa source dans les terres d’Espagne » et qu’en conséquence tout ce qu’ils pouvaient concéder aux habitants d’Hendaye était pure gracieuseté.

L’officier et l’abbé français protestèrent. Ils entendaient fixer la frontière à la moitié du fleuve. N’ayant pu faire admettre leur point de vue, ils se retirèrent fort dignement. Et le mois de janvier s’écoula sans qu’aucune conversation ne fût reprise.

Nos deux commissaires prièrent alors un peintre, du nom de François Pouliot, de suivre les méandres de la Bidassoa, de faire des croquis, à la suite de quoi il fut établi que le fleuve, étant alimenté par quatre ruisseaux descendus des montagnes de Basigorry — qui sont bien montagnes de chez nous — devait être, sans contestation, déclaré fleuve français.

Le 1″ février, les quatre commissaires étaient à nouveau rassemblés dans la baraque. Ils s’étaient fait accompagner par cinq délégués d’Hendaye et cinq délégués de Fontarabie, ce qui fit dégénérer les négociations en un véritable pugilat
Quelques jours plus tard, les commissaires espagnols arrivèrent dans l’île des Faisans avec trois volumineux registres pour prouver que la Bidassoa était à eux. Mais le froid était intense et la baraque peu confortable; les commissaires se mirent d’ac cord — c’était la première fois — pour abandonner un aussi mauvais endroit. La discussion surgit bien vite, les Espagnols voulant que les conférences se tinssent à Fontarabie, et les Français voulant attirer les Espagnols à Hendaye. Finalement, les réunions eurent lieu alternativement à Hendaye et à Fontarabie. Les Espagnols refusaient toujours de donner des barques à quille aux Français. Ils consentirent toutefois à ce que ceux-ci exerçassent librement le commerce dans la baie du Figuier. Les Français ne goûtèrent pas cette aimable plaisanterie, qui consistait à leur donner accès à la mer avec des barques qui, faute de quille, ne pouvaient la tenir. Sur ce, D. Joseph Romeu de Ferrer se déclara malade et se coucha. Enfin, le 20 mars, les quatre commissaires revinrent dans l’île des Faisans. M. d’Artagnan, assez froid, s’étonna que son collègue espagnol eût si bonne mine après si longue maladie.

La conférence ne donna pas plus de résultat que celles qui devaient se tenir les 21 et 27 avril. Nos deux commissaires français ne payaient plus les dépenses engagées à l’auberge par eux et leur équipage; et l’abbé de Saint-Martin Barès écrivait au ministre Colbert pour lui faire part de leur impécuniosité ! L’année 1663 se termina sans qu’aucune conclusion ne fût apportée. Longtemps encore, les Espagnols poursuivirent les gabares labourdines qui, chargées de filets, partaient à la pêche. Tant et si bien que des hommes de l’art arrivèrent à ‘Hendaye pour construire un nouveau fort, remède plus efficace que la pauvre baraque de l’île des Faisans.
Face à Fontarabie, la tour fortifiée s’éleva rapidement. Et, le 30 août 1664, dans la joie de la cité, le capitaine Michel de Lisle fit son entrée à Hendaye, escorté par trente magnifiques soldats. Le lendemain, les bateliers hendayais mettaient à l’eau des embarcations à quille. Les gens de Fontara bie ne dirent mot. Les soldats avaient plus fait que les diplomates. Eternelle et triste vérité ! Toutefois, le 29 novembre, les commissaires espagnols protestèrent contre l’usage abusif de la quille par les Hendayais. Et, quelque temps après, à grand renfort de mulets, deux lourds canons du château du Figuier furent conduits à l’intérieur des remparts de Fontarabie. Les parlotes en baraque recommencèrent, tou jours parfaitement inutiles. En septembre, Philippe IV mourut. Les Espagnols craignaient une invasion française. Mais les réunions champêtres à l’ile des Faisans n’en continuèrent pas moins. C’était à croire que cette île dégageait quel que pouvoir mystérieux… Les Hendayais naviguaient et pêchaient ,comme ils l’entendaient. Excédé, le 12 janvier 1666, D. Francisco Henriquez de Ablitas entassait famille et bagages dans ses carrosses et partait définitivement pour Pampelune. Et, le lendemain, l’un des secrétaires de nos commis saires, venu à Fontarabie pour savoir si de nou veaux commissaires espagnols allaient reprendre les pourparlers, faillit recevoir un coup de poignard pour réponse.
Le 4 février, c’était D. Joseph Romeu de Ferrer qui quittait Fontarabie pour revenir à Madrid. Les deux commissaires français restaient piteusement sur la berge. Et le jeune abbé de Saint-Martin Barès rêvait de revoir la Cour du roi de France, ses fêtes, ses menuets et gentes dames et d’y nouer quelques intrigues qui, bien menées, le conduiraient dans un bon évêché. Mais le roi de France ne semblait pas l’entendre de cette oreille. Le mois de mars trouvait notre pauvre abbé aux bords de la Bidassoa, accablé de dettes ! Il parvint enfin à se faire remplacer par un M. d’Echeverri, qui ne sut s’acquérir les sym pathies des Hendayais. Et l’on vit revenir l’abbé de Saint-Martin Barès, qui obéissait, ce faisant, sinon aux injonctions de sa conscience, du moins à celles de son roi. Il était à peine de retour, lorsque, le 16 septembre, une belle tartane, toute frémissante avec ses voiles gonflées, entrait dans la baie du Figuier, venant de Marseille. A la nuit tombée, encerclée sournoisement de barques espagnoles, elle était menée en captivité à la Lonja. Les matelots marseillais avaient été relâchés. Ils se joignirent aux Hendayais et capturèrent, en vue de Saint-Jean-de Luz, une barque de Fontarabie arrivée d’Angleterre. C’est alors que les commissaires français, déses pérant de s’entendre avec leurs collègues espagnols, publièrent une sentence qui porte la date du 26 février 1667, et aux termes de laquelle ils attribuaient au roi de France la propriété de la moitié du fleuve, d’Endarlaza à son embouchure, entre les sables d’Ondarraitz et les rochers du Figuier. La sentence concédait aux habitants d’Hendaye le droit de naviguer avec des embarcations à quille ou sans quille, ainsi que celui depêcher et commercer librement. De plus, les sujets labourdins de Sa Majesté ‘ Très Chrétienne se voyaient autorisés à cultiver à leur guise les îles du fleuve détachées de la rive française et jouir des nasses et des moulins établis tant au Pas de Santiago qu’à Béhobie et Biriatou . Une telle sentence ne pouvait que faire du tapage. Elle en fit. Les habitants de Fontarabie protestèrent avec véhémence. Les attaques à main armée recommencèrent de part et d’autre. Le fort du Figuier canonna les bateaux hendayais. Les choses ris quaient de mal tourner. Aussi, pour éviter le pire, le 28 août, les deux ambassadeurs espagnol et français, Leurs Excellences le marquis de La Fuente et l’archevêque d’Embrun, se rencontrèrent dans une barque au milieu de la Bidassoa. L’archevêque resta quelques jours à Hendaye. M. d’Artagnan venait de mourir à Bayonne. L’abbé de Saint-Martin Barès se rendit à son abbaye de la Chaise-Dieu. Les querelles et les captures continuèrent. Cependant, dès janvier 1669, la nouvelle se répandit sur les bords de la Bidassoa que deux commissaires espagnols allaient arriver, D. Manuel Bernardo de Quiros et D. Francisco Henriquez de Ablitas, revenant de Pampelune, et qu’ils rencontreraient deux commis saires désignés par le roi de France, M. d’Espelette et l’éternel abbé de Saint-Martin Barès. Mais aucun commissaire ne vint.
Les attaques se firent de plus en plus violentes. En 1680, les agressions étaient devenues journalières. Le roi de France leva des troupes dans tout le pays de Labourd. La junte provinciale, assemblée à Saint-Sébastien, demanda que 500 cents hommes fussent envoyés à Fontarabie; trois cents emplirent le château de Charles-Quint du bruit de leurs armes. La rumeur se répandit que trente vaisseaux de guerre français allaient traverser les passes du Figuier et bloquer le port de Fontarabie.

La junte de Saint Sébastien ne voulait pas la guerre. Et l’ambassa deur de France, marquis de Feuquières, ayant signé à Madrid, le 19 octobre 1685, un traité qui, tout en reconnaissant la propriété du fleuve entier au rôl d’Espagne, en permettait. la libre disposition aux usagers du roi de France, un apaisement sensible se produisit sur les rives et les eaux de la Bidassoa, petit fleuve turbulent, rempli sans cesse du bruit des disputes de ses bateliers.’ C’est tout ce passé d’âpres discussions, l’accent séculaire des revendications parfois sanglantes, l’étreinte des poitrines ennemies et le choc des abordages qu’évoque ce cadre de la baie magnifique, en ce moment où la mer galope au-devant de nous. A la pointe du Figuier, entre les passes, nous évoquons cette malheureuse tartane de Marseille, proie des corsaires d’Espagne. Les vagues, venues du large, chevauchent, coiffées de cimiers d’acier empanachés de plumes blanches, belle cavalerie aux naseaux fumants. La falaise espagnole est à pic, totalement nue, ayant seulement pour parure, clans le haut, la ligne sombre (les sapins. Bientôt elle devient colline, puis montagne un peu plus loin. Les vagues sont restées sur la plage, à l’étranglement des passes. Dans la baie, c’est la paix rétablie. Les bateaux de pêche sont à l’ancre, bien tranquilles auprès (les petites maisons blanches.

Des nuées de mouettes, groupées sur les sables, jouissent paisiblement de l’heure, et s’élèvent dans l’air tout à coup et toutes ensem ble, ainsi que de multiples accents circonflexes renversés, comme si les vieux canons du Figuier venaient de tirer sur quelques barques labourdines. L’eau s’étale, dans un grand calme, d’un bleu clair, reflétant Fontarabie, cité des anciens âges, avec ses murs d’enceinte, le château de Charles Quint et sa tour, vêtus d’opulentes verdures. Elle se découpe durement sur son fond de montagnes. Le clocher ouvragé est posé là, ainsi qu’une couronne de fer, et ses pointes plus basses, au-dessus des toits, semblent les bouts de lances d’une escorte de hallebardiers qui passe…

La baie est bien enclose par ses montagnes, aux douces ondulations, montagnes faites pour les jeux rustiques et les rondes champêtres, d’un vert usé peut-être par les pas des danseurs qui se répètent depuis des années. Plus loin, des masses monta gneuses s’élèvent, d’une teinte très légère, très nuancée, que l’on dirait formées de vapeurs grises. Hendaye, assise elle aussi au bord de la baie, superpose ses toits rouges. Son église rouge est semblable aux autres maisons, seulement un peu plus haute

. La marée montante, dans cet estuaire, méthodiquement, mange le sable par léchées régulières, jusqu’à ce qu’il ait disparu entièrement et qu’elle ait atteint les bords. C’est là que les Hendayais plantaient le mât aux chausses espagnoles. La pointe de la Floride s’avance assez loin dans l’eau, au milieu de la baie, avec quelques petits bateaux de pêche, à quille certainement, accrochés au bout. Toute la mer danse en paillettes de feu.

C’est un fourmillement éblouissant. Sur un éperon, en amont, les ruines du vieux fort &Hendaye, qui rappela jadis les Espagnols à la sagesse, s’écroulent dans la verdure. Le clocher de la Guadeloupe fend le ciel au-dessus de Fonta rabie. Celui d’Irun se dessine là-bas, au bord de la Bidassoa, qui s’échappe de la baie, pour remonter vers l’île à la baraque et vers les montagnes, en apportant son enchantement dans les campagnes basques, auprès des bergers, qui la chantent amoureusement, et loin des marins, qui toujours se la disputèrent.
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Le Traité des Pyrénées avait bien été signé en 1659, mais en 1701 les pêcheurs de Fontarabie avaient fait cuire à l’huile bouillante 10 pêcheurs d’Hendaye
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LOUIS XIV

D’Artagnan

Nous, Henry d’Artagnan, Lieutenant pour le Roi au Gouvernement
de Bayonne et pays adjacens, et Daniel de Bares, sieur de
S. Martin, Conseiller du Roi en ses Conseils, Commandeur de
son ordre de S. Michel, Commissaires Députés par Sa Majesté
très Chrestienne le Roy de France et de Navarre , pour régler et déciderconjointement ou séparément, avec les Commissaires du Roy Catholique,les différends qui sont entre les habitans de Hendaye, et autres objets de Sa Majesté Très-Chrestienne, et ceux de Fontarabie, et autres subjets duRoy Catholique, circonstances et dépendances, pour raison tant de la propriété et Seigneurie de la rivière de Bidassoa. Depuis le lieu où ellecommence d’arroser les terres de France jusques à la mer, emboucheure couche et rade inclusivement, que pour raison de l’usage d’icelle rivière,

emboucheure, couche et rade, consistant en la pesche et navigation avec toute sorte de vaisseaux, passages, isles, nasses et autres droits.Nous estans transportés le vingt-sixième Novembre 1662 dans le lieu de Hendaye en vertu de la Commission de Sadite Majesté, à nous adressée le vingt-quatrième septembre de la mesme année 1662.Partant, nous disons, déclarons et jugeons, que la propriété, domaine, jurisdiction et seigneurie de la moitié de la dite rivière Bidassoa, depuisl’endroit qu’elle commence d’arroser les terres de France, appelé communément Endarlats, jusques dans la mer, couche et rade, inclusivement,appartient à Sa dite Majesté Très-Chrestienne, ensemble la propriété de la moitié desdites couche et rade, appelé le Figuier, les Tombes, et Ondarralcou, comme aussi que la propriété de la moitié de la Nasse de Biriatuappelée communément Martias Coroenea, qui est une maison de costé de France dont ladite nasse porte le nom, et la propriété de toutes les isles qui sont du costé de France au deça le milieu de ladite rivière Bidassoa,particulièrement de l’isle appelée Insura, aussi bien que la propriété,domaine, jurisdiction, et seigneurie des passages de Biriatu, de Béhobie, de l’Hospital S. Jacques, et de Hendaye, appartiennent à ladite Majesté Très-Chrestienne.

Dans la possession de la moitié de laquelle rivière et grand canal
d’icelle, en quelque lieu qu’il puisse estre et se changer à l’avenir, depuis ledit lieu d’Andarlats où elle commence d’arroser les terres de France, jusques dans la mer inclusivement, ensemble de la moitié des dites couche, rade et nasse de Biriatu et de la totalité des dites isles et Joncaux, qui sont au deça le milieu de ladite rivière et desdits passages, de Biriatu, de Béhobie, de l’hospital S. Jacques, et de Hendaye, nous avons maintenu et maintenons lesdits habitans de Hendaye, et autres subjets de Sadite Majesté Très-Chrestienne, et en conséquence avons ordonné et ordonnons qu’ils continueront d’en jouyr pleinemeut et paisiblement, et qu’ils auront le droit et faculté de naviguer avec toute sorte de vaisseaux à quille et sans
quille et de pescher avec toute sorte de rets et en tout temps, aux saumons, sardines et à toute autre sorte de poissons, dans toute ladite rivière Bidassoa, couche et rade, et d’entrer et sortir à la mer par la barre et embouchure  comme rader et anchrer dans ladite couche, charger et décharger dans les vaisseaux qui seront dans leurs ports ou dans ladite couche, toute sorte de denrées et marchandises qui entreront ou sortiront par la dite rivière, et qui viendront, tant par icelle que par mer ou par terre, audit port de Hendaye, et autres lieux desdites frontières de France et d’Espagne, et de passer et de repasser de France en Espagne, et d’Espagne en France, soit au devant de Fuentarabie, ou par les autres endroits de ladite rivière, à toutes heures du jour et de la nuit, toute sorte de bestail et de marchandises avec leurs dits bastimens à quille et sans quille, de la mesme manière que ceux de ladite ville de Fuentarabie, et autres subjets de Sadite Majesté Catholique font et en usent, et d’ayder à faire entrer etsortir de ladite rivière leurs navires et ceux des Estrangers, avec leurs chaloupes et pinasses, iceux rader anchrer dans ladite couche, si besoin est, et de tenir en leur port de Hendaye et autres, toute sorte de navires, barques, chaloupes et pinasses à l’anchre, pour les charger et décharger, y vendre en détail, hyverner ou autrement, à la charge toutefois de payer à la tour de Hendaye l’ancien droit d’anchrage, et hyvernage desdits vaisseaux, çavoir : pour chaque navire la somme de trois livres, pour chaque patache ou barque, quarante sols, pour chaque pinasse vingt sols, pour chaque chaloupe, gabarre ou autre petit bastiment, un carolus, valant dix deniers, et de faire généralement toute sorte de navigation et de pesches sur ladite rivière, couche et rade, sans aucune restriction, comme aussi de labourer et cultiver lesdites isles et joncaux, et particulièrement la grande isle appelée INSURA, avec faculté de faire bastir et construire des moulins sur ladite rivière, et qu’ils jouyront pleinement et paisiblement les passages de Biriatu, de Béhobie, de l’Hospital, et de Hendaye ensemble, des moulins, isles, nasses et pescheries qui sont sur ladite rivière du costé de France, aves les mesmes privilèges, franchises et avantages que les habitans de Fuentarabie, et autres subjets de Sadite Majesté Catholique jouyssent de leur costé sans exception quelconque etsans que ceux de Fuentarabie ny autres puissent exiger desdits habitans de Hendaye et autres subjets de Sadite Majesté Très Chrestienne aucun droit ni reconnaissance ; çavoir les habitans du quartier de Biriatu jouyront et possèderont le passage dudit lieu de Biriatu, et la moitié de ladite nasse appelée Martiascorenea ; les habitans de la paroisse d’Urrugne, jouyront et possèderont le passage de Béhobie, et les habitans de Hendaye le passage de l’Hospital S. Jacques, avec celuy de Hendaye vis à vis de Fuentarabie, comme aussi jouyront et possèderont lesdits habitans de Hendaye toute la grande isle appelée communément Insura et autres terres appelées Joncaux, en la forme que lesdits passages et isles leur ont esté cydevant adjuger et depuis confirmer par Sadite Majesté Très Chrestienne et finalement que lesdits habitans de Hendaye, jurats, officiers, juges, Magistrats, et autres subjets de Sadite Majesté Très Chrestienne pourront faire tous actes possessoires, mettre et poser des balises ou marques dans les endroits de ladite rivière où besoin sera pour la seureté des vaisseaux qui entreront et sortiront et pourront exercer toute justice de police, jusques sur le milieu de ladite rivière Bidassoa, couche et rade comme estant le véritable limite des jurisdictions de Hendaye et Fontarabie, ensemble dans toutes les isles, nasses et passages qui sont du costé de deça chacun en ce qui le regardera ; le tout sans préjudice des prétentions que Sadite Majesté a sur toute la rivière, couche et rade, isles, nasses, moulins et passages qui sont des deux costés d’icelle, en vertu des droits légitimes à elle acquis sur le Royaume de Navarre et ses dépendances, lesquels elle s’est réservez par tous les traités de paix faits entre les deux Couronnes de France et d’Espagne. Et à l’égard des excès et violences commis par les dits habitans de Fuentarabie à l’encontre de ceux de Hendaye et des dommages et intérests par eux soufferts par la non jouyssance de ladite navigation et de la pesche, isles, nasses, moulins et passages, avons ordonné et ordonnons que les informations et procer verbaux faits au sujet desdites violences et non jouyssances seront incessamment remis devers Sadite Majesté Très Chrestienne, pour y estre fait droit et par elle pourveu ainsi qu’il appartiendra. Fait dans ladite barraque de l’isle des faisans, située

au milieu de ladite rivière Bidassoa, dans le pays de Labourt, province de Guyenne, ledit jour vingt-sixième février mil six cens soixante sept. Ainsi signé: d’Artagnan, l’Abbé de S. Martin Bares, commissaires, Rebouil, Greffier et Bitac, secrétaire.
Sa Majesté ayant agréable ladite sentence et tous et un chacun des
articles d’icelle, Elle l’a agréée, approuvée et ratifiée, comme Elle l’agrée, approuve et ratifie par la présente signée de Sa Main, veut et entend qu’elle soit inviolablement gardée et observée et promet en foy et parole de Roy, de ne pas souffrir qu’il soit allé directement ou indirectement au contraire, sous quelque prétexte et occassion que ce puisse estre.
Fait à S. Germain en Laye le vingt-cinquième jour de janvier mil six cens soixante huit.
Signé : Louis. ( XIV )
Et plus bas, De Lionne et scellé.
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Comme on vient de le voir par cette curieuse, importante mais indigeste ordonnance royale, Louis XIV confirmait les privilèges
accordés par Louis XIII aux habitants de Hendaye. Ces privilèges
consistaient en l’attribution personnelle et perpétuelle aux
habitants, de terrains sur la rive droite de la Bidassoa en récompense de la belle conduite des marins de Hendaye lors du siège, en 1628 par Richelieu, de la Rochelle défendue, comme l’on sait, par les calvinistes.
La commission française conduite par le lieutenant d’Artagnan ne put
arriver, malgré sa longanimité et ses multiples appels, à rencontrer pendant son séjour à Hendaye et à Béhobie, la commission espagnole pour régler de concert avec elle, les termes de la convention relative à la délimitation frontalière. Force lui fût d’agir seule et de préciser nettement les droits d’Hendaye, afin d’essayer de mettre un terme aux exactions et violations de territoire continuellement commises par les Espagnols.
C’est donc exactement à trois siècles en arrière qu’ il faut remonter pour trouver l’origine des « Joncaux » de Béhobie, conquis peu à peu, renblayés et consolidés par la mains des anciens habitants de Hendaye et celle des Joncaux de Chingudy suivis des dunes et de la plus belle des plages du golfe de Gascogne.
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Les NASSES
en travers de la Rivière
Situation exista avant et se perpetua après le fameux fuero

Le PRIEURE-HOPITAL de ZUBERNOA, résulte de la création de la
Chapelle de l’Hôpital Saint Jacques en 1149, qui se convertira en paroisse, et comprendra aussi le lieu de Biriatou avec son église.
Sur le document de création figurent les noms de Guillaume de ZUBERNOA (sur les terres duquel se plaçaient hôpital et chapelle ) et Bertrand d’IRANDATZ propriétaires respectivement des domaines du même nom
Ses fondateurs le voulurent là parce qu’il commandait le point le plus étroit du passage de la rivière , non seulement par ses riverains des deux bords ( qui en firent usage jusqu’au XX ° s ) , mais aussi par les pélerins visant Fontarrabie et la route de la côte cantabrique .
Servir les uns et les autres entrait pleinement dans la vocation de ces religieux hôspitaliers.
D’ailleurs pour assurer leur propre subsistance et celle de leurs hôtes, ainsi que pour pourvoir aux dépenses d’entretien de la maison du prieur et de l’hôpital, ils jouissaient de biens étendus, que le manuscrit de 1305 énumère
<< l’annexe de Biriatou, son moulin, sa nasse, ses dimes et droits, ses champs, paturages , forêts, bois, terres cultes et incultes, ses péages, ports ou passages de Hendaye à Fontarrabie, de Béhobie à Irun, privilèges de chasse et de pêche , ses maisons et tous autres biens , fruits et revenus, questes, cens et appartenances >>
Plus tard quand le roi de ,Castille décrétera que cette riivière lui appartient en propre, Fontarrabie téméraire et obstinée créera sa propre nasse au premier passage des saumons ,
l’irracible seigneur d’Urtubie qui n’avait jamais admis la prééminence de son adversaire , créera son propre barrage.
Trois nasses, Celles de Zubernoa, de Fontarrabie, d’Urtubie, Première cause des multiples conflits qui prendront naissance.
Et de Hendaye, isolée, il n’en fut jamais question !
ce fut un début

Le traité des Pyrénées
ajourna la solution de ce problème frontalier assez épineux, dans son article 8, ainsi rédigé
: « Les différens entre le bourg d’Andaye, de la province de Guyenne, et la ville de Fontarabie, de la province de Guipuzcca, n’ayant pu estre accomodéz avant la signature du présent traité de paix qui n’a pas dû estre retardé, il a esté convenu et accordé secret que les seigneurs maréchal duc de Grandmont et baron de Batteville (capitaine général du Guipuzcoa) prendront cognoissance des causes desdits différens et des raisons que chacune des parties a pour soustenir son prétendu droit, touchant à les faire convenir à l’amiable, et, si cela ne peut, prononceront d’un commun accord ce qui leur paroistra juste touchant lesdits différens. Après quoy ce que lesdits seigneurs maréchal duc et baron de Batteville auront jugé sera exécuté sans difficulté soulz quelque prétexte que ce puisse être. »

En application de cette clause, des négociations furent entamées. Elles furent laborieuses, coupées d’incidents diplomatiques, sans oublier ceux des frontières.
Il s’avérait qu’on se heurtait à la duplicité et à la force d’inertie des Espagnols. Au bout de sept ans, les pourparlers furent abandonnés le 13 janvier 1666 sur le départ des représentants espagnols qui, rappelés à Madrid, annoncèrent avec désinvolture à leurs interlocuteurs français que ceux-ci pouvaient rendre leur sentence puisqu’elle n’obligerait pas les Espagnols.
Ce ne sera que vingt ans plus tard, le 13 octobre 1685, qu’un accord put intervenir, stipulant la liberté de la pêche et de la navigation pour les sujets des deux pays.
La fermeté de Louis XIV eut ainsi raison de l’orgueil et de la fourberie des Espagnols.
Les querelles entre voisins hendayais et ondarrabiars n’en continuèrent pas moins pendant une cinquantaine d’années encore, puis s’apaisèrent peu à peu, par suite d’un phénomène naturel qui semblait donner raison aux Espagnols : le cours de la Bidassoa, s’écartant peu à peu d’Hendaye venait mouiller les murailles de Fontarabie et son embouchure se trouvait entièrement en territoire espagnol. Aussi, en 1727, tandis que ce port comptait alors une trentaine de chaloupes péchant en mer le thon, le maquereau et la sardine, celui d’Hendaye voyait ses effectifs diminuer de plus en plus.
Parallèlement à ces querelles frontalières et, souvent provoquées par elles, se déroulèrent pendant cette longue période que nous avons franchie rapidement, des guerres entre les deux nations voisines. Nous allons revivre un moment quelques-uns de ces faits historiques dont Hendaye fut le théâtre                                                             OG
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LA TOUR DE MUNJUNITO
Pour faire rentrer dans l’ordre et surtout pour doter le Bourg d’un système de défense face au fort de Fontarrabie, les rois avaient recours à  » l’ultima ratio  » : au canon .
Dès le 15ème siècle une tour dite de Munjunito, d’élevait près du port de Caneta ; une carte de 1680 la situe encore, bien qu’elle ait été désarmée en 1609.
En 1521, après d’être emparé de Fontarrabie, l’Amiral Bonnivet la jugea insuffisante et fit construire plus loin, par ses troupes une autre tour fortifiée.
Au cour de la guerre de 1636, cette fortification joua pleinement son rôle d’observatoire et concourut à la victoire maritime remportée par notre flotte.
L’expérience ayant prouvé qu’a ce rôle devait s’ajouter celui d’une défense renforcée, la principale de ces tours fut remise en état en 1664 et armée de canons servis par 30 hommess du roi.
Pour autant l’ouvrage n’apparut pas bien redoutable à Louis de Froidour, qui voyageant par ici en 1672 nous a laissé une déclation succinte, mais précise et imagée .
 » Le fort de Hendaye n’est à proprement parlé, qu’un pigeonnier, une tour carrée sans autre bâtiment. Au fond une chambre pour les munitions; au dessus, la chambre du commandant et des officiers, plus haut celle des soldats. Au dessus une plateforme et 4 guérites avec des canons.Il y a en bas du côté de la rivière ou de la mer une petite plate-forme ou il y a du canon et celà regarde Fontarrabie et est comme une vedette pour voir ce qui se passe. « . Pour grimper aux étages une échelle en bois . escamotable. Il était également sur la côte deux batteries qui furent installées au 18° siècle ; la première en 1757, par le duc de Tresmes pès de Larretchéa la seconde en 1788 dite d’Armatonde à la hauteur de Nekaoenia.
Hendaye avait bien le port de Harri Zaballetta, mais était sous une surveillance dont les détails sont connus.,
Quant à nos marins, leurs bateaux les attendait à SaintJeandeLuz .
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QUELQUES VIOLENCES
En attendant Théodoric Legrand

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1607 Une embarcation d’Hendaye, pour avoir tiré une baleine sur le sable d’Ondarraïtz sans passer à Fontarabie, y est brûlée le 16 février.
Les embarcations de Fontarabie disputent une baleine à celles d’Hendaye en 1618 et aussi
le 16 janvier 1619 et ont le dernier mot : on peut dater de cette époque un accord disposant entre autres, que si les Hendayais ont le pouvoir de harponner la baleine, le privilège de l’achever et de la fondre moyennant prélèvement revient à Fontarabie.
Malgré l’évolution des rapports suivant la paix des Pyrénées, une baleine et son baleineau furent disputés le 4 février 1688 encore avec le même sort
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— En mars 1612 , les alcaldes de Fontarabie défendent à Harostegui, prieur de Santiago, de mettre à l’eau une barque à quille dont il voulait se servir pour la pêche.
Arch. de Fontarabie, lettres
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EN 1617 Le soir même, trois navires de Hendaye qui se trouvaient dans la baie, prêts à partir pour Terre-Neuve et la Norvège, furent capturés par les Espagnols
Une seconde troupe armée, aussitôt envoyée de Fontarabie, dut s’enfuir devant l’attitude menaçante des Hendayais.
Le lendemain, 18 janvier, au matin, le Conseil Communal de Fontarabie se réunit en assemblée extraordinaire et décida que toute embarcation française rencontrée dans la baie serait immédiatement saisie et brûlée
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En mars 1617, l’alcade de Fontarrabie (ville frontière du Pays basque espagnol) poursuivit en territoire français un criminel fugitif.
Les habitants d’Hendaye s’opposèrent à cette violation du territoire français, et l’alcade et ses aides furent emprisonnés, à Bayonne.
En guise de représailles, les Espagnols confisquèrent trois navires de 160 tonneaux, appartenant à Joannis de Harismendy et Joannis de Aragorri,mariniers de Hendaye.
Deux navires étaient destinés à la pêche de la « molue » à Terre-Neuve, et le troi­sième à la pêche de la baleine en Norvège.
Ce dernier navire était. la Marie et Saint-Jacques, dont le capitaine était Joannis de Harismendy
. Les ports du Pays basque français étaient déjà en mauvais état, et les navires d’un fort tonnage allaient compléter leur armement dans les ports espagnols. Les trois navires étaient à l’ancre devant Fontarrabie, déjà « avitaillés », et les avances payées aux deux cents hommes d’équipage.
Les Espagnols jetèrent les vivres à la mer, puis laissèrent pourrir les navires pendant plusieurs mois.
Les propriétaires adressèrent une requête au roi de France pour rece­voir une indemnité, étant donné que les navires avaient été saisis par repré­sailles, alors que les habitants d’Hendaye avaient agi pour défendre la sou­veraineté de leur roi
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Le 9 février 1619 se déroula l’agression ci-dessous:
Ceux de Hendaye ayant aperçu quelques bateaux au lieu de Bidart en pleine mer poursuivant une baleine qu’ils avaient blessée près de leur port. de Bidart, sortirent dans trois ou quatre chaloupes environ de 30 hommes de ceux dudit Hendaye pour secourir ceux de Bidart, et par ce moyen avoir part de la pêche de ladite baleine.
Et bientôt., sortirent dudit Fontarrabie du port appelé La Magdeleine, dix chaloupes ou plus, équipées d’hommes armés, lesquels furent une lieue ou plus avant dans la mer, après les chaloupes sorties dudit Hendaye ; et les ayant rattrapées, et d’aucuns d’eux maltraités de coups, voire trois ou quatre délaissés comme morts.
.Auraient laissé aller tous lesdits bateaux dudit lieu de une baleine dans la rade du Figuier .Bidart, avec leurs gens, retenu et amené avec eux le roi de France ordonna à ces trois pinasses armées en brigantines fussent postées à l’entrée de la Bidassoa, avec mission de s’emparer de tous les bateaux espagnols qui passeraienr devant de Sokoburu tous ceux de Hendaye, jusques nombre vingt six à vingt sept hommes prisonniers, lesquels ils détiennent audit Fontarrabie.
le 3 novembre 1665 les Hendayais capturèrent une baleine dans la rade du Figuier et contrairement à ce qui s’était toujours passé jusqu’alors, la ramenèrent directement au port de Hendaye.
Ils en furent si joyeux que, grimpés sur le dos du monstre, ils burent en choeur à la santé du roi de France.
( archives de Bayonne EE88 )
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Le 16 septembre 1666 un navire Marseillais, se présentat dans la baie du Figuier.Dans , la nuit les Hondarribiars vinrent se saisir du bateau pour le tenir à la Lonja et débarquèrent les marins…Ceux-çi, bien vite, rejoignèrent les Hendayais et ensemble capturèrent un navire de Hondarribia qui revenait d’Angleterre. C’est alors que les commissaires français qui ne croyaient à un accord avec leurs homologues espagnols, prisent une décision unilatérale, le 26 février 1667 ils proclamèrent qu’au roi de France revenait la propriété de la moitié de la Bidassoa, d’Enderlaza à son embouchure , entre les sables d’Ondarraïtz et les rochers du cap du Figuier En outre qu’ ils permirent aux Labourdins de naviguer sur des embarcations pourvues ou non de quille La tension restait vive des deux côtés de la Bidassoa.
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En mars 1680, le roi de France ordonna à ce que trois pinasses armées en brigantines fussent postées à l’entrée de la Bidassoa, avec mission de s’emparer de tous les bateaux espagnols qui passeraient devant le chenal de Sokoburu
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En 1680 l’ouvrage fut complété par deux autres tours de construction légère.

Il eut une belle occasion d’intervenit l’année suivante
Pour venger des pêcheurs Hendayais massacrés par leurs concurents de Fontarrabie,
Louis XIV fit tirer par la tour 1.000 coups coups de canon sur cette ville et ordonna la construction immédiate d’une redoute mieux équipée
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le 28 janvier 1681 les Hendayais virent une baleine au large d’Ondarraitz. Ils mirent cap sur elle et une de leurs chaloupes étant arrivée à sa hauteur, les pêcheurs se disposaient à jeter leur harpon .C’était sans compter sur l’opinâtretié de ceux d’Hondarribia qui les menacèrent de deux mousquets, de pierres et de couteaux à dépecer….A cause de leur infériorité numérique, ils n’étaient que sept à huit hommes par chaloupe pour une douzaine pour celles d’Hondarribia, ils se retirèrent. Bléssés dans leur amour propre ils virent alors leurs concurents de Fontarranie harponner la baleine ! Cette vexation parmi d’autres, le ministre ordonna au capitaine de frégate de Roux d’armer trois brigantins de Rochefort et les trois chaloupes de Bayonne qui. l’année précédente, avaient gardé l’entrée de la Bidassoa

.Ces bâtiments parurent dans la rade du Figuier le 30 avril dans l’après-midi. La venue de ces navires réconforta les Hendayais qui envoyèrent une chaloupe avec onze matelots pour aider à l’amarrage. Vers 10 heures du soir, un officier aperçut deux barques du côté du quartier de la Madeleine à Fontarrabie.On offrit à bord, l’hospitalité aux Hendayais qui refusèrent .
Dominique de Galbarreta présisa sur un ton badin qu’un habitant de Fontarrabie lui avait promis de le faire bouillir dans l’huile ! Ils seraient donc prudents. Mais , en dépit de leur vigilance, au moment où les Hendayais passaient la barre de la Bidassoa l’on entendit des coups de mousquet. répartis dans deux chaloupes postées à proximité de Rocabelza et une autre près de la pointe de Sokoburu attendaient leurs proies.Malgré leur courage et leur vaillance, les Hendayais s’inclinèrent devant la force numérique de leurs assaillants.
Ceux-çi , sans pitié, étranglèrent dans la chaloupe même avec leurs mains et à coup de pieds, le maître d’Aragorri, un jeune garçon nommé Etchart et un fils d’Irandatz. Les autres furent débarqués à Fontarrabie.
Au point du jour Pedro d’Illarreguy , boucher Hendayais qui fournissait Fontarrabie, fut invité par l’alcade d’avertir quelques- uns de ses concitoyens pour venir reconnaître des corps de noyés.On leur montra la chaloupe à moitié pleine d’eau contenant les dépouilles :
d’Esteben de Fagadi, maître de la maidon d’Aragorri, fils de Catherine d’Aragorri ; de Pierre d’Echart, de Marie de Lissardi ; de Joannis d’Irandatz fils de Marsan d’Irandatz et de Jeanne de Bergara.
Curieusement ils n’étaient pas enflés, comme d’ordinaire les noyés, mais avaient les vertèbres disloquées , la trachée artère entièrement comprimée et portaient des contusions à l’occiput. Le lendemain, Joannes de Haramboure qui pêchait à Sokoburu récupéra le corps flottant de Marticot d’Irandatz, non enflé, le cou très noir rt le corp meurtri.
Le 3 Mai au matin, fut retrouvé le corps de Sansin d’Arrupe et l’après midi ceux de lucas de Laparca et de Marsan de Romatet. Ils avaient le visage tuméfié , nez écrasé, la gorge ……….
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En 1685, Vauban était venu dans la région pour inspecter lesdivers ouvrages militaires. I s’adjoignit le marquis de Boufflerset F. de Ferry inspecteur général des fortifications de  » Guienne. »Après avoir visité le fort d’Hendaye, ils passèrent la Bidassoaet, s’étant rendus à La Madeleine, faubourg de Fontarabie, ils essuyèrent des coups de feu qui furent par trois fois dirigés sur eux par les Espagnols, Pour montrer le mépris qu’ils avaient de
leur « tiraillerie », Vauban et ses deux compagnons ne quittèrent
le territoire espagnol qu’une demi-heure après que leurs insulteurs
se furent retirés.
Mais, dans le compte-rendu de cette visite,adressé à M. de Seignelay, secrétaire d’Etat, Vauban proposait de prendre Fontarabie pour avoir raison des injures qu’il avait reçues ou bien de bâtir un fort pouvant contenir six ou sept centshommes de garnison sur une langue de terre àl’embouchure de la Bidassoa, assurant que c’était le moyen de dominer la rade enmême temps que les Espagnols et de permettre àux habitants d’Hendaye de sortir en mer, pour aller pêcher, sans que leursvoisins pussent les en empêcher.
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En janvier 1688 eut lieu un nouveau conflit entre les pêcheurs français et espagnols
«  » Les habitants d’Hendaye et ceux de Fontarrabie estant à la pêche à la baleine, le dernier du mois passé, ceux de Hendaye en ayant harponné deux et tuées, les espagnols….qui estoient le double plus de gens les leur enlevèrent et les menèrent toutes les deux à Fontarrabie.Les Espagnols avaient 14 chaloupes et les Français Les pêcheurs français protestèrent, car il était convenu par traité qu’en cas de dispute au sujet d’une baleine, elle devait être conduite au milieu de la Bidassoa pour y être partagée également entre les habitants de Hendaye et ceux de Fontarrabie. Le gouverneur de Fontarrabie ayant fait vendre ces baleines pour 760 écus, car «  » une sorte de poisson qui pourrit d’abord, elle n’aurait pu se conserver «  »Finalement , les habitants de Fontarrabie acceptèrent de payer la moitié, soit 833 livres. Le ministère de la Marine donna son accord à cette transaction
(Marine B265 f ) Pendant les longues avec l’Espagne et en dépit bien souvent, des traités de bonne Correspondance les incidents sur mer furent continuels
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En 1717, les habitants de Hendaye, ayant eu des difficultés avec ceux de Fontarrabie, ceux-ci se saisirent de trois navires armés pour la pêche de Terre Neuve qui étaient dans la baie du figuier à cause du mauvais temps. Le roi Louis XIII dut traiter cette affaire par voie diplomatique et n’obtint la restitution des équipages qu’en échange de prisonniers espagnols.Cet échange eut lieu le 4 mai 1617, mais au moment ou les matelots français abordaient sur la rive, à Hendaye, le chateau de Fontarrabie leur envoya dix coups de canon qui ne firent , du reste,du mal qu’au clocher de l’église.
On voit par ce simple fait, quel était, à ce moment, la nature des relations de voisinage entre les habitants des deux pays
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En 1769 D’Etchar Daragorri maître de la maison d’Aragorri fut étranglé dans sa chaloupe par des espagnols
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VOICI EN RESUME L’ATMOSPHERE QUI REGNA ENTRE NOS DEUX CITES. La paix des Pyrénées ne réussitpas à résoudre le  » problème ».Il fallut attendre Les Paix de Bayonne 20 ans plus tard
EN TOUT 653 ans
après cette funeste charte

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CETTE QUERELLE
a été rapportée par
THEODORIC LEGRAND
de l’Ecole des Chartes
DANS UN MEMOIRE DE 94 PAGES
du XV ème siècle AU XVIII ème siècle

à lire dans l‘APPENDICE

et figure dans notre rubrique
«  » Livres «  »

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SUITE

2 ème  PARTIE


100_0112La baie de txingudi avec en premier plan  les ruines du fort de Vauban, et au fond Fuenterrabia et son fort de Charles Quint.

Deux ennemis,    face à face,   dans un cadre paisible , qui parle de paix

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HENDAYE

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MON BAS-QUARTIER
Bien que n’en étant pas ,je l’emprunte sans cesse soit pour aller en ville, ou pour faire l’inverse. Le traversant ainsi chaque fois en entier
On dit de mois, bien sûr qu’ elle est du Bas-quartier
Eh bien ! puisque j’en suis, que je vous le présente : C’est un grand carrefour au bout de rues en pente, Des maisons en souci d’un vague alignement N’offrant, pour tout cachet, que leur délabrement
Le Bas-Quartier n’est pas son vrai nom d’origine , iI n’est pas bien ancien comme on se l’imagine; la baie en l’occupant en faisait un bon port
Très à l’abri des vents , à l’ombre du vieux fort.
Harri-Chabaleta, rives harmonieuses s’éveillant aux échos d’histoires merveilleuses Que contaient à l’envie de très anciens pêcheurs S’étendant sur leurs joies et peu sur leurs malheurs.
N’étant plus visité par l’antique baleine, D’autre part n’allant plus à la pêche lointaine le progrès a détruit un ordre primitif.
Car jamais rien n’est stable ou bien définitif.
Le port devient un luxe aux beautés superflues, Rappelant les départs vers les bancs de morue Hendaye a chassé l’eau pour gagner du terrain
Tant mieux pour aujourd’hui mais tant pis pour demain
Foin de vieux souvenirs. Tout pour le modernisme
Faisons donc place nette et pensons au tourisme.
Adieu Vieux-Fort, remparts, pont – levis, souterrains, échauguettes, réduits, rasons tout de nos mains.
Harri-Chabeleta, c’est en pieux hommage
, Que j’ait fait ce poème à ton premier visage : Les vieux chalets sont là, s’il manque un ponceau,
On peut y voir quand même Hendaye en son berceau .

Joséphine Moléres

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HARRI XABALETA
UN PORT SANS BATEAUX

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Petit , certes, mais protégé par deux mamelons celui d’Ouristi et celui du fort de Gaztelu ,et ouvert par un étroit passage vers la baie de Txingudi ,alimenté par deux ruisseaux celui d’Aizpurdi , et celui de Zapatenia, et l’eau de la marée, à l’abri des raids des marins de Fontarrabie nos farouches voisins qui interdirent toute navigation pendant 653 ans .Alors il a fallut chercher ailleurs : le port de Saint Jean de Luz les accueillit.
On sait peu de choses sur Harri Zabaletta qui subit en 1793 lors de la guerre de la Convention un bombardement et une invasion de l’Espagne suivi d’une mise à feu systématique, puis 20 ans plus tard , une autre invasion par les troupes alliées d’Angleterre, du Portugal et à nouveau de l’Espagne et de Napoléon

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LES MARINS
LES PECHEURS
LES CORSAIRES

Les braves et aventureux marins de Hendaye méritaient de sortir de l’oubli dans lequel ils étaient plongés. Pour peu que l’on ouvre un livre d’histoire maritime, on les trouve un peu partout, mais jamais on n’avait eu la pensée de les rechercher pour réunir leurs actions d’éclat en un seul ouvrage et leur rendre ainsi le juste hommage qui leur était dû.
Sans nul doute, les basques ont été considérés comme un peuple d’hommes qui, du fait de leur soif d’aventures ou de leur caractère entreprenant, n’ont pas hésité à s’élancer au-delà des horizons qui les étouffaient. Mais ,malgré leur amour pour leur pays, les Basques quittèrent leur terre poussés par le besoin de suppléer à une  terre stérile et par leur soif d’aventures, ayant à leur actif le voisinage de la mer.
Ce silence de divers auteurs sur les capitaines de navires et les officiers de Hendaye, résulte sans doute du fait que les archives de cette ville furent détruites entre autres par les Espagnols lors de l’occupation de six paroisses frontalières d’octobre 1636 à octobre 1637, mais également en 1793 lors de la guerre de la Convention, et enfin en 1813-1814 par les alliés du général anglais, Wellington, l’Espagne et le Portugal
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Quand on parle de Hendaye , on pense Pellot.
Il est fêté comme il se doit.
Pour la fête Basque il à même droit à un char !
Peut être pense- t-on à un second marin, avec Suhigaraychipi.
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Alors nous allons essayer de vous raconter , comment avec un port, « sous scellé  » Hendaye figure parmi les plus importantes villes maritimes du littoral basque , en nombre de marins, à l’égal de Saint de Luz, Ciboure et Fontarrabie .

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la baleine à bosse à Hendaye

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PREHISTOIRE

LEKEITIO-MUNDAKA

Avant de parler longuement des baleines et de la vie de nos pêcheurs de Harri zabaleta , il serait judicieux je crois de faire une enquête pour en savoir davantage.
On a longtemps pensé que leur chasse était d’origine préhistorique mais sans disposer de preuves tangibles. En fait, plusieurs représentations paléolithiques (en particulier, dans le Sud-Ouest de la France et en Espagne)n’avaient pas été immédiatement reconnues comme telles.

LEKEITIO

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Lekeitio en Pays basque d’Espagne, nous disait que la présence humaine dans le territoire de la ville de Lekeitio- Mundaka remontait à la Préhistoire et était documentée par les restes trouvés dans le gisement de la grotte de Lumentza. par des harpons en os, en bois de renne, qui révèlent la pratique de la chasse à la baleine depuis des temps immémoriaux chez les Basques .Ce gisement avait été étudié et validé par Telesforo Aranzadi – un scientifique spécialiste en anthropologie, botanique et zoologie- et José Miguel de Barandiarán pendant les années 1930.
Nous avons voulu aller un peu plus loin pour trouver une certidude.
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Des os de baleine du paléolithique dans les Pyrénées
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Les chasseurs-cueilleurs de la fin du paléolithique  dans les Pyrénées- ont eu un mode de vie littoral.
C’est ce que démontre le préhistorien Jean-Marc Pétillon, chargé de recherche au CNRS à Toulouse.
Non, l’homme préhistorique n’était pas qu’un homme des terres et des grottes.
Les chasseurs-cueilleurs de la fin du paléolithique supérieur ont eu un mode de vie littoral.
C’est ce que vient de montrer le préhistorien Jean-Marc Pétillon, chargé de recherche au CNRS à Toulouse*, dans une étude publiée en ligne dans le Journal « of Human Evolution » .
Il a réexaminé des pièces d’une quarantaine de collections, issues de 23 sites occupés dans les Pyrénées entre moins 18.000 et moins 15.000, exhumées au cours de fouilles entre la fin du 19e siècle et les années 1970.
En particulier des pointes de sagaie, classées un peu vite comme étant en bois de renne.
« Or, j’avais déjà identifié, dans la grotte d’Isturitz, que certaines étaient en os de grand cétacé. J’avais l’intuition que ces pièces étaient différentes », explique le préhistorien. Un premier examen visuel l’a encouragé et a été confirmé par des analyses physico-chimiques réalisées avec les chercheurs du laboratoire du musée du Louvre.
Au total, une centaine d’outils en os de baleine ou de cachalot ont été identifiés.
« Il est difficile de reconstituer le mode de vie de ces nomades sur le littoral marin, car, à cause de la montée du niveau des eaux, ces sites sont désormais à 100 m sous l’océan. Depuis dix ans, nous sommes donc de plus en plus attentifs à tous les indices indirects.
. » Nos ancêtres récupéraient sans doute ces os sur des carcasses échouées de baleine et de cachalot, à l’époque foisonnants dans le golfe de Gascogne.
Un matériau idéal pour tailler des projectiles plus résistants que les os terrestres ou les bois.
L’étude montre que ces outils sont disséminés sur le versant nord des Pyrénées, du littoral atlantique jusqu’à l’Ariège. Comment sont-ils arrivés jusque-là ? « On imagine deux hypothèses : soit ces nomades se sont déplacés avec leurs pointes de sagaie, soit il s’agit d’échanges de proche en proche. »
De quoi considérer d’un œil neuf d’autres objets paléolithiques, « comme ceux des sites du nord de l’Espagne, Cantabrie, Asturies et Galice
* Laboratoire Travaux et Recherches archéologiques sur les cultures, les espaces et les sociétés, CNRS/Université Toulouse 2/Ministère de la Culture et de la Communication/EHESS/Inrap.
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En conclusion on est obligé de reconnaître que la pêche comme la chasse sont contemporaines de l’arrivée de l’homme sur terre.

L’homme a toujours chassé et il a toujours pêché comme il a toujours mangé ; mais la pêche comme la chasse se sont profondément modifiées avec le temps comme avec les besoins des individus ; au fur et à mesure que la société s’est formée, que les familles sont devenues des peuples et que le commerce s’est développé.

Il est hors de contexte en effet, que c’est pour poursuivre la proie convoitée, quelque gros poisson qu’il voyait lui échapper, que le premier marinier osa quitter le rivage où il était impuissant , pour se risquer sur un tronc d’arbre ou tout autre objet flottant qui le rapprochait de son gibier. Ce fut là évidemment le premier bateau monté par le premier navigateur.

Un basque de HariZabaletta. ?

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NOS VOISINS
des GROTTES DE SARE

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Les témoins d’occupation les plus anciens sont des racloirs et des éclats âgés d’au moins

45. 000 ans (Moustérien). Puis viennent en plus grand nombre des outils (burins et pointes) d’environ 25 000 ans (Gravetien) et des lamelles et grattoirs d’environ 13 000 ans (Magdalénien). Les hommes chassaient alors au Pays basque le cerf et le bouquetin, qu’ils cuisaient sur des foyers à même le sol. Végétaux, baies sauvages et peut-être coquillages de l’Atlantique tout proche, complétaient leur menu.
Au Néolithique puis à l’âge du bronze, Lezea (l’une des grottes de Sare) fut occupée par des agriculteurs-éleveurs, comme en témoignent de nombreux fragments de céramiques et des ossements de bétail

A peu de distance de Hendaye on devait les trouver aussi sur les bords de la Bidassoa , l’homme de Neandertal

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Faisons connaissance avec la Baleine

sardako baléa

La baleine a des ancêtres terrestres depuis 50 millions d’années

Elle était un  mamifère prédateur  Grâce à sa longue queue et ses grandes pattes-nageoires, elle pourchassait ses proies en nageant . Les Millénaires passant  elle s’était transformée en poisson.

 L’homme de cromagnon ne devait pas ête bien loin .

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Chaque baleine pesant autant que cinquante éléphants, lorsque l’une d’elle s’échouait sur la grève ou était ramenée au port c’était une aubaine pour nos populations.

 Chaque animal apportait 35.000 kilos de viande, il en était tiré 30.000 kilos d’huile, des fanons pour les corsets, de la peau pour en faire des cordes et jusqu’aux os qui servaient, les vertèbres comme sièges et les côtes comme poutres.

 Sans compter la langue, morceau de choix destiné soit à l’évêque de Bayonne soit au roi (de France ou d’Angleterre selon l’époque).

La baleine qui fréquentait le golfe de Gascogne est connue sous le nom de  » baleine des Basques » ou  » Balaena Biscayencis « . Sa tête est courte, sa couleur noire, pour une taille d’environ vingt mètres, un poids de 50 à 100 tonnes  et se nourrit de petits crustacés  » le krill »

 Elle passait l’hiver sur nos côtes, les femelles venant jusqu’à s’échouer pour mettre bas.  L’été cette baleine remontait vers  les côtes islandaises ou norvégiennes.

 

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HISTOIRE

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Le premier document écrit date de 670 et parle de la vente de 40 pots d’huile de baleines au nord de la France à l’Abbaye de Jumièges en normandie, par des Basques venus du Labourd.

Pour l’Antiquité, le site de Guéthary, mis à jour par Jean-Luc Tobie a permis de confirmer la présence près du rivage d’un «four à huile de baleine», et, vers l’intérieur, des bassins de salaisons de thon remontant au premier siècle après J.C.
On sait aussi que le site antique de Bayonne, Lapurdum, constituait un important marché de langoustes aux IIIe-IVe siècles après après JC

 

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Epoque romaine
AU MOYEN AGE

Les premiers documents connus qui témoignent véritablement de
cette activité datent des XIe et XIIe siècles.
En France, dès 1059, des redevances en baleine étaient perçues sur ces animaux,

Alphonse VIII de Castille et Ferdinand III étendront d’ailleurs le même privilège aux villes de Fontarabie en 1203, Motrico et Guétaria en 1204 et Zarauz .

Le mode d’entreprendre implique tellement de modifications dans
les méthodes de pêche, qu’il est permis de parler de technique basque autochtone.
Selon une hypothèse, cette technique aurait été acquise dès le IXe siècle en chassant les cétacés qui venaient régulièrement détruire les filets de pêche.
. Découvrant que la baleine était timide et inoffensive,les Basques se seraient aventurés à la pêcher avec des harpons.
C’est alors qu’ils découvrirent l’immense valeur de cet animal . En l’espace d’un siècle, les Basques maîtrisèrent cette pêche au point de devancer tous leurs concurrents du Nord de l’Europe où le déclin de la pêche coïncide avec le sommet de l’activité basque aux XIIIe
et XIVe siècles.
Pendant plusieurs siècles, la capture de ces cétacés procurera des revenus importants à tout le Pays basque de Saint Jeande-Luz en jusqu’à la Cantabrie en Espagne.. Cette nouvelle source de revenu était d’autant plus bienvenue que le Pays basque en général, mais surtout la région du Labourd, était stérile et seule la pêche rapportait un certain bénéfice.

Les archives de Biarritz et de Lequeitio en particulier, témoignent abondamment de ce fait. Bon nombre de fruits et de légumes étaient encore inconnus à cette époque. La pêche fournissait donc l’essentiel du repas d’autant plus que l’année comptait 166 jours de jeûne qui étaient préconisés par l’Eglise !.

Contrairement à ce qui se produira lorsque les Basques armeront pour des expéditions au long cours aux XIIe, XIIIe et XIVe siècles, on utilisait alors toutes les parties de l’animal: la chair servait à nourrir les populations pauvres et les équipages de navires; l’huile se transformait en lumière et en lubrifiant ou entrait dans la préparation de divers produits comme le savon, la laine, le cuir et la peinture; les fanons, que les Basques utilisaient dès le XIIe siècle, s’employaient dans la confection des vêtements, des décorations comme les plumeaux des casques de chevaliers, des chapeaux de femmes, des corsets, des tabatières, des ressorts de chaises, des soies de brosses à cheveux, des cerceaux de jupes dont la grande robe de la reine; les vertèbres, les côtes et les mâchoires devenaient des sièges, des clôtures, des poutres, des ex-voto placés de chaque côté des portes d’églises et même des moellons comme c’est le cas dans plusieurs bâtiments médiévaux de même les excréments étaient utilisés pour teindre les tissus en rouge ,

Les premiers documents connus qui témoignent véritablement de
cette activité datent des XIe et XIIe siècles. En France, dès 1059 (sous Philippe Ier),des redevances en baleine étaient déjà perçues sur ces animaux,
D’Aussy ,dans La vie privée des Français cite un manuscrit du XIIIe siècle selon lequel les marchés de Bayonne, de Ciboure et de Biarritz vendaient de la langue de baleine.
Cette partie de l’animal était un mets de la plus haute délicatesse réservé au clergé ou au roi
En 1565, deux quintaux en furent offerts à Charles IX et à Catherine de Médicis.
Aux XIIIe et XIVe siècles, les prises étaient à ce point importantes
que les autorités royales et ecclésiastiques virent, dans la pêche de la baleine, une façon d’accroître leurs revenus,
Jusqu’au milieu du XIIe siècle et en vertu d’une clause des jugements d’Oléron, les Basques avaient été exemptés du droit de pêche; c’est donc dire que les sommes qu’ils versaient à leurs suzerains étaient des dons et non des impôts.
C’est Henry II, roi d’Angleterre (1154-1189) et duc de Guyenne, qui
renversa cette clause. Les archives basques contiennent des dizaines d’exemples de taxes et de redevances perçues sur ce commerce à partir de cette époque: à Biarritz, un règlement de 1268 fixait les droits
Aux XIIIe et XIVe siècles la pêche de la baleine se pratiquait en
haute mer dans le golfe de Gascogne


Les Hendayais supportaient mal les droits de coutume qui frappaient les marchandises passant le frontière. Ils avaient obtenu l’exemption de la moitié de ces droits qui revenaient au roi. Mais bayonne continuait à percevoir la partie de la ville. Des différents furent soulevés entre Hendaye et Urrugne contre Bayonne à ce sujet. Les taxes étaient très élevées et les infraction à payer très importantes Les Hendayais durcirent leur conduite  à l’égard de la perception .

 Les receveurs venaient à Hendaye dans la crainte, car les Hendayais ne les ménageaient guère, et leurs redevances étaient payées à coup de baton.

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Manuscrit d’Islande du Moyen Age: Dépecage d’une baleine

 

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ET L’ADOUR CHANGEA DE LIT

ET FIT LA FORTUNE DE SAINT JEAN DE LUZ

et dans une moindre mesure de ses VOISINS.

Vers 1310 , se produisit un évènement imprévu , qui porta un coup terrible à Bayonne et contribua à la prospérité de Saint Jean de Luz .L’ Adour changea de lit, l’ancienne embouchure étant bloquée par les sables, le fleuve se déversa dans la mer plus loin, au Nord par des canaux qui ne présentaient pas une profondeur suffisante pour la navigation.époque et obligea la plupart des armateurs de Bayonne à se réfugier à Saint-Jeande-Luz et même à Saint-Sébastien.

, Toute une population de marins, d’ouvriers,, de maneuvres vint s’y installer; les gens de la campagne qui allaient à Bayonne se dirigèrent vers cette ville qui d’un port exclusivement destiné à la pêche, devint aussi un port de commerce.

Ciboure prit aussi son essor, Urrugne Ascain, Bidart, Guétary y portèrent leurs bateaux , Hendaye conforta sa présence Cette grande importance ne provenait que de la ruine momentanée de Bayonne.

, Guéthary, Bidart , Biarritz et Hendaye, qui ne formèrent jamais d’armements particuliers, se contentèrent d’envoyer leurs braves et intrépides matelots former une grande partie des équipages de marins et de de corsaires mis en mer par les trois ports que nous venons de citer . Nous ajouteront pour Hendaye aussi : Pasajes et Saint Sébastien.

Celà dura ainsi jusqu’au 17 ème siécle – soit 6 siècles- .

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Hendaye avait trouvé un port depuis longtemps déjà, celui de toute la côte Basque ,de Biarritz de Guétary de Bidart de Ciboure

 SAINT JEAN DE LUZ

 devint le plus important de France

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LA BALEINE

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C’est de cette époque que datent les méthodes de pêche qui seront en usage jusqu’au milieu du XIXe siècle.

 Un des grands avantages des Basques était de voir défiler le long de leurs côtes, à partir de l’équinoxe de septembre et pendant tout l’hiver, des centaines de baleines qui accomplissaient leur périple annuel vers les mers tempérées   du Sud

 Ces cétacés, qui portent le nom chez les Basques  de  « sardako », ce qui signifie baleine vivant en groupe. Cette espèce se déplaçait en bancs avec femelles et baleinaux qui fermaient la marche.

 Elles étaient une proie rêvée en comparaison d’autres espèces trop rapides pour être poursuivies par des embarcations ou trop puissantes pour être capturées avec les moyens de l’époque.

Elles avaient surtout la capacité de flotter après leur mort, et pouvaient être remorquées  jusqu’à la côte ou jusqu’au navire pour les dépecer.

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CE QUI ARRIVA  UN JOUR

. Quand nos très lointains anciens virent pour la première fois , ce jet d’eau projeté avec force depuis la surface de l’eau et entre deux vagues, ces masses noiratres qui ondulaient , Ils furent sans nul doute vivement intrigués.
Lorsque qu’ils trouvèrent une baleine échouée sur le sable de nos plages, ils furent vite en éveil et finirent par se poser des questions .

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Pas trop ,car ils se mirent très vite à la dépecer, puis avec prudence à la goûter.. puis à se demander comment faire pour en avoir une seconde.
La chasse à la baleine était ouverte

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Depuis quand : depuis toujours

Pour survivre, les  Basques furent les premiers à chasser les baleines dans le .Golfe de Gascogne

 L’humanité avait d’abord découvert les qualités de la baleine en dépeçant celles qui s’échouaient sur le rivage. De tout temps, un tel événement avait été considéré comme une magnifique aubaine de la nature , par les populations côtières.

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LA DECOUVERTE

 A HARRI-ZABALETA

  

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Sur la falaise d’Aragorri, face aux jumeaux, un rocher qui s’est toujours appelé Guéta.
De là un marin, scrutait la mer, de nuit et de jour à l’affût du moindre jet d’eau qui signale la présence de la baleine; prêts à avertir par les moyens les plus bruyants, de cette présence et par du foin humide qui faisait, allumé une fumée épaisse.
Plus bas dans la cuvette du vieux quartier de Belcenia, d’autres marins dormant à moitié, lançaient le branle bas de combat.. La pêche la plus difficile et qui devint plus tard la plus périlleuse qui  n’ait jamais existé, celle de la baleine, pouvait commencer.
Les Basques exploitèrent d’abord les individus qui s’échouaient en nombre sur leurs côtes. La viande et le lard de la baleine étaient très prisés, la graisse servait à faire de l’huile pour l’éclairage, sans oublier les fanons utilisés pour la corsetterie.
Cette variété de baleine ( la baleine basque ) était lente , docile et peu difficile à approcher.

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Les Basques, d’abord, charognèrent les carcasses de celles qui venaient, nombreuses, s’échouer sur nos côtes.

Ces  baleine venaient  donner naissance à leurs baleineaux  au plus près du rivage, sans méfiance aucune, mais quand elles s’apercevaient de l’agression, elle défendait sa tribu à grand coups de sa  grande queue  . Mais c’était trop tard le mal était fait. Avec le temps  –encore quelques centaines d’années– la baleine prit  conscience du danger de rester au plus près de la grève et s’éloigna.

Il fallut alors aller la provoquer de plus en plus loin Ce fut alors le premier combat à l’aide de la trainière

Ce combat eut lieu tout le long du golfe de Gascogne de Bayonne à  la pointe Finistère de l’Espagne en passant par Biarritz , Bidart, Guétary, SaintJeanDe Luz Ciboure Hendaye et en passant la frontière – qui n’en était pas une -Hondarribia Passaïa  , Donostia, Zarauz Bilbao etc…Tous ces villages, toutes ces villes étaient hérissées de tours ,d’abris , »  d’atalayiak,  » « chacune occupée par un pêcheur qui scrutait  la mer avec la  plus grande attention ,au plus près, au plus loin entre les vagues pour deviner la proie. Il surveillait aussi ses voisins de gauche et de droite au cas ou ceux ci auraient la chance d’avoir repéré leur baleine, pour leur porter aide ou secours en cas de nécessité Ce duel dura plusieurs centaines d’années.

Au début, la baleine était chassée sur la côte cantabrique, au cours de campagnes qui allaient du mois d’Octobre au mois de Mars, lorsqu’elles descendaient depuis les mers gelées du Nord. La première mention de la vente d’une baleine apparaît sur un document de l’an 1059 à Bayonne. Plus tard paraîtront des documents concernant le ramassage des os de baleine pour les utiliser dans les réparations, et l’apparition de jarres pour y conserver l’huile de baleine.

 Aux XIIIème et XIVème siècles, lorsque la baleine commença à se raréfier sur la côte Cantabrique, à cause d’une pêche intensive et irresponsable, les pêcheurs allèrent la chercher plus loin vers le cap Finistère, aux Asturies et en Galice (1371) puis ils décidèrent de prendre la mer  vers l’Angleterre et l’Islande ..Ces campagnes difficiles qui duraient 3 à 4 mois aguerrirent les basques à la pêche au loin. Le besoin de subsistance les y poussait plus que l’attrait aventurier, leur vie étant très rude.

 

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Les premiers hendayais disséminés surtout à Zubernoa, étaient des agriculteurs . La culture y était difficile la terre en grande partie argileuse, donnait peu de rendement et au fur et à mesure de l’essor de la populations l’agriculture seulement couvrait la moitié de leurs besoins ;
Heureusement la pêche était là ,et manquait de de bras
D’abord les enfants, avaient été formés, sur le tas, en écoutant dans les bars enfumés, d’Harri xabaleta, les anciens qui revenaient d’ îles lointaines avec des noms à faire réver .
.Depuis leur très jeune âge ils étaient embauchés comme mousse et même comme moussaillons. Plus tard viendront des instructeurs qualifiés.
Hendaye avait trouvé un port, celui de toute la côte Basque ,de Biarritz de Guetary de Bidart de Ciboure et donc de Hendaye
à Saint Jean de Luz.


 

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Pour survivre, les Basques furent les premiers à chasser les baleines dans le .Golfe de Gascogne

Une autre espèce a gardé le nom de ses persécuteurs: il s’agit de la baleine sarde ou  » Sardako balea « , en basque, que l’on peut traduire par  » baleine de troupeau ». Cette espèce se déplaçait en bancs avec femelles et baleinaux qui fermaient la marche.
Les trainières attaquaient d’abord les baleineaux, qui fréquentaient ces eaux tempérées lors de la période de reproduction hivernale , les ramenaient vers le bord. La baleine, s’apprétait à les défendre, son instinct maternel affolé frappant de tous côtés avec son énorme queue. L’homme au harpon s’approchant au plus près de la bête
Ce combat dura longtemps, dans le golfe de Gascogne, et toute la côte Cantabrique .des siècles durant, au point que l’espèce disparut progressivement

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Nos marins de Harri zabaletta avec tous ceux Saint Jean.de Luz de la côte basque et d’Espagne prirent alors la direction du nord, avec des moyens nouveaux, des Caraques espagnoles, des Naos.
navires sommaires, de la fin du Moyen Âge, caractérisés par leur coque arrondie .Au cours du temps on en construisit avec un ou deux châteaux
Elles furent l’un des premiers type de navires européens, sans abri , à pouvoir s’aventurer en haute mer.

 

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Trainière

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La baleinière basque renflouée exposée au musée du Lieu historique national de Red Bay, station baleinière basque du xvie siècle, située dans l’actuelle province canadienne de Terre-Neuve-et-Labrador.


De Bayonne à la fin de la chaine Cantabrique le bord de mer était jalonnée de vigies – les atalayes- qui comme celle d’Aragorri à Hendaye.
La première barque est de type « pinaza » harponne, et ramène la prise à son port. Il règne alors une intense animation autour des fours, près des dépeceurs, coupeurs de lard, tonneliers et autres spécialistes.

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PINASSES
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DANS LE GOLFE DE GASCOGNE
et la côte Cantabrique 

PREMIER VOYAGE

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 LES PREMIERS NAO  

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ent de tous les autres par l’intensité de leur activité.
Il s’agit des Basques espagnols et français, des Anglais, des Hollandais et des Américains.
Le long des côtes du golfe de Gascogne, un petit peuple, le peuple Basque qui pratiquait également cette pêche,commençait à s’affirmer.
À compter de cette époque,ce nouvel élément vint modifier la situation.
Les Basques seront les premiers à faire de la pêche de la baleine une industrie internationale
. Avec eux – peuple de marins hardis et inventifs – commence la véritable histoire de la pêche de la baleine dans l’Atlantique Nord
Il semble que les Basques et les habitants de la côte cantabrique seraient les premiers chasseurs de baleines de l’histoire et les inventeurs de l’industrie baleinière. Ils étaient organisés comme tels dès le VIIème siècle.
Pendant six siécles les basques du Labourd domineront la chasse à la baleine

.Au début, la baleine était aussi chassée sur les côtes cantabriques, au cours de campagnes qui allaient du mois d’Octobre au mois de Mars, lorsqu’elles descendaient depuis les mers gelées du Nord.
La première mention de la vente d’une baleine apparaît sur un document de l’an 1059 à Bayonne.
Plus tard paraîtront des documents concernant le ramassage des os de baleine pour les utiliser dans les réparations, et l’apparition de jarres pour y conserver l’huile de baleine

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L’humanité avait d’abord découvert les qualités de la baleine en
dépeçant celles qui s’échouaient sur le rivage. De tout temps, un tel
événement avait été considéré comme une magnifique aubaine de la nature , par les populations côtières.


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La baleine devint un pilier important de l’économie du Pays Basque, si bien qu’aux XIIIème et XIVème siècles, lorsqu’elle commença à se raréfier à , les pêcheurs allèrent la chercher plus loin
En passant par le Gipuzkoa la Viscaye , la Galice et les Asturies, en traversant les villes et les villages tout le long de la mer. avec une suite de plages de sable fin de collines rocheuses et des grottes. Avec pour toutes un passsé Préhistorique et Romain
Elles avaient connu le même passé de chasse à la Baleine ,. Avec maintenant leur disparition, toute la Cantabrie et la Côte basque s’apprétait maintenant au départ vers l’inconnu.
Au début et avec précaution elles se se dirigèrent vers l’Islande et le Pays de Galles
Ces campagnes difficiles duraient 3 à 4 mois , et aguerrirent les basques à la pêche au loin.
Le besoin de subsistance les y poussait plus que l’attrait aventurier, leur vie étant très rude.
L’emploi de la boussole au XIV siècle permit à

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En compagnie des corsaires
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Les premiers corsaires du Pays Basque furent des baleiniers qui alternaient leurs occupations de chasse avec le pillage des ennemis sur les bancs de Terreneuve, cautionnés par leurs lettres de marque.

La chasse aux baleines est étroitement liée aux corsaires, car elle fut exercée avant leur création pour venir finalement les rejoindre.

Les pillages de morues , par exemple, constituaient pour eux un butin aussi convoité que les soies les plus riches, l’or ou les meilleurs vins des navires marchands.
Le travail était d’abondance, et c’était une ruée vers l’or .
Quelle qu’en ait été l’époque, elle a permis aux marins d’ajouter à la pêche à la baleine une autre branche d’industrie non moins productive­ : la pêche de la morue.
Ils avaient en effet trouvé les bancs, si riches en morues, qui entourent la grande île et la vente de ces poissons inconnus jusqu’alors, eut un tel succès que des armements furent faits pour cette pêche , en même temps que celle de la chasse à la baleine
.On en trouve trace en 1560 : des établis­sements existaient déjà à Terre-Neuve pour la préparation des mo­rues ; toute une population s’y rendait en été et on comptait un certain nombre de Basques qui y étaient fixés définitivement.
Chacune de ces découvertes produisit une recrudescence d’activité dans les armements et des augmentations de bénéfice.
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En 1525 à Pasajes, 41 naos arment pour la campagne à Terre
Neuve avec 1475 hommes d’équipage et 295 chaloupes.

Avec une moyenne d’environ 8 à 10 baleines tuées par
campagne,les baleiniers aux barils pleins d’huile rentrent au pays
avant que l’hiver rigoureux de ces contrées ne les paralyse

LE GRAND VOYAGE

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image1Le NAO le premier bateau capable d’affronter la mer jusq’au grand nord

Vers la moitié du XVIème siècle, surtout pendant les décennies de 1570 et de 1580, se produisit un grand mouvement de Basques vers Terreneuve qui apporta de grand changements dans la vie économique de toute cette côte
Les dernières découvertes effectuées au Canada relatives à la fréquence de la toponymie basque à cet endroit, les mots basques utilisés par les indiens et la façon de harponner les baleines seraient la preuve que les Basques furent les premiers à arriver sur ces terres et à établir des rapports d’amitié avec les indigènes.

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1492 Les trois bateaux de Colomb
LES NAOS DE COLOMB

Ils étaient prêts :
Les contrats établis en début d’année
prévoyaient que l’équipage parte en mer au premier beau temps,
les départs se situant en général en avril. La pêche prenait fin le jour
de la Saint-Michel, le 29 septembre
Le retour au port d’attache était prévu vers la fin du mois d’octobre, mais avait lieu le plus souvent dans le courant du mois de novembre et même de décembre,
notamment lorsque les produits de la pêche devaient être livrés dans d’autres ports. Pour chaque saison de pêche, l’absence hors du foyer familial pouvait alors durer sept à huit mois.

les Naos aussi étaient prêts
et les attendait

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LE VOYAGE

L’emploi de la boussole au XIV siècle permit à nos pêcheurs , d’aller dans les eaux du grand nord.
Les bateaux qui venaient de servir pour le voyage de Christophe Colomb étaient des caraques .navires, de la fin du Moyen Âge, qui étaient caractérisés par une coque arrondie
Elle fut l’un des premiers types de navires européens à pouvoir s’aventurer en haute mer.
Les Espagnols l’appelaient nao (navire) et les Portugais nau : elle fut, avec la caravelle, le navire fait , pour la recherche vers l’inconnu. De ce fait, tout était encore rudimentaire.
Plus tard les NAOS auront fait des progrès et seront devenus plus confortables
L’Islande avait déjà été découverte au XVe• siècle.
Puis les pê­cheurs atteignirent le Labrador, le Groenland et enfin le Spitzberg en 1617.
Mais tout était encore très rudimentaire

omb en Amérique, avec la Niña et la caraque Santa Maria, qui vont découvrir la première route aller-retour le grand le 12 octobre 1492.
C’est avec ce même type de navire que les Basques vont aller vers le Grand Nord

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LA VIE À BORD

L’équipage

La vie quotidienne à bord de tout corsaire ou marin basque se déroulait de la façon suivante:
Les marins vivaient sur le pont de jour comme de nuit, qu’il vente ou qu’il pleuve.
Pendant la journée il y avait plusieurs quarts à faire, de quatre heures chacun. Le travail commençait à l’aube: nettoyer les ponts, raccommoder et hisser les voiles, grimper le long des mâts et assurer les cordages.
Le matin, le marin gardait le tapis ou la couverture où il avait dormi, étalait ses vêtements, se lavait dans un seau, prenait un petit déjeuner frugal (biscuits, quatre-quarts, aïl, fromage et quelques sardines grillées), écopait l’eau que la nef avait recueillie pendant la nuit et mettait de l’ordre dans sa malle ou son coffre. Celui-ci contenait les vêtements propres à tout corsaire ou marin: une chemisette en laine, une chemise, des chausses, un capuchon ou une cagoule, et peut-être une pélerine courte et un bonnet.
Le seul repas chaud était celui de midi.pont dans d’énormes chaudrons en fer placés sur un brasier. La nourriture était abondante mais monotone.
On utilisait de l’huile, de l’aïl, des haricots, des fèves, des pois chiches avec de la viande séchée ou boucanée, du lard, de la morue ou des sardines séchées, de la viande salée, du quatre-quarts ou des biscuits de farine de blé, le tout stocké dans la partie la plus sèche de la nef.
Le miel remplaçait le sucre et le vin  ou le cidre était rationné par homme et par jour car ils était cher. Chacun recevait sa portion dans une écuelle en terre cuite ou dans une assiette en bois; une cuillère en bois et un poignard complétaient la vaisselle.
L’ eau était conservée dans des barriques en bois, où elle se corrompait promtement . Le biscuit, qui était la base principale de l’alimentation, fermentait par l’effet de la chaleur et de l’humidité des soutes, auxquels ne résistaient pas beaucoup mieux le lard et le poisson salé, les garbanzos et le fromage, qui formaient toute l’échelle de la nourriture..
Ces aliments étaient cuits plus ou moins bien dans le fougon, sorte de grande caisse doublée de fer, garnie d’un lit de terre et placée sur le pont des naos ; au-dessus, on leur faisait une toiture pour les préserver des pluies diluviennes . Ces traversées étaient de vrais cauchemards acceptés avec fatalité, avec un climat rigoureux dù aux masses d’air polaire qui affluaient des régions arctiques
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Il n’y avait que le capitaine qui avait sa chambre à lui, qui lui servait uniquement pour ses cartes. Au cours des derniers siècles des équipées corsaires il avait seul une chambre pour dormir.Le reste de l’équipage dormait sur le pont assis sur ses chevilles. Plus tard ils apprirent des Indiens à se servir de hamacs
Un couple rituel résonnait ensuite toutes les demi-heures, et le timonier et la vigie étaient remplacés toutes les heures.
Le manque d’hygiène, l’entassement sur le pont et les repas monotones étaient d’excellents bouillons de culture pour les maladies. La mauvaise nutrition les rendait très peu résistants aux maladies, et le danger de périr d’une épidémie déclarée à bord était grand.
Le scorbut, qui n’avait pas encore été découvert, et qui était dû au manque de vitamines, était la maladie la plus habituelle. Seuls les officiers avaient des provisions personnelles (figues, raisins secs, confitures, raisins,…) qui contenaient certaines doses des vitamines nécessaires. La syphilis fut une autre maladie très commune, qui sévit particulièrement au XVIème siècle. Le barbier était la personne à bord qui s’y connaissait le mieux pour soigner les malades.
Une grande partie de son travail consistait à extraire des objets, à cicatriser et à cautériser des blessures et à coudre ou couper des membres. Le traitement se limitait aux saignées, aux médecines végétales…, et le trousseau était composé par un mortier, des espèces, un découpeur, des plantes médicinales et de l’eau-de-vie.

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LES DANGERS

Sur place, les conditions de vie sont rudes, le froid et les maladies font des ravages. Gare aux équipages qui se laissent surprendre par l’hiver! Selon Nelson Cazeils, auteur de Cinq Siècles de pêche à la morue (éd. Ouest-France), 542 marins basques du Guipuzcoa auraient ainsi été « victimes des glaces lors de l’hiver sibérien de 1576-1577 à Terre-Neuve et le long du détroit de Belle-Isle ». Chasser la baleine est un métier à risque: il arrive que, d’un coup de queue, l’animal précipite une douzaine d’hommes dans l’eau glacée. Une fois tué, il est dépecé et sa graisse fondue dans de grands fours installés à terre pour en extraire l’huile.

Les marins devaient affronter les dangers de la mer.
Au cours de très grandes tempêtes ou d’ouragan, des navires disparaissaient .
Nombreux furent aussi les navires corsaires capturés par des bâtiments anglais plus puissamment armés
Fait prisonnier, l’équipage était conduit dans des geôles
anglaises ( les pontons ) Les conditions de captivité y étaient horribles Les géoliers les laissaient mourir lentement.

D’autre part, pris probablement par des corsaires de Salé ou
d’Alger, quelques Hendayais furent esclaves en Barbarie.
Ils ne pouvaient retrouver leur liberté qu’après paiement d’une rançon.
Parmieus nous citerons : en 1619, Joannis de Laparque, fils de Marie de Suhigaray (rançon prévue : 736 livres) ; Pierre Serviau, chirurgien ; Joannis de Harostéguy y resta une année, tandis que son fils Joannis de Harostéguy pris en même temps que lui, réussit à s’évader en 1715 après huit ans d’esclavage.
En 1723, François Apéstéguy âgé de 60 ans, était esclave depuis vingt ans. Betry de Romatet était en 1712 esclave en Turquie.

Quelques statistiques

De diverses études effectuées, il ressort que la durée de vie des
marins était environ de 42 ans en moyenne, alors qu’elle était de
52-53 ans pour la population masculine non maritime. Par ailleurs,
60 % des marins mouraient hors de leur village — de maladie ou de
noyade au cours de violentes tempêtes ou d’ouragan sur les corsaires,
ou prisonniers en Angleterre ou aussi sur les vaisseaux du
Roi —, et à un âge moyen de 30 à 35 ans suivant les paroisses. ( Lassus )

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La discipline et les prisonniers

A bord des vaisseaux corsaires basques espagnols, les marins ne pouvaient être condamnés à mort, aussi grave que fut leur faute. De sorte qu’étant libérés de la crainte des châtiments durs ou les plus extrêmes, les hommes d’équipage faisaient très souvent preuve d’une grande indiscipline. Il y avait cependant des punitions, comme le passage sous la coque, qui pouvait être assimilé parfois à la peine de mort.
En contrepartie, les basco-français étaient plus durs aussi bien dans leurs coutumes que dans leurs châtiments: le châtiment corporel et les rites d’initiation (attacher le nouveau au mât pour le frapper) subsistèrent malgré l’interdiction des autorités. L’assassin était attaché au cadavre de sa victime et était jeté par-dessus bord.
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Quoi qu’il en soit, il est sûr que les Basques ont découvert un grand
nombre de baleines dans les eaux qu’ils fréquentaient chose certaine dès la première moitié du XVIe siècle.
Dans les années1550, la documentation historique prouve sans équivoque que les ports de Biarritz,Capbreton, Pasajes, Renteria, Saint-Jean-de-Luz, Saint-Sébastien et Ciboure armaient annuellement plusieurs navires pour la pêche de la baleine et de la morue aux terres neuves.
La première référence certaine à cette industrie au Labrador date de 1554.
Par contre, leGrand Insulaire et pilotage du cosmographe André Thévet, rédigé vers1550, dit qu’il existe près de Tadoussac (Thadoyzeau), » une île où les Bayonnais et les Espagnols viennent chaque année faire la pêche de la baleine. »
Cette présence a très certainement influencé les Amérindiens.
Dans un document basque français déposé aux archives de la mairie de Saint-Jean-de-Luz, on peut lire que des le début, les Basques établirent des liaisons commerciales avec les autochtones mais plus particulièrement avec les Esquimaux. Les langues de ces deux peuples étant bien sûr différentes, ils formèrent une espèce de langue franque composée de basque et de deux langues amérindiennes. « Les personnes qui ont fait desétablissemens aux colonies françoises au Canada et en la partie septentrion de l’Acadie, y trouvèrent ce langage étably depuis longtems, la première fois qu’ils y arrivèrent « 

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LES BALEINIERS

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Sur la trace des baleines

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tombe d’un baleinier
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DESCRIPTION d’un COMBAT

par
– Samuel de Champlain

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Champlain – Samuel de 1567/1635 ( Fondateur du Québec )témoin oculaire, nous donne une forte et intéressante description de la pêche à la baleine à son époque, qui n’était pas très différente de celle du siècle précédent, ni de ce qui se fera encore pendant longtemps:

« Ceux donc qui sont plus adroits à ceste pesche sont les Basques, lesquels pour ce faire, mettent leurs vaisseaux en un port de seureté, ou proche de là où ils jugent y avoir quantité de ballaines, et équipent plusieurs chalouppes garnies de bons hommes et haussières, qui sont cordes faites du meilleur chanvre qui se peut recouvrer, ayant de longueur pour le moins cent cinquante brasses, et ont force per­tusanes longues de demie pique qui ont le fer large de six pouces, d’autres d’un pied et demy et deux de long, bien tranchantes.
Ils ont en chacune chalouppe un harpon­neur, qui est un homme des plus dispos et adroits d’entre eux; aussi tire il les plus grands salaires après les maistres, d’autant que c’est l’office le plus hazardeux. ( dangereux )
Ladite chalouppe estant hors du port, ils regardent de toutes parts s’ils pourront voir et descouvrir quelque balaine, allant à la bordée d’un costé et d’autre: et ne voyant rien, ils vont à terre et se mettent sur un promontoire, le plus haut qu’ils trou­vent pour descouvrir de plus loin, où ils mettent un homme en sentinelle, qui aper­cevant la balaine, qu’ils descouvrent tant par sa grosseur, que par l’eau qu’elle jette par les esvents, qui est plus d’un poinçon à la fois, et de la hauteur de deux lances; et à ceste eau qu’elle jette, ils jugent ce qu’elle peut rendre d’huille. Il y en a telle d’où l’on en peut tirer jusques à six vingt poinçons, d’autres moins.
Or voyant cet espouvantable poisson, ils s’embarquent promptement dans leurs chalouppes, et à force de rames ou de vent, vont jusques à ce qu’ils soient dessus.
Là voyant entre deux eaux; à mesme instant l’harponneur est au devant de la chalouppe avec un harpon, qui est un fer long de deux pieds et demy de large par le bas, emman­ché en un baston de la longueur d’une demie pique, où au milieu il y a un trou où s’attache la haussière, et aussi tost que ledit harponneur voit son temps, il jette son harpon sur la balaine, lequel entre fort avant, et incontinent qu’elle se sent blessée, elle va au fonds de l’eau.
Et si d’adventure en se retournant quelque fois, avec sa queue elle rencontre la chalouppe, où les hommes, elle les brise aussi facilement qu’un verre.
C’est tout le hazard qu’ils courent d’estre tués en la harponnant

: mais aussi tost qu’ils ont jetté le harpon dessus, ils laissent filer leur haussière, jusques à ce que la balaine soit au fonds: et quelque fois comme elle n’y va pas droit, elle entraine la chalouppe plus de huit ou neuf lieues, et va aussi vite comme un cheval, et sont le plus souvent contraints de coupper leur haussière, craignant que la balaine ne les attire sous l’eau:

mais aussi quand elle va au fonds tout droit, elle y repose quelque peu, et puis revient tout doucement sur l’eau: et à mesure qu’elle monte, ils rembarquent leur haussière peu à peu: et puis comme elle est dessus, ils se mettent deux ou trois chaloupes autour avec leurs pertusanes, desquelles ils luy donnent plusieurs coups, et se sentant frappée, elle descend derechef sous l’eau en perdant son sang, et s’affaiblit de telle façon, qu’elle n’a plus de force ni vigueur, et revenant sur l’eau, ils achè­vent de la tuer: et quand elle est morte, elle ne va plus au fonds de l’eau, lors ils l’at­tachent avec de bonnes cordes, et la traînent à terre, au lieu où ils font leur degrat, qui est l’endroit où ils font fondre le lard de ladite balaine, pour en avoir l’huille.

Voila la façon que elles se peschent, et non à coups de canon, ainsi que
plusieurs pensent.
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XVII  ème siècle

l »APOGEE

ARRIVEE DE LA MORUE

Aussi le XVII° siècle marque-t-il l »apogée de la grande pêche et de l’importance du port de Saint-Jean-de-Luz qui était le seul du pays ou se fissent les armements.
Quoique Bayonne eut repris une certaine importance, depuis la déviation de l’Adour dans son lit actuel en 1578 Saint-Jean-de-Luz avait presque exclusivement le monopole de la pêche.On y armait entre cinquante et quatrevingt navires sans compter ceux affectés au cabotage et à la petite pêche
Environ 3000 marins partaient chaque printemps et revenaient à l’automne, après avoir réalisé des bénéfices considérables pour leurs armateurs et pour eux mêmes, au cours de leurs courageuses randonnées sur les mers du nord.
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Les navires non armés ne pouvaient pratiquer ni le commerce ni les pêches lointaines, car ils auraient été des proies trop faciles pour les corsaires et vaisseauxde guerre ennemis.
Le Roi accordait alors des congés ou commissions
aux négociants et aux notables, afin de leur permettre d’armer
en guerre des navires privés pour courir sus aux ennemis de l’État.
Il s’agissait de la guerre de course.
L’équipage était rémunéré à la part : d’une demi-part
pour le mousse à dix pour le second et douze pour le capitaine.

Avant l’embarquement, il recevait une avance qui restait acquise.
Le complément était éventuellement versé après la vente des prises
capturées.
Le produit de celle-ci était ainsi réparti : après déduction
des frais divers, 10 % revenaient à l’amiral de France et, pour le reste
deux tiers étaient attribués aux armateurs et un tiers à l’équipage.
Outre la guerre de course, le Roi autorisait aussi à armer en guerre
les marchandises des navires privés, soit afin de continuer le commerce
avec les colonies françaises d’Amérique, soit pour effectuer
les pêches lointaines des baleines et des morues.
Ces bâtiments armés de canons avaient ainsi la possibilité de se défendre contre des corsaires, et éventuellement de s’emparer de navires ennemis.
Nombreux furent les capitaines d’Hendaye qui se distinguèrent
dans cette guerre de course tels Croisic, Jacobé Larroche, Pierre
Dalbarade…, n’hésitant pas à attaquer à l’abordage des navires plus
puissants
Leurs lettres de marque,qui alternaient leurs occupations de chasse avec le pillage des ennemis sur les bancs de Terreneuve
Les pillages de morue, par exemple, constituaient pour eux un butin aussi convoité que les soies les plus riches, l’or ou les meilleurs vins des navires marchands.
Quelle qu’en ait été l’époque, elle a permis aux marins d’ajouter à la pêche à la baleine une autre branche d’industrie non moins pro­ductive : la pêche de la morue.Ils avaient en effet trouvé des bancs, si riches en morues, qui entourent la grande île ,et la vente de ces poissons, inconnus jusqu’alors, eut un tel succès que des armements furent faits pour cette pêche seulement, en même temps que ceux pour la pêche à la baleine.
. On en trouve trace en 1560 : des établis­sements existaient déjà à Terre-Neuve pour la préparation des mo­rues ;toute une population s’y rendait en été et on comptait un certain nombre de Basques qui y étaient fixés définitivement. Chacune de ces découvertes produisit une recrudescence d’activité dans les armements et des augmentations de bénéfice.

Les corsaires Hendayais remplirent le port de Saint Jean de Luz de
leurs butins à tel point que le gouverneur de Bayonne écrivait à Louis XIV:

« En six ans Suigaraychipi captura à lui seul cent voiliers marchands, et en huit mois, avec le support des frégates du Roi, cent vingt-cinq au point que le gouverneur de Bayonne écrivait à Louis XIV: « Il est possible de traverser depuis la maison où votre Majesté aviez logé jusqu’à Ciboure sur un pont fait avec les navires pillés et attachés les uns aux autres ».

Après plusieurs années il s’occupa à protéger contre les Anglais les retours des Basco-français et des Bretons de Terreneuve, où il mourut

Nid de vipères !
Les Anglais disaient que le golfe de Gascogne était  » Un nid de vipères « .
Dès le XVII ème siècle les anglais craignaient les redoutables pêcheurs basques reconvertis en corsaires.
En effet, leur réputation était grande et ces derniers étaient si doués que les prises étaient abondantes
. Nombreux sont ces capitaines basques qui embarquaient à bord de frégates, brigantins ou goélettes équipés de canons, et qui sillonnaient les mers pour « courir sus » aux bateaux ennemis
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PENDANT LE XVII ° siècle en 1627
se fit une PARENTHESE.
Le roi LOUIS XIII et Richelieu réquisionairent nos marins et particulièrement nos Hendayais pour délivrer les habitants de La Rochelle du blocus fait par les Anglais de Bukingam
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Un exploit des marins Hendayais
L’ÎLE DE RE
et les pinasses à fond plat

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LOUIS XIII et RICHELIEU à l’Ile de RE 
En début d’année 1568, poussé par l’intense propagande menée par les pasteurs, le maire protestant François Pontard, soulève la ville contre les catholiques.
Ces derniers fuient hors des murs, mais 13 prêtres sont arrêtés, égorgés et jetés à la mer . Les églises sont détruites, leurs pierres servant à renforcer les murailles. Les troubles se répandent dans la région, où les pillages se multiplient. Des catholiques sont massacrés par des Rochelais, tandis que des catholiques massacrent des calvinistes .
L’île de Ré se range aux côtés de La Rochelle, qui se proclame république indépendante et calviniste, en adoptant officiellement les idées réformistes et en rejoignant le parti protestant, ce qui ne manque pas d’inquiéter le pouvoir royal, et qui a d’importants retentissements dans le monde protestant.
En effet, avec ses 23 000 habitants, la ville est parmi les plus grandes du Royaume de France, et elle est également riche du commerce développé avec l’Espagne, l’Angleterre et les pays d’Europe du Nord, ce qui en fait une cité d’une importance exceptionnelle pour l’époque.
Les Anglais pour défendre leurs alliés de la religion réformée envoient le duc de Buckingham les défendre. Il s’installera sur l’Île de Ré, en face de La Rochelle, avec plus de 100 navires et 6 000 hommes.
Le siège de l’Île durera de juillet à novembre 1627.
Manquant de vivres et d’eau ses habitants sont dans une famine hors du commun. Le gouverneur de l’Île, envoie à la nage trois volontaires rejoindre les troupes royales à La Rochelle pour obtenir leur aide ; un seul y parviendra.
Richelieu avait épuisé toute les possibilités pour ravitailler l’île devenue stratégique pour la récupération de La Rochelle. C’est alors que l’un de ses conseiller lui parle des marins basques et leur habilité à naviguer tant à la voile comme à l’aviron.
Ne disposant pas d’un nombre suffisant de vaisseaux de guerre pour briser ce blocus, Richelieu,informé de la combativité des Basques, fit appel au Gouverneur de Bayonne, qui lui répondit aussitôt par l’envoi de bateaux armés en cette ville et de Saint-Jean-de-Luz ainsi que d’une flottille de pinasses à fond plat manoeuvrées à la rame et à la voile, partie de Hendaye.
Un mémoire du temps , cité par E .Ducéré
<< les Corsaires sous l’ancien régime rapporte un incident qui, pour le moins mérite de retenir l’attention.“ Or, il arriva que, comme cette flotte allait cinglant à pleine voile, et que l’on croyait être déjà devant Saint-Martin, Dieu fit cesser le vent tout à coup en telle sorte qu’il fallut demeurer près de deux heures sans pouvoir aller ni à droite ni à gauche. Alors chacun tout étonné et croyant demeurer à la merci des ennemis si le jour les surprenait, se mirent à prier Dieu, faisant vœux et prières, et se recommandant à la Vierge, lui faisant vœu, au nom du roi, de lui faire bâtir une église sous le nom de Notre-Dame de Bon-Secours, en mémoire de cette journée, s’il lui plaisait envoyer le vent favorable.
“ Soudain ils furent exaucés, car le vent se rafraîchit ; en sorte que chacun ayant repris sa piste et son ordre, en moins de demi-heure ils virent le feu que M. de Toiras faisait faire en la citadelle. Là, quittant la côte de la Tranche, chaque pilote regardant sa boussole, ne pensant plus qu’à passer courageusement, on entra dans la forêt des navires ennemis. Les premières sentinelles les ayant laissé passer sans dire mot ; après que tout eut passé, ils commencèrent à les envelopper et canonner si furieusement que l’on eût dit que c’était de la grêle. En face de l’île de Ré, ils se heurtèrent au barrage que les Anglais avaient établi, sous la forme de câbles peu profondément immergés et reliés à des tonneaux ou à des rochers.
Les marins hendaiars eurent l’astuce de faire glisser leurs pinasses, à faible tirant d’eau, sur la hauteur restée libre. Ils eurent aussi le courage et l’audace de couper à la hache, sous le feu de l’ennemi, les grelins attachés aux rochers.A six reprises, en septembre et octobre, ils réussirent ainsi à percer la ligne de la flotte anglaise et à ravitailler l’île. .Mais la bataille fut rude et les simples pêcheurs, vaillants combattants, remarqués pour leur hardiesse, remontant par trois fois sous le feu de l’ennemi, contribuèrent à mettre en échec le siège britannique Nos simples marin pêcheurs se révélèrent être de vaillants combattants: 35 petites barques de la flotte française équipées de 1 000 hommes réussiront à forcer de nuit le blocus anglais et à ravitailler les soldats à St Martin.
Grâce aux Basques et,aux Hendaiars , l’Anglais était battu.
Le duc de Buckingham tente un dernier assaut, mais, devant la perte de 5.000 soldats, il doit reconnaître sa défaite, sonner la retraite et rentrer sans gloire en Angleterre.
Très peu de batailles ont été gagnées par les Français contre les Anglais : cette victoire mérite d’être signalée.
Les Hendayais fidèles à leur promesse érigèrent sur une colline proche de la paroisse une chapelle à Notre Dame du Bon Secours, qui au fil du temps a vu son nom se modifier pour devenir SOCORRI de consonance plus basque. Aujourd’hui encore au large de La Rochelle le Pertuis d’Antioche est nommé Pertuis aux Basques
.D’après Duvoisin, la flotille de Hendaye était conduite par Jean Pellot, ancêtre du célèbre corsaire. Une médaille d’or distribuée par le roi aux chefs des escadrilles resta longtemps en la possession de la famille Pellot. Les Hendayais se distinguèrent dans cette bataille contribuant à mettre en échec le siège britannique sur l’île de Ré
. Le roi voulut récompenser les marins basques et là ou les autres se contentèrent d’une récompense monétaire, les marins d’Hendaye, revendiquant depuis longtemps leur émancipation d’Urrugne, dont ils n’étaient qu’un quartier, obtinrent du roi un territoire dit
“ Les Joncaux ” qui furent donc offert
“ aux marins de
Hendaye ”.

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les Joncaux à droite de l’image
Le roi Louis XIII les rétribua généreusement ce qui leur permit de faire élever la chapelle de SOCORRI . C’est à ses marins ainsi qu’à la générosité des rois que Hendaye dut la première concession, qui lui fut faite, celle des terres nourricières des Joncaux couvrant 26 hectares environ, Ce fut là le point de départ de la commune de Hendaye qui par édit du roi du 20 mai 1654 s’affranchit de la tutelle d’Urrugne.

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Chapelle de Socori
Et liberté leur sera rendue

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combat de Corsaires

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PECHE A LA MORUE
Sur les côtes sud et ouest de Terre Neuve, de l’Acadie et du Saint-Laurent, pendant près de quatre siècles, les Basques pratiquent essentiellement la pêche « sédentaire « , c’est-à-dire que la morue est capturée près des côtes, et salée puis séchée à terre.
Peu connue au Moyen-âge, la morue devient, grâce aux pêches lointaines, le poisson le plus consommé de France, aux dépens du hareng, le roi des poissons de l’époque. Dès la fin du seizième siècle, de nombreuses communautés maritimes exploitent les bancs de morues de l’Atlantique nord-ouest
. Les Basques des provinces du Labourd, de Guipuzkoa et de Biscaye pratiquent cette pêche en même temps que la chasse à la baleine.
Au seizième siècle, le développement maximal de cette pêche donne un essor important à l’économie locale.
.Bien que troublées par des incursions, anglaises notamment, les relations des Basques avec les indigènes de Terre-Neuve et du Canada sont excellentes.
Au dix-septième siècle, le port de Saint Jean de Luz prend de l’importance grâce aux grandes pêches lointaines.
Mais la concurrences entre Français et Anglais se fait de plus en plus forte.
Après le traité d’Utrecht (1713) qui prive la France de l’Acadie et de Terre-Neuve au profit des Anglais, les pêcheurs Basques se tournent vers Louisbourg et l’île Royale.
Les armements s’y maintiennent tant bien que mal au dix-huitième siècle, en particulier grâce à des primes offertes par l’Etat : on y compte vingt-six morutiers luziens ou cibouriens en 1738. Mais la concurrence britannique devient aiguë, en particulier sur le marché espagnol. En outre, la guerre de Succession d’Autriche (1740-48 ), puis la prise de Louisbourg et de l’île Royale portent un coup sévère à cette activité . Il faut attendre la fin de la guerre de Sept Ans (1763 ) pour assister à un véritable renouveau, jusqu’à la révolution.
Le traité de Versailles à la fin de la guerre de l’Independance américaine (1783 ) redonne à la France Saint-Pierre et Miquelon et le droit de pêche à Terre-Neuve.
Au début du 19 ° siècle, la flotte du Pays Basque est dans un état de ruine presque générale.
La pêche continue, mais dans des dimensions moindres, souffrant de pénurie de bateaux et de marins.
A partir de 1840, la plupart des morutiers traitent le produit de leur pêche dans les sécheries de Saint-Pierre et Miquelon.
Les armateurs eux-mêmes commencent à armer leurs bateaux à partir de Saint-Pierre.
Pendant la deuxième moitié de ce siècle, la famille Légasse, fondatrice de la compagnie  » la Morue française « , permet la poursuite de cette pêche, à partir de ces dernières possessions en Amérique du nord.
Le navire le plus communément utilisé est le trois-mâts goélette dorissier, introduit par les Fécampois. Le dernier morutier à voile de cette compagnie, qui a des attaches ( à Hendaye ) au Pays Basque par l’origine de ses armateurs, disparaît à Marseille en 1945 : le quatre-mâts  » Zazpiak Bat  » est détruit par un incendie.
La fin du dix-neuvième siècle et le début du vingtième voient disparaître l’ importance économique et sociale d’une industrie morutière jusque là florissante.
Le remplacement des voiliers par les chalutiers ne modifie pas cette situation
. Même après 1945, l’arrivée d’une flotte moderne de bateaux chalutant par l’arrière ne peut enrayer la disparition graduelle de la grande pêche, mise à mal une fois de plus par la concurrence étrangère et le nouveau droit de la mer, mais aussi par les fluctuations des stocks ou encore les changements des goûts des consommateurs.

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la pêche à bord du bateau

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la morue est mise en barriques

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la flotte Hollandaise a la pêche

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drapeau de Saint Pierre et Miquelon

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MORUTIER

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LE DECLIN
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LES CAUSES

LES HOLLANDAIS
LES ANGLAIS
Les HARPONNEURS

Concurrence étrangère à laquelle les Basques ne sont pas étrangers.
Longtemps tributaires du Pays Basque pour leur approvisionnement en huile de baleine, les Anglais et les Hollandais se sont en effet lancés à leur propre compte.
Engageant des équipages basques pour apprendre l’ABC du métier, ils en assimilent vite les techniques.
Les Hollandais en font autant.
Les deux nationalités multiplient les expéditions en Mer du Nord et rivalisent d’audace pour s’assurer la maîtrise de la ressource.
À la fin du XVI ième siècle les Hollandais possèdent 200 baleiniers qui s’accaparent le gros de la production
. La montée des pays nordiques marque ainsi la fin de l’hégémonie basque sur le commerce européen des huiles de baleine.

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Souvent, les pêcheurs profitent de l’hiver ou des périodes de guerre pour se reconvertir dans la course. Il leur suffit alors de troquer harpons et filets contre grappins et mousquets! De 1744 à 1748 en pleine guerre de Succession d’Autriche, pas moins de 103 navires corsaires sont armés sur lacôte basque.

Le contact s’établit avec les Indiens micmacs: Luziens et Basques comme les autres marins français, complètent leurs revenus grâce au commerce de fourrures et de peaux, échangées contre quelques outils venus d’Europe. Ces fortes têtes rejettent le monopole de la traite qu’Henri IV accorde en 1603 aux premiers colonisateurs pour financer le peuplement de la Nouvelle France.

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Des milliers de corsaires basques en captivité en Angleterre
Tous les corsaires français ne meurent pas dans leur lit.
Selon l’historien Alfred Lassus, la guerre de course durant la guerre de Sept Ans (1756-1763) coûte la vie à plus de 1100 marins et 4000 se retrouvent à croupir plusieurs années dans les geôles anglaises. Epidémies, malnutrition, mauvais traitements… sur les infâmes pontons de Plymouth ou de Portsmouth, on crève à petit feu, en priant pour sa libération.
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Les Basques étaient donc devenus les maîtres d’une industrie de grande rentabilité. Ils ont au cours du XVI ième siècle extrait du Saint-Laurent et de son estuaire plus de 20 000 barils d’une huile fortement recherchée pour l’éclairage domestique et d’une valeur inappréciable . Mais l’apparition de tensions internationales en Europe a forcé leur retrait graduel de l’industrie baleinière, en raison notamment de la guerre franco-espagnole et la défaite de la Grande Armada en 1588. Mais un autre facteur tout aussi important est à l’origine du déclin de l’industrie
Un mémoire sur la pêche à la baleine qui étudie les causes de son déclin, les conditions d’une relance éventuelle, et surtout cette dure réalité du rapport de forces avec les concurrents: «Les Hollandais envoient à présent 2 à 300 (navires), les négociants de Bayonne et de Saint-Jean-de-Luz n’ont armé depuis 20 ans que 25 navires tout au plus chaque année».
Cependant, vers le XIVème siècle, les baleines commencèrent à se faire rares sur la côte basque, et les Basques furent obligés d’aller à leur recherche vers l’Irlande et Terreneuve.
Les dernières découvertes effectuées au Canada relatives à la fréquence de la toponymie basque à cet endroit, les mots basques utilisés par les indiens et la façon de harponner les baleines seraient la preuve que les Basques furent les premiers à arriver sur ces terres et à établir des rapports d’amitié avec les indigènes. C’est ainsi que les années vingt du XVI ème siècle connurent le début de la chasse à la baleine en Terreneuve, bien qu’il y ait des témoignages antérieurs sur la présence basque dans ces terres.
Les bateaux se réunissaient à un endroit situé à cinquante kilomètres de Terreneuve et du Labrador, où ils restaient jusqu’à la fin du mois de Janvier, lorsque les températures glaciales les obligeaient à interrompre la marée. Au cours de ces campagnes qui duraient huit mois, du printemps à l’automne, quelques vaisseaux baleiniers rentraient avec leurs cales à moitié vides, et d’autres ne rentraient plus, ou perdaient leur chargement entre les mains des pirates.

Vers la moitié du XVIème siècle, surtout pendant les décennies de 1570 et de 1580, se produisit un grand mouvement de Basques vers Terreneuve qui apporta de grand changements dans la vie économique de Pays Basque.
A partir de 1585 les baleiniers basques commencent leur déclin. Au cours de cette année-là, date du début de la guerre contre la Grande-Bretagne, un grand nombre de vaisseaux est réquisitionné par la Flotte Espagnole, qui n’avait pas de bâtiments suffisants pour former une grande escadre.
Trois années plus tard, à la suite de la défaite de l' »Armada » espagnole, un très petit nombre de bateaux partirent pour la pêche en Ils ne pouvaient plus être défendus et étaient à la merci des corsaires
A cela il fallut ajouter la signature de la paix de 1598 entre la France et l’Espagne. L’Angleterre, la France et le Danemark s’emparèrent politiquement des terres et des mers de l’Amérique du Nord, et la France envoya même un gouverneur en Terreneuve.
La situation continuerait ainsi jusqu’au XVIIIème siècle, lorsqu’en 1713, en vertu du Traité d’Utrecht, le roi Philippe V fait accorder la liberté de pêche pour les Basques en Terreneuve. Mais les baleines étaient déjà rares..

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1     LES HOLLANDAIS

LES ANGLAIS

Les HARPONNEURS BASQUES

Le transfert de l’Amérique au Spitsberg arrivait toutefois trop tard
pour préserver ce qui restait de l’industrie basque.
Au Spitsberg, qui s’appelait alors Groenland, les Basques se heurtèrent aux Anglais et aux Hollandais qui n’en étaient encore qu’à leurs premières armes dans la pêche mais qui allaient bientôt les devancer. Cette concurrence des Anglais mais surtout des Hollandais a contribué à mettre un terme à la pêche basque de la baleine.

La pêche au Spitsberg a débuté en 1611, soit 15 années après la
découverte de l’île par le Hollandais Willem Barendszoo En 1607, Henry Hudson avait visité l’île pourle compte de la Muscovy Company et c’est lui qui découvrit la grande quantité de baleines du Groenland dans le secteur.
Trois ans plus tard, la compagnie y envoyait un premier navire de 70 tonneaux
Ce navire n’était pas équipé pour la pêche de la baleine car à cette époque, les gouvernements Anglais, comme les responsables Hollandais, ne semblaient pas encore intéressés à cette industrie.
Toutefois, il ne fallut pas beaucoup de temps aux membres de la Muscovy Company – compagnie privée – à qui fut donné le monopole pour en saisir toute l’importance. Conscients de leur ignorance dans le domaine,ils tentèrent de profiter des connaissances et de l’expérience des Basques qui pratiquaient cette pêche depuis au moins 500 ans. Nathaniel Wright fut donc envoyé au Pays basque afin d’y recruter des pêcheurs pour le compte de la compagnie. Sa mission dura 14 ans
Six pêcheurs basques originaires de Saint-Jean-de-Luz firent
partie, en 1611, de la première expédition organisée par la Muscovy
Company pour capturer les baleines du Spitsberg. L’expédition fut un échec.
L’année suivante, les Anglais tentèrent à nouveau l’expérience
avec des harponneurs basques, mais déjà ils n’étaient plus seuls.
Ils
rencontrèrent des Hollandais et des Basques, respectivement dirigés par deux anciens employés de la Muscovy Company.
La part des Basques dans la pêche au Spitsberg se résume à leur
participation à titre d’employés des Anglais ou des Hollandais et aussi à titre personnel.
Dès le début, les Anglais employèrent des Basques que Baffin appelait « nos harponneurs [strikers] de baleine ».
Dans une lettre de 1612, le roi Jacques Ier d’Angleterre demande d’ailleurs la permissionau roi d’Espagne d’engager des Basques pour la pêche anglaise
Cette politique fut adoptée très tôt également par les Hollandais.
Des 1613,l’équipage de deux navires armés pour la pêche de la baleine par ce pays comprenait 12 Basques dont 3 harponneurs, 3 maîtres de chaloupe, des dépeceurs et des bouilleurs. Pour les récompenser et les inciter à poursuivre cette collaboration, les Hollandais auraient même élevé des statues aux plus habiles capitaines et harponneurs basques.
L’auteur d’un mémoire rédigé en 1710 sur la découverte de Terre-Neuve déclare: « Onvoit encore à présent de ces statues à Amsterdam, habillées à la mode ancienne des Basques »^.
Selon Cleirac, s’il est juste de faire remarquer
 » que les Basques étaient meilleurs pêcheurs, il faut également noter queles Hollandais étaient meilleurs navigateurs, les premiers étant plus disposés à « vider la bouteille, humer l’eau de vie et fumer le tabac, qu’à manier adroitement l’astrolabe, le grand anneau, le quadran ou quart de rond, le triangle ou l’arbalestille »

La politique d’embauche de Basques eut pour double effet d’apprendre aux Hollandais et aux Anglais les techniques de pêche et de priver la flotte basque de plusieurs bons éléments
La pêche basque à titre personnel, s’est trouvée coincée entre
l’Angleterre et la Hollande en lutte pour le contrôle de la pêche au
Spitsberg. En 1613, la partie espagnole du Pays basque envoyait huit navires de pêche dans l’île . Cette même année fut toutefois marquéepar l’émission d’une charte par laquelle Jacques Ier d’Angleterre concédaità la Muscovy Company, le privilège exclusif de la pêche au Spitsberg. Des lors, toutes les nations se virent interdire l’accès à l’île, y compris les Anglais qui n’étaient pas membres de la compagnie.
Cette dernière consentit une seule exception, soit un navire de Saint-Jean-de- Luz. En 1614, la Hollande ripostait à l’Angleterre par la formation de la compagnie Noodsche.
La Muscovy Company, ne pouvant concurrencer cette nouvelle entreprise, finit par consentir au partage des côtes du Spitsberg entre Anglais, Hollandais, Danois, Hambourgeois, Français et
Basques.
Dans les années 1620, la flotte de pêche hollandaise était de loin la
plus puissante au Spitsberg, si bien qu’elle finit par éliminer tous ses
adversaires.
Après avoir appris des Basques les techniques de pêche, les
Hollandais les chassèrent.
C’est du moins le reproche que la Compagnie française du Nord faisait dans ses remontrances au Parlement en 1644: et comme lesdits Basques, et autres particuliers Français avec eux, prétendant y avoir

« mesme droict que les autres nations, voulurent continuer
ladite pesche et y envoyer des vaisseaux ils en furent chasser [sic], leurs navires pris et leurspersonnes emprisonnées… »

C’est en réaction à cette attitude que les corsaires Basques pillèrent les établissements hollandais de Jan Mayen en 1632.

À compter des années 1630, les Basques, qui se retrouvaient sans
établissements côtiers, durent pratiquer la pêche hauturière. La nécessité étant la mère de l’invention, ils commencèrent alors à utiliser une nouvelle technique de transformation du lard mise au point par Martin Sopite, un Basque de Saint-Jean-de-Luz. Cette méthode consistait à dépecer et à faire fondre le lard de la baleine à bord du navire, rendant ainsi les expéditions totalement indépendantes de la terre.
C’est grâce à cette découverte qu’ils auraient commencé à exploiter, immédiatement après avoir été chassés du Spitsberg, deux nouvelles réserves de baleines dont l’une était située entre le Spitsberg et le Groenland actuel, et l’autre dans un endroit qu’ils appelaient Sarde et qui se trouvait au

Au large de la Finlande. Au milieu du XVIIe siècle, les villes de Saint-Jeande- Luz, Bayonne et Ciboure armaient une cinquantaine de navires
baleiniers de 200 à 300 tonneaux.
Tout au long du XVIIe siècle, et malgré un interdit du roi en 1634,
les Basques continuèrent à travailler pour le compte des Hollandais tout en armant leurs propres expéditions.
Selon un ouvrage publié en 1666, les relations entre la Hollande et Saint-Jean-de-Luz étaient encore soutenues à cette époque. L’auteur déclare avoir rencontré dans cette ville en 1655, des Flamands qui avaient embauché une cinquantaine de pêcheurs basques.
La collaboration avec les Hollandais et surtout la très forte
concurrence venant de ce pays allait avoir raison de l’industrie basque
Au début du XVIIIe siècle, les ports de Saint-Jean-de-Luz, de Ciboure et de Bayonne n’armaient plus qu’une trentaine de navires d’environ 250 tonneaux chacun.
La découverte des stocks de baleines du détroit de Davis vers 1720 revigora l’industrie mais pour peu de temps.
Au milieu du XVIIIe siècle, le déclin était amorcé de façon irrémédiable. L’échouage d’une baleine sur les côtes de Saint-3ean-de-Luz en 1764 en est un bel exemple: les pêcheurs l’attaquèrent avec des outils rouilles et en fort mauvais état.

Une vingtaine d’années plus tard, la pêche de la baleinen’était plus qu’un souvenir en pays basque français. Ainsi prenaient fin
au moins sept siècles de pêche continue par ce petit peuple du golfe de Gascogne.

Pourquoi, après avoir connu de si brillants moments,
L’entrée en scène des Anglais mais surtout des Hollandais, est
certainement la principale cause de ce déclin.
Après avoir acquis leurs connaissances des Basques, les Hollandais inondèrent les marchés européens, y compris la France, des produits dérivés de la baleine. Grâce à leur politique de prix très bas, allant même jusqu’à ne tirer aucun profit de leurs transactions
, ils s’accaparèrent les débouchés des Basques.
Il apparaît évident que si l’Espagne et la France avaient mieux protégé leurs pêcheurs de baleine, l’industrie basque aurait pu mieux résister aux Hollandais.
Déjà mal protégés militairement sur mer, les Basques n’ont pu bénéficier de la protection ni des encouragements de leurs gouvernements qui n’ont rien fait pour contrer l’invasion des marches par les produits étrangers.
Au contraire, ces gouvernements ont plutôt agravé la situation des pêcheurs en les impliquant dans des guerres prolongées, en prélevant des taxes élevées, en mettant des embargos et en réquisitionnant des embarcations et des équipages pour les guerres.
La stérilité du pays basque est un autre facteur qui a précipité la
chute de cette industrie. Obligés d’importer la plus grande partie des denrées nécessaires à l’armement de leurs navires, les Basques devaient donc payer plus cher pour l’équipement de leurs expéditions. Cependant, la présence des Hollandais les obligeait à s’en tenir à des prix de vente concurrentiels d’où une marge des profits réduite d’autant.
Retirant moins de revenus de la pêche, les pêcheurs émigrèrent, changèrent de métier ou s’engagèrent chez les Hollandais qui payaient mieux.
La rareté des marins provoqua à son tour la diminution du tonnage des navires et une augmentation des frais.
Il est en effet démontré qu’il en coûtait plus cher pour armer un petit navire puisque, si le prix de l’équipement était légèrement inférieur, par contre le rapport des prises par navire était nettement moindre.
La mésentente entre les armateurs basques au sujet de l’embauche
des marins, le piètre état des ports qui rendait périlleux le mouvement des navires, le retard de la construction navale française et les tracasseries faites par l’Espagne, sont autant de facteurs qui ont aussi contribué à ce déclin.
Le port de Bayonne en particulier était continuellement gêné par des bancs de sable qui obstruaient l’entrée de l’Adour et qui obligeaient les armateurs locaux à faire hiverner leurs baleiniers à Pasajes.
De son côté, au début du XVIIIe siècle, le roi
d’Espagne défendait aux marins de Guipuzcoa de s’embarquer sur des navires étrangers. En effet, les armateurs français de Bayonne et de Saint-Jean-de-Luz recrutaient annuellement environ 200 rameurs et harponneurs dans cette province. Ce recrutement se faisait selon un cycle qui était presqu’un rituel: à chaque année et dans le but de nuire le plus possible à la pêche française, le roi d’Espagne attendait jusqu’à la dernière minute avant d’accorder la permission aux pêcheurs espagnols de s’engager chez les Français, ce qui occasionnait généralement de mauvaises pêches. Au retour, après maintes lettres d’excuse et de justification entre la Chambre de commerce de Bayonne et les délégués de l’Espagne, ceux-ci rappelaient à la cour d’Espagne les services rendus aux Espagnols par les pêcheurs français et la fraternité qui unissait les Basques des deux côtés des Pyrénées. Le roi promettait finalement que les harponneurs seraient facilement octroyés l’année suivante tandis que les armateurs français déploraient l’absence dans leur pays de pêcheurs qualifiés.
L’année suivante, le même scénario se répétait à peu de chose
près65. Ce malentendu compliquait la vie des armateurs français qui possédaient les capitaux mais qui devaient recourir aux Espagnols pour la main-d’oeuvre spécialisée. Dans une lettre du 31 décembre 1729, les Baylis et Jurats de Saint-Jean-de-Luz déclarent:
« Nous nous apliquerons nous mettre à l’abry des Caprices de nos voisins…
« Cette décision arrivait toutefois trop tard.


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2 LES GUERRES DE LOUIS XIV
Après la période de croissance et de prospéritéde la deuxième moitié du XVIe siècle, viennent les années d’hésitations et de difficultés entre 1600 et 1620, que prolongent ultérieurement les guerres de Louis XIV. En outre, les projets de colonisation impulsés par la monarchie française favorisèrent les monopoles de commerce et la traite des fourrures.
La guerre de succession d’Espagne (1702-1713), suivie du traité d’Utrecht, empêcha la relance durable de la pêche au XVIIIe siècle, d’autant plus que désormais Hollandais et Anglais s’emparent des marchés européens

. Avec la guerre de Succession d’Autriche (1744-1748)

et celle de Sept Ans (1756-1763), on assiste à la  perte du QUEBEC  et au démantèlement de la pêche à Terre-Neuve.

Et le traité de Paris (1763) consacre la domination de la Nouvelle-Angleterre.
.La France renonça : D’ailleurs Voltaire aurait dit :Pourquoi s »occuper de quelques arpents de neige, le Roi approuva .
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Les Basques étaient donc devenus les maîtres d’une industrie de grande rentabilité. Ils ont au cours du XVI ième siècle extrait du Saint-Laurent et de son estuaire plus de 20. 000 barils d’une huile fortement recherchée pour l’éclairage domestique et d’une valeur inappréciable .
Mais l’apparition de tensions internationales en Europe a forcé leur retrait graduel de l’industrie baleinière, en raison notamment de la guerre franco-espagnole et la défaite de la Grande Armada en 1588. Mais un autre facteur tout aussi important est à l’origine du déclin de l’industrie
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Après la période de croissance et de prospéritéde la deuxième moitié du XVIe siècle, viennent les années d’hésitations et de difficultés entre 1600 et 1620, que prolongent ultérieurement les guerres de Louis XIV.
En outre, les projets de colonisation impulsés par la monarchie française favorisèrent les monopoles de commerce et la traite des fourrures beaucoup plus rentables que la pêche.
La guerre de succession d’Espagne (1702-1713), suivie du traité d’Utrecht, empêcha la relance durable de la pêche au XVIIIe siècle, d’autant plus que désormais Hollandais et Anglais s’emparent des marchés européens
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Un mémoire sur la pêche à la baleine qui étudie les causes de son déclin, les conditions d’une relance éventuelle, et surtout cette dure réalité du rapport de forces avec les concurrents: «Les Hollandais envoient à présent 2 à 300 (navires), » les négociants de Bayonne et de Saint-Jean-de-Luz n’ont armé depuis 20 ans que 25 navires tout au plus chaque année».
Laurier Turgeon montre aussi que la guerre ne fut pas la seule cause du déclin de la pêche hauturière.
Elle fut victime aussi d’une crise structurelle.
L’économie maritime reposait sur un système d’échanges rudimentaires et fragiles fondés sur la vente des produits de la pêche contre le paiement en argent qui était destiné au financement de l’avitaillement.
Cette espèce de monoproduction était à la merci de la moindre crise Il manquait une politique de diversification
Par ailleurs, le développement de la pêche maritime lointaine était lié à la production des ressources agricoles de l’arrière-pays nécessaires pour fournir tant l’avitaillement que la main-d’oeuvre. On voit par là que recul de l’agriculture, émigration, sous-emploi, déclin de la démographie et de la pêche allaient de pair et s’enchaînaient dans le même cycle de la dépression.
La guerre avait pour conséquence de transformer les baleiniers et morutiers basques en soldats et corsaires, signifiait la disparition de nombreux marins (prisonniers, tués), ou l’augmentation des invalides.
Les courbes démographiques témoignent de l’ampleur de la crise qui frappe l’économie maritime en Labourd tout au long du XVIIIe siècle.
Les populations maritimes restent enfermées dans le cycle infernal des grandes mortalités aggravées par les guerres du XVIIIe siècle.
Depuis la réforme de Colbert, le recrutement des matelots et des officiers se faisait selon le système des classes: les gens de mer étaient inscrits sur des listes puis répartis en classes pour être appelés à tour de rôle.
En temps de guerre, les marins pêcheurs devenant soldats, la source de revenus que constituait la pêche disparaît pour la famille, entraînant la sous-alimentation et l’endettement.
Les archives communales des ports labourdins portent les traces et les témoignages des différents aspects du déclin inexorable des populations maritimes dès la fin du XVIIIe siècle

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LES CONSEQUENCES SUR LA COTE BASQE
D’ HIER A AUJOURDHUI
Manex Goyhenetche

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.Une délibération de l’assemblée des habitants de Ciboure, le 24 septembre 1747, analyse très bien cette situation de détresse que vivent les populations de matelots, lorsque les guerres les privent de leurs ressources et les entraînent dans le cycle infernal des disettes et des surmortalités:
.Laurier Turgeon (op. cit. en note 11), a fixé les rythmes de développement de la pêche terre-neuvième,ses modes de production, d’utilisation et de commercialisation.
Laurier Turgeon montre aussi que la guerre ne fut pas la seule cause du déclin de la pêche hauturière.
Elle fut victime aussi d’une crise structurelle. L’économie maritime reposait sur un système d’échanges rudimentaires et fragiles fondés sur la vente des produits de la pêche contre le paiement en argent qui était destiné au financement de l’avitaillement.
Cette espèce de monoproduction était à la merci de la moindre crise Il manquait une politique de diversification
Par ailleurs, le développement de la pêche maritime lointaine était lié à la production des ressources agricoles de l’arrière-pays nécessaires pour fournir tant l’avitaillement que la main-d’oeuvre. On voit par là que recul de l’agriculture, émigration, sous-emploi, déclin de la démographie et de la pêche allaient de pair et s’enchaînaient dans le même cycle de la dépression. La guerre avait pour conséquence de transformer les baleiniers et morutiers basques en soldats et corsaires, signifiait la disparition de nombreux marins (prisonniers, tués), ou l’augmentation des invalides.
Les courbes démographiques témoignent de l’ampleur de la crise qui frappe l’économie maritime en Labourd tout au long du XVIIIe siècle.
Les populations maritimes restent enfermées dans le cycle infernal des grandes mortalités aggravées par les guerres du XVIIIe siècle.
Depuis la réforme de Colbert, le recrutement des matelots et des officiers se faisait selon le système des classes: les gens de mer étaient inscrits sur des listes puis répartis en classes pour être appelés à tour de rôle.
En temps de guerre, les marins pêcheurs devenant soldats, la source de revenus que constituait la pêche disparaît pour la famille, entraînant la sous-alimentation et l’endettement.
Les archives communales des ports labourdins portent les traces et les témoignages des différents aspects du déclin inexorable des populations maritimes dès la fin du XVIIIe siècle
______________________________________________________

.Une délibération de l’assemblée des habitants de Ciboure,
le 24 septembre 1747, analyse très bien cette situation de détresse que vivent les populations de matelots, lorsque les guerres les privent de leurs ressources et les entraînent dans le cycle infernal des disettes et des surmortalités:
«Ladite communauté a délibéré d’une voix unanime qu’il est important de représenter à sa grandeur l’état et la situation où se trouve la communauté de Ciboure depuis quelques années, que les habitants qui la composent étant généralement presque tous matelots, elle se trouve dépeuplée considérablement par les mortalités que les guerres accompagnent soit sur les vaisseaux des armateurs et aux prisons des ennemis de l’Etat où plusieurs se trouvent détenus, et les pauvres familles sans secours réduites à la misère (…), sans ressource d’aucun commerce ni moyen de subsistance, la plus grande partie de ses habitants est à la mendicité»

Près de quarante ans plus tard, la situation n’a guère évolué.
Elle a même empiré, si l’on se fie à la délibérationde l’assemblée des habitants de Ciboure le 27 août 1780
:«Elle n’y a d’autre aliment que la pêche à la morue et des armements du pais ayant été reservés dans deux ports de l’île de Terre Neuve (il s’agit de Saint-Pierre et Miquelon), bien loin d’avoir eu quelque succès, presque tous les armateurs y ont perdu, de là une privation de la subsistance des matelots et de leurs familles, parce qu’ils se trouvaient au retour débiteur de leurs armateurs et une pareille privation (…) qu’à cette guerre a succédé la misère, soit par la cessation de cette pêche telle qu’elle, soit par des levées considérables des matelots pour le service dans les vaisseaux du Roi où il est déjà port une soixantaine, par conséquent une dépopulation et une désolation (…)»

A la veille de la Révolution de 1789, la population de Ciboure souffrait toujours de la crise alimentaire et de la sous-alimentation que provoquait la guerre. Le démantèlement de la pêche a pour résultat la disparition,dans les familles, de la source de revenus (le produit de la pêche) qui permettait l’achat de la nourriture céréalière.
Pour faire face à la disette et à la sous-alimentation, il fallait s’endetter, hypothéquer des biens. L’appauvrissement des familles entraine l’augmentation des difficultés financières de la communauté obligée de vendre une partie de ses biens communaux:

«La communauté de Ciboure n’a aucun bien patrimonial, qu’elle n’a presque point de territoire, que les habitants seuls donc en supportent presque toutes les charges et impositions, que les habitants sont presque tous marins qui dans ce moment se trouvent à la pêche des morues, que cette pêche dans les trois ou quatre dernières années a été si peu abondant dans la partie de la grande île de Terre neuve où la majeure partie des matelots de cette comunauté se trouve occupés, que bien loin de leur donner quelque profit pour la subsistance de leurs femmes et de leurs enfants, ils se sont trouvés au contraire endettés chaque année au retour du voyage envers leurs armateurs, que la misère occasionnée par ce défaut de pêche a rendu impossible même la perception ordinaire des impositions»
Le manque de ressources frappait aussi l’arrière-pays des ports labourdins. Dans les années 1780, Inda, curé d’Ainhoa, soulignait la disette dont souffrait sa paroisse: «

Le dépouillement des sources fiscales permet de mettre en évidence l’appauvrissement des populations maritimes du Labourd au XVIIIe siècle. Prenons le rôle de la capitation à Saint-Jean-de-Luz en 1701
Il recense 257 chefs de feux. Quinze ans plus tard, celui de 1716 ne contient plus que 231 feux, soit une diminution de 109%. Pendant le même laps de temps, la proportion des petits contribuables (entre 10 sols et 1 livre) est passée de 69,26% à 88,74%, soit une augmentation de 27%, tandis que la proportion des plus hauts revenus est tombée de 9,33% à 1,29%, soit une diminution de 116%. C’est le signe le plus évident de la paupérisation des habitants de Saint-Jean-de-Luz dès la première moitié du XVIIIe siècle
On peut également vérifier la paupérisation de Saint-Jean-de-Luz dans l’évolution des déficits et des dettes de la ville. Le déficit du budget dans les années 1711-1712 se situe environ à 2000 livres par an. Il atteint plus de 5OOO livres en 1733, grimpe à 9478 livres en 1745. En 1770, le trésorier de la ville devait 20599 livres et 8673 livres d’intérêts
Il était difficile, sinon impossible, dans ces conditions, d’impulser une politique de renouveau de la pêche. Dans le faisceau des facteurs déterminants de l’évolution de la pêche, système juridique, démographie, agriculture et finances s’enchevêtrent.
Le droit successoral favorisait la formation d’une réserve de main-d’oeuvre disponible pour les activités de pêche. Mais au XVIIIe siè-tentatives»
. Laurier Turgeon, à partir de l’exploitation des archives notariales
, a mis en exergue le recul continu de l’armement, notamment de 1723 à 1732, et de 1738 à 1742, et les aspects structurels qui furent à l’origine de cette évolution catastrophique, notamment à Saint-Jean-de-Luz et Ciboure.
Dans ces deux ports, la pêche était organisée à partir de la métropole. Il était difficile de contourner les lointaines régions peuplées par des colons qui avaient la mainmise sur la pêche et sur le développement des activités de commerce.
Saint-Jean-de-Luz et Ciboure n’avaient pas une infrastructure commerciale suffisante pour s’adapter au troc pratiqué à Terre-Neuve, et qui consistait à échanger la morue contre les denrées alimentaires et les produits manufacturés.
XVIIIe -XXe SIÈCLES
Jusqu’au XVIIIe siècle, les Labourdins s’étaient adonnés aux deux grandes pêches lointaines: la morue et la baleine.
L’inspecteur Lemasson du Parc, dans son rapport de 1727, anotait que «le commerce le plus considérable des habitants de Ciboure et de Saint-Jean-de-Luz est celuy de la pesche de la baleine
<<. Ils sont sans contestation les plus hardis et les plus expérimentés de tous les pescheurs français et même des autres nations qui pratiquent cette pesche <<
L’infrastructure commerciale ne semble pas avoir attiré son regard. A peine note-t-il: «Les habitants de Bayonne font des armements comme ceux de Ciboure et de Saint-Jean-de-Luz pour la pesche de la baleine au nord et dans les glaces».
un mémoire sur la pêche à la baleine qui étudie les causes de son déclin, les conditions d’une relance éventuelle, et surtout cette dure réalité du rapport de forces avec les concurrents: «Les Hollandais envoient à présent 2 à 300 (navires), les négociants de Bayonne et de Saint-Jean-de-Luz n’ont armé depuis 20 ans que 25 navires tout au plus chaque année».
__________
Une nouvelle histoire commençait pour le Labourd avec l’aménagement des ports de plaisance, Larraldenia à SaintJean-de-Luz et Ciboure,et
Xingudi à Hendaye, .
1970
Abandont de la pêche

image2

****************

 

A Hendaye de même qu’à Biarritz, Bidart, Guétary Ciboure, et Saint Jean -de-Luz nous avons connu et partagé le même destin, ; la la même chute, la même misère.

MAIS EN PLUS A CETTE EPOQUE NOUS AVONS ETE CRUELLEMENT EPROUVES CAR NOUS AVONS CONNU DEUX GUERRE

           CELLE DE LA CONVENTION

                  CELLE DE      NAPOLEON BONAPARTE

Pendant la guerre de la Convention,   nos soldats luttaient contre l’Espagne dans le Roussillon, laissant l’autre bout des Pyrénées , complètement dégarni,le Général Caro, fort étonné traversa la Bidassoa la fleur au fusil et le massacre commença.La population terrorisée par un bombardement qui ne laissa une pierre debout s’enfuit le plus vite possible et le plus loin possible
.Quand le bombardement eut cessé il fut remplacé par une horde de brigants qui mirent le feu à tout ce qui pouvait bruler.C’est ainsi que Hendaye perdit ses archives et redevint un quartier d’Urrugne.Le général rameuta des soldats, et Caro rentra chez lui satisfait.
——————————-
Que sont devenus les habitants de ce lieu ? demandait unvoyageur, en 1820, à un vieillard d’Hendaye assis en guenilles
sur quelques ruines.
Les uns sont morts, dit le Labourdin, en se levant, quelques-
uns ont émigré, la guerre a disséminé le plus grand nombre,
les autres sont ensevelis dans le grand champ derrière l’église.
Quel champ ? demanda l’interlocuteur.
Le Basque regarda fixement l’homme frivole qui ne l’avait
pas compris et, faisant du bras un geste solennel, il montra…
l’Océan.
Dans un autre ordre d’idées, voici ce qu’écrivait, plus tard,en 1834, M. Lacour :
« Hendaye n’existe réellement que sur la carte ; elle n’offre que des décombres.
Ses habitants sont dispersés, son industrie tuée. Je vois partout la dévastation, la solitude et le deuil.
Quelques rares maisons s’élèvent à travers ses rues désertes et au-dessus ces pans de murs cachés sous le lierre qui se plaît à les tenir embrassés, On croit se promener au milieu de catacombes.

———————————————-
APRES
LES GUERRES DE
1793 et de 1813
Hendaye mit de longues années à se relever de ses ruines.
Lors du passage de Wellington les habitants avaient fui, il ne restait plus que 50 personnes.
. En 1820 on ne comptait encore que 330 habitants.
______________
L’église ne fut rendue au culte que vers 1807. Elle nécessitait des réparations urgentes qui ne purent être exécutées qu’en 1831, faute de ressources de la commune.
————————
En vue d’ augmenter, celle-ci le Maire Pellot obtint du gouvernement la concession de l’herbe des terrains du vieux Fort,

Au cours des dix années suivantes, la ville ne reprit que très
lentement un peu d’animation; les habitants de retour (ils n’étaient
encore que 330 en 1820) travaillèrent courageusement à relever les
ruines de leurs maisons.
Un détail est caractéristique de la pauvreté des cultivateurs de
la commune en 1822 : les militaires n’y recensent que 4 paires de
boeufs, 4 paires de vaches ainsi que 4 charrettes.

Il était, en 1799,45 bêtes à cornes.

Telle était la dimension d’un dommage de la
guerre presque dix ans après !
Pendant longtemps encore Hendaye n’exista plus.

Que sont devenus les habitants de ce lieu ? demandait un voyageur, en 1820, à un vieillard d’Hendaye assis en guenilles sur quelques ruines.
Les uns sont morts, dit le Labourdin, en se levant, quelques-
uns ont émigré, la guerre a disséminé le plus grand nombre,
les autres sont ensevelis dans le grand champ derrière l’église.
Quel champ ? demanda l’interlocuteur.
Le Basque regarda fixement l’homme frivole qui ne l’avait
pas compris et, faisant du bras un geste solennel, il montra… L’Océan.

Dans un autre ordre d’idées, voici ce qu’écrivait, plus tard,en 1834, M. Lacour :
« Hendaye n’existe réellement que sur la carte ; elle n’offre que des décombres. Ses habitants sont dispersés, son industrie tuée. Je vois partout la dévastation, la solitude et le deuil.
Quelques rares maisons s’élèvent à travers ses rues désertes et au-dessus ces pans de murs cachés sous le lierre qui se plaît à les tenir embrassés, On croit se promener au milieu de catacombes.

L’église ne fut rendue au culte que vers 1807. Elle nécessitait des réparations urgentes qui ne purent être exécutées qu’en 1831, faute de ressources de la commune.
Les ressources de la commune consistaient en la locations de carrés de terrains communaux aux Joncaux aux habitants pour subsister.
————————-
En vue de les augmenter, celle-ci obtint du gouvernement la concession de l’herbe des terrains du vieux Fort !
_______________________
Au cours des dix années suivantes, la ville ne reprit que très
lentement un peu d’animation; les habitants de retour (ils n’étaient
encore que 330 en 1820) travaillèrent courageusement à relever les
ruines de leurs maisons.
Un détail est caractéristique de la pauvreté des cultivateurs de
la commune en 1822 : les militaires n’y recensent que 4 paires de
boeufs, 4 paires de vaches ainsi que 4 charrettes.

Il était, en 1799, 45 bêtes à cornes.

Telle était la dimension d’un dommage de la
guerre presque dix ans après !
Pendant longtemps encore Hendaye n’exista plus.

ett mit de longues années à se relever de ses ruines.


20 ANS PLUS TARD

le scénario fut le même

Cette fois çi  les envahisseurs étaient une coalition de l’Espagne, du Portugal et de L’Anglerre, commandés par Wellington. qui couraient sus après Napoléon.
Ce qu’il se passa fut une fois de plus les même choses à l’exemple de ce qui se passa vingt ans plus tôt
Lors du passage de Wellington les habitants avaient fui, il ne restait plus que 50 personnes.
. En 1820 sept ans après on ne comptait encore que 330 habitants.
—————————————
Un espoir tout de même
De très loin on entendait l’arrivée
d’un train.

**********************************************

Capture 01

_________________________________

Capture 02

Dans l’Histoire de Hendaye j’avais raconté la vie des Rois, des Reines, des guerres et des traités, de gens importants. qui avaient marqué leur temps.
A la fin de ce réçit je m’étais rendu compte que je ne savais rien des gens , des gens humbles qui ont peu marqué la vie de leur société .Celà aurait pu être celle de fermiers d’artisants ou de commerçants , mais qui hélas ont laissé peu de traces.
J’avais envie d’une autre Histoire de Hendaye
Celle des mairins me tentait beaucoup
Mais c’était une gageure; un projet peu croyable , un pari risqué et hasardeux.
Pourtant il me tentait et j’avais mes raisons.
_____________________
J’ai connu un de ces marins
. Il avait 80 ans et était peu bavard j’avais 10 ans et nous ne nous parlions guère.
.Il était marin bien sûr ,puis en plus, matelot sous l’Empire et en guerre contre l’Allemagne de Bismark
La vie nous a séparés très tôt et par la suite personne ne sut me donner le moindre renseignement sur sa vie de marin. et sur celle de mes anciens . Seulement son extrait de naissance avec la mention concernant son père qui pour lors, était à la pêche à Terre-Neuve Heureusement j’avais son portrait qui ne quittait guère .
Lorsque j’ai décidé d’écrire cette histoire – pour retrouver le parcours de sa vie , celle de ses prédécesseurs, et de leurs compagnes qui en étaient aussi les grandes victimes, j’ai compris les souffrances, le courage, l’abnégation de cet homme simple .
Maintenant je sais.
C’est pour cette reconnaissance que j »ai écrit cet essai; c’est pour lui et pour tous ceux qui l’ont précédé, et leur dire de tout mon coeur, dans leur langue maternelle
milesker

 


image40

MARTIN
Marin Pécheur

fin

_____________________________________________________

APPENDICE

CETTE QUERELLE
a été rapportée par
THEODORIC LEGRAND
de l’Ecole des Chartes
DANS UN MEMOIRE DE 94 PAGES
du XV ème siècle AU XVIII ème siècle

**************** RESERVE

Hendaye
Ses marins
et ses corsaires
ALFRED LASSUS

Editions atlantica

image2

___________________

AVEC L AIMABLE PERMISSIION DE L EDITEUR

QUELQUES EXTRAITS DE L’OUVRAGE D » ALFRED LASSUS
___________________________________________________________________

INTRODUCTION

La présente étude a pour objet de sortir de l’oubli les capitaines
de navires et de corsaires d’Hendaye. Ce travail a déjà été réalisé
pour ceux de Saint-Jean-de-Luz, de Ciboure, d’Urrugne, d’Ascain,
de Sare, de Guéthary, et en 1997, avec la collaboration de M. Pierre
Darrigrand, pour ceux de Biarritz.

Informations diverses sur les marins

Les marins du pays de Labourd et de Bayonne pratiquaient surtout
la pêche, soit pour une petite partie des poissons frais à proximité
des côtes, soit pour la majorité celle des morues et des baleines.
Ceux d’Hendaye étaient plus spécialisés pour cette dernière
pêche, chasse et fonte des baleines, vers les mers du Nord près des
glaces de la Norvège, du Groenland et de l’Islande, surtout jusqu’à
la fin du XVII siècle et au début du siècle suivant.
Il est même probable que l’Hendayais Pierre Betton, fut l’un des
derniers capitaines, sinon le dernier du pays de Labourd et de
Bayonne à commander un navire baleinier. C’était en 1784 et il
s’agissait du Restaurateur de Bayonne, frégate de 480 tx appartenant
au Roi ; ce dernier désirait sans doute relancer cette pêche. Les
les Hendayais firent aussi celle des morues à Terre-Neuve.
La guerre de course.

—, les navires non armés
ne pouvaient pratiquer ni le commerce ni les pêches lointaines, car
ils auraient été des proies trop faciles pour les corsaires et vaisseaux
de guerre ennemis. Le Roi accordait alors des congés ou commissions
aux négociants et aux notables, afin de leur permettre d’armer
en guerre des navires privés pour courir sus aux ennemis de l’État. Il
s’agissait de la guerre de course, chaque campagne durant en général
trois mois. L’équipage était rémunéré à la part : d’une demi-part
pour le mousse à dix pour le second et douze pour le capitaine.
Avant l’embarquement, il recevait une avance qui restait acquise.
Le complément était éventuellement versé après la vente des prises
capturées. Le produit de celle-ci était ainsi réparti : après déduction
des frais divers, 10 % revenaient à l’amiral de France et, pour le reste
deux tiers étaient attribués aux armateurs et un tiers à l’équipage.
Outre la guerre de course, le Roi autorisait aussi à armer en guerre
et marchandises des navires privés, soit afin de continuer le commerce
avec les colonies françaises d’Amérique, soit pour effectuer
les pêches lointaines des baleines et des morues. Ces bâtiments
armés de canons avaient ainsi la possibilité de se défendre contre
des corsaires, et éventuellement de s’emparer de navires ennemis.
Nombreux furent les capitaines d’Hendaye qui se distinguèrent
dans cette guerre de course tels Croisic, Jacobé Larroche, Pierre
Dalbarade…, n’hésitant pas à attaquer à l’abordage des navires plus
puissants.

Sur la vie pénible des marins.

Les contrats établis en début d’année
prévoyaient que l’équipage parte en mer au premier beau temps,
les départs se situant en général en avril. La pêche prenait fin le jour
de la Saint-Michel, le 29 septembre. Le retour au port d’attache
était prévu vers la fin du mois d’octobre, mais avait lieu le plus souvent
dans le courant du mois de novembre et même de décembre,
notamment lorsque les produits de la pêche devaient être livrés dans
d’autres ports. Pour chaque saison de pêche, l’absence hors du foyer
familial pouvait alors durer sept à huit mois. Les conditions de travail
étaient particulièrement pénibles, dans un climat froid et
humide, surtout pour la chasse des baleines. En outre les conditions
de logement sur les navires n’étaient pas idéales.
Les marins devaient affronter les dangers de la mer. Au cours de
très grandes tempêtes ou d’ouragan, des navires disparaissaient en
mer. Plusieurs bâtiments corsaires de Bayonne ou de Saint-Jean-de-
Luz ne revinrent jamais au port. Nombreux furent aussi les navires
corsaires capturés par des bâtiments anglais plus puissamment
armés. Fait prisonnier, l’équipage était conduit dans des geôles
anglaises. Les conditions de captivité y étaient difficiles ; beaucoup
de marins y moururent.
D’autre part, pris probablement par des corsaires de Salé ou
d’Alger, quelques Hendayais furent esclaves en Barbarie. Ils ne pouvaient
retrouver leur liberté qu’après paiement d’une rançon. Parmi
eux nous citerons : en 1619, Joannis de Laparque, fils de Marie de
Suhigaray (rançon prévue : 736 livres) ; Pierre Serviau, chirurgien ;
Joannis de Harostéguy y resta une année, tandis que son fils Joannis
de Harostéguy pris en même temps que lui, réussit à s’évader en
1715 après huit ans d’esclavage. En 1723, François Pastéguy— sans
doute Apestéguy — âgé de 60 ans, était esclave depuis vingt ans.
Époux de Catherine de Hiriart, Betry de Romatet était en 1712
esclave en Turquie.
Quelques statistiques

De diverses études effectuées, il ressort que la durée de vie des
marins était environ de 42 ans en moyenne, alors qu’elle était de
52-53 ans pour la population masculine non maritime. Par ailleurs,
60 % des marins mouraient hors de leur village — de maladie ou de
noyade au cours de violentes tempêtes ou d’ouragan sur les corsaires,
ou prisonniers en Angleterre ou aussi sur les vaisseaux du
Roi —, et à un âge moyen de 30 à 35 ans suivant les paroisses. Pour
Hendaye, ce dernier pourcentage n’a pu être établi à défaut de
registres paroissiaux.
Capitaines hendayais récompensés par le Roi

En mai 1684, messire Charles de Planque, lieutenant pour le
Roi au département de Bayonne, remit à neuf capitaines de navire
d’Hendaye ou à leur épouse, pour ceux qui étaient déjà sortis en
mer, une médaille d’or envoyée par le roi Louis XIV afin de les,remercier de leur courage devant le siège de Fontarrabie

Il s’agissait de Joannis de Suhigaraychipy
— Joannis deMorcoitz —
Martin de Léremboure
–Martin deHaramboure
Michel de Gélos et son fils Joannis de Gélos
— Joannis d’Etcheverry
— Joannis de Sallaberry
et Samson de Sallaberry.
Par ailleurs, bien que les officiers sur les vaisseaux du roi fussent,
en principe, des fils de famille noble, quelques marins d’Hendaye,
non nobles, devinrent officiers dans la Marine royale.
Quelques uns peuvent être cités :
Joannis de Suhigaraychipy capitainede frégate du Roi ;
Michel de Gélos qui commanda aussi une frégate du Roi
; Martin de Haramboure, lieutenant de vaisseau ;
Simon Daragorry, capitaine du 4 avril 1759 au 31 mai 1760 de la
frégate ou flûte du Roi, 1′ Outarde, et qui en 1781 était cité comme
capitaine de frégate du Roi, et
Jean Dalbarade. Ce dernier, né àBiarritz, vécut dès l’âge de 5 ans environ à Hendaye. Il devint capitaine defrégate du Roi
de vaisseau du Roi — signant le Chevalier d’Albarade —, puis
ministre de la Marine et des Colonies et enfin contre-amiral.
______________________________________________________

Formation des marins

Étienne Dalbarade était professeur d’hydrographie à Biarritz.
Vers le milieu du XVIII° siècle, il vint avec sa famille habiter à
Hendaye, la communauté de cette ville lui ayant offert une rémunération
plus intéressante. Il y exerça l’activité de régent d’école et
de professeur d’hydrographie
Quelques années plus tard, les autoritésde Biarritz tentèrent de le faire revenir vers sa ville natale, ce qu’il refusa
Après son inspection en 1781, Marc-Antoine Chardon,
écuyer, maître de requêtes et commissaire pour la visite des
ports, précisait dans son rapport qu’Arbelade (Dalbarade) enseignait
le pilotage à Hendaye depuis quarante ans, et qu’il était payé
par la municipalité.
Étienne Dalbarade eut quatre fils : Jean, né à Biarritz, Pierre,
Louis et Guillaume, nés à Hendaye qui devinrent capitaines de
navire.
Négriers

Peu de marins d’Hendaye furent embarqués pour le voyage de
la Guinée. Peuvent cependant être cités Pierre Damespil, décédé en
1769 sur la Revanche de Bordeaux ; Jean Croisic,
Suhigaraychipy et Louis Dalbarade. il y aurait-il un rapport avec Belcenia : une maison et un pont à hendaye et Et Belcenia une grande batisse à Saint jean de luz ?

Navires corsaires armés à Hendaye

Les bâtiments corsaires armés en guerre et aussi en guerre et marchandises
furent, au sujet de notre région, armés principalement à
Bayonne, Saint-Jean-de-Luz et Ciboure. C’est dans ces ports que
les marins hendayais trouvaient la possibilité de s’embarquer.
Mais quelques navires, d’un volume plus modeste il est vrai,
furent aussi armés à Hendaye avec l’autorisation du Roi ou de son
administration. Il s’agit :
— En 1691, de la pinasse corsaire la Marie d’Hendaye, commandée
par Joannis de Hiriart qui fit une prise.
— Le 3 juillet 1703, de l’armement de la Sainte-Anne d’Hendaye
(18 tx), capitaine : Joannis de Harostéguy.
— En octobre 1705, d’Étienne de Haramboure commandant en
course la petite corvette la Sainte-Anned’Hendaye (20 tx, 6 canons).
— En 1710, de Joannis de Galbarette commandant en course le
Santiago d’Hendaye.
— En 1711, de la Ruzée d’Hendaye (40 tx, 6 canons, 60 hommes)
armée en guerre le 14 juin 1711, capitaine : Joannis de Galbarette
et second : Mathieu Daguerre.
— Le 20 novembre 1711, du Saint-Jacques d’Hendaye (100 tx,
4 canons, 20 hommes) commandé par Betry Darmore.
— En 1720, du Saint-Jacques d’Hendaye (100 tx), capitaine :
J. Laparque.
Construction navale à Hendaye

Cette ville possédait des ateliers de construction navale. Parmi
les navires qui y furent construits, figurent :

— La Sainte-Barbe de Saint-Jean-de-Luz (130 tx) construit à
Hendaye par Miguel de Salla en 1687, et envoyé à la pêche des
baleines sous le commandement de Domingo de Lessaque.
—F,Espérance de Saint-Jean-de-Luz (80 tx) construit à Hendaye
en 1690 et destiné à la pêche à Terre-Neuve ; capitaine : Ogier
Dolhabaratz.
________________________
<Hendaye et la tradition maritime
Il existe à Hendaye un grand silence sur les nombreux capitaines de navire et aussi les équipages de bateaux de pêche pinasses frégates morutiers
Au XVIII siècle, les trois-mâts, proches de ceux utilisés au XVI°siècle (deux châteaux avec deux étages de voiles), deviennent le navire courant pour la pêche de la morue, mais voient apparaître à leurs côtés le brigantin et la goélette à partir de 1720

HENDAYE en 1764

Saint Pierre et Miquelon

8 eme Province province basque

A partir de la fin du XVIII° siècle, les populations de Bidart et Guéthary ont pu trouver dans cet archipel un nouveau souffle après la disparition du port de Bidart qui abritait 300 marins et une vingtaine de chaloupes.
Leurs habitants et ceux d’Urrugne, Ciboure, St Jean de Luz, Sare, Ascain Socoa et Hendaye ont bénéficié des emplois proposés par St Pierre et Miquelon, soit à terre dans le séchage des morues, dans les grèves, l’agriculture, le bâtiment, soit en mer à la grande pêche ou à la petite pêche.
La compagnie basque Légasse en a fait sa base et son fief

La rade et le port de Socoa abritent des Terre Neuviers jusqu’à la moitié du XIX° siècle. […]

La compagnie Légasse, dernière compagnie de morutiers du Labourd.

La famille Légasse/Camino originaire de Bassussary, ( Résidente à Hendaye par alliance ) est présente à Terre Neuve depuis le XVII° siècle selon M.Lacroix (La Grande Pêche).
Le père de Louis Légasse se serait perdu sur la “Jeune Française” en 1873 en se rendant à St Pierre.
Louis possédait un comptoir à St Pierre et Miquelon et une flottille de plusieurs voiliers.
En 1890, avec ses deux frères Armand et Martin, ils créent la société “La Morue Française” qui a armé, en une seule campagne, jusqu’à 37 navires avec 40 hommes d’équipage à bord.
Des centaines de pêcheurs du Pays Basque et d’ailleurs ont navigué chez Légasse.
Cette famille prend part à la naissance en 1927 de la prestigieuse PSYBE de Pasajes, le roi Alphonse XIII en étant le principal actionnaire.
En 1935, Ferdinand Légasse, petit fils de Louis, crée la Compagnie Générale de Pêche, armée au chalut, avec le débarquement et le séchage des morues à Bègles.
En 1945, “Zazpiak bat”, dernier fleuron de la flottille Légasse disparaît à Marseille, dans un incendie […]

La goélette est le voilier type de l’archipel de St Pierre et Miquelon à partir de 1763.
Vers 1830, une quarantaine de goélettes coloniales sont armées à St Pierre et Miquelon, puis leur nombre ne cesse d’augmenter pour dépasser les 200 au début du XX° siècle. Parallèlement à cet essor, de plus en plus d’armements métropolitains (la plupart granvillais ou malouins), arment des goélettes locales, ouvrent des comptoirs à St Pierre et obtiennent des concessions de graves de l’archipel afin de faire sécher les morues capturées sur les Bancs.
Vers 1900, au début de chaque printemps, de gros vapeurs amènent de France des graviers, mais aussi pas moins de 3000 matelots recrutés dans la région de St Malo et qui constituent 80 à 90% des équipages des goélettes locales, chacune armée de six doris et d’une quinzaine d’hommes.
Chacun de ces voiliers rentre à peu près tous les mois au Barachois livrer la pêche effectuée sur les bancs. Celle-ci peut être directement chargée sur un bateau chasseur qui l’apportera aussitôt dans un port métropolitain, en particulier Bordeaux.
La vie d’esclave sur les chalutiers
Une vingtaine de chalutiers sont envoyés à Terre-Neuve en 1909, plus d’une trentaine en 1920. Dès lors, la lutte tourne à l’avantage des vapeurs au détriment des trois-mâts et des goélettes. Equipés d’un moteur, les grands chalutiers mis en service vers 1930 ont un rendement moyen quatre à cinq fois supérieur à celui des voiliers. Sur ces navires, qui ont un équipage de 40 à 60 hommes, on prépare la morue à la main, toujours de façon classique. Bien que mieux nourris que sur les trois-mâts, les matelots ont encore des conditions de travail très pénibles, dénoncées par le Révérend Père Yvon : “Le chalutier libère le marin du travail du boêtage des lignes, du halage et des dangers des doris ; mais, loin d’alléger son sort, il ne fait que l’accabler. A Terre-Neuve, la machine n’est pas le serviteur de l’homme, c’est l’homme qui est l’esclave de la machine. La machine peut travailler nuit et jour, l’homme travaillera nuit et jour. Ce sont les travaux forcés sans discontinuité tant que le poisson donne ; et l’abondance du poisson est parfois telle qu’elle ne laisse aux hommes que sept heures de repos par trois jours. Aussi n’est-il pas rare qu’ils titubent de fatigue et de sommeil. Et dire que sur certains chalutiers, l’équipage comprend une vingtaine de jeunes gens de moins de 20 ans ! Pauvres enfants !

L’activité de pêche y est aujourd’hui plus que réduite, mais la population est fière de ses racines basques qui ont été ravivées lors du centenaire de la construction du fronton place libre, cœur de l’archipel, en août 2006.
Il y a, à l’île St Pierre, 6000 habitants et 600 à celle de Miquelon, dont plus de la moitié sont des Detcheverry.

Drapeau de Sain t Pierre et Miquelon

Saint Pierre et Miquelon

8 eme Province province basque

A partir de la fin du XVIII° siècle, les populations de Bidart et Guéthary ont pu trouver dans cet archipel un nouveau souffle après la disparition du port de Bidart qui abritait 300 marins et une vingtaine de chaloupes.
Leurs habitants et ceux d’Urrugne, Ciboure, St Jean de Luz, Sare, Ascain Socoa et Hendaye ont bénéficié des emplois proposés par St Pierre et Miquelon, soit à terre dans le séchage des morues, dans les grèves, l’agriculture, le bâtiment, soit en mer à la grande pêche ou à la petite pêche.
La compagnie basque Légasse en a fait sa base et son fief

La rade et le port de Socoa abritent des Terre Neuviers jusqu’à la moitié du XIX° siècle. […]

La compagnie Légasse, dernière compagnie de morutiers du Labourd.

La famille Légasse/Camino originaire de Bassussary, ( Résidente à Hendaye par alliance ) est présente à Terre Neuve depuis le XVII° siècle selon M.Lacroix (La Grande Pêche).
Le père de Louis Légasse se serait perdu sur la “Jeune Française” en 1873 en se rendant à St Pierre.
Louis possédait un comptoir à St Pierre et Miquelon et une flottille de plusieurs voiliers.
En 1890, avec ses deux frères Armand et Martin, ils créent la société “La Morue Française” qui a armé, en une seule campagne, jusqu’à 37 navires avec 40 hommes d’équipage à bord.
Des centaines de pêcheurs du Pays Basque et d’ailleurs ont navigué chez Légasse.
Cette famille prend part à la naissance en 1927 de la prestigieuse PSYBE de Pasajes, le roi Alphonse XIII en étant le principal actionnaire.
En 1935, Ferdinand Légasse, petit fils de Louis, crée la Compagnie Générale de Pêche, armée au chalut, avec le débarquement et le séchage des morues à Bègles.
En 1945, “Zazpiak bat”, dernier fleuron de la flottille Légasse disparaît à Marseille, dans un incendie […]

La goélette est le voilier type de l’archipel de St Pierre et Miquelon à partir de 1763.
Vers 1830, une quarantaine de goélettes coloniales sont armées à St Pierre et Miquelon, puis leur nombre ne cesse d’augmenter pour dépasser les 200 au début du XX° siècle. Parallèlement à cet essor, de plus en plus d’armements métropolitains (la plupart granvillais ou malouins), arment des goélettes locales, ouvrent des comptoirs à St Pierre et obtiennent des concessions de graves de l’archipel afin de faire sécher les morues capturées sur les Bancs.
Vers 1900, au début de chaque printemps, de gros vapeurs amènent de France des graviers, mais aussi pas moins de 3000 matelots recrutés dans la région de St Malo et qui constituent 80 à 90% des équipages des goélettes locales, chacune armée de six doris et d’une quinzaine d’hommes.
Chacun de ces voiliers rentre à peu près tous les mois au Barachois livrer la pêche effectuée sur les bancs. Celle-ci peut être directement chargée sur un bateau chasseur qui l’apportera aussitôt dans un port métropolitain, en particulier Bordeaux.
La vie d’esclave sur les chalutiers
Une vingtaine de chalutiers sont envoyés à Terre-Neuve en 1909, plus d’une trentaine en 1920. Dès lors, la lutte tourne à l’avantage des vapeurs au détriment des trois-mâts et des goélettes. Equipés d’un moteur, les grands chalutiers mis en service vers 1930 ont un rendement moyen quatre à cinq fois supérieur à celui des voiliers. Sur ces navires, qui ont un équipage de 40 à 60 hommes, on prépare la morue à la main, toujours de façon classique. Bien que mieux nourris que sur les trois-mâts, les matelots ont encore des conditions de travail très pénibles, dénoncées par le Révérend Père Yvon : “Le chalutier libère le marin du travail du boêtage des lignes, du halage et des dangers des doris ; mais, loin d’alléger son sort, il ne fait que l’accabler. A Terre-Neuve, la machine n’est pas le serviteur de l’homme, c’est l’homme qui est l’esclave de la machine. La machine peut travailler nuit et jour, l’homme travaillera nuit et jour. Ce sont les travaux forcés sans discontinuité tant que le poisson donne ; et l’abondance du poisson est parfois telle qu’elle ne laisse aux hommes que sept heures de repos par trois jours. Aussi n’est-il pas rare qu’ils titubent de fatigue et de sommeil. Et dire que sur certains chalutiers, l’équipage comprend une vingtaine de jeunes gens de moins de 20 ans ! Pauvres enfants !

L’activité de pêche y est aujourd’hui plus que réduite, mais la population est fière de ses racines basques qui ont été ravivées lors du centenaire de la construction du fronton place libre, cœur de l’archipel, en août 2006.
Il y a, à l’île St Pierre, 6000 habitants et 600 à celle de Miquelon, dont plus de la moitié sont des Detcheverry.

L’entreprise des frères Darragory

1. LA PRÉSENCE BASQUE SUR
LA HAUTE ET BASSE-CÔTENORD
AU XVIe
Des contemporains de Jacques Cartier
Les habitants du Pays Basque comptent parmi les maîtres de la chasse à la baleine. Leurs premières armes en ce domaine remontent au IX ième siècle. Attirés par une recherche de plus en plus éloignée des cétacés, ils parvinrent au Nouveau Monde en un temps qui correspond aux découvertes officielles, peut-être même avant Non seulement leur déplacement vers l’Amérique est-il contemporain des grandes découvertes, mais il s’est aussi étendu à toutes les parties du golfe et du fleuve Saint-Laurent. Si on se fie à François-Xavier Charlevoix, le premier historien de la Nouvelle-France,les Basques étaient parvenus à la Baie des Chaleurs avant Jacques Cartier3•
REVUE D’HISTOIRE DU BAS·SAINT -LAURENT
L’huile de baleine, une mine d’or
La fréquentation de ces lieux était soutenue et leur disponibilité âprement disputée. En 1554, Red Bay était la scène d’accrochages entre Basques français et Basques espagnols chez qui les liens de la culture ne garantissaient pas nécessairement de bonnes relations. Treize bâtiments français s’en prirent alors à quatre baleiniers espagnols et s’en emparèrent, sans doute pour des raisons de rivalité commerciale
Outre Red Bay, de nombreux autres postes se développèrent du temps de Cartier ou après son passage: , une historienne spécialisée dans l’histoire maritime du Pays Basque, évalue entre vingt et trente le nombre des baleiniers qui se rendaient à l’époque aux Terra Nov . À l’apogée de cette activité, de 1546 à 1586, chaque campagne amenait 2 000 hommes sur les côtes du Labrador . Aux termes de leurs efforts, les Basques tiraient jusqu’à 120 poinçons (5 520 de nos gallons) d’huile dans une baleine de forte taille. Chaque baleinier monté par 130 hommes embarquait 2 ooo barils d’huile de baleine pesant chacun 400 livres Une cargaison, rapportant à elle seule plus de 10 000 ducats, défrayait les coûts d’assurance, couvrait les salaires, l’achat du navire et de ses provisions et rapportait en plus des bénéfices nets.
Le déclin d’une industrie
Les Basques étaient donc devenus les maîtres d’une industrie de grande rentabilité. Ils ont au cours du XVI ième siècle extrait du Saint-Laurent et de son estuaire plus de 20 000 barils d’une huile fortement recherchée pour l’éclairage domestique et d’une valeur inappréciable . Mais l’apparition de tensions internationales en Europe a forcé leur retrait graduel de l’industrie baleinière, en raison notamment de la guerre franco-espagnole et la défaite de la Grande Armada en 1588. Mais un autre facteur tout aussi important est à l’origine du déclin de l’industrie
La concurrence étrangère à laquelle les Basques ne sont pas étrangers. Longtemps tributaires du Pays Basque pour leur approvisionnement en huile de baleine, les Anglais et les Hollandais se sont en effet lancés à leur propre compte. Engageant des équipages basques pour apprendre l’ABC du métier, ils en assimilent vite les techniques
. Les Hollandais en font autant. Les deux nationalités multiplient les expéditions en Mer du Nord et rivalisent d’audace pour s’assurer la maîtrise de la ressource.
À la fin du XVI ième siècle les Hollandais possèdent 200 baleiniers qui s’accaparent le gros de la production
. La montée des pays nordiques marque ainsi la fin de l’hégémonie basque sur le commerce européen des huiles de baleine.
2. LE XVIIe SIÈCLE OU
LA FIN D’UN RÊVE
La majorité des campagnes de chasse à la baleine menées aux Terres Neuves étaient le fait de bourgeois basques. Il est arrivé toutefois que de leurs marchands aient trouvé des partenaires commerciaux hors de leurs frontières provinciales. Certains de ces hommes d’affaires possédaient des succursales dans le port de Bordeaux, aux Sables d’Olonne, à La Rochelle et ailleurs. En conséquence, un grand nombre de navires baleiniers étaient montés par des équipages basques bien qu’affrétés par des armateurs français, mais cela a permis à leur région de maintenir son effort. Éclipsés du premier rang en tant que producteurs d’huile de baleine, les gens du Pays Basque n’en poursuivent donc pas moins leurs activités en Amérique, comme en témoignent des écrits datant des débuts de la Nouvelle-France. Les récits rédigés par Samuel de Champlain à l’époque où ce dernier s’installait dans la vallée du SaintLaurent révèlent qu’en 1604 trente-huit galions basques hivernaient encore à Red Bay au Labrador
Ayant à nouveau rencontré de ces Basques au travail en 1611, Champlain raconte degré de latitude. Cela situe toujours leur champ d’activité dans le détroit de BelleIsle. Mais la baleine est tout aussi présente à l’intérieur du Saint-Laurent qu’à l’embouchure de son cours de sorte que le fondateur de Québec rapporte la présence régulière de baleiniers basques à Tadoussac L’endroit, qui paraît s’être maintenu depuis le siècle précédent, demeure encore un pointde rencontre annuel pour trois ou quatre baleiniers et peut-être même plus.Les activités qui se passent à proximitéde son établissement ne sont pas sans laisser le père de la Nouvelle-France indifférent. Samuel de Champlain évaluera dans des prévisions faites en 1618 que sa compagnie pourrait tirer annuellement 200. 000 livres des huiles de baleine «et que des bardes des dictes baleines et dents de vache marine, qui sont meilleurs que le morfil, la livre valant vingt sols, et quantité de loups marins; et (il) s’en feroit par an pour 500 000
Cela laisse supposer l’importance de cette pratique bien qu’à cette époque elle était déjà sur son déclin. L’arrivée des Français dans la région lui a donné le coup de grâce. «  »En 1664, le père Henri Nouvel, faisant état d’un voyage qui l’a mené à l’I1e aux-Basques, parle de leur activité comme d’une chose du passé, mais qui est encore bien en mémoire : Cette isle … porte le nom de l’Isle aux Basques, a raison de la pesche de Baleines que les Basques y faisoient autrefois. J’ai pris plaisir de visiter les fourneaux qu’ils y ont basty pour faire leurs huyles, on y voit encor tout au(p)rês de grandes costes de Baleines qu’ils y ont tuées «  »
Le siècle se termine sans qu’on nevoit une reprise des activités basques. En1705, le père François-Xavier Charlevoix, passant à Tadoussac, se rappelera à la vue des baleines que ces derniers les y avaient auparavant chassées pour leur graisse: « Les Basques ont fait autrefois cette pêche et on voit encore sur cette isle qui porte leur nom et qui est un peu plus bas que l ‘IIe-Verte, des restes de fourneaux et des costes de baleines ».

3. LE XVIIIe SIÈCLE, ENTRE LE RÊVE ET LA RÉALITÉ
Les rêves canadiens
En réalité, les Canadiens songent un moment à prendre la relève des pêcheurs basques. Le potentiel qu’offre la baie de Gaspé et ses environs font rêver Denis Riverin, un homme d’affaires déjà impliqué dans la pêche à la morue. Celui-ci présente en 1696 un projet intégré de pêche à la morue, de chasse au loup marin et de chasse à la baleine qui pourrait donner du travail à 500 hommes et nécessiter l’emploi d’une centaine de chaloupes. Allant de l’avant, il a pris contact avec des gens de Bayonne pour lever des équipes de chasseurs et des maîtres pour former des pêcheurs de morue. Des pertes monétaires et une réorientation de ses projets réduiront cependant ce rêve à néant! D’autres entrepreneurs canadiens songent aussi à chasser les baleines du SaintLaurent. Augustin Legardeur de Courtemanche, par exemple, avait obtenu en 1702 la concession de la baie de Phélippeaux, au Labrador, avec les droits de traite et de pêche à la morue et à la baleine pour dix ans!. Mais rien de concret n’avait été réalisé encore en 1714 quand on renouvelait sa concession, ni en 1717 quand le ministre des Colonies l’encourageait à démarrer ses entreprises. Plus tard, vers 1730, un navigateur du Cap-Saint-Ignace, Hilaire Brideau, lançait un autre projet. Il avait eu l’idée d’utiliser un canon de trois livres pour tuer les cétacés qu’il avait observés à la hauteur du Saguenay et il avait obtenu l’exclusivité de la pêche sur ce territoire. II apparaît, toutefois, qu’une entreprise de cette nature présentait des difficultés insurmontables pour les Canadiens puisqu’il n’y eut pas de suite non plus.
L’entreprise des frères Darragory
Pourtant, ces difficultés, des entrepreneurs basques se montrèrent prêts à les affronter Il s’agit de trois frères de Hendaye, au Pays Basque, Simon, Nicolas et Joannis Darragory.
Ils prirent en 1733 (sous Louis XV ) la relève d’Hilaire Brideau qui n’avait rien fait d’autre que de planifier. Leur expérience fut d’abord menée dans l’esprit de la libre entreprise, mais ils désenchantèrent rapidement devant leurs minces succès. Dans une lettre envoyée aux autorités de Paris, en octobre 1735, Les Darragory rapportaient avoir tué neuf gibarts, un cachalot et une petite baleine de Grand Baye, pour 143 quintaux d’huile . Il n’y avait pas là une cargaison suffisante pour couvrir les frais du retour au Pays Basque de sorte que leur navire, L’Adélaïde de Bayonne, passa par Louisbourg pour prendre un chargement de morue, comme l’atteste une lettre de change tirée le deux novembre de cette année-là . L’expédition avait été dirigée par Simon qui repartit avec  » L’Adélaïde  » au printemps de 1736 pour mener une nouvelle campagne. Il passa tout l’été dans le fleuve et il connut une meilleure pêche. Les efforts de son équipagefurent un peu mieux récompensés que l’année précédente avec 200 barils d’huile de baleine, mais il n’en demeure pas moins que cela ne constituait qu’un succès mitigé.
Arrivés trop tard sur le fleuve, Darragory et ses hommes manquèrent le gros du passage des baleines, mais, aussi, à ce qu’il semble, le mauvais temps leur aurait nui considérablement.
L’opposition du fermier du Domaine duRoi
Loin de se décourager, les trois frères décidèrent de poursuivre leurs efforts. Ils craignaient cependant que les résultats obtenus, bien que maigres, ne suscitent une concurrence qui eût mis en péril la rentabilité de leur toute nouvelle entreprise. Ils demandèrent alors au roi l’exclusivité de la pêche à la baleine pour une durée de quatre années, à partir de 1737. Ils espéraient, sans doute,
Récupération et dépeçage d’une baleine par les Amérindiens. François-Étienne Cugnet utilisait les services des autochtones pour mener les tâches de ce type lorsque les baleines s’échouaient sur le domaine du roi etassurer de cette façon une garantie de rentabilité minimale à leur travail. Leur demande souleva à ce moment la vive opposition du fermier du Domaine du roi , le sieur François-Étienne Cugnet. Ce dernier se trouvait en plein désaccord avec cette concession parce que le privilège demandé couvrait une bonne partie du Domaine royal. Cugnet présenta donc au ministre des Colonies un mémoire pour faire valoir son point de vue sur les pêches des Darragory et il proposa de partager à moitié pertes et profits les opérations de chasse à la baleine qui se feraient sur les terres de la Couronne . La démarche du sieur Cugnet arrivait trop tard. Le roi avait accordé le privilège demandé par les trois frères. Le souverain français enjoignait de plus l’Amiral de France à ne pas donner de congés à Bayonne
ou à Saint-Jean-de-Luz à d’autres navires en partance pour le Saint-Laurent que le leur 2. Le ministre des Colonies prit bien soin d’en avertir le gouverneur Beauharnois et l’ intendant Hocquart à Québec. Il les invitait à aider les entrepreneurs basques dans les limites de leur possibilité 28.
La poursuite de l’entreprise des
Darragory
De nouvelles entreprises inspirées par l’expérience des campagnes précédentes furent lancées par les Darragory dès l’année 1737. De nouvelles mesures avaient été prises pour améliorer les rendements de leur pêche. La première fut de faire partir  » L’Adélaïde « en février plutôt qu’en mars. Ils présentèrent aussi au roi une requête pour s’assurer la récupération des baleines tuées par leurs harpons, mais perdues et échouées sur les battures du fleuve où les riverins se les appropriaient, profitant ainsi de leur travai1 . Cette demande leur fut accordée. Ensuite les Darragory obtinrent du ministre des Colonies qu’on étende l ‘interdiction d ‘armer pour quelque navire que ce soit et qui veuille aller chasser la baleine dans le SaintLaurent à partir de l’Ile Royale 30 ; aucune entreprise de ce genre, autre que la leur, n’existait, mais on voulait s ‘assurer un champ complètement libre. De telles précautions auraient pu assurer le plein succès, mais un hiver trop rude vint gâcher les premiers mois de l’an 1737 et maintint à terre la trentaine d’hommes laissés antérieurement à Bon Désir. Par contre, » L’Adélaïde » arriva assez tôt et connut une bonne saison. Son équipage tua une baleine de Grand Baye et cinq gibarts qui produisirent 300 barriques d’huile et deux à trois milliers de fanons. Ce fut, donc, les cales chargées que leur frégate quitta Tadoussac le 12 septembre 1737, un résultat qui répondait aux espoirs mis dans l’entreprise et suffisant pour encourager les trois frères. Ainsi, Simon Darragory laissa-til une autre équipe à Bon Désir pour un autre hiver. Ce troisième hivernement constitua une déception de plus et leur pêche connut peu de succès dans l’été qui suivit. La situation convainquit les entrepreneurs Hendayais d’établir un second poste à Sept Iles afin d’améliorer leurs chances de succès. Ils pourraient y poursuivre la baleine de Grand Baye avec un deuxième navire. Simon Darragory, qui conduisait toujours  » L’Adélaïde « , passa l’hiver 1737-1738 à Bon Désir, gardant avec lui une cinquantaine d ‘hommes avec l’idée de pêcher la morue, si les baleines ne se montraient pas, et de diminuer ainsi les pertes éventuelles. Une fin en queue de poisson À vrai dire, sans aller dans le détail de chacune des années suivantes, les Darragory investirent dans la pêche à la baleine pour presque rien. En 1741,le poste de Sept-Iles, d’un meilleur rapport que celui de Bon Désir, connaissait un bien mince succès: quatre baleines plus une quantité indéterminée de morue . Devant tant d’insuccès répétés, les autorités de Paris se demandaient si les marchands de Saint-Jeande-Luz avaient su se doter d’équipages valables et s’ils apportaient toute l’attention requise par leurs expéditions. En tout cas, le ministre des Colonies rejetait l’explication des frères Darragory qui attribuaient leur peu de succès à une diminution de poisson dans le fleuve Saint-Laurent car d’autres assuraient, leur écrivait-il, qu’on avait jamais vu autant de baleines dans les endroitsoù ils avaient justement leurs établissements 3.Finalement, et malgré deux campagnes acceptables, en 1742 et 1743, les frères Darragory abandonnèrent leurs efforts. Ils songèrent quelque peu à les reprendre en 1749 et en 1753, mais sans plus.

LE FLEUVE SAINT-LAURENT
A LA HAUTEUR DU SAGUENAY
1755 les îles et îlets de Kamouraska desfrères Charles-François et André Morel pour y installer un poste de pêche à la baleine. Mais l’expérience et les moyens leur faisaient défaut, comme cela avait été le cas pour tous les autres Canadiens. Plus sérieux, un certain capitaine Sopite apparut dans le décor le même été 38. Toutefois, les Darragory détenaient toujours le privilège exclusif pour cette partie du fleuve et Simon Darragory qui, cet automne là, pêchait la morue dans la Baie des Chaleurs, fut averti par Jacques Perrault l’aîné, agent d’affaires de sa compagnie Tous deux rencontrèrent l’intendant Bigot pour signifier leur opposition à ces projets, mais l’administrateur refusa de se prononcer
.Simon Darragory s’en revint à Kamouraska proposer une entente à Sopite sans que les termes en aient été connus par la suite • De toute manière, ces projets n’aboutirent à rien et la famille Darragory cessa ses entreprises, d’autant que les autorités françaises se montraient plus circonspectes dans l’appui à fournir. Compte tenu des résultats antérieurs, les demandes de gratification leu ravaient probablement paru exagérées •
CONCLUSION
Avec la famille Darragory, s’éteignait la dernière tentative de chasse à la baleine à l’intérieur du fleuve Saint-Laurent sous le régime français. Le bilan de cette entreprise industrielle ne se solde à l’avantage de personne, ni de la Nouvelle-France, ni des protagonistes
Cette entreprise n’avait entraîné aucune entrée d’argent dans la colonie puisque les Basques s’étaient toujours approvisionnés chez eux. Comme ils avaient écoulé le produit de leurs pêches en Europe, elle n’en avait pas non plus stimulé le commerce local. C’est donc tout à fait en parallèle aux opérations maritimes issues du milieu colonial que les activités des Darragory furent menées. De leur côté, à défaut d’ accepter une association avec le directeur du Domaine royal, les Darragory auraient pu trouver avantageux pour eux d’impliquer les marchands canadiens dans leurs opérations
Ce fut peut-être là le grand point faible de leurs projets. La connaissance du milieu géographique que ces derniers possédaient et leur support logistique auraient certainement amélioré les chances de succès des entrepreneurs basques.
REVUE D’HISTOIRE DU BAS-SAINT-LAURENT
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APPENDICE
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Hendaye
Ses marins
et ses corsaires
ALFRED LASSUS

Editions atlantica

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AVEC L AIMABLE PERMISSIION DE L EDITEUR

QUELQUES EXTRAITS DE L’OUVRAGE D » ALFRED LASSUS
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INTRODUCTION

La présente étude a pour objet de sortir de l’oubli les capitaines
de navires et de corsaires d’Hendaye. Ce travail a déjà été réalisé
pour ceux de Saint-Jean-de-Luz, de Ciboure, d’Urrugne, d’Ascain,
de Sare, de Guéthary, et en 1997, avec la collaboration de M. Pierre
Darrigrand, pour ceux de Biarritz.

Informations diverses sur les marins

Les marins du pays de Labourd et de Bayonne pratiquaient surtout
la pêche, soit pour une petite partie des poissons frais à proximité
des côtes, soit pour la majorité celle des morues et des baleines.
Ceux d’Hendaye étaient plus spécialisés pour cette dernière
pêche, chasse et fonte des baleines, vers les mers du Nord près des
glaces de la Norvège, du Groenland et de l’Islande, surtout jusqu’à
la fin du XVII siècle et au début du siècle suivant.
Il est même probable que l’Hendayais Pierre Betton, fut l’un des
derniers capitaines, sinon le dernier du pays de Labourd et de
Bayonne à commander un navire baleinier. C’était en 1784 et il
s’agissait du Restaurateur de Bayonne, frégate de 480 tx appartenant
au Roi ; ce dernier désirait sans doute relancer cette pêche. Les
les Hendayais firent aussi celle des morues à Terre-Neuve.
La guerre de course.

—, les navires non armés
ne pouvaient pratiquer ni le commerce ni les pêches lointaines, car
ils auraient été des proies trop faciles pour les corsaires et vaisseaux
de guerre ennemis. Le Roi accordait alors des congés ou commissions
aux négociants et aux notables, afin de leur permettre d’armer
en guerre des navires privés pour courir sus aux ennemis de l’État. Il
s’agissait de la guerre de course, chaque campagne durant en général
trois mois. L’équipage était rémunéré à la part : d’une demi-part
pour le mousse à dix pour le second et douze pour le capitaine.
Avant l’embarquement, il recevait une avance qui restait acquise.
Le complément était éventuellement versé après la vente des prises
capturées. Le produit de celle-ci était ainsi réparti : après déduction
des frais divers, 10 % revenaient à l’amiral de France et, pour le reste
deux tiers étaient attribués aux armateurs et un tiers à l’équipage.
Outre la guerre de course, le Roi autorisait aussi à armer en guerre
et marchandises des navires privés, soit afin de continuer le commerce
avec les colonies françaises d’Amérique, soit pour effectuer
les pêches lointaines des baleines et des morues. Ces bâtiments
armés de canons avaient ainsi la possibilité de se défendre contre
des corsaires, et éventuellement de s’emparer de navires ennemis.
Nombreux furent les capitaines d’Hendaye qui se distinguèrent
dans cette guerre de course tels Croisic, Jacobé Larroche, Pierre
Dalbarade…, n’hésitant pas à attaquer à l’abordage des navires plus
puissants.

Sur la vie pénible des marins.

Les contrats établis en début d’année
prévoyaient que l’équipage parte en mer au premier beau temps,
les départs se situant en général en avril. La pêche prenait fin le jour
de la Saint-Michel, le 29 septembre. Le retour au port d’attache
était prévu vers la fin du mois d’octobre, mais avait lieu le plus souvent
dans le courant du mois de novembre et même de décembre,
notamment lorsque les produits de la pêche devaient être livrés dans
d’autres ports. Pour chaque saison de pêche, l’absence hors du foyer
familial pouvait alors durer sept à huit mois. Les conditions de travail
étaient particulièrement pénibles, dans un climat froid et
humide, surtout pour la chasse des baleines. En outre les conditions
de logement sur les navires n’étaient pas idéales.
Les marins devaient affronter les dangers de la mer. Au cours de
très grandes tempêtes ou d’ouragan, des navires disparaissaient en
mer. Plusieurs bâtiments corsaires de Bayonne ou de Saint-Jean-de-
Luz ne revinrent jamais au port. Nombreux furent aussi les navires
corsaires capturés par des bâtiments anglais plus puissamment
armés. Fait prisonnier, l’équipage était conduit dans des geôles
anglaises. Les conditions de captivité y étaient difficiles ; beaucoup
de marins y moururent.
D’autre part, pris probablement par des corsaires de Salé ou
d’Alger, quelques Hendayais furent esclaves en Barbarie. Ils ne pouvaient
retrouver leur liberté qu’après paiement d’une rançon. Parmi
eux nous citerons : en 1619, Joannis de Laparque, fils de Marie de
Suhigaray (rançon prévue : 736 livres) ; Pierre Serviau, chirurgien ;
Joannis de Harostéguy y resta une année, tandis que son fils Joannis
de Harostéguy pris en même temps que lui, réussit à s’évader en
1715 après huit ans d’esclavage. En 1723, François Pastéguy— sans
doute Apestéguy — âgé de 60 ans, était esclave depuis vingt ans.
Époux de Catherine de Hiriart, Betry de Romatet était en 1712
esclave en Turquie.
Quelques statistiques

De diverses études effectuées, il ressort que la durée de vie des
marins était environ de 42 ans en moyenne, alors qu’elle était de
52-53 ans pour la population masculine non maritime. Par ailleurs,
60 % des marins mouraient hors de leur village — de maladie ou de
noyade au cours de violentes tempêtes ou d’ouragan sur les corsaires,
ou prisonniers en Angleterre ou aussi sur les vaisseaux du
Roi —, et à un âge moyen de 30 à 35 ans suivant les paroisses. Pour
Hendaye, ce dernier pourcentage n’a pu être établi à défaut de
registres paroissiaux.
Capitaines hendayais récompensés par le Roi

En mai 1684, messire Charles de Planque, lieutenant pour le
Roi au département de Bayonne, remit à neuf capitaines de navire
d’Hendaye ou à leur épouse, pour ceux qui étaient déjà sortis en
mer, une médaille d’or envoyée par le roi Louis XIV afin de les,remercier de leur courage devant le siège de Fontarrabie

Il s’agissait de Joannis de Suhigaraychipy
— Joannis deMorcoitz —
Martin de Léremboure
–Martin deHaramboure
Michel de Gélos et son fils Joannis de Gélos
— Joannis d’Etcheverry
— Joannis de Sallaberry
et Samson de Sallaberry.
Par ailleurs, bien que les officiers sur les vaisseaux du roi fussent,
en principe, des fils de famille noble, quelques marins d’Hendaye,
non nobles, devinrent officiers dans la Marine royale.
Quelques uns peuvent être cités :
Joannis de Suhigaraychipy capitainede frégate du Roi ;
Michel de Gélos qui commanda aussi une frégate du Roi
; Martin de Haramboure, lieutenant de vaisseau ;
Simon Daragorry, capitaine du 4 avril 1759 au 31 mai 1760 de la
frégate ou flûte du Roi, 1′ Outarde, et qui en 1781 était cité comme
capitaine de frégate du Roi, et
Jean Dalbarade. Ce dernier, né àBiarritz, vécut dès l’âge de 5 ans environ à Hendaye. Il devint capitaine defrégate du Roi
de vaisseau du Roi — signant le Chevalier d’Albarade —, puis
ministre de la Marine et des Colonies et enfin contre-amiral.
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Formation des marins

Étienne Dalbarade était professeur d’hydrographie à Biarritz.
Vers le milieu du XVIII° siècle, il vint avec sa famille habiter à
Hendaye, la communauté de cette ville lui ayant offert une rémunération
plus intéressante. Il y exerça l’activité de régent d’école et
de professeur d’hydrographie
Quelques années plus tard, les autoritésde Biarritz tentèrent de le faire revenir vers sa ville natale, ce qu’il refusa
Après son inspection en 1781, Marc-Antoine Chardon,
écuyer, maître de requêtes et commissaire pour la visite des
ports, précisait dans son rapport qu’Arbelade (Dalbarade) enseignait
le pilotage à Hendaye depuis quarante ans, et qu’il était payé
par la municipalité.
Étienne Dalbarade eut quatre fils : Jean, né à Biarritz, Pierre,
Louis et Guillaume, nés à Hendaye qui devinrent capitaines de
navire.
Négriers

Peu de marins d’Hendaye furent embarqués pour le voyage de
la Guinée. Peuvent cependant être cités Pierre Damespil, décédé en
1769 sur la Revanche de Bordeaux ; Jean Croisic,
Suhigaraychipy et Louis Dalbarade. il y aurait-il un rapport avec Belcenia : une maison et un pont à hendaye et Et Belcenia une grande batisse à Saint jean de luz ?

Navires corsaires armés à Hendaye

Les bâtiments corsaires armés en guerre et aussi en guerre et marchandises
furent, au sujet de notre région, armés principalement à
Bayonne, Saint-Jean-de-Luz et Ciboure. C’est dans ces ports que
les marins hendayais trouvaient la possibilité de s’embarquer.
Mais quelques navires, d’un volume plus modeste il est vrai,
furent aussi armés à Hendaye avec l’autorisation du Roi ou de son
administration. Il s’agit :
— En 1691, de la pinasse corsaire la Marie d’Hendaye, commandée
par Joannis de Hiriart qui fit une prise.
— Le 3 juillet 1703, de l’armement de la Sainte-Anne d’Hendaye
(18 tx), capitaine : Joannis de Harostéguy.
— En octobre 1705, d’Étienne de Haramboure commandant en
course la petite corvette la Sainte-Anned’Hendaye (20 tx, 6 canons).
— En 1710, de Joannis de Galbarette commandant en course le
Santiago d’Hendaye.
— En 1711, de la Ruzée d’Hendaye (40 tx, 6 canons, 60 hommes)
armée en guerre le 14 juin 1711, capitaine : Joannis de Galbarette
et second : Mathieu Daguerre.
— Le 20 novembre 1711, du Saint-Jacques d’Hendaye (100 tx,
4 canons, 20 hommes) commandé par Betry Darmore.
— En 1720, du Saint-Jacques d’Hendaye (100 tx), capitaine :
J. Laparque.
Construction navale à Hendaye

Cette ville possédait des ateliers de construction navale. Parmi
les navires qui y furent construits, figurent :

— La Sainte-Barbe de Saint-Jean-de-Luz (130 tx) construit à
Hendaye par Miguel de Salla en 1687, et envoyé à la pêche des
baleines sous le commandement de Domingo de Lessaque.
—F,Espérance de Saint-Jean-de-Luz (80 tx) construit à Hendaye
en 1690 et destiné à la pêche à Terre-Neuve ; capitaine : Ogier
Dolhabaratz.
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<Hendaye et la tradition maritime
Il existe à Hendaye un grand silence sur les nombreux capitaines de navire et aussi les équipages de bateaux de pêche pinasses frégates morutiers
Au XVIII siècle, les trois-mâts, proches de ceux utilisés au XVI°siècle (deux châteaux avec deux étages de voiles), deviennent le navire courant pour la pêche de la morue, mais voient apparaître à leurs côtés le brigantin et la goélette à partir de 1720

HENDAYE en 1764

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le vieux quartier
l’ANSE de HARRI XABALETTA ( larges pierres)
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1735. Ecole d’Hydrographie de Hendaye.
Le Le premier enseignant connu fut Guillaume Descamps pilote de baleiniers
de 1725 à 1730 qui ne navigue plus depuis 1730 et s’occupe de donner l’éducation aux enfants dans le quartier de Subernoa. puis
« Eskol Tikia » apprend lesmathématiques aux enfants et
« Eskol Andi » forme des officiers de marine.
En 1862, on transpose « Eskol Andi » à la mairie actuelle
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D’ALBARADE

Etienne d’Albarade abandonne Biarritz attiré par l’offre hendayaise de diriger une école de formation technique et humaine des gens de la mer.
Epoux de Marie Capdevielle, Etienne d’Albarrade enseignait à Biarritz,
vers le milieu du XVIII° siècle, outre l’écriture et l’arithmétique, l’hydrographie et l’art de la navigation.
La communauté de Hendaye lui ayant offert des appointements plus avantageux ( 280 livres plus le logement ), il s’établit dans cette ville un peu avant 1750 avec sa famille dont un jeune enfant,
Jean, né le 31 août 1743 à Biarritz.
Arrivé à Hendaye de 4 ans
Le père acheta à Hendaye la maison << Franchessénéa >>
Quelques années plus tard, les autorités de Biarritz tentèrent de le faire revenir vers sa ville natale, ce qu’il refusa.
Après son inspection en 1781, Marc-Antoine Chardon, écuyer, maître de requètes et commissaire pour la visite des ports, précisait dans son rapport qu’Arbelade ( Dalbarrade ) enseignait le pilotage à Hendaye depuis quarante ans, et qu’il était payé par la municipalité
. D’autres enfants naquirent dans cette paroisse, dont Guillaume , Pierre ,et Louis qui devinrent tous marins.
Jean l’ainé fit une brillante carrière de marin , et devint Ministre de la Marine et des Colonies et fut nommé contre Amiral.
Guillaume né vers 1752. admis capitaine le 12 février 1752,fut fait prisonnier par les Anglais. La durée de sa captivité n’est pas connue. En 1786 il commandait un navire pour la Martinique.Il mourut lors de ce voyage. Un service funèbre fut célébré le 26 février 1787 à Hendaye
Son frère Pierre né à Hendaye vers 1754 après une brillante carrière de corsaire, et qui avait joué un rôle important durant la période révolutionnaire, fut retrouvé flottant dans l’eau à Ciboure, certainement assassiné par vengeance par ceux dont leurs membres étaient morts à l’échafaud
Louis né à Hendaye vers 1758 corsaire et marchand trouva la mort à l’île aux princes en Guinée.

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, Petit , certes, mais protégé par deux mamelons celui d’Ouristi et celui du fort de Gaztelu et ouverte par un étroit passage vers la baie de Xingudi ,alimentée par deux ruisseaux celui d’Aizpurdi , celui de Zapatenia et l’eau de la marée, à l’abri des raids des marins de Fontarrabie nos farouches voisins
Depuis quand existe -t-il ? depuis toujours !
On sait peu de choses sur Harri Zabaletta qui subit en 1793 lors de la guerre de la Convention un bombardement et une invasion de l’Espagne suivi d’une mise à feu systématique, puis 20 ans plus tard , une autre invasion par les troupes alliées d’Angleterre, du Portugal et à nouveau de l’Espagne.
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Une brève énumération des commerces et des artisants peut aider à avoir une idée sur son importance
Urliena Paraxatagia, qui sera plus tard une fabrique de lampes à huile de baleine., Deux écoles « Eskola Andi » et « Eskol Tikia » qui forment des officiers de marine.– Cinq épiceries,–Un boulanger,–Deux bouchers,–Cinq buvettes,–Deux hôtels,–Quatre forgerons– septmenuisiers/charpentiers–Un tourneur sur bois,–Deux charbonniers
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Il est rappelé qu’en 1650, avaient été dénombrés à Hendaye 250 feux et en 1718 ,1.375 habitants
Maison Aragorri
. Par suite du mariage de Catherine Aragorri avec Jean de Fagadi, le domaine et la maison passèrent à la famille Fagadi, vers le milieu du XVII siècle.
Esteben de Fagadi, leur fils fut trouvé noyé dans une chaloupe,victime des violences des pêcheurs de Fontarrabie
Ce sont donc les descendants de la famille Aragorri qui occupèrent la maison ou la ferme. La dernière fut la famille Detcharry., qui vendit les terrains du domaine à Antoine d’Abaddia en 1885.
Contrairement à ce qui est dit en début de chapitre, Mr d’Abbadie devint propriétaire des 330 hectares (?) par des achats échelonnés. D’après le cadastre d’Urrugne le premier achat date de 1856 ( 6 hectares et 3 ares ).
-En 1631 M.d’Aragorri est nommé maître charpentiermaison « Aragorri » elle même était comprise dans l’achat des terres..D’après le cadastre cité, cette parcelle n’aurait été achetée que vers les années1882-1885.
C’est donc en 1858, 1869, 1882 et 1885 que Monsieur d’Abbadie acheta la pluspart des terres formant l’immense propriété de l’illustre savant..Une tradition orale place le séjour de Mr etMme d’Abbadie pendant la contruction du chateau, dans la maison Arragorri. Furent ils de simples locataires , Lorsque les archives seront bien établies, on pourra répondre à la question.
Les ARAGORRI
La première fois qu’Aragorri est mentionné dasn des documents historiques remonte à 1617. ( Archives de Fontarrabie )
Jean Aragorri et jean d’Harismendi dit  » Olasso « , étaient armateurs de trois navires de 160 tonneaux, montés par 150 marins de Hendaye et des environs, pour la pêche de la morue et de la baleine à Terre Neuve et en Norvège. Ils savaient signer de leurs écritures. de leur propre main
Jean d’Aragorri occupait une importante situation dans la localité, en tant que propriétaires de navires, associé d’un tiers avec d’Harismendi
_ En 1662 M. d’ Aragorri est nommé maître charpentier
– en 1662 Perucho d’Aragorri apparaît comme quatrième jurat d’Hendaye
En 1682 , Marie d’Aragorri veuve de Martin d’Extail, est propriétaire de la maison Martarena
– En 1768 Sisson d’Agorri acheta une terre près de Chouriénia
– En 1769 Esteben de Fagadi, maître de la maison d’Aragorri, fut étranglé dans sa chaloupe par des Espagnols
– En 1737 Simon fils de Nicolas d’Aragorri fut pécheur de baleines dans la Saint Laurent
– En 1762 Nicolas d’Aragorri fut commissaire de la Marine à Saint Sébastien
– en1795 Simon d’Aragorri
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, avaient été dénombrés à Hendaye 250 feux et en 1718 ,1.375 habitants
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basque, on chassait les cétacés à bord de barques traînières.

« Dans les temps favorables, écrira bien plus tard Diderot dans son Encyclopédie, les Basques envoyaient environ 30 navires de 250 tonneaux, armés de 50 hommes, tous d’élite, avec quelques mousses ou demi-hommes.
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Le contact s’établit avec les Indiens micmacs: Les Labourdins, comme les autres marins français, complètent leurs revenus grâce au commerce de fourrures et de peaux, échangées contre quelques outils venus d’Europe.
Ces fortes têtes rejettent le monopole de la traite qu’Henri IV accorde en 1603 aux premiers colonisateurs pour financer le peuplement de la Nouvelle France.
Souvent, les pêcheurs profitent de l’hiver ou des périodes de guerre pour se reconvertir dans la course.
Il leur suffit alors de troquer harpons et filets contre grappins et mousquets! De 1744 à 1748, en pleine guerre de Succession d’Autriche, pas moins de 103 navires corsaires sont armés sur les bords du Labourd.

Des milliers de corsaires basques en captivité en Angleterre
Tous les corsaires français ne meurent pas dans leur lit. Selon l’historien Alfred Lassus, la guerre de course durant la guerre de Sept Ans (1756-1763). Elle coûte la vie à plus de 1100 marins et 4000 se retrouvent à croupir plusieurs années dans les geôles anglaises.
Epidémies, malnutrition, mauvais traitements… sur les infâmes pontons de Plymouth ou de Portsmouth, on crève à petit feu, en priant pour sa libération.
Pendant la guerre de Sept Ans, les saisies de bâtiments et de cargaisons ainsi que les rançons versées rapportent 15 millions de livres aux corsaires du Labourd pour seulement 6,4 millions investis.

. Pendant la guerre de Sept Ans, les saisies de bâtiments et de cargaisons ainsi que les rançons versées rapportent 15 millions de livres aux corsaires basques pour seulement 6,4 millions investis.

******* Au Spitsberg, qui

Hollandais qui n’en étaient encore qu’à leurs premières armes dans la
pêche mais qui allaient bientôt les devancer.
Cette concurrence des
Anglais mais surtout des Hollandais a contribué à mettre un terme à la
pêche basque de la baleine.
La pêche au Spitsberg a débuté en 1611, soit 15 années après la
découverte de l’île par le Hollandais Willem Barendszoo mieux connu sous
le nom de William Barents.
En 1607, Henry Hudson avait visité l’île pour
le compte de la Muscovy Company et c’est lui qui découvrit la grande
quantité de baleines du Groenland dans le secteur.
Trois ans plus tard, la
compagnie y envoyait un premier navire de 70 tonneaux commandé par lecapitaine Jonas Poole.
Ce navire n’était pas équipé pour la pêche de labaleine car à cette
semblaient pas encore intéressés à cette industrie.
Toutefois, il ne fallut pas beaucoup de temps aux membres de la Muscovy Company pour en
saisir toute l’importance. Conscients de leur ignorance dans le domaine,
ils tentèrent de profiter des connaissances et de l’expérience des Basques
qui pratiquaient cette pêche depuis au moins 500 ans. Nathaniel Wright
fut donc envoyé par la Muscovy Company au Pays basque afin d’y
recruter des pêcheurs pour le compte de la compagnie. Sa mission dura
lf ans52.
Six pêcheurs basques originaires de Saint-Jean-de-Luz firent
partie, en 1611, de la première expédition organisée par la Muscovy
Company pour capturer les baleines du Spitsberg33. L’expédition fut un
échec. L’année suivante, les Anglais tentèrent à nouveau l’expérience
avec des harponneurs basques, mais déjà ils n’étaient plus seuls. Ils
rencontrèrent des Hollandais et des Basques, respectivement dirigés par
Allen Sallowes, et Nichola Woodcocke, deux anciens employés de la
Muscovy Company.
La part des Basques dans la pêche au Spitsberg se résume à leur
participation à titre d’employés des Anglais ou des Hollandais et aussi à
titre personnel. Dès le début, les Anglais employèrent des Basques que
Baffin appelait « nos harponneurs [strikers] de baleine ». Dans une lettre
de 1612, le roi Jacques I e r d’Angleterre demande d’ailleurs la permission
au roi d’Espagne d’engager des Basques pour la pêche anglaise* Cette
politique fut adoptée très tôt également par les Hollandais.
Des 1613,l’équipage de deux navires armés pour la pêche de la baleine par ce pays
comprenait 12 Basques dont 3 harponneurs, 3 maîtres de chaloupe, des
dépeceurs et des bouilleurs^. Pour les récompenser et les inciter à
poursuivre cette collaboration, les Hollandais auraient même élevé des
statues aux plus habiles capitaines et harponneurs basques.
L’auteur d’unmémoire rédigé en 1710 sur la découverte de Terre-Neuve déclare: « On voit encore à présent de ces statues à Amsterdam, habillées à la mode ancienne des Basques »^.
Selon Cleirac, s’il est juste de faire remarquer
que les Basques étaient meilleurs pêcheurs, il faut également noter que
les Hollandais étaient meilleurs navigateurs, les premiers étant plus
disposés à « vider la bouteille, humer l’eau de vie et fumer le tabac, qu’à
manier adroitement l’astrolabe, le grand anneau, le quadran ou quart de
rond, le triangle ou l’arbalestille ».
La politique d’embauché de Basques eut pour double effet d’apprendre
aux Hollandais et aux Anglais les techniques de pêche et de priver la flotte basque de plusieurs bons éléments.
La pêche basque à titre personnel, s’est trouvée coincée entre
l’Angleterre et la Hollande en lutte pour le contrôle de la pêche au
Spitsberg.
En 1613, la partie espagnole du Pays basque envoyait huit navires de
pêche dans l’île^. Cette même année fut toutefois marquée
par l’émission d’une charte par laquelle Jacques I e r d’Angleterre
concédait à la Muscovy Company, le privilège exclusif de la pêche au
Spitsberg. Des lors, toutes les nations se virent interdire l’accès à l’île, y
compris les Anglais qui n’étaient pas membres de la compagnie. Cette
dernière consentit une seule exception, soit un navire de Saint-Jean-deLuz.
En 1614, la Hollande ripostait à l’Angleterre par la formation de la
compagnie Noodsche. La Muscovy Company, ne pouvant concurrencer
cette nouvelle entreprise, finit par consentir au partage des côtes du
Spitsberg entre Anglais, Hollandais, Danois, Hambourgeois, Français et
Basques.
Dans les années 1620, la flotte de pêche hollandaise était de loin la
plus puissante au Spitsberg, si bien qu’elle finit par éliminer tous ses
adversaires. Après avoir appris des Basques les techniques de pêche, les
Hollandais les chassèrent. C’est du moins le reproche que la Compagnie
française du Nord faisait dans ses remontrances au Parlement en 1644:
et comme lesdits Basques, et autres particuliers
Français avec eux, prétendant y avoir mesme
droict que les autres nations, voulurent continuer
ladite pesche et y envoyer des vaisseaux ils en
furent chasser [sic], leurs navires pris et leurs
personnes emprisonnées…
établissements
hollandais de Jan Mayen en 1632.
À compter des années 1630, les Basques, qui se retrouvaient sans
établissements côtiers, durent pratiquer la pêche hauturière.
La nécessité étant la mère de l’invention, ils commencèrent alors à utiliser
une nouvelle technique de transformation du lard mise au point par
Martin Sopite, un Basque de Saint-Jean-de-Luz. Cette méthode consistait
à dépecer et à faire fondre le lard de la baleine à bord du navire,
rendant ainsi les expéditions totalement indépendantes de la terre. C’est
grâce à cette découverte qu’ils auraient commencé à exploiter, immédiatement
après avoir été chassés du Spitsberg, deux nouvelles réserves de
baleines dont l’une était située entre le Spitsberg et le Groenland actuel,
et l’autre dans un endroit qu’ils appelaient Sarde et qui se trouvait au
27
large de la Finlande. Au milieu du XVIIe
siècle, les villes de Saint-Jeande-Luz,
Bayonne et Ciboure armaient une cinquantaine de navires
baleiniers de 200 à 300 tonneaux
Tout au long du XVIIe
siècle, et malgré un interdit du roi en 1634,
les Basques continuèrent à travailler pour le compte des Hollandais tout
en armant leurs propres expéditions. Selon un ouvrage publié en 1666,
les relations entre la Hollande et Saint-Jean-de-Luz étaient encore
soutenues à cette époque. L’auteur déclare avoir rencontré dans cette
ville en 1655, des Flamands qui avaient embauché une cinquantaine de
pêcheurs basques^l.
La collaboration avec les Hollandais et surtout la très forte
concurrence venant de ce pays allait avoir raison de l’industrie basque.
Au début du XVIIIe
siècle, les ports de Saint-Jean-de-Luz, de Ciboure et
de Bayonne n’armaient plus qu’une trentaine de navires d’environ 250
tonneaux chacun^. La découverte des stocks de baleines du détroit de
Davis vers 1720 revigora l’industrie mais pour peu de temps. Au milieu
du XVIIIe
siècle, le déclin était amorcé de façon irrémédiable. L’échouage
d’une baleine sur les côtes de Saint-Jean-de-Luz en 1764 en est un
bel exemple: les pêcheurs l’attaquèrent avec des outils rouilles et en fort
mauvais état. Une vingtaine d’années plus tard, la pêche de la baleine
n’était plus qu’un souvenir en pays basque français. Ainsi prenaient fin
au moins sept siècles de pêche continue par ce petit peuple du golfe de
Gascogne.
Pourquoi, après avoir connu de si brillants moments, la pêche
basque de la baleine a-t-elle cessé complètement à la fin du XVIIIe
siècle? L’entrée en scène des Anglais mais surtout des Hollandais, est
certainement la principale cause de ce déclin. Après avoir acquis leurs
connaissances des Basques, les Hollandais inondèrent les marchés européens,
y compris la France, des produits dérivés de la baleine. Grâce à
leur politique de prix très bas, allant même jusqu’à ne tirer aucun profit
de leurs transactions, ils s’accaparèrent les débouchés des Basques. Il
apparaît évident que si l’Espagne et la France avaient mieux protégé
leurs pêcheurs de baleine, l’industrie basque aurait pu mieux résister aux
Hollandais. Déjà mal protégés militairement sur mer, les Basques n’ont
pu bénéficier de la protection ni des encouragements de leurs gouvernements
qui n’ont rien fait pour contrer l’invasion des marches par les
produits étrangers. Au contraire, ces gouvernements ont plutôt agravé
la situation des pêcheurs en les impliquant dans des guerres prolongées,
en prélevant des taxes élevées, en mettant des embargos et en réquisitionnant
des embarcations et des équipages.
La stérilité du pays basque est un autre facteur qui a précipité la
chute de cette industrie. Obligés d’importer la plus grande partie des
denrées nécessaires à l’armement de leurs navires, les Basques devaient
donc payer plus cher pour l’équipement de leurs expéditions. Cependant,
la présence des Hollandais les obligeait à s’en tenir à des prix de vente
concurrentiels d’où une marge des profits réduite d’autant. Retirant
moins de revenus de la pêche, les pêcheurs émigrèrent, changèrent de
métier ou s’engagèrent chez les Hollandais qui payaient mieux. La
rareté des marins provoqua à son tour la diminution du tonnage des
navires et une augmentation des frais. Il est en effet démontré qu’il en
coûtait plus cher pour armer un petit navire puisque, si le prix de

l’équipement était légèrement inférieur, par contre le rapport des prises
par navire était nettement moindre^.
La mésentente entre les armateurs basques au sujet de l’embauche
des marins, le piètre état des ports qui rendait périlleux le mouvement
des navires, le retard de la construction navale française et les tracasseries
faites par l’Espagne, sont autant de facteurs qui ont aussi
contribué à ce déclin. Le port de Bayonne en particulier était continuellement
gêné par des bancs de sable qui obstruaient l’entrée de
l’Adour et qui obligeaient les armateurs locaux à faire hiverner leurs
baleiniers à Pasajes. De son côté, au début du XVIIIe
siècle, le roi
d’Espagne défendait aux marins de Guipuzcoa de s’embarquer sur des
navires étrangers. En effet, les armateurs français de Bayonne et de
Saint-Jean-de-Luz recrutaient annuellement environ 200 rameurs et
harponneurs dans cette province. Ce recrutement se faisait selon un
cycle qui était presqu’un rituel: à chaque année et dans le but de nuire le
plus possible à la pêche française, le roi d’Espagne attendait jusqu’à la
dernière minute avant d’accorder la permission aux pêcheurs espagnols
de s’engager chez les Français, ce qui occasionnait généralement de
mauvaises pêches. Au retour, après maintes lettres d’excuse et de
justification entre la Chambre de commerce de Bayonne et les délégués
de l’Espagne, ceux-ci rappelaient à la cour d’Espagne les services rendus
aux Espagnols par les pêcheurs français et la fraternité qui unissait les
Basques des deux côtés des Pyrénées. Le roi promettait finalement que
les harponneurs seraient facilement octroyés l’année suivante tandis que
les armateurs français déploraient l’absence dans leur pays de pêcheurs
qualifiés. L’année suivante, le même scénario se répétait à peu de chose
près. Ce malentendu compliquait la vie des armateurs français qui
possédaient les capitaux mais qui devaient recourir aux Espagnols pour la
main-d’oeuvre spécialisée. Dans une lettre du 31 décembre 1729, les
Baylis et Jurats de Saint-Jean-de-Luz déclarent:
« Nous nous apliquerons[…] à former des harponiers chès nous, pour
pouvoir avec le Temps, nousmettre à l’abry des Caprices de nos
voisins… » Cette décision arrivait
toutefois trop tard.
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