SECONDE GUERRE MONDIALE

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  SOMMAIRE

 

DE SOUZA-MENDES

 OCCUPATION

ENTREVUE HITLER / FRANCO  VIDEO

RESISTANCE

ORDOKI

EVADES de FRANCE

FFI

DEPORTATION

LIBERATION

RESEAU COMETE

RESEAU COMETE FILM VIDEO

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La Seconde Guerre mondiale, est un  conflit armé à l’échelle planétaire qui dura du  1er septrmbre 1939 au . 2 septembre 1945  Ce conflit planétaire opposa schématiquement deux camps : les Alliés et l’Axe.

Provoquée par le règlement insatisfaisant de la Première Guerre Mondiale et par les ambitions expansionnistes et hégémoniques des trois principales nations de  l’Axe Allemagne nazie; Italie fasciste et Empire du Japon, elle consista en la convergence, à partir du   3 septembre 1939, d’un ensemble de conflits régionaux respectivement amorcés le   18  juillet 1936 en  Espagne  (la  Guerre d’Espagne  ), le   7 juillet 1937en  Chine (la guerre sino-japonaise ), et le  1er septembre 1939 en Pologne puis par l’entrée en guerre officielle de l’ensemble des grandes puissances de l’époque :  France-Royaume uni et leurs empires dès le  3 septembre 1939,  URSS à partir de l’invasion allemande de juin 1941,    Etats-Unis le   7 décembre 1941 dans un conflit impliquant la majorité des nations du monde sur la quasi-totalité des continents. La Seconde Guerre mondiale prit fin sur le théâtre d’opérations européen le  8 mai 1945 par la capitulation sans condition du  IIIème Reich puis s’acheva définitivement sur le théâtre d’opérations Asie-Pacifique le  2 semptembre 1945 par la capitulation sans condition de , Empire de Japon dernière nation de l’Axe à connaître la défaite.

La Seconde Guerre mondiale constitue le conflit armé le plus vaste que l’humanité ait connu, mobilisant plus de 100 millions de combattants de 61 nations, déployant les hostilités sur quelque 22 millions de km², et tuant environ  62 millions de personnes dont une majorité de civils. N’opposant pas seulement des nations, la Seconde Guerre mondiale fut aussi la plus grande guerre idéologique de l’Histoire, ce qui explique que les forces de  collaboration  en Europe et en Asie occupées aient pu être solidaires de pays envahisseurs ou ennemis, ou qu’une   résistance ait pu exister jusqu’en plein cœur de l’Allemagne nazie en guerre. Guerre totale, elle gomma presque totalement la séparation entre espaces civil et militaire et vit, dans les deux camps, la mobilisation poussée non seulement des ressources matérielles – économiques, humaines et scientifiques – mais aussi morales et politiques, dans un engagement des sociétés tout entières.                                                                                                                          Wikipedia

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Avant l’Occupation

ALLEMANDE

 

 La frontière voit passer tous ceux qui cherchent à fuir l’occupant nazi.

 

  De  Souza Mendes

 

22 au 25 juin 1940 :

 Aristides de Souza Mendes

Consul du Portugal

Retrouvaille avec le pont ……  quelques années après

 

 

Plaque commémoratrice au jardin des Déportés

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L’arrivée des Allemands au Pont International 

Les forces hitlériennes  arrivèrent et le 27 juin en fin d’après midi le Herr Doktor Wist Brandt se trouva être le premier militaire d’occupation à parvenir au pont Santiago. Le 29 juin vers 11 heuresle général allemand parvenait à son tour au même endroit et il allait saluer son homologue espagnol le général Lopez Pinto, puis les deux généraux de concert traversèrent la frontière du côté français pour aller passer en revue un bataillon d’éclaireurs SS

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Avion Allemand abattu par la R.A.F. anglaise

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1946. Les Allemands étendent leur mur de l’Atlantique jusqu’à l’extrémité de la France occupée et installent à Hendaye une batterie complète en block­haus avec conduite de tir et souterrains au-dessus des Jumeaux, plus un blockhaus isolé à la pointe de la plage et plusieurs réduits à tourelles. Les Espagnols fortifient ensuite des crêtes en arrière d’Irun.

LE QUOTIDIEN

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ENTREVUE    HITLER  FRANCO

 

 

RECIT DU TRAIN  D’HITLER VU PAR UN CHEMINOT

SONDERZUG

 

1940  Cette année-là, Hendaye est le théâtre d’un événement qui appartient à la grande histoire : l’entrevue que le général Franco et Hitler eurent en sa gare.

Ici, Hitler, au point culminant de sa force, a buté ! L’astucieux gallego, avec une finesse que nous dirions paysanne ou normande, a su lui refuser toute alliance et contrer ses projets; il rendit ainsi à la France et à l’Angleterre un immense service qu’il serait injuste et ingrat d’oublier.

 

 

Deux divisions hitlériennes attendaient, dans les Landes, l’ordre de franchir la frontière; elles reçurent celui de s’en retourner.

Les habitants du quartier de la gare n’ont pas oublié le sinistre train, gris et camouflé, aux wagons plats, en tête et en queue, hérissés de canons anti-aériens, qu’ils purent entr’apercevoir en bravant la défense qui leur était faite de se mettre à la fenêtre. Ils se souviennent encore des coups de fusils tirés par les S.S. sur les fenêtres entr’ouvertes.

Le jour de l’entrevue Hitler-Franco renforcement de la sécurité

Pour notre part, nous avons eu la bonne fortune de rencontrer une personnalité française, ayant pu disposer de documents officiels, et qui a bien voulu rédiger la note ci-dessous publiée, avec son accord, in extenso.

Bien que son auteur ait eu la délicatesse de ne vouloir inclure sa signature dans un livre, ne lui devant rien d’autre, nous sommes en mesure d’affirmer la qualité de l’information, sa source d’une valeur historique incontestable.

L’entrevue Hitler-Franco en gare de Hendaye eut lieu le mercredi 23 octobre 1940, entre les deux rencontres à Montoire, près de Tours, de Hitler avec les dirigeants français (le 22 avec Laval seul, le 24 avec le Maréchal Pétain accompagné de Laval)

. Hitler voyageait à bord de son train blindé personnel. Il avait avec lui son ministre des Affaires Etrangères Ribbentrop.

Hitler venait demander à Franco son entrée en guerre aux côtés de l’Allemagne et de l’Italie dans le cadre d’une opération dite « Plan Félix », mise au point durant l’été notamment par l’amiral Raeder, commandant en chef de la flotte allemande.

 L’opération était destinée à fermer la Méditerranée aux Anglais par la prise de Gibraltar, et à prévenir une intervention anglaise et gaulliste en Afrique du Nord.

 Les Allemands se proposaient également d’établir des bases aux Canaries. L’affaire aurait lieu dans les premiers jours de 1941. Les forces motorisées allemandes traverseraient l’Espagne de Irun à la Linea.

L’attaque sur Gibraltar, prévue pour le 10 janvier, serait conduite par 2 000 avions de la Luftwaffe, des mortiers géants et les troupes d’élite, qui avaient déjà enlevé les forts de Liège.

 La vieille forteresse anglaise, mal armée, dépourvue d’une D.C.A. suffisante, ne pourrait pas opposer de résistance sérieuse à de tels moyens. Gibraltar, reconquise, serait aussitôt restituée à l’Espagne. En même temps, un corps blindé allemand occuperait le Portugal pour y prévenir un débarquement anglais.

Des contacts avaient déjà eu lieu à ce sujet à Berlin, au mois de septembre, entre Hitler, Ribbentrop et Serrano Suner, beau-frère de Franco, chef de la Phalange, considéré comme le n° 2 du régime espagnol et l’homme le plus favorable à l’Axe. Serrano Suner admirait Hitler, mais avait été choqué, durant son séjour à Berlin, par la brutalité de Ribbentrop, qui menaçait l’Espagne d’une occupation militaire si elle contrecarrait les plans du Führer.

La position de Franco était très délicate. Il ne pouvait pas oublier l’aide que lui avait apporté l’Allemagne durant la guerre civile avec les avions et les spécialistes de la Légion Condor

. Une partie de l’opinion publique espagnole était très favorable à une entrée en guerre aux côtés de l’Allemagne victorieuse. D’autre part, le pays était ruiné par trois années de batailles, presque au bord de la famine. II dépendait pour son ravitaillement en vivres, en pétrole de l’Angleterre et des Etats-Unis.

 Londres et Washington, malgré leur hostilité idéologique pour le régime franquiste, entretenaient avec lui des rapports corrects, afin de sauver Gibraltar. L’Angleterre exerçait, en outre, une forte pression sur les milieux financiers les plus influents de Madrid.

Le 23 octobre, le train de Hitler arriva, le premier, à Hendaye. Celui de Franco avait une heure de retard, que Hitler et Ribbentrop passèrent en déambulant et causant sur le quai. Franco arriva à trois heures de l’après-midi. Il était en petite tenue de général, avec le calot à glands. Les entretiens commencèrent dans le wagon de Hitler. On les connaît surtout par le récit du traducteur habituel de Hitler, Paul Schmidt, qui assista à toute l’entrevue.

La tactique de Franco était de ne rien refuser, mais de poser à son intervention des conditions, qui feraient reculer le Führer

. II laissa Hitler monologuer longuement, sans montrer la moindre réaction. Quand Hitler eut développé son plan, fixé la date du 10 janvier pour l’attaque de Gibraltar, Franco parla à son tour, « d’une voix calme, douce, monotone et chantante, rappelant celle des muezzins », dit Paul Schmidt.

II protesta de l’amitié et de la reconnaissance de l’Espagne pour le IIIè Reich et revendiqua pour elle l’honneur de reconquérir Gibraltar

. Mais il fallait qu’elle s’y préparât. Or, son armée était réduite à 300 000 hommes sans aucun équipement moderne. Son entrée en guerre aux côtés de l’Axe posait, en outre, un très grave problème de ravitaillement. Il fallait que l’Allemagne pût lui fournir 100 000 tonnes de céréales, du carburant. Franco réclamait, en outre, la majeure partie du Maroc français, le littoral algérien jusqu’à Oran et un agrandissement des colonies espagnoles en Afrique noire.

Les revendications espagnoles sur l’Afrique du Nord étaient particulièrement inadmissibles pour Hitler, qui, à ce moment-là, ne voulait pas « désespérer la France » et la faire basculer dans le clan gaulliste au Maroc et en Algérie, où le prestige de Pétain était considérable.

Le ton monocorde, la placidité de Franco portaient sur les nerfs du Führer. II faillit à un moment donné rompre l’entretien, puis se ravisa. Un dîner eut lieu dans son wagon-restaurant, à la suite duquel le dialogue des deux dictateurs se poursuivit encore pendant plus de deux heures.

Seul résultat de cet entretien de neuf heures, si désagréable à Hitler, qu’il aurait préféré, disait-il, se faire arracher trois ou quatre dents plutôt que de recommencer: les deux parties convenaient d’établir un vague traité, portant sur le principe de l’intervention espagnole, mais sans en fixer la date, et en la subordonnant à des livraisons d’armes et de ravitaillement, dont le détail n’était pas abordé.

 Les clauses restaient non moins imprécises pour ce qui concernait la possibilité de satisfaire les visées territoriales de l’Espagne en Afrique. Ribbentrop et Serrano Suner, devenu depuis peu ministre des Affaires Etrangères d’Espagne, étaient chargés de la rédaction de ce pacte, qui n’alla pas sans heurts violents entre eux.

A Hendaye, l’antipathie avait été réciproque entre les deux dictateurs. Pour Franco, Hitler était un comédien, qui montrait trop ses procédés. Pour Hitler, Franco était un homme courageux, mais sans envergure politique…

Comme Franco n’avait opposé aucun refus, les Allemands ne tardèrent pas à relancer l’affaire. En novembre, Hitler invita Serrano Suner à Berchtesgaden, pour n’obtenir de lui que des réponses aimablement dilatoires. Au cours de cette entrevue, Hitler parla, sans doute également, de son intention de faire passer au Maroc Espagnol au moins deux divisions allemandes. Il exposait, quelques jours plus tard, à Mussolini la nécessité de cette mesure.

En décembre, l’amiral Canaris, chef de l’Abwehr, rendit visite à Franco à Madrid, lui annonça l’intention de Hitler d’attaquer Gibraltar le 10 janvier, après que l’Espagne ait laissé libre passage à ses troupes.

Franco, nullement intimidé, répondit qu’il était impossible pour l’Espagne d’entrer en guerre à cette date, et que sa cobelligérance dépendrait du ravitaillement et des armes que l’Axe pourrait lui fournir.

Hitler demanda alors à Mussolini de servir d’intermédiaire pour fléchir Franco. L’entrevue du Duce et du Caudillo eut lieu le 1er février à Bordighera. Elle fut très cordiale. Mais Franco maintint sa thèse : l’Espagne ne pouvait entrer en guerre qu’après que l’Allemagne lui eût apporté une aide effective. Il se plaignait, en outre, que l’Allemagne eût choisi de collaborer avec la France plutôt que de satisfaire les revendications espagnoles sur l’Afrique du Nord. (Ce qui ne l’empêcha pas, en revenant d’Italie, d’avoir une rencontre cordiale avec Pétain à Montpellier et d’envisager avec lui la meilleure méthode pour résister aux Allemands sans les irriter.

Rentré à Madrid, il dénonça le protocole de Hendaye, qu’il considérait comme dépassé par les événements. Il contestait, en outre, comme il l’avait déjà fait, que la prise de Gibraltar pût avoir une valeur décisive pour la conduite de la guerre si le canal de Suez restait ouvert aux Anglais. ( F )

 

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Le Commandant

PASSICOT

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Jean Marie Passicot est né à Hendaye le 7 mars 1895 dans la maison Lesgourges. Depuis son plus jeune âge il vint habiter avec ses parents dans la maison historique Eskola-handi située sur le chemin se Zubernoa .Il y passa sa jeunesse jusqu’à la Grande Guerre. Après de brillantes études, il obtint le Brevet ce qui à l’époque certifiait un bagage intellectuel et un niveau de formation élevés
A la sortie de l’école, il fut employé comme contrôleur sur la ligne de tramway électrique Gare-Hendaye plage.
Il s’engagea, comme volontaire, à la Guerre de 1914 ,, il devint vite sous-officier, puis capitaine. Comme il ne sortait pas d’une grande écoles militaire, il ne pouvait guère prétendre monter en grade. Il fut désigné comme officier, à Bres ett à Versailles…
Marié le 20 octobre 1920 dans l’Aisne, avec Nelly Massin, il continua le service dans l’armée jusqu’à sa retraite.. Il vint alors rejoindre ses parents, qui avaient une villa «  »Bake Etxea, sur la vieille route de Saint Pée , à SaintJeanDe Luz
L’ami des basques émigrés. Basque lui même, il fut un grand amis des émigrés basques et montra à leur endroit autant de cordialité que d’efficacité. Il assista plusieurs fois aux activités de l’Institution Gernica dans une allocution prononcée publiquement.
Le déclanchement des hostilités, en 1940, le surprit à SaintJeandeLuz. Mobilisé volontaire, il entra dans la résistance, où il occupa la charge de commandant du secteur Basque, sous le nom de Ganix.Pendant toute sa vie, et plus particulièrement pendant la période de la résistance, Jean Marie Passicot, d’une haute stature qui en imposait, agit toujours en grand patriote et en grand français. Chef de la région de Bayonne, il prit une part très active dans la formation de la Brigade Basque, affectée à la Zone de la pointe de Grave. . Après la libération, Hendaye eut la joie de voir un de ses fils passer en revue tous les militaires des Forces Libres de la région , devant le monument aux morts sur la pelouse du Vieux Fort.Le Commandant Passicot mourut subitement, d’un infractus , à Saint de Luz, au retour d’une réunion amicale des Déportés et Evadés. Abbé Michelena. _______________________________________________________________________

Réseau

Libé Nord

 

D’abord journal clandestin, dès décembre 1940, Libération-Nord se transforma en novembre 1941 en un mouvement de résistance. Se voulant l’expression des mouvances syndicales CGT non communiste, CFTC et de laSFIOclandestine, il s’est formé autour de Christian Pineau et de l’équipe du Manifeste des douze. Sans être seuls, les socialistes sont hégémoniques dans ce mouvement.

 CARRICABURU  .  PAUL PUJO

Résistance Fer . Marc

Le mouvement est créé au début de l’année 1943 par Jean Guy Bernard et Louis Armand secondé par tJean Marthelot, avec l’aide des directeurs de la SNCF Albert Guerville du réseau Cohors Asturie et Emile Plouviez. Résistance–Fer est considéré comme Réseau des Forces Françaises Combattantesqui sera rattaché à la Délégation Générale. Après l’arrestation de Jean-Guy Bernard en janvier 1944 c’est Armand qui prend la direction de Résistance Fer, sous le contrôle de Jacques Chaban Delmas

La Gare d’Hendaye

dans la Tourmente

I. Préface

II. La gare et le trafic « marchandises »

III. Le service « voyageurs »

IV. Les trains de la division bleue

V. L’entrevue HITLER – FRANCO

VI. La voie de la liberté

VII. Quelques exemples d’évasion

VIII. Le secteur d’Hendaye « Dominique »

  1. PREFACE

La gare internationale d’Hendaye, placée tout contre la frontière, a été durant la guerre le théâtre de maints évènements du fait de sa position stratégique et de l’importance du trafic avec l’Espagne franquiste de l’’époque. Les cheminots, dans leur très grande majorité, ont eu une attitude courageuse et exemplaire face à l’armée occupante. A la libération, certains ont été à l’honneur et leur mérite de résistant a été reconnu à sa juste valeur. D’autres, pour certains tout aussi méritants, ont été peu bavards et ont préféré rester dans l’ombre. Pourquoi ? … Cela tient peut-être au caractère propre aux gens du pays, au caractère inné de la race mais aussi forgé par les guerres :

  • la guerre de 14/18, les cheminots d’alors étaient, pour beaucoup d’entre eux, d’anciens « Poilus ».
  • la guerre civile espagnole a renforcé l’idéal républicain et patriotique et provoqué aussi une cassure avec d’autres couches de la population, aux idées plus « conservatrices ou attentistes ».

L’occupation allemande a soudé les cheminots. Ils se sont retrouvés, comme dans les tranchées de 14/18, solidaires dans le malheur et pour certains efficaces dans l’action.

Il n’est pas question de faire l’histoire des événements qui se sont déroulés en gare. Il convient surtout de respecter la mémoire des anciens, peu bavards et qui ont tenu à garder l’anonymat. Découvrir les activités du réseau « MARC », à travers un cheminot d’Hendaye, bien discret, permet d’entrevoir simplement quelques images de la gare durant la guerre.

  1. La GARE et le TRAFIC « MARCHANDISES »

Ambiance morose à la gare internationale où le chef de gare français est supplanté par un chef de gare allemand, nommé HIRSCHMANN (orthographe non garantie) qui parle également le français et l’espagnol. Il est jeune, peut-être la quarantaine, revêt certains jours l’uniforme de capitaine de l’armée allemande. Il fait partie, selon la rumeur, d’une famille de hauts dignitaires du régime nazi, est assisté de cheminots allemands qui suivent tout particulièrement la formation et la circulation des trains à l’arrivée et au départ ainsi que la situation des wagons restant en gare. Le même travail est bien entendu effectué par les cheminots hendayais. Le contrôle effectué est bien rodé et parfois donne lieu à des « mises au point >> orageuses. Des douaniers et policiers de l’armée occupante supplantent également les homologues français.

Une société allemande, la SOFINDUS, coiffe le trafic des marchandises ainsi que le transbordement obligatoire du fait de la différence d’écartement des voies espagnoles et des voies françaises qui sont, elles, du type dit européen.

Le trafic est relativement important, de l’ordre d’une bonne centaine de wagons/jour. Que peuvent bien transporter ces wagons ?

Dans le sens Nord-Sud, c’est-à-dire pour les marchandises en direction de l’Espagne, le trafic est diffus. Le transbordement s’effectue à Irun.

On y trouve : des machines et mécaniques, des groupages en provenance de France et d’Allemagne, de la pâte à papier en provenance de la Suède et de la Norvège, etc…. à plusieurs reprises … des trains de wagons réservoirs escortés par l’armée. Ils contiennent du carburant à destination des ports espagnols, carburant certainement destiné aux sous-marins et navires de guerre allemands et italiens qui y font escale.

Le trafic Sud-Nord, transbordé à Hendaye, est important. On distingue principalement des minerais : pyrites de cuivre en provenance d’Huelva, pyrites de fer et galène en provenance de la proche région. Les minerais sont destinés à l’Allemagne et parfois à quelques usines françaises (Petit-Quevilly).

On trouve en plus et à destination de l’Allemagne :

  • du wolfram (provenance Santander). Ce minerai, très dense, est emballé dans des petits sacs de toile forte. Il servait, paraît-il, à durcir les aciers des tourelles des tanks,
  • du mercure (provenance Almaden),
  • des produits bruts : liège et résines en provenance d’Espagne ou du Portugal, des huiles d’olive non raffinées,
  • des denrées : conserves de sardines à l’huile, des amandes, des figues sèches, du vin, des fûts de vin de Porto, etc … Ce trafic, en majeure partie en provenance du Portugal, est coiffé par la Croix Rouge belge. Il était soi-disant destiné aux hôpitaux allemands. Le transbordement s’effectue sous surveillance. Les vantaux des wagons sont verrouillés de l’intérieur, puis, ainsi que les portes, ligaturés de l’extérieur et plombés par la douane allemande.

L’ensemble du trafic, Nord-Sud et Sud-Nord, est accompagné d’écritures comptables et donnent lieu à une transmission, sous forme de « Manifeste », entre les chemins de fer et les douanes de chaque côté de la frontière. Le bureau « marchandises » où Dominique est chef de bureau, avait donc un regard complet sur l’ensemble du trafic non seulement sur la nature des marchandises mais aussi leur provenance et leur destination. Et Dominique « renseignait systématiquement Londres sur le trafic ferroviaire de la gare d’Hendaye ».

Les relations entre cheminots français, la Douane française et les cheminots espagnols sont dans l’ensemble bonnes, parfois même amicales. Avec les cheminots et les douaniers allemands elles sont professionnelles, assez distantes du fait des difficultés de langage mais aussi d’une certaine méfiance.

Elles se bornent le plus souvent à des recherches pour localiser un wagon sur les voies ou dans les relevés des trains et des chantiers.

Il y a environ 500 wagons chaque jour en gare et les cheminots ont intérêt à ce que tout se passe bien, évitant ainsi l’intervention du chef de gare allemand et de ses adjoints qui contrôlent tout à distance.

Ambiance donc prudente dans ce bureau commun dit de la « reconnaissance » au quai international.

Le douanier allemand, affecté au plombage des portes et ventaux des wagons, mérite une attention particulière.

Il a environ la cinquantaine, boîte assez fortement, se prénomme (si ma mémoire est bonne) August, ne quitte jamais sa pince à plomber fixée à la ceinture et doit être en relation avec les cheminots français et aussi allemands, pour son travail. On voit qu’il est bon ; ne dit-on pas qu’il est venu à Hendaye par mesure disciplinaire. Il était auparavant au contrôle de la ligne de démarcation dans la région d’Orthez.

Il fait son· travail sérieusement, sachant bien ce qu’il fait. Mais voilà … il arrive qu’un wagon, comme par hasard chargé de caisses de boîtes de sardines ou autres denrées, se retrouve avec une porte ouverte. Il faut la refermer, la ligaturer, la plomber à nouveau, sans créer d’incident, sans créer une enquête des cheminots ou douaniers allemands et August re plombe, sans rien dire. Juste un petit sourire et, l’index contre la lèvre il murmure un petit chut ! … et ce chut ! … deviendra plus ferme lorsqu’il sera suivi du nom de certains de ses collègues allemands : Hans en particulier.

Lentement, les mois passent, le moral des cheminots et des douaniers allemands se modifie d’une manière inversement proportionnelle au nôtre. Le départ pour quelques jours de permission en Allemagne était source de joie, le retour est plein de tristesse.

AUGUST nous dira : « Chut !… Deutschland Kaput ».

Avec ses mains, il mime les avions qui lâchent des bombes et cite les grandes villes du Reich suivi de « Kaput !… Kaput !… Kaput !… Guerre gross malheur… Hitler gross filou…».

A partir d’une certaine date, on ne le reverra plus.

Il sera remplacé et lorsqu’on le réclamera … Hans, le cheminot allemand au dos voûté ,dans son coin ricanera.

Pont international d’HENDAYE

  1. Le SERVICE des TRAINS de VOYAGEURS

Durant toute l’occupation allemande et jusqu’au débarquement des armées alliées en Normandie, le 6 juin 1944, et dans le Var, le 15 août 1944, qui entraînera un bouleversement bien compréhensible, le service des trains de voyageurs continue à fonctionner régulièrement avec ses trains omnibus, Express et rapides, ces derniers étant munis de wagons restaurants ou de wagons-lits. Les trains internationaux en provenance de Madrid et de Lisbonne assurent leurs liaisons quotidiennes avec également le service restauration et wagons-lits.

Nous avons vu que le réseau MARC utilisait des convoyeurs de ce service, avec l’aide de Dominique à Hendaye, pour l’acheminement du courrier de la Résistance de Bruxelles à Londres et retour, via Lisbonne.

Hendaye est décrété, par les Allemands, zone interdite. Chaque habitant doit être en mesure de présenter sa carte d’identité justifiant de sa résidence à Hendaye ainsi qu’un « ausweiss » (laissez-passer) délivré par les autorités occupantes.

Les voyageurs en provenance ou à destination de l’Espagne ou du Portugal sont munis d’un passeport avec visa : autorisation préalable accordée par les pays concernés. Les contrôles des passeports sont effectués par la police allemande. La Gestapo surveille l’arrivée de chaque train en plus d’un contrôle déjà effectué entre Bayonne et Hendaye. Il n’est pas facile d’échapper à cette surveillance. Des patrouilles armées circulent dans les rues et le long de la Bidassoa. La nuit le couvre-feu est appliqué.

En plus du service voyageurs régulier, circulent des trains militaires : trains de permissionnaires allemands, trains de transport de troupes. Les premiers assurent une liaison directe entre Hendaye et l’Allemagne accompagnés par la gendarmerie militaire allemande. Les autres transportent des unités de l’armée qui viennent dans le secteur de la Côte Basque se reconstituer et se « refaire une santé » avant de repartir sur le front de l’Est. Tous les hôtels, villas et appartements libres disponibles sont réquisitionnés pour héberger les Allemands qui sont à demeure à Hendaye mais aussi les troupes qui viennent au « repos ».

  1. Les TRAINS de la « DIVISION BLEUE »

Parmi les transports par trains complets, ceux affectés à la « Division bleue » méritent une attention particulière.

L’histoire retiendra que l’Espagne de Franco a fourni une division complète de volontaires afin d’aider les nazis dans la lutte contre le Bolchevisme. La vérité est peut-être un peu différente ou du moins a été ressentie différemment par les cheminots hendayais. Curieux volontaires en effet que ces soldats qui cherchent à déserter dès leur arrivée en France. Certains proposaient même aux cheminots de leur vendre le paquetage militaire neuf qu’ils venaient de recevoir : chemises, couvertures, godillots même … afin de se procurer un peu d’argent pour déserter et ensuite pouvoir s’intégrer plus facilement parmi la population française. Ils étaient surveillés en permanence par des collègues espagnols, eux volontaires, et des soldats allemands en arme. Les signaux d’alarme des voitures avaient été neutralisés de façon à ce que les « soi-disant » volontaires ne puissent bloquer le train en rase campagne et fuir. Beaucoup étaient d’anciens soldats républicains dont Franco se débarrassait en les envoyant sur le front de Russie. Bien noyautés et endoctrinés par des « spécialistes » ils sont probablement devenus de vaillants soldats …

Comment oublier le retour à Hendaye des trains sanitaires rapatriant de pauvres survivants gravement malades et blessés : certains aveugles, d’autres amputés de bras, jambe ou alors des doigts des mains, des pieds par suite de gelures … Comment oublier le regard de ces pauvres malheureux retrouvant « leur beau soleil d’Espagne ».

  1. L’ENTREVUE HITLER – FRANCO

L’entrevue Hitler – Franco, le 23 octobre 1940 en gare d’Hendaye, a été maintes fois racontée, par la presse, la télévision, les historiens. A Hendaye et principalement en gare elle a été ressentie d’une manière particulière, laissant aux cheminots de service une curieuse impression. Deux trains spéciaux, formés de voitures confortables et de wagons munis de batteries anti-aériennes, se suivent. Le premier transporte RIBBENTROP, ministre des affaires étrangères et sa suite, le second H TLER et son état-major.

Avant l’arrivée des trains, des soldats allemands ont visité les maisons donnant sur la voie ferrée. Notre appartement a été fouillé méticuleusement. Mon jeune frère, âgé de 5 ans, était un peu malade, fiévreux. Un soldat allemand le prend dans ses bras alors qu’un autre vérifie la literie. Les fenêtres et volets donnant sur la voie doivent être fermés, exception pour notre salle de séjour. Un soldat allemand se tiendra en faction devant la fenêtre ouverte, tandis que dans la cour à une dizaine de mètres en contrebas, des cinéastes en uniforme disposent des caméras afin de filmer l’arrivée des trains.

L’entrée de la gare est interdite, sauf aux cheminots et plus particulièrement à ceux nécessaires aux mouvements de manœuvres.

Après les accolades des funestes complices, la parade de pantins orgueilleux, c’est l’heure des discussions en wagon clos.

Il est certain qu’Hitler était décidé à traverser l’Espagne pour attaquer Gibraltar et le Maroc. Des divisions, regroupées dans les Landes, étaient prêtes à bondir et attendaient l’ordre. La gare d’Hendaye avait déjà reçu du matériel permettant de transborder les tanks de wagon à wagon. Ce matériel restera très longtemps – il y était encore fin 1943 – parqué dans la cour des débords.

Malgré les demandes pressantes d’Hitler qui n’est pas habitué à voir ses ordres désapprouvés, Franco n’a pas donné son accord en exigeant des contreparties inacceptables. Certains diront qu’il n’a pas été insensible aux mises en garde des Anglais et des Américains. D’autres allègueront l’état de l’Espagne, exsangue depuis la guerre civile et qui ne saurait supporter une guerre supplémentaire sans contrecoup imprévisible venant de la population. Les cheminots français, présents en gare, avaient constaté, alors que les discussions se poursuivaient entre les dictateurs, un changement d’attitude des officiers d’Etat Major arpentant parfois le quai de la gare. « On sentait bien que quelque chose ne cadrait pas » diront-ils.

Finalement les trains, celui d’Hitler et celui de Ribbentrop quitteront la gare d’Hendaye directement, en pleine nuit, alors qu’il était prévu qu’ils passent la nuit sous un tunnel, bien protégés d’une attaque éventuelle venant d’on ne sait où. Le lendemain, 24 octobre 1940, Hitler rencontrera Pétain et Laval à Montoire.

  1. La VOIE de la LIBERTE

Au début de l’occupation, trouver refuge en Espagne n’était guère envisageable. N’oublions pas que Franco était l’allié, le complice d’Hitler. La police allemande d’Hendaye avait des contacts journaliers et amicaux avec les collègues franquistes. Quelques prisonniers de guerre, sénégalais ou somaliens, internés à Hendaye et utilisés par les Allemands pour le transbordement des marchandises ont réussi à franchir la frontière, cachés dans des trains de wagons vides retournant à Irun. Pauvres malheureux, ils ont été remis par les Espagnols entre les mains de la police allemande, au Pont international.

Nous avions à Hendaye quelques échos, par l’intermédiaire de soldats républicains évadés d’Espagne avant l’occupation allemande, sur les méthodes fascistes utilisées par la police pour interroger les prisonniers et aussi sur les conditions de détention à la prison d’Ondarreta à Saint-Sébastien ou au camp de Miranda de Ebro.

Malgré cela, le nombre des candidats à l’évasion s’organise et ne cesse de croître :

  • les Français refusent le service du travail obligatoire en Allemagne instauré par l’ennemi et cherchent à joindre ou le maquis ou les forces françaises libres au Maroc,
  • des résistants repérés et traqués par la Gestapo cherchent à passer en Espagne pour rejoindre Londres,
  • de nombreux aviateurs alliés, ayant sauté en parachute alors que leurs avions étaient abattus, sont recueillis, cachés par des patriotes français et ensuite canalisés vers l’Espagne à l’aide de réseaux de la Résistance.

Le réseau « Comète » assurera le passage de la frontière à travers les sentiers de la montagne basque.

Les Allemands redoublent de vigilance, renforcent leurs patrouilles de garde-frontières ; leur police contrôle l’identité des gens aux abords et dans les gares, dans les trains, le long des routes menant à la zone frontière devenue zone interdite pour les non-résidents. Les accès à la baie de Chingudy que l’on pouvait alors traverser à pied, durant la basse mer, sont défendues par des barrages en fil de fer barbelés, parfois minés. Des mitrailleuses, l’une à la Floride, une autre postée sur un mirador implanté sur l’esplanade du Vieux Port, sont prêtes à intervenir. Elles tireront souvent de jour mais aussi de nuit et, hélas, pour atteindre plusieurs fois leur cible … des jeunes courant vers la liberté.

De l’autre côté de la frontière, la situation des évadés incarcérés dans les prisons ou au camp de Miranda est inhumaine et se prolonge durant de longs mois. La durée d’internement varie de 2 à 10 mois. C’est en 1943 que les évasions sont les plus nombreuses.

Les Anglo-Américains et la Croix Rouge font pression auprès des autorités espagnoles qui tireront profit de cette situation. Ainsi parviendront-ils à échanger … des évadés contre des phosphates nécessaires à leur agriculture et à obtenir des aides financières importantes.

Des réseaux, financés par les Alliés, sont organisés afin de récupérer des évadés avant l’incarcération. Des primes sont accordées aux carabiniers et à la police pour s’assurer de leur « compréhension ». Les séjours au Camp de Miranda seront écourtés et parfois évités.

Pour les jeunes Hendayais, les requis de l’organisation TODT travaillant dans le secteur et aussi certains autres ayant réussi à déjouer les contrôles allemands … la gare est un phare qui attire et montre le chemin de la liberté, du devoir patriotique, la voie à suivre … Voie ô combien dangereuse du fait de la présence non seulement des policiers et douaniers à l’uniforme vert-de-gris, mais aussi en tenue civile.

Emprunter clandestinement un train de voyageurs allant sur Irun, demande une connaissance parfaite de la manière dont les contrôles sont effectués, contrôles méthodiques et très fouillés, surveillés en plus par des spécialistes zélés. L’aide des cheminots est indispensable, non seulement pour emprunter le train mais aussi pour le quitter à Irun où tous les voyageurs sont canalisés sur les services de la police et de la douane espagnoles. Il faut une connaissance parfaite du « système » mais aussi une dose de courage et de sang-froid à toute épreuve.

Un jour, avec l’ami Pierre, nous évoquions notre passé de jeunes cheminots hendayais. Il me dit : « tu sais je n’oublierai jamais, j’ai une grande reconnaissance envers J… S… Je formais équipe avec lui et J… B… J’étais préoccupé, anxieux. J… S… me glisse paternellement à l’oreille :

« Si tu cherches à t’évader en Espagne, surtout pas de bêtises. Ne fais pas n’importe quoi. Tu nous en parles et tu verras, tout se passera bien.» Le frère aîné de Pierre, Jean avait déjà rejoint les Forces françaises combattantes au Maroc après s’être évadé de France grâce à l’aide des cheminots de la gare.

Essayons maintenant de remémorer rapidement l’ambiance qui règne sur les chantiers traitant du trafic « marchandises ». Plus de cent ouvriers s’affairent à la Halle internationale et sur les voies de transbordement. Les manœuvres nécessaires sont importantes : mises en place, face à face, des wagons espagnols et français en fonction du chargement à transborder, formation des trains au départ tant sur l’Espagne que vers la France, passage des wagons dans les halles pour l’entreposage de certains chargements, etc….etc….

Elles sont effectuées à l’aide de machines de manœuvres françaises et espagnoles sur des voies à écartements différents qui se cisaillent ou se jouxtent. Les cheminots sont reconnaissables à leur uniforme ou tout au moins à la casquette et au brassard rouge et vert, porté au bras gauche. Les Allemands en uniforme et aussi en tenue civile pour ceux appartenant à la « SOFINDUS », société qui gère le trafic, évoluent au milieu des voies pour leur travail de contrôle.

Les trains allant en Espagne sont formés de wagons dont la douane allemande a autorisé la sortie de France. Ils figurent sur des « relevés » établis en plusieurs exemplaires par les agents SNCF du service matériel de la gare, un exemplaire étant remis à chacun des services concernés. Chaque train se compose d’une trentaine de wagons. Avant le coup de sifflet de départ, deux douaniers allemands, un de chaque côté de la voie, vérifient que la formation du train est conforme au relevé, que les portes des wagons sont bien munies des plombs apposés par la douane allemande. Ils montent sur les wagons plats et tombereaux pour vérifier le contenu.

Même contrôle pour les wagons vides espagnols retournant à Irun. Les portes doivent alors être ouvertes afin que l’on puisse aisément voir l’intérieur. De plus, un corps de garde se trouve à l’entrée du Pont international. Il dispose d’un mirador muni de projecteurs éclairant les wagons. Les trains de marchandises doivent passer au pas et marquer l’arrêt à toute demande.

Théoriquement tout est parfait, rien ne peut échapper au filtrage organisé … et pourtant ! … il existe des failles, des zones d’ombre. Le système sera maintes et maintes fois mis à défaut, grâce à la complicité des cheminots, à leur expérience, à la connaissance parfaite des moments ou de la manière dont seront effectués les contrôles. Il est pratiquement impossible, pour une personne non renseignée et guidée, de s’approcher sans se faire remarquer des trains se préparant à partir sur l’Espagne et ensuite d’y trouver sa petite place.

Il fallait aussi, pour les évadés, une bonne dose de courage, de lucidité et de détermination à l’exemple de ce groupe de 7 ou 8 jeunes qui a réussi à traverser le pont à la barbe des Allemands. Un beau matin, à l’heure normale d’une prise de service, le groupe se présente sur les voies, muni de pelles, fourches, barres à mine et même d’un viseur. A 100 mètres du Pont international, commence le travail, il s’agit de redresser une voie espagnole qui en avait justement besoin.

Les hommes, bien dirigés par leur chef d’équipe, travaillent consciencieusement … chargent, bourrent, redressent la voie … s’approchent du corps de garde, laissant derrière eux un travail parfait.

Ils travaillent maintenant juste à l’entrée du pont … Un ordre bref et adieu, pelles, fourches, barres à mine et viseur ! … chacun court maintenant de l’autre côté du pont où un carabinier, aussi ahuri que les soldats du corps de garde allemand, ne sait que faire sinon alerter ses chefs qui prendront charge des évadés en les conduisant à Irun, au « centre d’accueil ».

D’autres méthodes, moins spectaculaires mais tout aussi efficaces, ont été utilisées en particulier du fait des manœuvres nécessaires au « service voyageurs ».

Afin d’éviter de gêner le déroulement du trafic marchandises qui monopolise la plus grande partie des installations de la gare, tous les mouvements nécessaires au service des trains de voyageurs s’effectuent du côté du Pont international. Juste à l’entrée se trouve un poste d’aiguillages et aussi … le corps de garde et le mirador.

Le Pont est donc, maintes fois par jour, traversé par des rames de voitures voyageurs longues de 100 à 200 mètres. Des agents de manœuvre, placés toutes les 2 ou 3 voitures, répercutent au mécanicien qui ne voit pas, ce qui se passe à l’autre bout de la rame, l’ordre d’avancer, de stopper ou de reculer … à l’aide de drapeaux ou de lanternes, de nuit.

Au moment propice, choisi en fonction de la longueur de la rame, de la nécessité de faire vite afin de respecter les horaires, du calme constaté du côté des soldats du poste de garde … un cheminot cède sa place, sa casquette, son drapeau …au candidat à l’évasion.

« Petit, c’est le moment. Tiens-toi sur le marchepieds de cette voiture, fais exactement les mêmes signaux que les autres agents de l’équipe de manœuvre. Lorsque tu auras dépassé le pont tu seras en Espagne. Laisse la casquette et le drapeau dans la voiture. Ne saute du train que lorsqu’i1 sera arrêté ; les camarades te feront signe d’ailleurs. Reste caché au bord du talus une bonne dizaine de minutes, éloigne-toi de la voie ferrée en direction d’Irun … Tu seras certainement interrogé par la police espagnole et après par des camarades évadés comme toi, des amis donc mais aussi peut-être par des « soi-disant » amis et qui ne le sont pas du tout. Ne dis jamais que tu as franchi la frontière par la gare. Dis que tu es passé par la montagne et que tu t’es perdu, que tu veux rejoindre des camarades pour aller au Maroc.

Ne parle jamais de la gare. Tu nous ferais arrêter par la Gestapo … ne parle pas de nous … Ne dis jamais … jamais …»

  1. QUELQUES EXEMPLES d’EVASIONS

Sur un total de 103 « évadés de France » plus une quinzaine réfugiés en Espagne

Plus de 50 ans après ces événements et en l’absence de listes officielles ou de statistiques permettant de citer tous les Hendayais, évadés de France, je me suis volontairement limité à retenir quelques exemples d’évasions, par divers points de passage. Il ne m’est pas possible de compléter la liste au maximum sans faire des erreurs et surtout … des omissions impardonnables.

Evasions par la gare (février – mars 1943)

DUCLERCQ Jean

DUHART Martin

FRANCISCO AlbertMouvements de manoeuvreOFFICIAL Louischeminot, profite de l’inattention des soldats du corps de garde, pour traverser le pontSERRANO Paquitocaché sous une bâche d’un wagon allant à Irun

Evasions par la Baie à marée basse

CAUBET Roger

LABORDE Edouard

LESPARRE Fernand

PLANTE René

ROLA VictorNuit du 13 au 14 mars 1943

Mr TESTAVIN, secrétaire de Mairie, avise CAUBET que les Allemands ont une liste de jeunes Hendayais désignés pour le S.T.O. en Allemagne. CAUBET avise ses amis figurant sur la liste, ils traversent ensemble la Bidassoa à marée basse.

Mr TESTAVIN sera arrêté le 9Juin 1944 avec 8 autres otages hendayais. Ils seront tous déportés à DACHAU et ses Komandos. Seuls survivront : Mr CARRICABURU et le Père FYLI.YRIBARREN Domingotravaille en gare au transbordement des marchandises, il traverse lui aussi la baie à marée basse, le 8 juin 1943.

Evasions en traversant la Bidassoa, à marée basse, gué de la Ferme Léku­ Eder. Joncaux etc…

LAMISCARRE René

LANOT Raoul

RACHOU Charles

VERGEZ René

A la liste des 103 Hendayais, bénéficiaires du statut d’Evadés de France, il convient d’ajouter une quinzaine d’autres qui ont passé la frontière clandestinement pour trouver refuge en Espagne chez des parents ou amis, jusqu’à la Libération.

Mais les évasions ne sont pas du seul fait des Hendayais … Malgré les contrôles des policiers allemands, mille astuces sont trouvées pour parvenir jusqu’à « la porte de l’Espagne » et ensuite la franchir. Le train permet une bonne approche … l’arrivée en gare est un nouveau piège très dangereux. Certains réussiront isolément, beaucoup après avoir sauté du train à contre-voie lors de l’arrêt ou en gare d’Hendaye Plage ; d’autres bénéficieront de l’aide de cheminots : conducteurs de locomotives, agents d’accompagnement des trains … de civils … ou de réseaux de résistants. Des jeunes requis de l’organisation TODT travaillant à la construction du Mur de l’Atlantique sur la Côte profiteront des heures de repos pour risquer « la belle ».

Beaucoup ne réussiront pas et, si près du but, nous les verrons parfois, dans les rues d’Hendaye, encadrés par des garde-frontières en arme et des chiens policiers, se diriger vers les locaux de la police allemande. D’autres seront tués par balles, en Baie de Chingudy ou le long des berges de la Bidassoa. Un même au milieu du pont ferroviaire d’Hendaye.

Revenons rapidement sur le service des wagons-lits assurant la liaison quotidienne Paris – Hendaye – Irun et retour. Les brigades parisiennes d’accompagnement n’étaient pas autorisées par les Allemands à traverser la frontière et devaient laisser leur place à du personnel hendayais, dès l’arrivée du train en gare.

Deux amis, dont les pères ont assuré ce service, me racontent pratiquement la même chose dont voici le résumé valable pour l’un, comme pour l’autre : « mon père n’aimait pas parler de la période de l’occupation allemande, comme s’il voulait oublier ces tristes années. Il nous a pourtant raconté :

A plusieurs reprises, un convoyeur de Paris m’a glissé à l’oreille dès l’arrivée du train :

« Tu as un clandestin caché dans tel placard : Il doit impérativement passer en Espagne. Je sais que je peux compter sur toi. »

Les voitures lits sont munies de placards permettant d’entreposer les oreillers, draps, couvertures et autres ustensiles nécessaires au service.

Pas question de le libérer de sa cache en gare d’Irun, le train étant sous la surveillance de la guardia civil qui canalise tous les voyageurs vers les services de douane et de police. Mieux vaut attendre le retour sur Hendaye. Le train revient en marche arrière, en « refoulement » donc à marche prudente et doit obligatoirement marquer l’arrêt avant d’atteindre le poste d’aiguillage qui se trouve au Pont international. C’est le moment de libérer notre clandestin :

« Allez, viens, tu es en Espagne. En face c’est Irun. Tu vas t’y rendre, sans te faire remarquer, tout en te cachant à travers les champs de maïs ou parmi la végétation. Maintenant saute du train et Bonne chance. »

Nous pouvons admirer le courage des évadés dont la moyenne d’âge était de 23 ans, qui ont franchi la frontière au péril de leur vie pour s’engager dans les forces françaises libres en Afrique du Nord et participer aux combats pour la libération de la France. Durant l’année 1943, la plus importante en ce qui concerne le nombre d’évasions et malgré le renforcement des mesures de défense allemandes, 19 380 évadés parvinrent en Espagne. Pour l’approche vers la frontière, le train a été le moyen le plus usité malgré les contrôles des agents de la Gestapo qui vérifient l’identité des jeunes gars en particulier, durant le parcours et dans les gares. « Malheur à celui qui s’embrouille ou paraît paniquer ».

Admirons tout autant ces « combattants de l’ombre », pour la plupart pères de famille, qui en maintes et maintes circonstances ont risqué leur vie, pour une France libre.

Méditons sur le courage de ces cheminots hendayais, modestes et discrets mais solidaires dans la lutte car il faut reconnaître qu’ils se trouvaient dans la quasi impossibilité d’agir isolément pour favoriser une évasion. L’équipe de manœuvres allant du mécanicien au pilote et à la brigade était forcément complice. Certains de ces cheminots ont été emprisonnés, torturés, mutilés, déportés ou sont morts, comme Dominique, pour défendre leur idéal au service de la France. Leur silence, après la guerre et leur modestie forcent encore plus l’admiration.

L’ARRESTATION

Le 6 mai 1943, vers 9 h du matin

Dominique, sous-chef de bureau au service des marchandises en gare d’Hendaye, est au travail.

Ses camarades en particulier DUPAU et SANTOUL m’ont raconté, après la fin de l’occupation allemande, les circonstances de l’arrestation. Le schéma, ci-contre, rappelle la disposition du Bureau et l’emplacement de Dominique et des agents qui ont témoigné.

L’ensemble du personnel est d’environ une douzaine de comptables. DUPAU est penché sur ses écritures lorsqu’un « client » se présente au comptoir et d’un ton qui semble amical, familier, demande :

« Dominique est là ? »

DUPAU se détourne pour dire « Dominique on te demande ». Aussitôt changement d’attitude. Le supposé « client » franchit le portillon qui sépare le personnel de la clientèle. Un 2ème homme, en embuscade dans le couloir accourt. Dominique se redresse, blême et … sans dire un mot, encadré par les deux « clients » qui ont maintenant le revolver au poing, quitte le bureau.

Stupéfaction générale, la scène n’a duré que quelques secondes et l’on peut alors se rendre compte que le bureau est cerné par des policiers en civil : la GESTAPO. Deux voitures sont garées, un peu à l’écart, dans la cour. Les perquisitions qui suivirent, au domicile et au bureau, à notre connaissance n’ont pas donné de résultat.

Les policiers ayant arrêté Dominique ne faisaient pas partie, semble-t-il, des services locaux de la Gestapo, et pourtant, à Hendaye, du fait de la surveillance de la frontière et des relations entretenues entre les régimes fascistes d’Hitler et Franco, nous avions une Gestapo particulièrement renforcée.

Quatre services distincts, logés dons des villas réquisitionnées (deux à la plage, une en ville, une à Io gore) avec un personnel important. De plus, il y avait Io Kommandantur et deux hôtels réquisitionnés pour héberger les garde-frontières et tout cela sans compter l’armée allemande qui à certaines périodes a été plus nombreuse que la population. Des « jeunesses hitlériennes », environ 150, cantonnées à l’école communale y ont également séjourné, tout un été.

Dominique est donc arrêté le 6 mai 1943, dons 3 jours sa fille aînée Michèle allait avoir 15 ans, et commence Ie calvaire qui devait conduire à sa mort à Buchenwald.

  • transfert à Ia prison de Bayonne, la villa Chagrin, où il séjourne environ un mois,
  • interrogatoires par la Gestapo,
  • transfert au fort du Ha, à Bordeaux,
  • puis à la prison de Fresnes jusqu’au 14/9/1943,
  • puis celle de Saarbrücken,
  • le 22/9/43, nouveau départ via les prisons de Franckfürt, Halle, Kassel. arrivée à Buchenwald le 6/10/43,
  • mort le 26 octobre 1943.

Et commence aussi, pour sa famille, cette longue attente … cette angoisse où l’espoir garde toujours une petite place. La libération d’Hendoye, le 21 août 1944, soulage les cœurs mais il faudra attendre … attendre … attendre encore, de longs mois, la fin de la guerre le 8 mai 1945 : la capitulation nazie. L’espoir demeure toujours … mais combien il s’amenuise !

Arrive la fin de la guerre. la fin du cauchemar avec le retour des prisonniers de guerre, les embrassades, les pleurs de joie à la gare où chaque jour les trains rapatrient les soldats, le retour de déportés également et dans quel état ! … cachant leur squelette meurtri, dans Ia tunique rayée. C’est aussi, mélée à la joie du retour des rescapés, la stupéfaction, la découverte des horreurs des camps nazis.

La famille soit maintenant : Dominique comme tant d’autres, ne reviendra pas.

LE CHEMIN DE LA RESISTANCE

Dominique n’a pas accepté la défaite de l’armée française en 1940, comme d’ailleurs beaucoup de cheminots hendayais qui sont en majorité d’anciens « poilus » du temps de la grande guerre. Il ronge sont frein dans cette gare internationale, théâtre de tant d’événements et cela, depuis l’été 1936, date du soulèvement des militaires contre le régime républicain en Espagne et l’implantation du fascisme. Son frère Georges partage les mêmes sentiments.

Georges travaille à la Compagnie internationale des wagons-lits en gare d’Hendaye. Un certain jour de l’été 1942, un camarade de travail, assurant le service sur la relation Paris-Hendaye, lui confie appartenir à un réseau de résistance qui veut mieux structurer une liaison de transmission de courrier de Bruxelles à Londres. Il est absolument nécessaire, pour le bon fonctionnement du réseau, d’avoir un agent à Hendaye pouvant à tout moment réceptionner et ensuite transmettre des documents destinés à Londres ou à Bruxelles. Georges se récuse, alléguant que son service, soit en matinée, soit en soirée, ne lui permet pas de justifier une présence quasi permanente en gare sans attirer l’attention. Il convient en effet de recevoir les documents arrivés de Paris pour les transmettre à un convoyeur des Wagons-lits assurant la ligne Lisbonne-Hendaye et vice-versa, donc de guetter l’arrivée du train et la présence du « contact ». De plus, en cette période de guerre, les trains ne sont pas souvent à l’heure.

Georges en parle à son frère Dominique qui accepte. C’est ainsi que l’on devient Pl, puis P2 dans un réseau de résistance, le réseau Marc.

GLOIRE DE BIARRITZ

Vers la mi-juillet une chaude alerte vint semer la panique dans les rangs des amis de M. Delort, ingénieur de la ville et actif résistant, ainsi que dans ceux des Belges de « Comète » demeurés dans la région. Parmi les nombreux passeurs utilisés par les divers réseaux, il y en avait un recruté depuis le début par les de Jonghe et qui non seulement battait le record des passages -il en était à plus de trois cents – mais n’avait cessé de faire preuve d’un courage et d’un dévouement admirables. C’était le fameux Basque Florentino. Non seulement il servait de guide mais il était de plus en rapport avec des agents de !’Intelligence Service installés—de l’autre côté de la frontière et il arrivait bien souvent qu’on lui confiât des documents de la plus haute importance.

Chez « Comète » en particulier on l’avait introduit dans le réseau et il était devenu leur homme de confiance. Cependant en ces derniers mois de guerre la Belgique et le nord de la France n’envoyaient plus guère de clients. Florentino ne passait guère que des agents trop compromis pour rester et au retour il ramenait chaque fois d’Espagne du courrier pour ses amis. Une nuit, alors qu’il redescendait vers la Nive il fut surpris par une patrouille allemande. Atteint à la jambe il s’affaissa mais il eut le temps de cacher les papiers sous une pierre avant de se laisser dégringoler jusqu’au bas de la pente.

LES CONSPIRATIONS

Perdant son sang en abondance, cloué au sol par sa blessure, il fut bientôt rejoint et ligoté. La descente fut difficile et ses porteurs l’ayant peu ménagé le malheureux Florentino arriva en bas dans un état lamentable. On dut prendre la décision de le transporter d’urgence à l’hôpital de Bayonne.

C’est ce malheur qui le sauva. A peine y fut-il arrivé que tout le réseau alerté et sachant l’importance de la prise, décidait de l’enlever de vive force et à n’importe quel prix. M. Delort, qui de par ses fonctions était au courant de tous les événements de la région, prévint le chef de secteur de « Comète », tante Go, dite Gachucha. Celle-ci se précipita chez lui et dressa avec lui un plan pour tenter l’aventure. Une voiture d’ambulance serait camouflée avec des croix gammées et Gachucha elle-même – qui parlait couramment l’allemand – irait chercher le blessé en simulant une intervention de la Gestapo. Un ordre de mission rédigé en allemand avec traduction en français et portant le cachet de la Gestapo d’Hendaye fut fabriqué de toutes pièces au cours de la nuit. Dès le lendemain à 13 heures le groupe de faux policiers se présenta à l’hôpital de Bayonne. A cette heure-là il y avait peu d’Allemands et sœur Geneviève, préposée à la garde du blessé, tenta de s’opposer au départ du malade, jurant ses grands dieux qu’il n’était pas transportable. Mais les policiers furent inflexibles, tante Go ordonna d’un ton péremptoire l’embarquement du prévenu et le petit groupe s’éclipsa sans demander son reste. Ramené à toute vitesse à Biarritz, Florentino fut hébergé par M. Gaumont, l’électricien, et put rester chez lui jusqu’au départ définitif des Allemands.

  1. LE SECTEUR D’HENDAYE « DOMINIQUE »

L’Etat des propositions d’octroi de distinctions émanant de la sûreté de l’Etat belge, figurant en annexe 3, révèle que PEYRESAUBES Henri – Dominique est répertorié dans le grade d’agent de 4e catégorie qui regroupe les agents « chargés des courriers concernant des renseignements surtout d’ordre militaire et économique ». Cet état donne également les précisions suivantes :

  • Grade et position dans l’armée belge sous-lieutenant F.F.C. au titre « Etranger de nationalité française ».
  • Distinction proposée et attribuée : Chevalier de l’Ordre de Léopold II avec palme – croix de guerre 1940 avec palme.
  • Citation : « Se mit à la disposition d’un service de renseignements et d’action et réalisa à l’entière satisfaction de ses chefs toutes les missions dangereuses qui lui furent confiées. Arrêté et déporté en -Allemagne, il mourut pour l’idéal auquel il avait tout sacrifié ».

En outre, lui furent attribuées la médaille de la Résistance et la médaille commémorative 1940-1945, avec deux sabres entrecroisés (arrêté n° 722 du 12/04/51).

Une fiche signalétique de MARC France précise également que « Dominique est un agent du Secteur Sud-Ouest qui a fourni des renseignements politiques importants, entre autres sur l’entrevue Hitler Franco et qui renseignait systématiquement Londres sur le trafic ferroviaire de la gare d’Hendaye ».

En passant la Bidassoa pages 156 et 141/142

« Mademoiselle NAZIVET, membre du Réseau MARC France, avait été arrêtée par les Allemands le 6 mai 1943 et enfin relâchée fin juillet 1943 ».

« Mademoiselle Clotilde NAZIVET, infirmière chef de la Maison de secours, avenue de Verdun à BAYONNE à quelques 200 mètres de chez GAUMONT, assure les soins de Florentino, membre du réseau COMETE, blessé par balles en franchissant la Bidassoa et arrêté par la Gestapo . »

« Florentino a été blessé par plusieurs balles en juillet 1944, alors qu’il traversait la Bidassoa dans le cadre d’une mission effectuée pour le réseau COMETE. Il a été transporté à l’hôpital de Bayonne, les Allemands ne soupçonnant pas l’importance de leur capture. Le réseau COMETE réussit à le faire évader de l’hôpital et à le cacher chez GAUMONT où il sera soigné par Mademoiselle NAZIVET. »

L’organisation des réseaux de la résistance est caractérisée par le cloisonnement des services et l’impératif du Silence. Souvent les agents ne se connaissent pas entre eux ou alors ignorent la mission qui incombe à d’autres camarades. C’est une question de survie des secteurs et des réseaux en cas d’arrestation d’un ou plusieurs membres. La loi du silence est tout aussi impérative. Les amis, la famille, la femme même ignorent tout du travail obscur des «  combattants de l’ombre ». Les archives, les documents relatifs à la structure des secteurs et à leur activité sont réduits au strict minimum et détruits à la première alerte. Même après la fin des hostilités, les survivants garderont cette pudeur qui caractérise ces hommes et ces femmes qui par idéal et patriotisme se sont trouvés dans des situations extraordinaires et surtout excessivement dangereuses.

En ce qui concerne le secteur « Côte Basque » du réseau Marc-France, on est surpris de constater une certaine homogénéité et complémentarité du groupe. Comment s’est-il formé … Difficile à dire.

Nous savons que Dominique est entré au réseau MARC l’été 1942. Il est agent P1. Nous savons aussi qu’il se rend périodiquement à Bayonne où il rencontre DAGORETTE, petit cousin de sa femme Madame Marthe HARRAGUE, et aussi LANNELONGUE, employé de la SNCF, collègue de travail et ami de longue date. De plus Dominique va parfois à BORDEAUX … voir la famille de sa sœur Jeanne, dont le mari travaille au Port en tant que grutier.

Mlle NAZIVET et DAGORETTE de par leur fonction, infirmière et préparateur en pharmacie, sont très connus à BAYONNE.

Ils s’avèreront des agents précieux pour assurer les contacts avec le réseau « Comète », en vue de réaliser des évasions à travers les sentiers de la montagne basque. LANNELONGUE est cheminot à Biarritz, il est très connu dans le secteur de Bayonne ; c’est un ami de Dominique.

DALIE, LABORDE et PERONNE sont des ouvriers qualifiés requis par les Allemands, dans le cadre de l’organisation TODT, ils travaillent à la construction du mur de l’Atlantique.

Leur volontarisme et leur compétence seront précieux pour mener à bien les missions dangereuses qui leur seront confiées.

Les archives du sous-réseau Marc France relatent bien succinctement ces missions :

  • évacuation d’agents (évasions),
  • renseignements ferroviaires et aéronautiques,
  • échantillons de matières premières utilisées dans les usines de guerre, précision sur les ouvrages de défense côtière,
  • actions : sabotage de 3 sous-marins, de batteries côtières, de voies ferrées.

« Durant la guerre, Bordeaux était la base navale atlantique affectée à de grands sous-marins italiens équipés de marins de grande valeur. Dix de ses sous-marins ont été sabotés au cours de leurs escales à Bordeaux. Churchill rendra hommage aux résistants, responsables des sabotages , déclarant que la perte ainsi subie par l’ennemi pouvait être comparée à celle qui aurait pu se produire dans un gigantesque combat naval ».

De plus, pour le compte du réseau Marc, Dominique assurait la transmission du courrier allant de Bruxelles à Londres et renseignait Londres sur tout le trafic ferroviaire transitant par la gare d’Hendaye.

Madame WANDA-VULUEZ, dans son livre «Gloire de Biarritz » relate les activités des réseaux de la résistance en Côte Basque.

Madame WANDA-VULUEZ n’est autre que la fille du Docteur LAPARRA, lui-même résistant fort connu du secteur de Biarritz.

A noter également : Félix PEYRESAUBES, fils de Gaspard PEYRESAUBES habitant Bayonne et frère de « Dominique » sera arrêté alors qu’il tentait de rejoindre la France Libre, via Hendaye. Il mourra, lui aussi, à Buchenwald.

Réseau Castille

Fondée en septembre 1940, la Confrérie Notre-Dame est un réseau de renseignements ralliée à la France libre. C’est l’un des premiers réseaux du (BCRA). Ce réseau français libre est sans doute le plus important réseau de renseignements militaires de la Résistance. Il est aussi l’un des tout premiers créés en France, grâce à un agent exceptionnel envoyé vers la métropole dès l’été 40 par le 2e Bureau de la France Libre, Gilbert Renault dit « Raymond » (plus tard « Rémy »), qui donnera à son organisation le nom de Confrérie Notre-Dame afin de la placer sous la protection de la Vierge.

 À l’automne 1943, la trahison de deux radios, « Tilden » et « Alain », a des conséquences catastrophiques : elle entraîne une centaine d’arrestations, et Rémy doit se réfugier en Angleterre. Mais en décembre 1943, le réseau est reconstitué par Marcel Verrière (alias « Lecomte») à partir des cellules encore actives sous le nom de « Castille » et continuera à fonctionner jusqu’à la Libération. D’après les recherches effectuées, CND-Castille aura compté au total 1544 agents.

Henri dit Dominique PEYRESAUBES ( Résau Belge  » Marc- France )arrété le 6 mars 1943 Déporté Buckenwald 14/9/1943 Mort au camp 26/10/43

André HATCHONDO ( +( Réseau CND, puis CND Castille après mars 1943) Parvenu jusqu’a la Libération sans arrestation malgré les hécatombes du réseau. Maire socialiste de Hendaye à la Libération

Pierre DETCHEPARE  ( Réseau LibéNord + Castille-1943 organisé par le Capitaine ( futur général )Bergé.. Organise des passages pour ces Réseaux..Comité Local de Libération

Pierre HARGOUET : Renseignements la frontière.Lieutenant FFI à la Libération.Liaison avec le commandant Passicot ( Réseau Ossau )

Philippe LARRAMENDI Pharmacien à Hendaye Réseau OSSAU

Commant Jean PASSICOT

Denise CALLAU Pharmacienne à Hendaye

Melle MONTAIGNE de ENA médecin à Hendaye

Jean GabrieL MONDET

 Ce relevé de Résistants  n’est évidemment pas exaustif il ne peut que   s’ajouter  au relevé des déportés.

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RESEAU NIVELLE BIDASSOA

Réseau  très local

Implanté à Saint Jean de Luz et dirigé par Jean Louis DUPREUIL industriel luzien originaire de Saint Etienne de BaïgorryLe réseau recueille des renseignements transmis au consulat anglais de Saint Sébastien.  le Réseau sera démantelé lors des rafles les 8 9 et 10 juin, plus d’une vingtaine de personnes seront arrêtées par les rafles de la Gestapo sur  les communes de Saint Jean de Luz  Ciboure dont le maire Mr Aberry et de Hendaye

Peu en reviendront

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Réseau NANA

Réseau Américain

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Réseau OSSAU

Comandant PASSICOT

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O.R.A

Organisation  Résistance  Armée

principal réseau de résistance francais organisé par le général de Gaulle depuis Londres,  et son représentant en France le colonel Rémy

.Ce réseau devait recueillir, le plus de renseignements possibles, sur les mouvements  des troupes d’occupation, et faciliter l’acheminement vers l’Angleterre des volontaires et des personnalités voulant rejoindre les Forces Françaises Libres.

Correspondant à Hendaye, 

Père Armand FILY

qui fournit un gros travail pour le réseau.

Père Joseph  Fily                  juin 1969 :

Il s’engage en 1939, (deuxième Bureau) et poursuit après l’armistice ses activités d’agent de renseignements (en particulier sur la Côte Cantabrique espagnole). 1941: Réseau Vengeance. Renseignement, organisation de passages clandestins de la frontière pour les réfractaires au S.T.O., résistants, aviateurs abattus. Il ne sera arrêté qu’au mois de juin 1944. À Dachau, le père Joseph sera choisi par Edmond Michelet pour devenir l’homme de confiance des intérêts français. C’est à ce titre, qu’il siège dans le Comité clandestin international en particulier dans le domaine de la solidarité permettra de sauver plusieurs centaines de déportés. Le père Fily reste pour tous les survivants de Dachau, une grande figure.

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RESEAU COMETE

Le réseau Comète est un groupe de résistance lors de la Seconde Guerre Mondiale. Actif en Belgique et en ,France ses membres ont aidé les soldats et aviateurs alliés abatuts par la DCA allemande à retourner au Royaume uni.

La ligne commençait à Bruxelles où les hommes étaient nourris, vêtus et recevaient de faux papiers d’identité avant d’être cachés. Le réseau les guidait ensuite vers le sud par France  occupée jusqu’en  Espagne neutre et Gibraltar (sous contrôle britannique).

L’Histoire de Comête sera racontée en détail .DEPUIS URRUGNE ET LES FERMES DE BIDEGAINBERRI ,  TOMAS ENEA  et JATXU BAITA , rejoignant la ferme de SAROBE en Espagne point de destination , en ayant fait  de nuit le tour des  3 couronnes , suivi du film racontant cette histoire.

L’HISTOIRE DU RESEAU

MARIA- LUISA GARAYAR ESCUDERO 

 et  MARITXU ANATOL .

  le FILM  TOME 6

Dans  DOCUMENTS

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Ordoki

 

KEPA  ORDOKI

Pedro Estaban Ordoki Vazquez  ( Kepa )

Défenseur d’Irun, futur commandant du Bataillon Gernika

Né le 3 Août 1912 à Irun quartier Meaca, dans la ferme Ibarla. En poursuivant ses études, il pratique divers métiers, en particulier dans le bâtiment. Il milite tout jeune au syndicat STV, puis à l’organisation de gauche ANV. Son service militaire terminé, il se marie au mois de mai 1936. Autant dire que le soulèvement franquiste  du 18 juillet le surprend en pleine lune de miel.Dès le premier jour  Kepa se jette pleinement dans le combat. Quoique nationaliste, il sera l’un des proches  du lieutenant Ortega et de Manuel Cristobal Errandonea. Dès les premières heures c’est lui qu’Antonio Ortega charge d’apporter une lettre à son homologue , le lieutenant des carabineros de Véra de Bidassoa, afin qu’il affirme, avec ses hommes, son engagement pour le camp de la république, ce qu’il obtient .Ordoqui fait partie du groupe de volontaires civils qui,pratiquement dépourvu d’armes de guerre, se trouve pris à Lesaca, dans le premier engagement avec les avant-gardes rebelles. Il sera par la suite de tous les combats, en particulier à San Martial, lors des héroîques journées de fin Août et début septembre 1936.

Irun perdu il n’abandonne pas le combat. Il ne passe pas  en France, mais fais retraite avec les derniers combattants par le Jaïzquibel. Après la chute de Saint Sébastien, il est blessé lors des durs combats du Sollube. En mars 1937, sa famille est capturée sur le tristement célèbre navire << Galdames >>. En juin, Pedro Ordoqui est nommé commandement du Bataillon Saint Andrès. Fait prisonnier ,il est successivement interné aux prisons de Larrinaga, Santona et Burgos., et le 3 septembre il est condamné à mort.Son exécution est reportée plusieurs fois.Le 28 juillet 1939 il s’évade de prison. Après un mois de marche clandestineil réussit à atteindre Biriatou.Arrêté par la gendarmerie française. interné au camp de Gurs, il s’évade à nouveau et passe dans la clandestiné.Mais une nouvelle arrestation survient, Kepa est cette fois arrêté avec des journeaux interdits déclarés subversifs.Lors de l’invasion Allemande de 1940, il passe en zone non occupée ( jusqu’au 11 novembre 1942 )Après cette date, à Luchon la Gestapo l’arrête. Torturé il doit être conduit à Peyresourde pour y être exécuté.. Et là encore miraculeusement Kepa réussit à s’enfuir..Repéré et intercepté dans un village, lors des fêtes locales, il trompe une fois de plus ses poursuivants par la promptitude dans sa fuite – 1 –

 

En 1944, Kepa met sur pied le bataillon Gernika, lequel avec 130 combattants volontaires d’Euskadi, mènera les durs combats pour éliminer les réduits bétonnés des poches allemandes de l’Atlantique.Du 14 avril 1945, jour du débarquement de l’offenssive, au 20 avrille bataillon Gernika participe à ces combats, écrivant une nouvelle page de la lutte des basques pour la démocratie et de la liberté, contre ceux là même qui, il y a 8 ans, presque jour pour jour, écrasaient sous les bombes la ville symbole de leur liberté.Près d’un tiers des << gudaris basques >> seront tués ou blessés. La guerre terninée, Keta Ordiki se retire à Hendaye. Entre temps, en son absence d’Irun une juridiction militaires l’a condamné à la peine de mort . En mars 1960 , il préside les funérailles du

   <> – 2 – Puis,  à son tour , meurtri à la fois par le cancer et par les douloureuses divisions du peuple basque, il s’éteint à l’âge de 81 ans, à l’hôpital de Bayonne, le 28 novembre 1993.

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1 Récit dans la collection en 7 volumes 1936 La guerra civil en Euskual Herria

( Directeur INAKI Egana ) tomre IV

2  Premier président de la République Basque

 

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Mes camarades, Raoul LANOT  en 1   , et  Jean RACHOU  en 2 . ont  franchi la Bidassoa , ont été fait prisonniers par la Guarda civil , enfermés au camp de Miranda et après quelques mois de détention , dirigés vers le Maroc.

Là ils se sont engagés dans la deuxième DB du Maréchal Leclerc , fait le débarquement de Normandie et Libéré Paris. Ils ont continué  leur  course vers  Strasbourg pour terminer au nid d’aigle de Hitler à Bertesgaden   dont ils se sont emparés. Tout celà sans jamais cesser de combattre. 

Joli parcours pour nos deux Hendayais de vingt ans.

 Il doit y en avoir beaucoup d’autres  que nous ignorons et que nous voudrions bien connaître.

A la libération nous nous sous nous retrouvés tous les trois à Paris. Nous  n’avons pas parlé de la guerre.

 

En 3 Je pense à Roger Caubet que rencontrais par le plus grand des hasards sur la place qui fait  façe à la grande poste d’Alger. Nous nous croisions, j’ai vu un marin avec son bérêt et son popon rouge.  Stupeur,.. venir de si loin et se retrouver si près,. Un grand moment pour nous deux

.Nous avons parlé longuement dans le café le plus proche .Il devait retrouver son navirre de guerre qui patrouillait en Médierranée à la recherche de sous marins allemands ou italiens ,assez nombreux. Ils nettoyaient le chemin que nous emprunterons lors du  débarquement en Provence.

Roger de retour sera facteur à la poste de Hendaye.

En 3  Loulou Rivière résistant de la première heure qui sera déporté et écrira le livre de ses souvenirs

En 4  le conteur.  


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2 Artola

3 Andueza

4 Barois

5 Bienabe

6 Condom

7 Durandeau

8  Estaque

9 Etcheverri

10 Girbon

11 Humbert

12 Iriondo

13 Lapeyre

14 Martinez

15 Olazabal

16 Picabea

17 Rio

18 Zabala

19 Speath

F.F.I    LISTE HARGOUET   114

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Etat des Déportés-de L.Rivière

Etat des déportés par  Gérard Lafon

 

3 busto

4 delvaille

4 faingold

5 garayo

6 maiz

7 michelena

8 pastor

9 subsol

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Hendaye toujours occupée par l’armée allemande allait connaitre une de ces journées les plus noires de son histoire . Une rafle de la Gestapo à  l’aube des  9 et 10 juin 1944 permit d’emmener vers les camps de déportation le Maire de Hendaye, son adjoint, ainsi que divers conseillers municipaux, le curé. de Hendaye-plage . Il faut souligner le courage de ces hommes, pour la plupart résistants et membres du groupe LibéNord qui, prévenus  de l’imminence de leur arrestation, après une décision commune, ne s’échappère pas, évitant à leur famille des représailles.

Léon Lannepouquet , maire depuis 1925, Jérome Faget adjoint, Dominique Testavin, secrétaire,Joseph Artola et et Jean Darbouet conseillers municipaux, Jean Courrège hôtelier, moururent à Dachau

A cette liste s’ajoutent L’abbé Simon  Paul ,curé de la plage.Seuls Julien Carricaburu, et le père Fily revinrent vivants .

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La gestapo à HENDAYE

voir document : La gestapo à HENDAYE

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DELVAILLE

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Les tailleurs Émile et Léa Delvaille en compagnie de leur fille Arlette ainsi que de petits camarades, photographiés devant leur atelier familial jadis situé à l’angle du boulevard de la Plage (aujourd’hui Bld. du Général de Gaulle) et de la rue du Jaïzquibel. Photo estimée à 1932

ANNIVERSAIRE

Confrontée à l’implacable destin qui fit basculer sa vie ainsi que celles des siens le 17 mars 1943, Arlette Delvaille va très prochainement franchir le seuil d’un nouvel anniversaire.

L’ÉTERNEL QUESTIONNEMENT

D’UNE RESCAPÉE DES CHAMBRES À GAZ

Les meurtrissures éprouvées par les familles des disparus victimes de la dictature nazie laissent encore, 70 années après la fin du Second conflit mondial, de douloureuses traces parmi les Hendayais-es qui furent confrontées aux décès en déportation d’un ou plusieurs de leurs membres. Tel fut le cas d’Arlette Delvaille, dont le père et la mère périrent gazés au camp d’extermination d’Auschwitz.

Les époux Émile et Léa Delvaille tenaient un atelier de confection sur mesure situé à l’angle du boulevard de la Plage (aujourd’hui boulevard du Général de Gaulle) et de la rue du Jaïzquibel. Le nom évocateur de l’enseigne, «Modern Tailor», pouvait faire suggérer que le monde d’alors était une fois pour toutes entré dans un cercle vertueux qui bannirait à tout jamais l’atrocité des conflits guerriers hérités de rites ancestraux. Les Delvaille résidaient au-dessus de leur atelier et leur fille Arlette, née le 30 septembre 1923, n’était pas encore parvenue au seuil de sa vingtième année lorsque le couple fut arrêté par la Gestapo le 17 mars 1943 en présence d’un gendarme de la brigade d’Hendaye, au prétexte d’une non-soumission à l’obligation du port de l’étoile jaune.

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La famille Delvaille au grand complet, photographiée ici lors d’une sortie dominicale devant le bateau échoué qui reposait sur le sable côtier entre Haïçabia et les falaises de Socoa. Photo estimée à 1935.

DÉPORTÉS À AUSCHWITZ

Après avoir été internés au fort du Hâ à Bordeaux, puis transférés au camp de Mérignac, les époux Delvaille furent ensuite envoyés vers Drancy et déportés à Auschwitz le 25 novembre 1943, où ils furent gazés et incinérés le 7 décembre 1943.

Depuis maintenant 72 ans une lancinante question taraude Arlette qui, des années après la Libération, espérait encore que la disparition de ses parents à Auschwitz ne reposait que sur une affirmation erronée. Le prétexte avancé pour envoyer son Papa et sa Maman vers ce lieu de génocide lui paraissant d’autant plus excessif et invraisemblable que des témoins de l’époque se souvenaient que le couple se pliait au port de l’étoile jaune, même si, coquette et fort sensible aux regards suspicieux, Léa Delvaille avait pour habitude de partiellement dissimuler cet insigne discriminatoire en ornant son torse de foulards plus décoratifs les uns que les autres.

«Je vis comme une rescapée, pourquoi pas moi ?», réitère inlassablement Arlette depuis ce drame. «Pour quelle raison l’un d’eux a-t-il hurlé, Non ! Pas la fille…» questionne-t-elle, hantée de savoir si ce brailleur lui avait uniquement épargné la vie parce qu’il avait quelque peu été sensibilisé par la mélodie qu’elle jouait au piano du salon à l’étage du dessus au moment même où ces hommes en armes firent irruption dans l’atelier.

SOULAGÉE D’UN POIDS DEVENU INSUPPORTABLE

Tout autant angoissante sera la relation qu’Arlette entretiendra avec son ancien quartier de Caneta, puisqu’elle ne trouvera plus jamais la force psychique d’y réapparaître. Elle relira des décennies durant les lettres de ses parents écrites du fort du Hâ, au camp de Mérignac, ou encore cette ultime missive postée en gare de Bordeaux et rédigée pendant que le convoi qui devait amener ces derniers à Drancy se faisait attendre. Ses nuits devinrent au fil du temps d’autant plus cauchemardesques que la relecture infinie de ces lettres exerçait un effet incontrôlable sur son affectivité. Arlette décidera alors de les confier au Centre de documentation juive contemporaine en s’exprimant ainsi :

Monsieur le Conservateur,

Mon ami Louis Rivière* m’a conseillé de destiner à votre institution les dernières lettres que mes parents m’ont adressées peu avant leur déportation.

Je ne peux plus les lire, cela devient disons un supplice.

Quel grand malheur.

Je les confie à Maurice Cling** qui a bien voulu accepter de vous les remettre. Ce don me soulage d’un poids devenu insupportable.Leurs adieux seront ainsi associés au souvenir des victimes du génocide perpétré par les nazis.Acceptez, Monsieur le Conservateur, l’expression de ma reconnaissance pour le méthodique travail de mémoire que votre Centre accomplit depuis le retour des rares survivants.

Bien cordialement,

Arlette Delvaille

 

DANS L’ESPOIR DE CONNAÎTRE UN JOUR UN MONDE MEILLEUR

Le cas de rescapée du génocide juif d’Arlette Delvaille est exemplaire.Les séquelles qui l’accablent sont irréparables et elle vit dans la hantise de ne jamais pouvoir faire son deuil. Elle ignore encore aujourd’hui les motivations de la Gestapo qui a décidé de ne pas la déporter avec ses parents à Auschwitz.

La participation d’un gendarme de la brigade d’Hendaye concrétise la collaboration des rouages de l’État français sous l’autorité de Philippe Pétain. Inculpé de haute trahison, ce dernier sera condamné à la peine capitale qui sera par la suite commuée en incarcération à perpétuité.

Le 20 Janvier 1942 s’est tenue à Wannsee (aux portes de Berlin) la conférence de mise au point de la Solution finale de la question Juive par recours au génocide institutionnalisé. En 1946 cette disposition et sa mise en œuvre épouvantable ont été qualifiées de crime imprescriptible contre l’Humanité par le tribunal international siégeant à Nuremberg.

**  Maurice Cling est également un ancien déporté, rescapé d’Auschwitz

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Avec un des tout premier appareils photo en forme de cube, et une lentille ordinaire, j’ai photographié lors d’une sortie de l’Amicale laïque en 1934 un joyeux groupe ou l’on voit Emile et Lea Delvaille (pastille rose) et sans doute dans quelque coin Arlette.Ce n’était pas encore le temps du prêt à porter ,aussi il me souvient que tous les ans à Pâques j’avais droit à un  » costume  » avec des pantalons courts bien sûr, confectionné avec soin par Mr Emile, notre premier voisin.

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delvaille 01Déportés par ce que Juifs

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Entretien avec madame Iraztorza

 

 

 

Au tout début de la création du  << Cercle de recherches sur la ville de Hendaye  >>, nous avions décidé  avec Mme Edith Anselme d’avoir un entretien avec madame Iraztorza. A cet effet j’avais décidé de l’achat d’un enregisteur. Je ne l’avais pas mis en marche, ni avisé Me Iraztorza parce que je craignais un manque de naturel .Puis au cours de notre conversation  ses propos me  parurent tellement intéressants que ne puis résister à l’envie de continuer ainsi, sans recueillir ses propos, quitte  à l’en aviser après.Ce que je fis d’ailleur à  sa grande satisfaction.. Donc  ce bavardage se trouve coupé de  ses tous débuts à mon grand regret  .

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Notre commune peuplée de 6436  habitants paya un lourd tribut pour la victoire du 8 mai 1945

63 déportés se composant en 60 hommes et de 3 femmes dont une de 19 ans

10 hommes de moins de 20 ans 

 combattants  : 37 sont morts en martyrs 

3 internés en vue de déportation dont 1 fusillé 

34 combattants  » Morts pour la France »

63 évadés de France  dont 2 sont morts 

165 prisonniers de guerre 

63 évadés de France  » morts pour la France « 

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Plaque à la mémoire des déportés

 

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Auswitch

Auswitch

Ravensbruck

fours crématoires

Buchenwald

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Nourriture du camp de DACHAU

Matin : 350 grammes de pain, 1 demi-litre de succédané de café

Midi : 6 fois par semaine 1 litre de soupe (avec carottes ou choux blanc)

1 fois par semaine i litre de soupe aux pâtes. 20 à 30 grammes de saucisson ou fromage et 3 quart de litre de thé

3 fois par semaine : 1 litre de soupe

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BORDABERRY Résidence du Général Brutinel

Churchill à la plage

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