d albarrade PELLOT ARRAGORI

18EME

Création de l’Ecole d’Hydrographie de Hendaye:

ESKOLA HANDI

1735

1701       Le rapprochement franco-espagnol
Si aucun fait saillant ne se produisit dans le courant du XVIIIe siècle, les Hendayais n’en eurent pas moins l’occasion de voir passer bien des grands personnages. Le roi d’Espagne Charles II avait désigné, en mourant, pour son successeur, le duc d’Anjou, petit-fils de Louis XIV. Ce dernier ayant accepté le testament, le nouveau roi se rendit dans son royaume en passant par Hendaye, le 17 juillet 1701. Il n’y eut aucune réception officielle à cette occasion. Les deux frères du duc d’Anjou, les ducs de Bourgogne et de Berry l’accompagnèrent jusqu’à Hendaye, d’où ils revinrent à Bayonne, tandis que le roi d’Espagne continuait son chemin jusqu’à Madrid.
La guerre qui suivit cet événement, fut l’occasion du passage de nombreuses troupes. Le maréchal de Berwick, chargé de porter secours au roi d’Espagne, était passé le premier.
1704    Louis XIV de France défend son petit-fils Philippe V d’Espagne. La guerre qui suivit cet événement, fut l’occasion du passage de nombreuses troupes.
Le maréchal de Berwick, chargé de porter secours au roi d’Espagne, était passé le premier. En février on vit dix régiments d’infanterie, onze de cavalerie, deux compagnies de canonniers, de nombreux détachements de recrues et des convois de prisonniers. Ces passages intermittents cessèrent après la victoire d’Almanza qui mit fin aux hostilités.
1704   Le duc de Berwick passe la Bidassoa avec 12.000 hommes, et des ren­forts successifs passent en Espagne pendant 3 ans.
1708   Un règlement particulier modifie les vérifications et nominations annuelles de la confrérie de San Pedro. Désormais tirés au sort par 6 électeurs, les 6 pêcheurs de son état major se nommeront au XXe siècle l’abbé majeur, les 3 abbés mineurs et les 2 alcaldes de mer.
1712  Par échange du 12 février avec le chapître de Roncevaux, l’évêque de Bayonne renonce en fait à ses revenus des paroisses espagnoles, la juri­diction théorique n’étant abandonnée qu’avec le concordat français de 1801.
1718  La guerre ayant recommencé, cette fois avec l’Espagne, le maréchal de Berwick revint avec une armée et mit le siège devant Fontarabie qui capitula en juin 1719.
Les hostilités se poursuivirent loin de la frontière, jusqu’à la conclusion de la paix en 1720.
En 1718 Hendaye compte 1375 habitants
1719  Philippe V d’Espagne est l’ennemi du Régent de France.
Avec 40.000 hommes, le duc de Berwick, envoyé par le Régent au-delà de la Bidassoa en avril, rase le fort de Gazteluzar, occupe sans éclat Fonta­rabie le 18 juin, et tout le Guipuzcoa pendant 2 ans
1719  Dans le cadre de la guerre de la Quadruple Alliance contre L’Espagne provoquée par ses visées expansionnistes en Italie, et le non renoncement à ses droits de succession à la couronne française, le complot de l’ambassadeur espagnol contre le duc d’Orléans, Régent de Louis XV, pousse la France à déclarer la guerre à l’Espagne; le duc de Berwick traverse la Bidassoa et occupe une grande partie du Guipúzcoa qui était en claire infériorité militaire par rapport aux forces françaises.
Les affrontements entre les habitants des deux rives sont moins fréquents et facilement résolus, car de caractère économique mineur, leurs protagonistes principaux ne sont encore pas Hendayais puisqu’il s’agit du Prieuré de Subernoa et son annexe « Biriatu », des vicomtes d’Urtubie et leurs nasses respectives en litige avec Fontarabie.
Malgré tout il y eut quelques exceptions :
 Au mois de février 1737, un petit bateau breton chargé de sel s’échoua sur la rive hendayaise; les Hondarribitars accourent et s’emparent de la cargaison devant des Hendayais indignés qui ne trouvent de la part du gouverneur de Hendaye aucun appui contre l’argument de Fontarabie qui ressuscitait l’idée que le fleuve appartenait tout entier à la couronne d’Espagne et donc, les Hondarribitars n’avaient fait qu’user de ses droits et prérogatives.
. Deux mois après neuf soldats Français enrôlés au service de l’Espagne s’échappent du château de Fontarabie et gagnent à la nage les terres de Hendaye, poursuivis loin de la côte par des soldats espagnols qui tirent quelques coups de feu. Les jurats hendayais à cette occasion protestent auprès du lieutenant du Roi à Bayonne qui fait faire une enquête par le commissaire des guerres.
1720  Le 22 août de cette année, les troupes qui avaient pris Fontarabie et Saint-Sebastien repassèrent la frontière.
Le traité de paix avait prévu le mariage du roi Louis XV avec l’infante d’Espagne et celui de Mlle de Montpensier, fille du régent, avec le prince des Asturies. L’échange de ces deux princesses eut lieu à Hendaye avec le cérémonial accoutumé, le 9 janvier 1722.
Les Hendayais virent bien d’autres grands personnages : la reine Marie-Anne de Neubourg, la princesse de Beaujolais, Marie-Antoinette, dauphine, et beaucoup d’autres grands seigneurs et grandes dames.
Mais la Révolution approchait et les habitants d’Hendaye allaient connaître, une fois de plus, les vicissitudes de la guerre d’une manière encore plus cruelle que précédemment.
1722  Louise Elisabeth d’Orléans, femme de Louis Ier d’Espagne, fille du Régent de France, est échangée le 9 janvier dans l’île des Faisans avec Marie Anne d’Espagne, fiancée à Louis XV de France. La fille du Régent régna 7 mois; la fille de Philippe V ne régna pas sur la France.
1725
L’Eau de Vie de “Andaye”, très réputée, est mentionnée par écrit pour la première fois dans le Dictionnaire Universel de 1725
1726   356 habitants à Hendaye, à la suite du déclin de l’armement à la pêche, le bourg est décrit comme “un affreux désert !” (Doc.Arch. B.-P.).
1727   II y a 30 chaloupes à Fontarabie, péchant dans le golfe de Biscaye la sardine et le thon à la saison, toujours le chipiron, encore le maquereau, et pratiquement plus la baleine.
1735 – Ecole d’Hydrographie de Hendaye.
Etienne d’Albarade abandonne Biarritz, attiré par l’offre hendayaise de diriger une école de formation technique et humaine des gens de la mer.

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Eskola Handi – D’Albarrade (1735)

On présume que les Basques faisaient déjà depuis quelques décennies de la chasse à la baleine une activité commerciale dans ces eaux. La chasse à la baleine était une activité très lucrative, et une ressource qui semblait inépuisable. De nombreux ports se construisent au XIIIe siècle, dont l’ancien port de pêche à la baleine de Gétaria, fondé en 1204, ou le port de Lekeitio. Cependant, dans ce dernier, on parle déjà en 1344 d’un déclin de la baleine, ce qui oblige Alphonse XI de Castille à déclarer 5 années de moratoire sur la pêche afin de laisser se renouveler les stocks.
Il faut donc suivre les baleines et aller chercher ailleurs.
Au XVe siècle, les Basques viennent régulièrementchasser la baleine et  pêcherla morue au Canada dont l’Islande et le Groenland sont des passages obligés. Au moins neuf avant-postes de pêche étaient établis au Labrador et à Terre-Neuve, et le plus grand établissement était à Red Bay avec environ 900 personnes.
Les relations entre Islandais et les baleiniers basques n’ont pas toujours été pacifiques. Il y a un épisode sanglant lié à leur présence quand environ 50 marins basques sous le commandement du capitaine de Pedro de Aguirre, Esteban de Tellería et Martín de Villafranca sont assassinés pour des raisons un peu obscures. Ces événements ont eu lieu dans les Fjords de l’ouest (Vestfiroir), entre 1615-1616, après le naufrage de trois bateaux baleiniers.

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1735 – Ecole d’Hydrographie de Hendaye.

Etienne d’Albarade abandonne Biarritz, attiré par l’offre hendayaise de diriger une école de formation technique et humaine des gens de la mer.
Epoux de Marie Capdevielle, Etienne d’Albarrade enseignait à Biarritz, vers le milieu du XVIII° siècle, outre l’écriture et l’arithmétique, l’hydrographie et l’art de la navigation.
La communauté de Hendaye lui ayant offert des appointements plus avantageux (280 livres plus le logement), il s’établit dans cette ville un peu avant 1750 avec sa famille dont un jeune enfant, Jean, né le 31 août 1743 à Biarritz, arrivé à Hendaye de 4 ans.
Le père acheta à Hendaye la maison Franchessénéa.
Quelques années plus tard, les autorités de Biarritz tentèrent de le faire revenir vers sa ville natale, ce qu’il refusa.

Après son inspection en 1781, Mard-Antoine Chardon, écuyer, maître de requètes et commissaire pour la visite des ports, précisait dans son rapport qu’Arbelade (Dalbarrade) enseignait le pilotage à Hendaye depuis quarante ans, et qu’il était payé par la municipalité.
D’autres enfants naquirent dans cette paroisse, dont Guillaume Pierre et Louis qui devinrent tous marins.
Jean, l’ainé, fit une brillante carrière de marin, devint Ministre de la Marine et des Colonies, et fut nommé contre-amiral.
Guillaume, né vers 1752, admis capitaine le 12 février 1752, fut fait prisonnier par les Anglais. La durée de sa captivité n’est pas connue. En 1786 il commandait un navire pour la Martinique. Il mourut lors de ce voyage. Un service funèbre fut célébré le 26 février 1787 à Hendaye.
Son frère Pierre, né à Hendaye vers 1754, après une brillante carrière de corsaire, qui avait joué un rôle important durant la période révolutionnaire, fut retrouvé flottant dans l’eau à Ciboure, certainement assassiné par vengeance par ceux dont les membres étaient morts à l’échafaud.
Louis, né à Hendaye vers 1758, corsaire et marchand, trouva la mort à l’Ile aux Princes en Guinée.

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Mais l’histoire maritime d’Hendaye continuera; Alfred Lassus, dans son “Hendaye, ses marins et ses corsaires”, les sort de l’oubli (il en recense 200); et dans son épilogue il nous dit :
“Des études réalisées, il ressort que les marins du pays du Labourd étaient avant tout des pêcheurs, pratiquant principalement la pêcherie et sécherie des morues à Terre Neuve, ou à la chasse et fonte des baleines vers les mers du nord (de la Norvège, du Groenland ou de l’Islande).
Mais ceux d’Hendaye se livrèrent surtout à cette dernière pêche durant tout le XVII éme siècle et le début du siècle suivant. La spécialisation des marins basques était bien connue, car dans les archives hollandaises sont mentionnés de 1617 à 1670 une centaine d’entre eux, natifs de Saint Jean de Luz, de Ciboure, d’Hendaye et de Bidart, qui furent au service de capitaines hollandais, principalement en qualité de harponneurs ».
Une lettre datée du 26 juillet 1988, adressée à la bibliothèque municipale de Bayonne par le Dr. Lourens Haquebord, en donne la liste. Mais il est difficile d’identifier ces marins, les noms basques ayant été mal reproduits dans les dites archives. Ainsi pour citer quelques exemples concernant les hendayais : de Gaistaialde, de la Rane, Deuretia, de Sansdire, d’Aurich… probablement pour : de Gastainalde, de Haraneder, d’Urrutia, de Sandoure, Darreche…..
Des capitaines hendayais commandèrent encore pour le voyage de la baleine en 1765 et en 1766. Il est rappelé que c’est encore l’un d’eux, Pierre Betton, capitaine en 1784 de la frégate du Roi, « Le Restaurateur » de Bayonne (480 tx) destiné à relancer cette pêche, qui malheureusement fit naufrage dans une baie d’Islande.
Parmi les deux cent capitaines ici mentionnés, cinquante environ commandèrent des navires corsaires armés à Saint Jean de Luz, Ciboure, Bayonne, Bordeaux, Brest, Saint Malo, Hendaye. Parmi cette cinquantaine, vingt-neuf d’entre eux s’emparèrent au moins de cent trente-cinq bâtiments ennemis dont six furent simplement rançonnés…. En outre vingt autres bâtiments ennemis furent coulés ou incendiés, dont deux par Jean Dalbarade et dix huit par Joannis de Suhigaraychipy, dit Croisic, agissant en compagnie de Louis Harrismendy de Bidart. Dans cette guerre de course, les Hendayais firent preuve d‘audace et de détermination, n’hésitant pas à attaquer l’ennemi par l’abordage comme Croisic, Jacobé de Larroche, Jean Dalbarade et son frère Pierre, pour ne citer que les principaux…
Les statistiques prouvent que 60% d’entre eux mouraient en dehors de leur ville ou village, à un âge moyen de 30 à 35 ans, ce qui explique que l’âge moyen de vie des marins était de 42 ans seulement contre 52-53 ans pour la population masculine non maritime.
Devant tant de courage et d’abnégation, nous leur devons admiration et reconnaissance. En rappelant qu’il y eut très peu de négriers à Hendaye, quelques marins de cette ville franchirent le Cap de Bonne Espérance : Jean Dalbarade, Jean Haristoy, Mendigain et Étienne Pellot, ainsi que probablement quelques autres qui restent à identifier. Il est exceptionnel en outre que neuf capitaines aient reçu en même temps, envoyée par le Roi, une médaille d’or en mai 1684, car à cette date il ne restait que 6 capitaines dans cette ville.
Pour terminer il y a lieu de citer quelques familles d’Hendaye dont les fils devinrent de grands capitaines : Dalbarade, Daccarrette, Darancette, Darmore, Darragorry, Daspilicouette, Destebetcho, Detcheverry, Dibildoz, Diparraguerre, Dotace, Duhalde, Durruty, Galbaret, Garat, Gellos, Harremboure, Hirigoyen, Laparque, Larroche, Léremboure, Morcoitz, Passement, Pellot, Querbes, Romatet, Sainte Marie, Sallaberry et Suhigaraychipi-Croisic.”

 1735    A la suite de conflits de nasses et d’une poursuite par les Espagnols de fugitifs jusqu’à la rive française, M. de Hureaux et Don Antonio de Llson sont nommés commissaires, sans suite.

1740  Les soldats de la garnison de Fontarrabie deviennent éligibles.
On construit la Casa Consistorial pour y tenir les réunions du Conseil qui siégeait auparavant à l’église.

7ans

La guerre de Sept Ans (1756-1763) est un conflit majeur du XVIIIe siècle, la première guerre à être mondiale[2] car la première à mêler plusieurs puissances regroupées dans deux alliances antagonistes et à se dérouler simultanément sur plusieurs continents et dans de nombreux théâtres d’opérations : Europe, Amérique du Nord, Inde, Philippine

Elle est considérée comme préfiguratrice des futures guerres mondiales Elle oppose principalement d’une part au niveau mondial le Royaume de France au Royaume de Grande-Bretagne, d’autre part au niveau européen le Royaume de Prusse aux états des Habsbourg (archiduché d’Autriche, royaumes de Bohême et de Hongrie). Cependant, par le jeu des alliances et des opportunismes, de nombreux pays européens et leurs colonies participent à cette guerre, notamment l’Empire de Russie aux côtés de l’Autriche ainsi que le Royaume d’Espagne et son empire d’Amérique du Sud aux côtés de la France.

Le conflit s’est traduit par un rééquilibrage important des puissances européennes[4]. S’emparant de Québec (1759) et de Montréal (1760), l’Empire britannique fait presque entièrement disparaître le Premier espace colonial français. Sa puissance hégémonique dans le monde s’affirmera tout au long du XIXe siècle

Bien évidemment, le XVIIIème siècle commence par les attaques des corsaires français qui dureront pendant toute la guerre  de Sept Ans jusqu’à la Révolution française

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C’est à ce moment-là que commencera à s’effacer le monde corsaire qui nous occupe aujourd’hui et qui occupa encore davantage nos ancêtres pendant des siècles.
En 1802, l’Ordonnance d’Immatriculation établissait que « pour qu’un navire puisse être armé en corsaire, le Commandant de Marine doit en être avisé », perdant ainsi tout l’attrait de l’imprévu.
Cependant, jusqu’à la signature du « Traité de Paris » en 1856, les lettres de marque, qui n’avaient pas été utilisées depuis longtemps, ne furent pas officiellement et définitivement supprimées.
Les hommes de nos ports durent se livrer à des activités qu’ils n’avaient jamais abandonnées totalement. Le chemin suivi par le destin est irréversible.
Les temps modernes sont venus confirmer la mort de nos anciens corsaires.
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Les nouvelles idées et les alternatives à la société féodale

C’est le “Siècle des Lumières” : la raison doit “éclairer” la réalité pour découvrir et mettre en pratique ce qui est utile pour le bonheur de l’homme.
Le progrès technique est énorme, ainsi que l’expansion commerciale ultra maritime qui fait du XVIIIe un grand siècle pour le commerce colonial (et pour la traite des Noirs).
Les niveaux de vie et d’instruction augmentent. Les rois (devenus absolus dans presque tous les pays) protègent et promeuvent tous ces progrès appuyant les entreprises d’une bourgeoisie de plus en plus riche et puissante.
L’Angleterre est en train de contrôler les mers, rivalisant avec la Hollande; la Russie veut s’occidentaliser, les grandes civilisations de l’extrême orient déclinent, et la France, grande puissance continentale, ne voit plus une rivale dans l’Espagne des Bourbons.
En 1700 Charles II d’Espagne meurt sans héritier, et Philipe d’Anjou, petit-fils de Louis XIV, est proclamé Roi. Les Bourbons règnent des deux cotés des Pyrénées.
Des nouvelles idées se répandent partout en Europe, et dans les colonies américaines; des idées qui veulent l’égalité, la liberté et des droits pour tous les hommes; donc, plus de privilèges et une même loi pour tous, et non différentes lois selon l’appartenance d’après la naissance à un des états de la société féodale; plus de monarchie absolue mais des gouvernements assis sur le consentement des gouvernés; ne plus être des sujets mais des citoyens.
A partir de 1789, ces idées qui ont déjà inspiré la “Glorieuse Révolution” anglaise des années 1680 et l’indépendance des colonies britanniques, qui a donné naissance aux Etats Unis d’Amérique en 1783, voudront se faire réalité en France, et ce sera la Révolution en France et en Europe.
Dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, commence un développement des nouvelles sources et formes d’énergie qui automatisent les machines, permetan l’accélération de la production et des transports et donc, une économie dynamique. Tout cela va provoquer des mutations dans le travail, dans les relations sociales, dans les habitudes et dans les mentalités; en même temps les conditions de vie s’améliorent pour certaines classes tandis que la nouvelle classe sociale, les ouvriers de l’industrie, est la plus nombreuse et subit la pauvreté.
A partir de 1789, la Révolution Française dont les principes se veulent universels, provoque la guerre, d’abord contre les puissances et les pouvoirs de “l’Ancien Régime”, ensuite entre les autres Européens partisans de ces valeurs, et la suprématie française, napoléonienne notamment.
Néanmoins la liberté, l’égalité civile, la société des classes et les systèmes parlementaires -libéralisme politique- vont s’installer en Europe Occidentale dans le cadre des nouveaux états-nations.
La nouvelle industrie et les libertés consacrent le capitalisme industriel et la théorie libre échangiste (libéralisme économique).

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Ichetebe Pellot, né à Hendaye en 1765, fut connu par ses ruses, ses astuces et son audace, et ses exploits se répandirent sur tous les océans.

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Le plus populaire parmi les plus braves corsaires et dont le nom est encore prononcé de nos jours est Etienne Pellot, d’Hendaye. Le capitaine Duvoisin s’est chargé de retracer en détail la vie pleine de péripéties de toutes sortes, de ce valeureux marin. Il l’a fait d’après les récits qu’il aurait recueillis de Pellot lui-même. Certains auteurs ont contesté l’authenticité de plusieurs de ces anecdotes (1) ; mais elles n’en ont pas moins un caractère d’originalité incontestable et nous en détacherons quelques-unes des plus piquantes. C’est une vive peinture des mœurs corsaires sous le Premier Empire.
De tous les corsaires du pays basque, nous dit M. Vovard, le plus connu est certainement Etienne Pellot.
Il naquit le 1er septembre 1765 à Hendaye où il conserva sa demeure. Il y mourut le 30 avril 1856. Je n’ai trouvé sur lui, poursuit le même auteur, qu’un seul dossier officiel. Il est aux archives de la grande chancellerie de la Légion d’honneur et il ne contient que quelques pièces.
Pellot fut nommé chevalier de la Légion d’honneur le 16 août 1846. Mais peu de temps après la fondation de l’institution, le 28 fructidor, an XII, il avait été proposé par Augereau à Lacépède dans les termes suivants : « Les journaux du mois dernier vous ont appris avec quelle intrépidité le corsaire le Général-Augereau s’est battu dans le canal Saint-George avec deux bâtiments plus fort que lui de moitié. Le capitaine Pellot, dans cette circonstance, a donné personnellement
des preuves d’une bravoure étonnante dans un abordage sanglant où il a été blessé avec la presque totalité de son équipage et où deux de ses hommes ont été tués, etc. »
Voilà pour l’histoire, voyons maintenant la légende et ce que nous dit Duvoisin :
Pellot était, sans aucun doute, d’une intrépidité à toute épreuve. Toutefois, si on ne considérait que cette vertu, si, en le voyant tant amoureux d’abordages et de combats sans merci, on s’imaginait que cet homme, petit de taille, aux yeux gris, aux cheveux épais et lissés n’était qu’un tigre altéré de sang, on s’exposerait à une erreur étrange. Pellot aimait à jouer avec le danger. Chez lui la ruse, l’audace avaient pour compagnie l’humanité et la générosité. Des moyens faibles en apparence lui suffisaient pour parvenir à de grands résultats. Un petit navire gouverné par un homme aussi habile échappait à bien des dangers. Il eut le commandement d’un petit corsaire de 8 canons, le Flibustier, armé à Saint-Jean-de-Luz.
A la voix du hardi Pellot, quarante Basques accoururent pour en former l’équipage et prirent la mer avec lui le 8 août 1797. On se dirigea vers les côtes du Portugal. Après quelques jours d’attente, on aperçut une voile anglaise. C’était un navire marchand armé en guerre et portant 16 canons, le double de ce que possédait Pellot. Devant cette artillerie plus forte, Pellot aurait pu battre en retraite. C’était mal le connaître ; il fit force de voiles pour atteindre l’Anglais. L’abordage était, dans ce cas, son seul moyen d’attaque, sa seule chance de victoire. Ils abordèrent donc l’ennemi et bientôt les Basques de Pellot se rendaient maîtres du navire anglais. Leur joie fut de courte durée ; dès le lendemain, ils étaient capturés par la corvette anglaise la Belliqueuse et conduits à la Rye. Les Anglais, à leur tour, ne purent longtemps garder Pellot dans leurs chaînes.
En attendant la préparation d’un ponton, ils le placèrent, avec ses compagnons d’infortune, dans un fort dont la garde était faite avec le plus grand soin. De nombreuses sentinelles défendaient l’approche du rempart et le passage du pont-levis était surveillé d’une manière toute spéciale. Les prisonniers étaient réunis pendant la journée dans une cour d’où ils ne voyaient que le ciel et les murs dont ils étaient entourés. Cette situation n’était propre à rien moins qu’à les rendre gais ; mais les joviales excentricités de l’allègre Pellot soutenait leur moral et souvent cette triste cour retentissait des éclats de rire lesplus francs. Les gardes s’humanisaient autour des prisonniers parmi lesquels ils se mêlaient pour jouir des pasquinades de l’infatigable Pellot. Celui-ci s’adressait souvent à eux et il en apprenait un vocabu­laire de mots choisis, au moyen desquels il débitait les choses les plus facétieuses du monde. Il faisait beau le voir sauter comme un cabri contre le mur de la tour placée au milieu du fort. Il prétendait, disait-il, monter sur la plate-forme du haut de la tour pour reconnaître, de ce point culminant, si les dames d’Angleterre étaient aussi jolies que les Françaises. L’œil du corsaire, toujours en alerte, n’était pas sans avoir découvert qu’une tête féminine se tenait quelquefois derrière les rideaux d’une petite fenêtre, d’où elle assistait aux scènes bouffonnes de la cour. Il lui avait même semblé remarquer un minois des plus coquets et entendu des rires étouffés, messagers des bonnes grâces de la belle inconnue. Cette dame n’était autre que la femme du gouverneur du fort. Bientôt Pellot obtint de lui être présenté et, insensiblement, il fut admis à égayer les soirées des dames des officiers de la garnison, lorsque le gouverneur, homme vigilant et sévère se couchait de bonne heure. Il est vrai que sir Thomas Wambey était sujet à de fréquentes indispositions par suite des libations trop copieuses que messieurs les Anglais du fort étaient dans l’usage de faire après leur dîner. Il n’est pas inutile d’ajouter que Pellot avait eu occasion de faire connais­sance pendant sa détention, avec M. Durfort, le principal maître d’hôtel de la ville de Folkestone. C’était un descendant de ces Français qui avaient abandonné leur patrie à la suite de la révocation de l’Edit de Nantes. M. Durfort n’avait pas oublié son origine et il était plein de bienveillance pour les Français que leur mauvaise fortune jetait clans les prisons d’Albion.
Pellot annonça un jour à la société dont il faisait les délices qu’il avait composé une pièce de sa façon sous le titre le Général boiteux. Toutes les dames le prièrent avec insistance de leur réciter. Ce n’est pas que Pellot voulut se faire prier, mais il lui fallait un uniforme militaire pour bien faire le sujet.
Le gouverneur était couché, ivre-mort, selon sa coutume. Ses effets étaient sous la main ; ils pouvaient s’adapter à peu près à la taille de Pellot et, sous la pression des circonstances, Mme la gouver­nante ne se fit pas scrupule de les apporter. Notre corsaire s’en affuble et débite en mauvais anglais, avec un admirable jeu mimique les tribu­lations d’un général américain, boiteux et ridicule, abandonné parses soldats dans une forêt vierge du Nouveau Monde. Il termine le premier acte par l’air national d’Amérique : Yankee dodede.
On sait que ce chant ne ressemble en rien à notre Marseillaise pas plus qu’au God save the King de John Bull. Les combattants de la guerre de l’Indépendance l’avaient adopté pour la seule raison que les Anglais s’en moquaient. Les paroles, en effet, en sont comiques, et sans aucun rapport avec la lutte à laquelle d’ailleurs ce chant est antérieur. Pellot, simulant une voix chevrotante, s’en tira à merveille et finit en disant : « Mesdames, je prends mon chapeau, ma canne et mon parti. Vous avez vu le premier acte, le second suivra de près. Je vous laisse l’honneur de placer les points d’exclamation. » Il saisit aussitôt la canne du gouverneur, son chapeau à plumes qu’il jette crânement sur l’oreille (quant au parti, il était déjà pris) fait la révérence et sort en boitant au milieu des rires homériques de la société. Il descend rapidement un escalier et va droit à la poterne de service ; les factionnaires lui présentent les armes. A une centaine de pas de distance, il prend son chapeau sous le bras, les jambes à son cou et, d’un trait, court jusqu’à Folkestone sans s’arrêter. Jugez des points d’exclamation que placèrent les dames du fort lorsque la disparition de l’adroit corsaire fut bien et dûment constatée. Il alla se cacher chez M. Durfort qui lui donna asile et parvint ensuite à regagner les côtes de France à bord d’un cutter dont il avait soudoyé l’équipage.
Pellot à l’hôpital. — Pellot ayant été blessé au cours d’une croisière à bord du Général-Augereau fut débarqué et soigné dans un hôpital. Une blessure à la jambe s’étant dangereusement envenimée, les chirurgiens décidèrent l’amputation de la cuisse. A l’annonce de cette décision Pellot s’écria : « Coupez-moi le nez, coupez-moi les oreilles,
mais laissez-moi ma cuisse. Un corsaire a besoin de ses deux jambes. » Transporté sur la table d’opération et voyant que les chirurgiens voulaient passer outre à ses récriminations, Pellot, dans un sursaut d’énergie, bondit hors de la table où il était étendu, se saisit du scalpel le plus long qu’il trouva à sa portée et en menaça les praticiens en roulant des yeux terribles ; ceux-ci, épouvantés, s’enfuirent. Pellot se fit traiter dans un autre hôpital, puis alla faire une cure aux eaux thermales de Tercis, près de Dax. De toutes ces blessures, il ne lui restait plus qu’un œil et il lui était impossible de tourner le cou ; mais ses deux jambes étaient alertes comme avant, c’est tout ce qu’il demandait.
Pellot au théâtre. — On conçoit très bien qu’aussitôt débarqués, les corsaires, comme tous les marins, donnaient libre cours à leur joie exubérante. Après une croisière particulièrement brillante du Général-Augereau, le navire corsaire rentra à Bordeaux. Dix prises avaient été dirigées sur La Rochelle, Bayonne et Saint-Jean-de-Luz. Les Bordelais font fête au vaillant corsaire, et, en leur honneur, le directeur du théâtre fait apposer une affiche monstre annonçant aux habitants que le ballet du jour serait terminé par le saut basque, dansé par les meilleurs sujets de la troupe (1).
Voici, dit E. Lamaignère (2) comment nous avons entendu racon­ter, par Pellot lui-même, l’aventure comique qui termina la représen­tation et fit tant de bruit à Bordeaux.
« J’avais assisté ce jour-là à un grand dîner que mon consignataire avait donné en mon honneur. J’avais endossé ma grande tenue de ville.
« Le soir, je me rendis comme d’habitude au théâtre qui était plein comme un œuf. Je le dis franchement, après mon corsaire et la mer, ce que j’aime le mieux c’est le théâtre. Et le ballet donc ! Comme cela vous impressionne quand on est resté plusieurs mois en pleine mer ! C’est à perdre la tête ! Aussi je vous avoue que je la perdis un peu ce soir-là.
« Quand l’opéra fut terminé, les danses commencèrent. J’étais
On peut être étonné de ce que des artistes de théâtre, fussent-ils de Bordeaux, exécutassent le saut basque, danse tout à fait particulière aux Basques et peu connue en dehors de leur pays. On doit remarquer néanmoins qu’à Bordeaux la coutume existait, il n’y a pas bien longtemps, de faire danser la matelote aux artistes admis dans la troupe après leurs débuts. La matelote est une espèce de gigue.
placé derrière l’orchestre et j’ouvrais des yeux tout grands pour admirer ces gracieuses sirènes qui avaient l’air, par leurs regards et leurs gestes de vouloir nous charmer, lorsque tout à coup, je bondis sur mon siège et j’entendis des cris et des bravos dans toute la salle. On venait de commencer le saut basque.
« Mes marins, qui étaient dans les loges, ne se possédaient plus. On eut de la peine à leur imposer silence. Moi, j’avais mon cerveau qui battait à rompre son enveloppe. J’étais là, haletant, le corps penché, suspendu à cette danse à laquelle je ne pouvais me mêler, je devais être curieux à voir, parole d’honneur. Bientôt ma situation ne fut plus tenable ; une idée diabolique me traversa l’esprit : « Et pourquoi non? dis-je. Est-ce que tu crains quelque chose, Pellot? Fais comme tu ferais devant une bordée ennemie, en avant ! » Et aussitôt, m’élançant par dessus l’orchestre, une contrebasse et un pupitre me servant de marchepied, d’un bond je fus sur le théâtre. J’étais si leste, à cette époque et mon action fut si rapide, que les musiciens continuèrent à jouer sans s’être aperçus de rien. Une ombre seulement avait passé au-dessus de leurs têtes et, avant que le public manifesta son étonne- ment, je m’écriais : « Le saut basque ça?… Laissez donc ! Pellot le corsaire va vous faire voir comment on le danse à Hendaye ! (1).
« Déjà, d’une poussée, j’avais envoyé l’un des danseurs à dix pas et, prenant sa place, je me trémoussai tellement et si bien, surexcité que j’étais par toutes ces jolies demoiselles aux robes Manches si courtes et aux visages si roses, que je me surpassai, moi, l’un des meilleurs danseurs du pays basque. Aussi la salle entière m’applaudit avec fureur.
« Mes gens surtout faisaient, avec leur cri particulier au pays (2) un vacarme infernal. La police dut s’en mêler et, comme auteur du désordre, on se mit en mesure de me conduire en prison. Heureusement que, dans un moment plus calme, j’entendis une voix amie qui me criait en basque : « Sauve-toi, Pellot, sauve-toi ! Prends garde aux gendarmes ! » Cet avertissement me suffit. Je bondis comme un tigre sur la foule qui garnissait le théâtre, culbutant tout, je m’ouvris un passage à travers les coulisses ; puis je traversai tête baissée une enfilade de portes et j’arrivai enfin, je ne sais trop comment, sous le péristyle
Il y a longtemps que le fandango a remplacé le saut basque à Hendaye où il est totalement inconnu aujourd’hui. Néanmoins, du temps de Pellot, le saut basque était très fréquemment dansé, ainsi qu’à Saint-Jean-de-Luz, Biarritz et même Bayonne. Le fandango, venu d’Espagne, n’avait pas encore franchi les Pyrénées.Ce cri, appelé en basque irrintzina est une espèce de hennissement prolongé. Il n’est pas particulier au pays. On l’entend dans le Béarn et en Gascogne sous le nom de henilhet.où je trouvai plusieurs de mes corsaires, officiers en tête, prêts à m’en- lever si j’avais été arrêté et nous filâmes lestement à bord. »Le lendemain de l’incartade de Pellot, toutes les notabilités commerciales de Bordeaux qui s’intéressaient à lui, firent des démarches actives pour étouffer cette affaire qui était une peccadille en présence des services réels qu’il rendait à son pays. Les dames s’en mêlèrent aussi et, dès lors, l’arrangement fut de moitié plus facile. Seulement les autorités prièrent les protecteurs du corsaire de hâter le plus possible le départ du Général-Augereau afin de débarrasser la ville de cette légion de diables turbulents.

Agé de 13 ans il débuta à bord du corsaire «  »Marquise de Lafayette «  » . Ce baptême du feu où il fût blessé marqua l’esprit de Pellot.
Ensuite Jean d’Albarade corsaire Biarrot , futur amiral et ministre de la Marine.
le prit sous son aile , et il fit campagne victorieuse sur la frégate «  » l’Aigle «  »
A l’âge de 17 ans il s’embarqua sur le vaisseau «  » le Fier «  » soutint combat près du cap de Bonne Espérance et prit part contre les Anglais dans le golfe du Bengale à une bataille navale.
En 1784 il embarque à Lorient sur un baleinier qui fait naufrage sur les côtes d’Islande.
En 1793 avec le titre de premier lieutenant il embarque sur le «  »Général Dumouriez «  »
En 1795 à l’âge de 30 ans, avec le grade d’enseigne il est sur la corvette «  » la Suffisante «  puis sur «  »Coro «  » en qualité de second capitaine .
Mais l’année suivante il reprend son ancien métier de corsaire et commande le «  »Flibustier «  »
En 1798 il prend le commandement du bâtiment «  » les deux amis  »
L’année suivante à 34 ans il embarque comme second commandant sur le nouveau corsaire «  » le Bordelais «  »
En 1800 il tient la mer sur le «  »Retour » »
De nouveau la guerre éclate contre l’Anglais . Cette course,sur le «  » Général Augereau «  » est sans doute la plus importante et la plus sûre du point de vue historique, de toutes celles auxquelles Pellot a participé
Puis on le retrouve sur le corsaire «  » l’Aigle «  » et sa dernière course il la fera sur le «  »Général d’Armagnac «  »
Sa carrière se termina en 1812 à l’âge de 47 ans . Il se retira dans ses foyers. Sa vie avait étésuffisamment agitée pour qu’il put aspirer à quelque repos.
Il avait eu un fils et une fille. Son fils décéda à Cuba ,tout jeune d’une fièvre .
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On ne saurait, dans un ouvrage comme celui-ci, raconter les prouesses de Pellot. Nous renvoyons ceux que le sujet intéresse aux biographies qui ont été écrites sur lui. (Voir « Le dernier des corsaires ou la vie d’Etienne Pellot-Montvieux de Hendaye » par le capitaine Duvoisin, et l’ouvrage plus récent : « Le Corsaire Pellot » par Thierry Sandre publié par « La Renaissancedu Livre »).
Pendant les guerres de la Révolution, du Consulat et de l’Empire, jusqu’en 1812, Pellot fit une chasse continuelle aux Anglais avec des navires armés par les armateurs de Bayonne ou de Saint-Jean-de-Luz et souvent à ses frais. Sa vie, pendant ses 34 années de course, est un véritable roman d’aventures.
Six fois prisonnier des Anglais, il s’échappa six fois par les moyens les plus invraisemblables. Il était la terreur des Anglais comme, avant lui, Jean Bart, Duquesne, Tourville et aussi Surcouf, son contemporain. A défaut d’autres preuves, il suffira de rappeler qu’une prime de 500 guinées était promise à qui le ferait prisonnier, tandis que cette prime était de 5 guinées seulement pour la capture d’un capitaine ordinaire.
Sa carrière se termina en 1812 à l’âge de 47 ans. Il se retira dans ses foyers. Sa vie avait été suffisamment agitée pour qu’il pût aspirer à quelque repos. Il avait eu un fils et une fille. Son fils décéda à Cuba, tout jeune, d’une fièvre.
Retiré à Hendaye en 1812, il y vécut à Prioréna, la maison familiale, auprès de ses petits-enfants jusqu’au jour de sa mort survenue le 30 avril 1856. Cet homme qui avait mille fois exposé sa vie au milieu des pires dangers, la
conserva jusqu’à 91 ans

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Priorenia

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1757
Le majordome boursier, chargé des maravédis de la commune et des gabelles de Saint Sébastien, précédemment élu, sera nommé pour 3 ans par la Province; mesure théoriquement rapportée en 1758.
1757
Une batterie est installée à la chapelle Sainte-Anne, dans les dunes.
1766
Après avoir soutenu ses droits de port et de pêche par un procès contre Fontarabie en 1754, l’Université d’Irun en est juridiquement séparée par une cédule royale.
1766
La première référence écrite relative à Irun apparaît en 1203. Il s’agit de la charte au Peuple accordée à Fontarrabie par Alfonse VIII de Castille, donnée à Palencia le 18 avril 1203. Par cette lettre au peuple, Irun est inclus dans la juridiction civile et criminelle de la ville de Fontarrabie.
L’Université d’Irun-Uranzu a maintenu toutefois sa juridiction propre pour la politique, l’économique et le secteur militaire.
Cette situation a provoqué des procès séculaires et des confrontations entre les localités de Hondarribia et de Irun, celle-ci supportant mal la tutelle de sa voisine.
L’indépendance totale d’Irun a été seulement atteinte quelques siècles plus tard (563 ans) par la Cédule royale du 27 février 1766, accordée par le roi Charles III d’Espagne.
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1769   Simon ARRAGORRI        marquis d’Iranda
Non loin de Priorenia , sur la hauteur , au milieu  d’arbres centenaires on peut apercevoir une très vieille maison qui conserve l’apparence des habitations du XVIII° siècle . On l’appelle Iranda

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la ferme d’Irandatz
. De là est sorti un homme dont l’existence bien différente de celle de Pellot-Montvieux n’en est pas moins des plus curieuses et rappelle celle de certains héros de romans. Iranda était une ancienne seigneurie qui figure dans des actes du XII° siècle .Au XVIII° siècle elle appartenait à un Hendayais, Nicolas Arragorry. qui eut trois enfants, un garçon et deux filles.
Simon le fils, après avoir passé quelque temps dans son pays se décida à aller chercher fortune en Espagne et il l’y trouva
.En très peu de temps il arriva à une des plus hautes situation que l’on put espérer même à cette époque ; il devint un favori du roi Charles III qui le nomma conseiller honoraire en son conseil des finances. Il est probable qu’Arragorry remplit ses fonctions avec distinction car, un peu plus tard le roi, en considération des services qu’il en avait reçus lui conféra un titre de Castille sous la dénomination particulière de << marquis d’Iranda >> pour lui et ses héritiers par lettres patentes du 9 novembre 1764 .
Devenu conseiller d’Etat, Arragorry fut chargé, en 1795, de négocier la paix avec le général Servant commandant en chef de l’armée des Pyrénées occidentales. La fortune qu’il réalisat était considérable et il en fit un noble usage en venant en aide à ses compatriotes lors de la destruction de Hendaye par les espagnols .Il mourut sans postérité et laissa son titre et ses biens à un neveu , fils d’une soeur mariée au seigneur d’Arcangues .. Ce titre fut reconnu pour la France par lettres patentes de Louis XVI en 1782, confirmées par Napoléon Ier et Napoléon III en faveur des descendants du premier titulaire. La famille est encore représentée dans le pays par M Pierre d’Arcangues, marquis d’Iranda (N)

Maison Aragorri
La famille Aragorri était propriétaire de la maison. Par suite du mariage de Catherine Aragorri avec Jean de Fagadi, le domaine et la maison passèrent à la famille Fagadi, vers le milieu du XVII siècle.
Esteben de Fagadi, leur fils fut trouvé noyé dans une chaloupe,victime des violences des pêcheurs de Fontarrabie
Ce sont donc les descendants de la famille Aragorri qui occupèrent la maison ou la ferme. La dernière fut la famille Detcharry., qui vendit les terrains du domaine à Antoine d’Abaddia en 1885.
Contrairement à ce qui est dit en début de chapitre, Mr d’Abbadie devint propriétaire des 330 hectares (?) par des achats échelonnés. D’après le cadastre d’Urrugne le premier achat date de 1856 ( 6 hectares et 3 ares ).
-En 1631 M.d’Aragorri est nommé maître charpentier maison « Aragorri » elle même était comprise dans l’achat des terres..D’après le cadastre cité, cette parcelle n’aurait été achetée que vers les années1882-1885.
C’est donc en 1858, 1869, 1882 et 1885 que Monsieur d’Abbadie acheta la pluspart des terres formant l’immense propriété de l’illustre savant..Une tradition orale place le séjour de Mr et Mme d’Abbadie pendant la contruction du château, dans la maison Arragorri. Furent ils de simples locataires , Lorsque les archives seront bien établies, on pourra répondre à la question.
La première fois qu’Aragorri est mentionné dans des documents historiques remonte à 1617. ( Archives de Fontarrabie )
Jean Aragorri et jean d’Harismendi dit  » Olasso « , armateurs de trois navires de 160 tonneaux, montés par 150 marins de Hendaye et des environs, pour la pêche de la morue et de la baleine à Terre Neuve et en Norvège. Ils savaient signer de leur propre écritures
Jean d’Aragorri occupait une importante situation dans la localité, en tant que propriétaires de navires, associé d’un tiers avec d’Harismendi
_ En 1662 M. d’ Aragorri est nommé maître charpentier
– en 1662 Perucho d’Aragorri apparaît comme quatrième jurat d’Hendaye
En 1682 , Marie d’Aragorri veuve de Martin d’Extail, est propriétaire de la maison Martarena

– En 1768 Sisson d’Agorri acheta une terre près de Chouriénia
– En 1769 Detchar D’Aragorri , maître de la maison d’Aragorri, fut étranglé dans sa chaloupe par des Espagnols
– En 1737 Simon fils de Nicola d’Aragorri fut pécheur de baleines dans la Saint Laurent
– En 1762 Nicolas d’Aragorri fut commissaire de la Marine à Saint Sébastien
– en1795 Simon d’Aragorri, marquis d’Iranda, fut porteur d’une lettre du roi d’Espagne chargé de négocier la paix
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1771 Don José Beltran de Portu y Jausuro, alcalde de Zarauz, et M. d’Elisalde, d’Espelette, sont nommés commissaires par Irun et Hendaye pour accorder le 1er mai leurs privilèges sur une nasse espagnole empiétant en France, et démolie sur ordre du Conseil de Castille du 31 janvier 1775 en conséquence du privilège exclusif de Fontarabie.
1771 Hendaye et Irun font cause commune face à Fontarabie qui nie le droit d’Irun (indépendant de Fontarabie depuis 1766) d’avoir sa nasse sur la rive de Hendaye qui recevrait en échange 50 ducats en argent

. Les habitants des deux villes font fuir le Capitaine Général de Guipúzcoa et s’attaquent aux pêcheurs hondarribiars.
En 1775 Fontarabie réussira la démolition de la nasse ordonnée par le Conseil de Castille.
1771 Nasse d’Irun, en aval de Béhobie, temporaire.
1775 Lettre des jurats de Hendaye à Louis XV en novembre, protestant que leur exclusivité de pêche en Bidassoa n’est pas respectée par des Labourdins non frontaliers.
1784 Le roi Louis XVI accorde l’exemption totale de droits de coutume ou douane par lettres patentes supprimant toutes “formalités et perceptions” au sud-ouest de la Nive, mais cette franchise complète du commerce est trop tardive pour revigorer la grande pêche défaillante.

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