19 SIECLE

      HISTOIRES   DE   HENDAYE

************************************

Harrieta  171

Capture

SOMMAIRE du   TOME 3

19 SIECLE      1813  GUERRE d’ESPAGNE DE BONAPART                      

 1815  Ier EMPIRE – 100 jours LES AGRANDISSEMENTS

LES MAIRES         habitants       Directoire

1815  Ier EMPIRE( 100 jours) RESTAURATIONS – – 1ère  –1814  – 2 ème 1824

-1831 PLAN PARCELLAIRE                                                             

 1830 MONARCHIE  de JUILLET —

CARLISME  1848–  2 ème REPUBLIQUE– –

1856  TRAITES de BAYONNE                                                                                             

1852— 2 eme EMPIRE

LE CHEMIN de FER       1865 la MAIRIE Conflits politico/religieux

LIMITES AVEC URRUGNE  ECHECS SUCCESSIFS DES PROMOTEURS

1870 -GUERRE  FRANCO –   ALLEMANDE- de   1970

Troisième République

Arbre de la liberté

CHATEAU D’ABBADIE

VIEIL HENDAYE –  BAS QUARTIERCANETA—PLACE de la REPUBLIQUE—Lieux  de CULTE  — EGLISE—  CROIX  — SAINTE ANNE  – Les TRANSPORTS

Pierre LOTI

Le TRAMWAY

________________________________________________________________________________

1801 Une deuxième génération d’ouvrages espagnols compte 3 forts de Passages au Figuier et 6 d’Oyarzun à Irun ; si les forts Evans et Lord John Hay marquent le passage des Anglais en 1813, par exemple, le fort Alphonse XII date des guerres carlistes.

1801 Une deuxième génération d’ouvrages espagnols compte 3 forts de Passages au Figuier et 6 d’Oyarzun à Irun ; si les forts Evans et Lord John Hay marquent le passage des Anglais en 1813, par exemple, le fort Alphonse XII date des guerres carlistes.

1802 Très lentement Hendaye se reprit à vivre; sa vieille industrie des eaux-de-vie sortit de la torpeur et un dictionnaire souligne la renommée de son commerce d’anis, en liaison évidemment avec la faveur dont jouit l’anisette dans notre région méridionale,surtout du côté espagnol.  Plus vigoureuse encore fut la reprise de la contrebande

1803  x  ième génération d’ouvrages espagnols compte 3 forts de Passages au Figuier et 6 d’Oyarzun à Irun ; si les forts Evans et Lord John Hay marquent le passage des Anglais en 1813, par exemple, le fort Alp

,Dès après la signature du Concordat par Pie VII et Bonaparte,
le curé Dominique Galbarret put rentrer de son exil,
et se consacrer à la reconstruction de l’église. Il ne disposait d’autres ressources que celles que lui offraient ses paroissiens désargentés et, cependant, quatre ans plus tard, il eut la joie de l’ouvrir de nouveau au culte.
Comme vestiges du passé il ne put conserver — et il reste encore — que l’écusson des rois de France et de Navarre, dont la moitié fut martelée pendant la Révolution, sur le linteau de la porte
Sud ainsi que la croix de pierre dressée à l’extérieur, près de cette porte; elle provient sans doute de l’ancien cimetière.

1806 Une lettre de la députation de Navarre le 17 mai 1806 pour rendre la Bidassoa navigable, reste lettre morte.
Le pont de bateaux anglais est remplacé par un nouveau pont de bois à piles de pierre au passage de Béhobie, en 1823, et par le pont tout en pierre de 1856.
Le pont du chemin de fer est construit sur l’ancien passage de Santiago en 1864.
La route provinciale d’Irun à Fontarabie, construite en 1865, est com­plétée par la route communale de Fontarabie à la Guadeloupe en 1885.
A Hendaye, le chemin de Belcénia à Ondarraïtz élargi en 1869 est repris en 1887 par le pont de Belcénia et le boulevard de la plage avec 600 mètres de digue de mer.
Une concession administrative de 1897 met hors d’eau et à l’abri d’une digue le quartier de la Marine agrandi jusqu’à la plage de Fontarabie.

1808 Napoléon 1″, empereur des Français Charles IV, roi d’Espagne Ferdinand VII, roi d’Espagne, son fils.
L’empereur visite Hendaye durant son séjour à Bayonne, où les deux rois et la reine Marie-Louise, passant successivement la Bidassoa, viennent le rejoindre en avril et mai.
Joseph Bonaparte, fait roi d’Espagne par son frère Napoléon, passe la Bidassoa le 9 juillet

De 1808 à 1813, la Bidassoa est traversée par des centaines de milliers d’hommes, à pied et à cheval, qui transporteront autour de mille canons.

1813 Joseph Bonaparte repasse la Bidassoa le 28 avril.

1813 Wellington, duc de Ciudad Rodrigo, atteint la Bidassoa à Irun le 30 juin derrière les Français en retraite, tandis que le général Rey s’enferme à Saint-Sébastien. Renonçant à le débloquer par mer, le maréchal Soult, duc de Dalmatie, passe avec 18 000 hommes le 31 août de Biriatou et Bého- bie à l’assaut de Saint-Martial et des 15 000 Espagnols du général Freyre. Il se retire après 5 charges devant lord Wellington qui prend, brûle et pille Saint-Sébastien le 8 septembre, ne laissant que 36 maisons debout sur 600.
Le 7 octobre Wellington passe la Bidassoa avec 100 000 Anglais, Espagnols et Portugais, et occupe la Croix des Bouquets et Biriatou, puis le sommet de la Rhune le 10. Le capitaine corsaire Pellot, resté presque seul à Hendaye, obtient le retour des habitants fugitifs. Les 50 000 hommes de Soult sont refoulés d’Urrugne et de Sare le 10 novembre, et le quartier général anglais s’établit à Saint-Jean-de-Luz le 11. Les troupes espagnoles repassent la Bidassoa pendant que les Anglais dépassent Bayonne en décembre.


independance

La Guerre d’indépendance espagnole est une guerre qui opposa la

France à l’Espagne à l’Angleterre et au Portugal partir de 1808

image3

01Capture

L’Empire napoléonien à son apogée en 1811

image4

Le 6 mai 1803, , à Bayonne, Napoléon obtient de Charles IV, roi d’Espa­gne et de son fils, Ferdinand, qu’ils abdiquent en faveur de son frère Joseph, mais l’Espagne indignée se dresse et pendant cinq ans luttera. Les troupes impériales ne cessèrent alors de traverser Urrugne et Hendaye, allant en Espagne : environ 500.000 hommes, 900 canons, 6.300 chariots d’effets et subsistances. Plus tard ce sera le retour des blessés, des prisonniers, des corps de trou­pes retirés pour être envoyés sur d’autres fronts. Enfin, nous connaîtrons l’ultime bataille.

LA REVOLTE

l’Empire est maître de  l’Europe.
Le Portugal avait été le  dernier  pays à se  soumettre à Napoléon, le  blocus continental isolait  l »Angleterre du continent .Son  commerce était  gravement  atteint
Elle ne pouvait s »y soumettre, ni s »y résigner.
 Ainsi débute la première tentative d’invasion du Portugal (18 octobre 1807)   Si le Portugal  tente au début de rester neutre afin de préserver ses affaires commerciales, sa vieille alliance avec l’Angleterre finira par le contraindre à prendre position dans le conflit opposant la France et l’Angleterre. En représailles, le pays va subir une série d’invasions entre 1801 et 1814, invasions qui vont avoir un impact considérable sur l’histoire du pays et de son empire.
Comme l’avouera Napoléon lui-même, ces trois invasions  fragilisèrent terriblement la France en mobilisant jusqu’à 300. 000 soldats et en mettant un frein à la politique expansionniste de l’Empereur.

La campagne du Portugal  avait été difficile, il avait fallu  l »autorisation de traverser l’Espagne  à trois reprises.
 Au cours de ces transactions l’Empereur s’était rendu compte du pouvoir chancelant de Madrid   .Le roi était en conflit avec son fils.   Napoléon fut sollicité pour résoudre ce différend..Ce fut ce qui a été appelé  le guet-apens diplomatique de Bayonne.
.Isolés,, loin des leurs ,soumis à de multiples pressions,entourés d’une multitude de soldats, les souverains espagnols n’avaient guère les moyens de s’opposer aux volontés impériales, ,ils cédèrent successivement.
Le roi fut dépossédé, le fils écarté,                                         Napoléon mal conseillé crut que   » afrancesados  »  (les espagnols favorables aux français  » étaient majoritaires )- Il  tenta de profiter de la situation  pour mettre la main sur l’Espagne.  Il se trompa gravement.
Le guet-apens de Bayonne déclencha à Madrid de multiples inquiètudes, des rumeurs circulaient en s »amplifiant, » la famille royale espagnole était retenue en otage ! l’infant  avait été enlevé !, L’émotion se transforma en émeute .Vite ce fut l’embrasement de toute  l’Espagne.                                                                                                                              Cette rebellion fut écrasée dans le sang par Murat

LA REPRESSION


TRES DE MAYO  –    GOYA

Par ce  coup de force, le trône avait échoué à Joseph , frère de Napoléon.

Ce sera pour leur perte.
Le guet-apens de Bayonne déclencha l’embrasement de l’Espagne. Malgré sa rapide répression, le soulèvement de Madrid inspira d’autres villes du pays : Carthagène, León, Santiago, Séville, Lérida et Saragosse..
 Le 18 juillet 1808, le général Pierre Dupont de l’Étang et ses 20 000 hommes furent vaincus près de la petite ville andalouse de Bailen.
  Les soldats de Napoléon pouvaient être battus.

Dès ce moment la GUERILLA commença .

 Ce qu’il arriva est difficile à décrire tant la violence aveugle, la folie de vengeance qui dépassa tout ce que l’on peut imaginer, la haine à l’état pur qui fit commettre l’inimaginable, ravagea ce pays des deux côtés  des belligérants
Chaque coin de rue décelait un danger, chaque coin de campagne une embuscade L’armée était habituée à un combat de ville , pas à cette permanente incertitude du péril, à cette tension éprouvante de l’incertain.
Les officiers,étaient conscients de la situation militaire, des éphémères alliances,des rebellions des états .
 La France était engagée en Russie,ce qui était une grande  et périlleuse aventure
L’empereur se rendit en personne en Espagne, à la tête de 80 000 soldats qu’il avait tirés  de l’armée de d’Allemagne. Il ne resta que quelques mois (novembre 1808-janvier 1809) en Espagne mais son intervention assura un moment la reprise en main des villes par les Français.
Malgré  les réformes mises en place (abolition des droits féodaux et de l’Inquisition), le pays était loin d’être soumis. Le contrôle des campagnes restait difficile. Les prêtres espagnols appelaient leurs fidèles à la croisade contre les Français.  
C’est aussi à cette époque (février 1809) que débuta la seconde tentative d’invasion française au Portugal commandée par le maréchal Soult. Elle se traduit par un nouvel échec français (mai 1809).
L’armée britannique,était venue aider le Portugal puis l’Espagne. Attaqués par les alliés, débordés, les soldats de l’empereur durent refluer . L’invasion de la France par les Espagnols, Britanniques, et Portugais commandés par Wellington,n’était plus qu’une question de temps.
En 1808, les troupes, l’armée impériale d’Espagne, n’étaient plus celle d’Austerlitz ou de Wagram . En juillet les deux tiers de ses effectifs étaient composés d’étrangers et de conscrits. (Allemands, Suisses , Italiens pour le plus grand nombre ). Puis  pour combler ses pertes et se renforcer, elle  dut  à faire appel à des contingents de  volontaires et de recrues. En novembre 1808, quelque 47.000 étrangers  appartenant à une quinzaine  de nations différentes seront recrutées .
Il y a de tout parmi ces recrues et le pire y côtoit le meilleur :
Les quinze nations qui ont jeté des soldats en Espagne n’ont pas choisi pour les envoyer  aussi loin , les plus sages et les plus disciplinés.  Nombre d’entre eux déserteront, souvent en rejoignant les Anglais, mais aussi parfois, en ralliant les Espagnols pour se mettre à l’abri des terribles exactions de la guérilla. Soldats professionnels ils offraient leur service à qui les payait .
A Bailén  ,les Suisses abandonneront les français pour rejoindre ceux des leurs servant les Espagnols. Les Polonais, d’un dévouement exemplaire à la France au cours des campagnes menées en Europe du nord, vont déserter en masse en Espagne préférant rejoindre les rangs de l’armée anglaise où la solde était plus élevée et l’alimentation meilleure .
L’armée reflua ,malgré les succés, malgré les échecs  ,le danger était partout, et le moral  au plus bas.Les Anglais et les Portugais s’étaient joints aux Espagnols
C’est ainsi que les soldats de Napoléon arrivèrent à Vitoria aux portes du Pays Basque
.
LA DEBANDADE
_________________________________________________

La bataille de Vitoria fut livrée le 21 juin 1813, entre les troupes françaises qui escortaient Joseph Bonaparte dans sa fuite et un conglomérat de troupes britanniques, espagnoles et portugaises sous le commandement de Arthur Wellesley, duc de Wellington. La victoire des alliés sanctionna la retraite définitive des troupes françaises d’Espagne (à l’exception de la Catalogne) et obligea Napoléon à rendre la couronne à Ferdinand VII, mettant fin ainsi à la Guerre d’indépendance espagnole.
L’armée de Wellington, disposée en trois colonnes, rejoignit les Français en train de se retirer quand ils se trouvaient aux environs de Vitoria, dans le Pays basque. Les Français se virent obligés à combattre. Après une série de durs affrontements, la 3e division sous les ordres de Thomas Picton rompit le front central français
Bien qu’ils plient sur tout le front de leur dispositif, les Français sont loin encore d’être battus
 » nos ailes, tout à fait débordées, furent attaquées par des forces considérables. Jourdan voyant l’aile gauche tournée, la fait rapprocher du centre : quarante pièces contiennent pendant quelque temps les masses anglaises…mais le maréchal Hill culbute la gauche… Le roi Joseph , voyant l’ennemi déjà maître de la route de Bayonne , ordonna la retraite par la seule voie qui restait alors, celle de Pampelune et chargea le comte Reille de la soutenir « 
A dix-sept heures , le point de rupture est atteint, l’armée impériale cède brusquement sur toute la ligne.

C’est la retraite générale , pour ne pas dire la déroute en direction du chemin de Pampelune, seul axe restant encore ouvert.Escortés par 3.000 hommes, des éléments de l’immense convoi qui suivait l’armée se sont déjà engagés sur la route de Bayonne; rares sont ceux qui réussiront à s’échapper avant que la cavalerie anglaise ne coupe la voie.
Les plus affolés sont les réfugiés espagnols, car ils savent qu’ils ne peuvent espérer aucune indulgence de la part de leurs compatriotes
.Renonçant à sauver leurs biens pour au moins sauver leurs vies, les fugitifs abandonnent carosses et voitures, bagages et objets précieux.Chacun pour  soi !
Les alliés (en particulier les Britanniques) abandonnèrent alors la poursuite des Français pour se répartir le butin, ce qui irrita Wellington   
 Des soldats anglais font sauter les fermetures des fourgons du Trésor et puisent à pleine mains dans les caisses. Scènes invraisemblables ,. Seul réconfort pour les Impériaux, les Alliés trop occupés au pillage des fourgons civils et militaires, en oublient de se lancer à leur poursuite. Par ailleurs, ayant abandonné toutes leurs voitures, l’armée est soudainement devenue très légère, et donc mobile, chevaux et mulets étant ses  seuls moyens de transport
Les fourgons du trésor furent vidés par des pillards , anglais, espagnols et portugais,français, qui, quoique ennemis, semblèrent oublier un instant leur inimité pour s’emparer de l’argent que le hasard de la guerre mettait si soudainement à leur disposition .
Les vainqueurs ramasseront un butin immense : des centaines de chariots remplis de tout le produit des rapines accumulées au cours des années de guerre, de nombreux objets d’art,des  peintures de grands maîtres, des objets  en or, des pierres précieuses dérobées dans les couvents ,les églises et  les cathédrales, les bagages des généraux et des personnalités de la cour, les coffres remplis d’argent des unités militaires des effets et des objets de toute nature abandonnés par la foule de ceux et de celles qui accompagnaient  les armées et rentraient en France…
 Les coffres contenant l’argent destiné à payer trois mois d’arriéré de solde des troupes françaises sont aussi perdus.
De plus, il y a de longs retards, parfois de plus de deux ans, dans le paiement de la solde des troupes.

Mais aussi 150 sur 151 pièces d’artillerie 445 chariots de munitions et un équipement considérable.
Les pertes françaises sont de 8000 morts et blessés et une dizaine de mille de prisonniers. Beaucoup plus modestes, celles des Alliés seront évaluées à 5000 pour les Anglais , un millier pour les Portugais et 600 pour les Espagnols
 L’avidité des troupes alliées, perdant du temps à piller l’immense convoi abandonné, sauve heureusement l’armée française d’un désastre total…
Mais surtout, la bataille de Vitoria marque la fin de l’occupation de l’Espagne et du Portugal décidée par Napoléon en 1807 pour combattre l’Angleterre en fermant tous les ports d’Europe, par le « Blocus continental

_______________________________________________________________________________

LA GUERRE CONTINUE

 l’ARMEE ALLIEE sur les bords de la BIDASSOA

CROSSING OF THE BIDASSOA 7 oct 1813
LA BATAILLE  à  HENDAYE

La paix revient, troublée seulement par des actes de brigandages et de vols comme en connut tonte la France, pendant les guerres de l’Empire; le calme persistera relatif jusqu’en 1808, époque à laquelle Urrugne se reprit à voir défiler troupes et matériel.

Novembre. Napoléon traverse la Bidassoa avec 80000 soldats, pour épauler militairement son frère le roi d’Espagne.
De 1808 à 1813, la Bidassoa est traversée par des centaines de milliers d’hommes, à pied et à cheval, qui transporteront autour de mille canons.
                                        —————–

Arrivé à Bayonne le 12 juillet 1813 , Soult s’empresse d’organiser la défense de la frontière et de la Bidassoa, menacées par Wellington; il la veut d’autant plus forte qu’il ne dispose que d’un
 effectif très inférieur à celui des Alliés.
 Ce sont les redoutes de Sainte-Anne avec la batterie de Trêmes, d’Aragorry, de Maillarenia (près de Béhobie), de la Croix-des-Bouquets, du camp des Sans-Culottes remis en état, à
Iharcea, de  Fagady, à  Etxail.Ce fut une guerre toute différente de celle de 1793; beaucoup plus courte, qua­tre mois à peine au lieu de quatorze, mais plus violente par l’importance des effectifs engagés et plus terrible dans ses destruc­tions.
 Elle fut aussi moins glorieuse pour nos drapeaux.
 1793 ne cessa de conserver un caractère offensif, fut une suite d’attaques ou de contre-attaques victorieuses menées par des troupes très pauvres en moyens matériels, mais animées d’un cou­rage magnifique, d’un moral exalté, d’un patriotisme passionné.
1813 marqua malheureusement sur notre territoire le recul (l’une armée fatiguée par des années de combats ininterrompus, démoralisée par les échecs qu’elle venait de subir en Espagne, composée de nom­breuses recrues insuffisamment encadrées par les vieux grenadiers et très mal ravitaillée.Sur tout le. front, d’Hendaye à Saint- Jean Pied de Port, 112..000 Alliés font face à 68,000 Français; partout nos positions sont défectueuses, nos avant-postes hors de portée.
. Wellington a pu avoir de réelles qua­lités militaires; mais, ici du moins, il fut bien servi par son écrasante supériorité numérique.
Ce fut une guerre toute différente de celle de 1793; beaucoup plus courte, qua­tre mois à peine au lieu de quatorze, mais plus violente par l’importance des effectifs engagés et plus terrible dans ses destruc­tions.
Dans ces conditions, était- il possible de vaincre?

Le 26 août, Soult installe son quartier général à Saint-Jean-de-Luz .
De Hendaye à Biriatou il a disposé les deux divisions de Reille en face des six ennemies, qui couvrent le front de Saint-Martial à Fontarabie.
Le 31 août, dans le projet, désespéré de dégager Saint-Sébastien assiégé, Soult ins­talle son poste de commandement sur la colline Louis XIV et décide d’attaquer dans la direction de Saint-Martial

San Martial

Sous une pluie torrentielle, au cours d’un orage terrible, deux batteries sont installées, l’une sur le mamelon boisé, qui se trouve près de la maison Anderré de Biriatou, l’autre sur une hauteur immédia­tement à l’est de Béhobie. Sous la protec­tion de ces batteries, un pont de chevalets est jeté sur la Bidassoa, au gué de Teilleria, en face d’Anderré.
Par ce pont, par le gué de Teilleria et par celui qui existe en face de Biriatou, les divisions de Reille passent, tandis que celles de Clausel franchissent la rivière en amont, au barrio de Lesaca, au-dessous de Vera.

image11

Mais la défense ennemie est d’autant plus formidable qu’elle est facile; l’artillerie de Saint-Martial, les batteries abri­tées sur les hauteurs font tomber sur les nôtres un feu écrasant, un barrage terrible.
     En même temps, la tempête sévit, la rivière grossit et son courant impétueux emporte le pont.
 C’est l’échec. L’ordre de retraite est donné, après vingt-quatre heu­res d’une lutte particulièrement meur­trière qui mena la brigade Villatte jusqu’à l’ermitage Saint-Martial ; nous perdions 3.000 hommes, dont une très forte pro­portion d’officiers.
Et ici nous citerons le texte même de la lettre d’un officier anglais, qui permet de s’imaginer parfaitement, de voir la situa­tion du moment :
“Je fus un jour vers les hauteurs de Saint-Marcial et je ne pus m’empêcher d’admirer le courage des troupes, qui avaient osé attaquer une pareille position, car les hauteurs de Saint-Marcial s’élèvent si brusquement au-dessus de la Bidassoa que ce ne fut qu’en m’accrochant de bran­che en branche que j’en pus descendre.
Cependant une colonne de 15.000 Fran­çais força son chemin presque jusqu’au sommet (défendu par les Espagnols) et l’aurait probablement enlevé sans l’arrivée d’une brigade anglaise.

SIEGE ET INCENDIE de SAINT SEBASTIEN

Les troupes alliées , Anglaises, portugaises et espagnoles commandées par le Général anglais Thomas Graham, était forte de 18.000 hommes et avait 40 canons d’artillerie lourde.

Du côté français, Soult ne pouvait venir en aide àu Général Rey enfermé à Saint Sébastien. La route avait été coupée à San martial, des renforts ne pouvaient lui parvenir,et le ravitaillement était alléatoire.  Le siège était sans nul doute perdu d’avance

REY avait à sa disposition 3800 hommes de la garnison française, avec 97 batteries et des canoniers .Le combat était disproportionné

La première attaque alliée eut lieu le 8 Août.Rey et ses troupes se rendirent le 5 septembre. Quarante trois jours  de bombardements, d’attaques . Les français furent héroïques  au point que lors de la reddition les honneurs militaires leur furent rendus.

 . Rey, défilant devant les coalisés, à Saint-Sébastien, avec ses 800 déguenillés, après avoir tenu l’ennemi pendant soixante jours .(Gal Lamiraux)

L’après combat fut une tragédie

* Très peu, très peu d’actions de guerre lui sont comparables.

Si effrayant qu’eût été le carnage sur les brèches de Saint-Sébastien, plus effrayantes encore furent l’atrocité et la cruauté que montrèrent les vainqueurs une fois dans la ville.

Sur cette sorte de monceau de ruines, la rapine, l’ivresse, la luxure et le meurtre s’en donnèrent à cœur joie. Il y eut, au milieu de la population terrifiée dans ses maisons, des actes abominables commis par des soldats de l’armée coalisée ; officiers et sous-officiers n’étaient plus écoutés ; des crimes affreux furent commis.

La journée du 31 août peut être rangée côte à côte avec ces sacs de villes prises d’assaut par les barbares de l’antiquité, alors qu’e l’on pillait les maisons et les églises, que l’on tuait sans miséricorde hommes, vieillards et enfants, que l’on violait les femmes et qu’une population entière disparaissait.   ( Gal  Lamiraux )

Pendant ce temps, les fonctionnaires britanniques subalternes et même de haut rang devinrent complètement incontrôlables, pillant et brûlant la ville pendant une semaine entière, torturant les habitants soupçonnés de garder de l’argent ou des pierres précieuses, violant des femmes et tuant, selon une estimation, 1 000 habitants De nombreuses preuves bien enregistrées (75 rapports) furent recueillies apportant un témoignage des sombres événements qui débutèrent le 31 août Comme l’a déclaré l’un des survivants et témoin Gabriel Serres, « [les assaillants] commirent les pire des atrocités, comme tuer et blesser beaucoup d’habitants et aussi violer la plupart des femmes » L’incendie a commencé le soir même sur certaines maisons, selon des témoins locaux incendiés par les assaillants, malgré les premières tentatives par des généraux anglais d’imputer l’incendie aux Français. L’opinion générale des gens du pays peut être résumé par le témoignage d’un habitant, Domingo de Echave, qui se fait écho des mots d’un soldat anglais qui pointant les flammes sortant d’une maison dit : « Vois cette maison en feu ? Rappelez-vous, demain, elles seront toutes comme ça » L’ordre ne fut pas restauré avant sept jours, date à laquelle seule une poignée de bâtiments avait survécu. Le reste de la ville avait entièrement brûlé (600 maisons, la mairie et le bureau d’enregistrement inclus).

Le conseil municipal et de nombreux survivants de la destruction tinrent une réunion à Zubieta, où les citadins décidèrent la reconstruction de la ville dévastée. Par ailleurs, un nouveau conseil fut nommé, exigeant des autorités anglaises qu’elles accordent 2 000 salaires aux personnes dans le besoin. Cette demande fut refusée par Wellington.

La tragédie est rappelée chaque année le 31 août par une vaste cérémonie aux chandelles

image12

Soult avait dégarni toute la partie Hendaye qui longe la Bidassoa pensant que cette rivière serait un obstacle au passage des troupes, pensant que l’attaque de Wellington -commandant les troupes alliées- aurait lieu du côté de Vera . C’était une erreur, les alliés ,bien renseignés par des pêcheurs espagnols, connaissaient les gués qui permettaient un passage plus aisé. Pour nos troupes le 7 octobre ne fut pas une journée faste.
 Une brigade, qui avait installé ses avant-postes à Hendaye (400 hommes) et le long de la Bidassoa, s’étirait de la mer à la colline Louis-XIV.
 Dès le matin, elle fut surprise par une très forte attaque axée sur Priorenia. Wellington passe la Bidassoa avec 100 000 Anglais, Espagnols et Portugais,
Très vite, le repli de nos troupes fut général, dans la direction de la Croix-des-Bouquets. Les canonniers de la batterie de Trêmes abandonnant leur ravitaillement (450 kg de farine, 150 1 de vin, 42 1 d’eau-de-vie, 36 kg de légumes secs).
Hendaye est occupée sans grande résistance.
______________________________________________
Commentaire Anglais

Wellington avait 64 000 anglo-portugais d’infanterie et d’artillerie, ainsi que 25 000 Espagnols
La cavalerie était de peu d’utilité dans les montagnes, les Britanniques  envoyèrent les régiments de cavalerie à l’arrière, en gardant quelque peu pour les patrouilles.
 Afin de gagner sa tête de pont, Wellington avait pour forcer la traversée de l’estuaire de la Bidassoa. La rivière était de 910 mètres (1000 yards) de large et 6 mètres (20 pieds) de profondeur à la ligne des hautes eaux en dessous  de l’îlede la Conférence . Les Français n’ont jamais soupçonné qu’il y avait seulement 1,2 mètres d’eau sur les gués inférieurs à certains marée basse, un fait que les Alliés  avaient glané  auprès des
pêcheurs basques . Les Alliés  savaient que la marée basse suivante était le 7 Octobre
La traversée avait  été méticuleusement planifiée. Près des gués, les ingénieurs anglais avaient construit un mur de tourbe près de la rivière, pendant ce temps avant qu’il ne franchisse la rivière. Wellington  avait positionné cinq batteries de terrain et trois canons de siège de 18 livres pour fournir un appui-feu à l’infanterie d’attaque.

A 07h25 la 5ème Division a lancé son attaque de près de Hondarribia .
Elle est venue comme une surprise totale pour les Français, qui n’avaient déployé que 400 hommes pour défendre  les six km (quatre miles) de la rivière.
Immédiatement, les hommes de Hay ont pris pied dans le village de Hendaye et envoyé deux brigades vers la droite afin d’aider la traversée de MG Kenneth Howard ‘s 1st Division.
 A 08h00, les hommes de Howard, MG Thomas Bradford  de la brigade portugaise et MG Lord Aylmer ‘s de la  brigade britannique indépendante  ont traversé  le gué de la rivière près d’un pont détruit à Béhobie.
Trois brigades espagnoles de LG Manuel Freire ‘s deux divisions (MG Del Barco et MG Barcena) a traversé plus à droite.
 Rapidement, les Britanniques ont envahi la Croix des Bouquets et le Mont Calvaire °  . Toute la rive du côté français de la rivière tomba aux mains des Alliés au coût de seulement 400 blessés.
Le plus dur combat de la journée s’était produit dans le secteur de Clausel.
Dans le secteur de Reille, les Français ont perdu 390 tués et blessés, ainsi que 60 hommes et huit canons capturés.
 Dans le secteur de Clausel, les Français subirent 600 tués et blessés, ainsi que 598 hommes et neuf canons capturés.
 Les Britanniques ont perdu 82 tués, 486 blessés, et cinq disparus, soit un total de 573. Les Portugais ont perdu 48 tués, 186 blessés et huit disparus, soit un total de 242.  L’Espagnol a souffert de la différence du total des pertes alliées ( 1600 )
La défaite a  abaissé le moral de l’armée de Soult. Sauf à la Rhune, les troupes françaises n’avaient pas obstinément défendu leurs positions. Villatte a commenté, “avec des troupes comme celles-ci on peut s’attendre à la disgrâce seulement”. Soult à fait  de Maucune le bouc émissaire, et l’a renvoyé à l’arrière.
Après la bataille, certaines des troupes alliées se livraient au pillage des maisons et des villages français. Wellington est intervenu brutalement auprès  des troupes britanniques prises au pillage. Il se sentait sympathie pour les Espagnols, qui avaient vu leur pays ravagé par des soldats français, mais il a déterminé à ne tolérer aucun  pillage de peur de provoquer une guerre de guérilla
________________________________________

 L’aile gauche tint relativement mieux.
Alors, Soult prescrivit un rapide renforcement des ouvrages de Hendaye à Socoa; sur plus de 4 km, la ligne des crêtes fut occupée par 10 000 hommes et garnie de 62 pièces d’artillerie.
 Mais Wellington préféra ne pas affronter cette défense et décida de la contourner. Elle ne servit donc pas plus que notre ligne Maginot en 1940; du moins, épargna-t-elle à Hendaye d’être l’enjeu d’une nouvelle bataille.
Le 10 novembre, l’aile gauche ayant dû se replier, le bourg d’Urrugne était occupé, puis Saint-Jean-de-Luz…Pour avoir été brèves, les opérations, qui eurent pour théâtre Hendaye et ses abords, n’en furent pas moins dévastatrices. Aux bombardements, qui accumulèrent des ruines sur celles de 1793, s’ajoutèrent le pillage des maisons, que les familles avaient abandonnées.  (F)
La guerre d’Espagne était terminée les alliés avaient mis le pied en France, la Bataille de la Bidassoa perdue ,celles de la Nivelle, de la Nive , d’Orthez  de Tarbes et de Toulouse achevèront la défaite.

image13

Passage de la Bidassoa                                                  Collection Axel Brucker

le19 avril 1814 Suspension d’armes  avec Welligton. Soult  remet sa soumission au roi. le 20 avril  Napoléon vaincu prend la direction de l’île Elbe

__________________________________________

Les Espagnols gardent un fier souvenir de cette guerre. Unis malgré leur divergences, ils ont réussi à repousser l’armée française.

Le Plan de la bataille de la Bidassoa, de la Nivelle et de la Nive

Le maréchal Soult tente d’abord de débloquer Saint-Sébastien assiégé mais échoue et la place capitule, le 9 septembre. Il n’est plus question de venir au secours de Pampelune, d’où il a été repoussé, le 30 juillet 1813. Il ne lui reste plus qu’à étirer son armée aux abords de la Bidasoa, le long de la frontière franco-espagnole. Mais Wellington prend l’offensive, traversant à marée basse l’estuaire de la Bidassoa dans la matinée du 7 octobre 1813 pour attaquer les d’Espagne est finie.
position françaises à revers par la rive droite du fleuve. Le 8 octobre, les Français, démoralisés, abandonnent leurs positions sur la Rhune et quittent définitivement le territoire espagnol pour se replier en France.

Déja 20 ans avant pendant la guerre de la Convention, la ville avait été détruite Cette guerre nouvelle acheva le désastre.Les habitants avaient fui, la ville n’était qu’un champ de ruinesPendant longtemps encore Hendaye n’exista plus.— Que sont devenus les habitants de ce lieu ? demandait unvoyageur, en 1820, à un vieillard d’Hendaye assis en guenilles sur quelques ruines.

— Les uns sont morts, dit le Labourdin, en se levant, quelques-uns ont émigré, la guerre a disséminé le plus grand nombre,les autres sont ensevelis dans le grand champ derrière l’église.

— Quel champ ? demanda l’interlocuteur.— Le Basque regarda fixement l’homme frivole qui ne l’avaitpas compris et, faisant du bras un geste solennel, il montral’Océan.

Dans un autre ordre d’idées, voici ce qu’écrivait, plus tard,en 1834, M. Lacour : “ Hendaye n’existe réellement que sur la carte ; elle n’offre que des décombres. Ses habitants sont dispersés, son industrie tuée. Je vois partout la dévastation, la solitude et le deuil. Quelques rares maisons s’élèvent à travers ses rues désertes et au-dessus  ces pans de murs cachés sous le lierre qui se plaît à les tenir embrassés, On croit se promener au milieu de catacombes. ” Et un peu plus loin, l’auteur ajoute : “ Pourquoi Hendaye, sous la protection de la grande famille à laquelle elle appartient, ne sortirait-elle pas de cet état de désordre, d’abandon et de stupeur dont elle offre la hideuse image ? ”

Il fut entendu.Déjà au loin on devinait , puis on entendait le bruit d’un sifflet de train C’était pour Hendaye le signal du renouveau.

__________________________

1813 Joseph Bonaparte repasse la Bidassoa le 28 avril.

1813 Wellington, duc de Ciudad Rodrigo, atteint la Bidassoa à Irun le 30 juin derrière les Français en retraite, tandis que le général Rey s’enferme à Saint-Sébastien. Renonçant à le débloquer par mer, le maréchal Soult, duc de Dalmatie, passe avec 18 000 hommes le 31 août de Biriatou et Béhobie à l’assaut de Saint-Martial et des 15 000 Espagnols du général Freyre.
 Il se retire après 5 charges devant lord Wellington qui prend, brûle et pille Saint-Sébastien le 8 septembre, ne laissant que 36 maisons debout sur 600.
Le 7 octobre Wellington passe la Bidassoa avec 100 000 Anglais, Espagnols et Portugais, et occupe la Croix des Bouquets et Biriatou, puis le sommet de la Rhune le 10.
Le capitaine corsaire Pellot, resté presque seul à Hendaye, obtient le retour des habitants fugitifs. Les 50 000 hommes de Soult sont refoulés d’Urrugne et de Sare le 10 novembre, et le quartier général anglais s’établit à Saint-Jean-de-Luz le 11.
Les troupes espagnoles repassent la Bidassoa pendant que les Anglais dépassent Bayonne en décembre.

Novembre. Napoléon traverse la Bidassoa avec 80.000 soldats, pour épauler militairement son frère le roi d’Espagne.

                                        —————–

La paix revient, troublée seulement par des actes de brigandages et de vols comme en connut toute la France, pendant les guerres de l’Empire; le calme persistera relatif jusqu’en 1808, époque à laquelle Urrugne se reprit à voir défiler troupes et matériel.

 

 _______________________________________________________________________________

ENTREVUE PELLOT – WELLINGTON  

Pour avoir été brèves, les opérations, qui eurent pour théâtre
Hendaye et ses abords, n’en furent pas moins dévastatrices. Aux
bombardements, qui accumulèrent des ruines sur celles de 1793,
s’ajoutèrent le pillage des maisons, que les familles avaient abandonnées.
Il ne restait plus que 50 habitants, dont le célèbre corsaire
Etienne Pellot. A lui nous devons un trait d’histoire, exemple
magnifique de son sens de l’honneur et qui met bien dans l’ambiance  du moment.
D’une famille originaire de Biriatou, Pellot était né à Hendaye
où, en 1812, à l’âge de 47 ans, il vint se retirer après avoir bataillé
en mer pendant 34 ans et le plus souvent contre les Anglais. Il en
fut, un moment, prisonnier, puis rendu à la liberté.
If Ce trait, rapporté par son biographe, J. Duvoisin, enlumine sa
rencontre avec Wellington sur le pas de la porte de sa maison de
Priorenia, où ce dialogue s’échange :
W. — « Où sont l’armée, la douane, la population ?
P. — L’armée s’est portée sur la ligne de Saint-Jean-de-Luz, la
douane a suivi son mouvement et la population a fui à votre
approche.
W. — Où est le capitaine Pellot ?
P. — II est devant vous.
W. — Ce n’est pas possible !
P. — L’habit ne fait pas le moine.
W. — Capitaine, je vous connais par votre réputation. Je vous
offre, au nom de l’Angleterre, une place honorable et lucrative dans
sa marine.
P. — Je n’ai qu’un Dieu, qu’une patrie et mon honneur que je
transmettrai intact à ma descendance. Je puis, sans blesser mon
honneur, vous offrir cette maison que votre nation a payée (sousentendu
: avec les prises qu’il avait faites aux Anglais à bord de
ses bateaux corsaires); établissez-y un hôpital; je me charge de
le défrayer en bois, luminaire et charpie. »
En fait, c’est le général anglais Hope qui s’installa à Priorenia !
Quelques jours plus tard, Wellington remit à Pellot un message
à l’adresse de ceux qui avaient déserté la ville ainsi que la campagne
d’alentour :
« Capitaine, la Grande-Bretagne ne fait pas la guerre aux peuples
de la France. Je vous autorise à dire aux habitants que leur vie et
leurs propriétés seront respectés et que, s’ils veulent rentrer dans
leurs foyers, ils y trouveront aide et protection. »
Cet engagement fut parfaitement honoré par les Anglais.
En 1815, Hendaye confiait au cousin de Pellot sa mairie, c’est-à-dire la charge de relever les ruines de la ville, charge qu’il n’abandonna
qu’en 1826.
 Longtemps, il demeura conseiller municipal et, après
une retraite bien méritée, ne connut l’ultime repos qu’à 91 ans.
Servir la France et sa petite patrie, ce brillant capitaine n’eut
d’autre pensée. Comme un rayon de soleil traversant les nuages,
sa vie est un trait de lumière qui éclaire la période la plus sombre
et tragique que connut Hendaye.

Au cours des dix années suivantes, la ville ne reprit que trèslentement un peu d’animation; les habitants de retour (ils n’étaientencore que 330 en 1820) travaillèrent courageusement à relever lesruines de leurs maisons.

Un détail est caractéristique de la pauvreté des cultivateurs dela commune en 1822 : les militaires n’y recensent que 4 paires de boeufs, 4 paires de vaches ainsi que 4 charrettes.Il était, en 1799,45 bêtes à cornes. Telle était la dimension d’un dommage de laguerre presque dix ans après !

Pendant les Cent Jours une armée espagnole fut formée à la frontière et envahit Saint-Jean-de-Luz ; mais trouvant les Français retranchés à Anglet et à Ustaritz et apprenant l’échec de l’Espagne dans le Roussillon, elle repassa la Bidassoa.

__


1813 Joseph Bonaparte repasse la Bidassoa le 28 avril.

Il se retire après 5 charges devant lord Wellington qui prend, brûle et pille Saint-Sébastien le 8 septembre, ne laissant que 36 maisons debout sur 600.

Le 7 octobre Wellington passe la Bidassoa avec 100 000 Anglais, Espagnols et Portugais, et occupe la Croix des Bouquets et Biriatou, puis le sommet de la Rhune le 10.

Le capitaine corsaire Pellot, resté presque seul à Hendaye, obtient le retour des habitants fugitifs. Les 50 000 hommes de Soult sont refoulés d’Urrugne et de Sare le 10 novembre, et le quartier général anglais s’établit à Saint-Jean-de-Luz le 11.

Les troupes espagnoles repassent la Bidassoa pendant que les Anglais dépassent Bayonne en décembre.A l’armistice Napoléon l’avoua à Sainte-Hélène : « cette malheureuse guerre d’Espagne a été une véritable plaie, la cause première des malheurs de la France .j’embarquai fort mal toute cette affaire, je le confesse ; l’immoralité dut se montrer par trop patente, l’injustice par trop cynique, et le tout demeure fort vilain, puisque j’ai succombé >>

260.000 soldats français avaient perdu la vie. les alliés probablement autant  –  Novembre. Napoléon traverse la Bidassoa avec 80.000 soldats, pour épauler militairement son frère le roi d’Espagne.

De 1808 à 1813, la Bidassoa est traversée par des centaines de milliers d’hommes, à pied et à cheval, qui transporteront autour de mille canons.

                                        —————–

En février et mars 1814  l’Empereur Napoléon défend ses possessions, contre toute l’Europe coalisée. Les Alliés finissent par arriver devant Paris tandis que Napoléon veut les arrêter à Saint Dizier Mais il arrive trop tard et doit se replier àFontainebleau.

Il charge son grand écuyer Caulincourt de négocier avec le tsar Alexandre 1er descendu chez Talleyrand, rue Saint-Florentin. Caulaincourt négocie une abdication en faveur du roi de Rome, fils de Napoléon, âgé de 3 ans. Le tsar n’y est pas opposé, mais apprenant la défection du maréchal Marmont, placé en avant-garde en Essonne, il impose l’abdication sans conditions de Napoléon, désormais à découvert, au Château de  Fontaibleau                      Pour ne pas laisser une guerre civile se développer, Napoléon abdique après avoir vainement essayé de rallier les maréchaux

_______________________________________________________________________

Le projet de reconstruction du Vieux Fort, après plusieurs atermoiements, avait été définitivement abandonné en 1820, sur avis du général Lamarque, qui considérait que cet ouvrage était incapable d’opposer le plus léger obstacle aux mouvements d’une armée ennemie.

Le premier étage du clocher, en bon état, servait de mairie et d’école. Il fut endommagé par la foudre en 1836. Les services municipaux se transportèrent alors à la maison Imatz et y demeurèrent jusqu’au jour où, en 1865, fut construite une nouvelle mairie La commune avait son territoire réduit à la surface occupée par le bourg et le bas quartier   L’église ne fut rendue au culte que vers 1807. Elle nécessitait des réparations urgentes qui ne purent être exécutées qu’en 1831, faute de ressources de la commune.En vue de les augmenter, celle-ci obtint du gouvernement la concession de l’herbe des terrains du vieux Fort,Pendant longtemps encore Hendaye n’exista plus.Déjà au loin on devinait , puis on entendait le bruit d’un  sifflet de trainC’était pour Hendaye le signal du renouveau.

 ****************************************

Les agrandissements

S’ils étaient avides d’accroître leur aire, c’est parce que les Hendayais pressentaient la fortune qui devait leur venir de la force d’attraction de la frontière, de la mer, ainsi que de la seule beauté du site.Pour garder les Joncaux ils avaient beau jeu de pouvoir se référer à la donation de Louis XIV, d’autant plus que celle-ci leur accordait également l’exclusivité du droit de passage de la Bidassoa en face de l’hôpital Saint-Jacques Pour le reste, ils arguaient simplement du peu d’intérêt qu’apparemment la municipalité d’Urrugne portait au secteur de leurs environs (chemins mal entretenus, etc.).Ils faisaient non moins valoir la peine qu’éprouvaient les gens du quartier de Subernoa pour se rendre à la mairie d’Urrugne, distante de 7 km, pour l’accomplissement des formalités et démarches auprès de leurs autorités officielles.D’un autre côté, il est compréhensible qu’Urrugne, conservant la nostalgie d’une souveraineté qui, jusqu’au XVIIe siècle, s’étendait de la Nivelle à la Bidassoa, ait cherché à épuiser, jusqu’à leur extrême limite, toutes les ressources, tous les recours possibles auprès de la Justice.Il est même naturel, et bien dans la manière paysanne, qu’après avoir perdu plusieurs procès et appels, la municipalité ait cherché un ultime refuge dans la force d’inertie, tardant, par exemple, au maximum, à accomplir les formalités administratives auxquelles la loi l’assujettissait !

1862Avant le jugement du tribunal d’arrondissement de Bayonne rendant à Hendaye les Joncaux retenus par Urrugne, et lui ajoutant tous les terrains d’alluvions jusqu’à la mer, la commune compte plus de 600 habitants. La cour d’appel départementale des Basses-Pyrénées confirme.

1865   Restitution des Joncaux au terme de plusieurs procès et même d’une pétition, qui fut directement adressée par les habitants à l’Empereur, Napoléon III, Hendaye arrachait à Urrugne 195 ha.

L’affaire commença en 1830 par une initiative du Service du Cadastre (Contributions Directes) qui, dans un but de simplification, et certainement aussi parce que considérant que ce bourg n’était plus que ruine, proposa que, de nouveau, Hendaye ainsi que les Joncaux soient rattachés à Urrugne.

A Urrugne comme à Hendaye l’unanimité se fit pour repousser cette velléité, du moins contre une fusion totale, Urrugne faisant remarquer que sa voisine constituait une paroisse distincte.

L’Administration n’insista pas sur ce point, mais, en dépit de la vigoureuse réaction des Hendaiars, elle persista à vouloir inscrire les terres des Joncaux dans le cadastre d’Urrugne.

Dès lors, l’Administration se heurta jusqu’en 1867 à onze municipalités, affirmant toutes successivement avec une égale ténacité leur volonté absolue, non seulement de sauvegarder la plénitude du territoire communal, mais, plus encore, d’obtenir son extension.

1867                         Partage 

« Pour des raisons géographiques, religieuses, de police et de citoyenneté », la superficie comprise entre une ligne verticale qui partait de l’actuelle église Ste. Anne de la plage et rejoignait le boulevard de l’Empereur, la rue d’Irandatz et celle du commerce actuelles à la Gare et de celle-ci au Joncaux longeant la Bidassoa, cesse d’appartenir à Urrugne et devient hendayaise.

1896  Partage Agrandissement : Irandatz et Zubernoa sont finalement transférés à Hendaye avec le château néo-gothique d’Abbadie, la limite d’Urrugne étant reportée derrière le ruis­seau Mentaberry, et les Hendayais passent à plus de 3 000, puis passent les 5 000 en 1930, avec l’essor de la plage, et les 8 000 maintenant.

Autre arrachement, qui, s’ajoutant aux terrains gagnés sur la mer, donne à la commune son importance actuelle, et peut-être définitive ?    

  L’étape finale vit naître son satellite, Hendaye-Plage.

Dernier et définitif agrandissement de la Commune de Hendaye; réclamé et obtenu par les mêmes raisons que celui de 1867 : il implique la perte par Urrugne des terrains de Subernoa et d’Irandatz.

A la veille du XXe siècle

Après les guerres de 1793 et de 1813, Hendaye mit de longues années à se relever de ses ruines.  Lors du passage de Wellington les habitants avaient fui, il ne restait plus que 50 personnes. En 1820 on ne comptait encore que 330 habitants.

La ville de Hendaye   redevint pour quelques années un quartier d’Urrugne. L’église ne fut rendue au culte que vers 1807. Elle nécessitait des réparations urgentes qui ne purent être exécutées qu’en 1831, faute de ressources de la commune.  En vue de les augmenter, celle-ci obtint du gouvernement la concession de l’herbe des terrains du Vieux Fort.

Au cours des dix années suivantes, la ville ne reprit que très lentement un peu d’animation; les habitants de retour (ils n’étaient encore que 330 en 1820)  travaillèrent courageusement à relever les ruines de leurs maisons.            Un détail est caractéristique de la pauvreté des cultivateurs de la commune en 1822 : les militaires n’y recensent que 4 paires de boeufs, 4 paires de vaches ainsi que 4 charrettes. Il était en 1799 de 45 bêtes à cornes.

Telle était la dimension d’un dommage de la guerre presque dix ans après !

**********************************************

LE RENOUVEAU

Symboles  de la Liberté , les Maires et leur Conseil Municipal  ont subi de nombreuses vicissitudes dans leur parcours en vue d’une plus grande autonomie.

Pour les cinq premier maires, les archives ayant été détruites par la guerre, nous ne savons rien pour le moment.

A partir de 1826  elles existeront à nouveau

_________

******************

  Les MAIRES

_____________________

Martin Bidart (1796-1797)       Premier Maire An 5 de la République – Directoire (2/9/1795 au 9/11/1799)

Etienne Lissardy (1797-1799)    Coup d’état du 18 brumaire 

Etienne Illaregui (1799-1800)     Consulat (11/11/1799 18/5/1804)

Etienne Pellot (1800-1801)

Martin Bidart (1801-1805

Etienne Pellot (1805-1826)      Premier Empire  100 jours 1815

Etienne Joseph Durruty (1826-1835)

Jean Baptiste Barrieu (1835-1842)

Etienne Joseph Durruty (1842-1847)

Martin Hiribarren 1847-1849)

Jean Henri Lalanne (1849-1850)

Jean Baptiste Ansoborlo (1850-1852)

Claude Deliot (1852-1853)

Henry Lalanne (1853-1855)

Joseph Lissardy (1855-1860)

Jacques Darrecombehere (1860-1864)

Martin Hiribarren (1864-1868)

Jean-Baptiste Dantin (1868-1871)

Antoine d’Abbadie 1871-1875)

Jean-Baptiste Dantin (1875-1876)

Antoine d’Abbadie 1871-1875)

Jean-Baptiste Dantin (1875-1876)

Jean-Baptiste Ansoborlo (1876-1888)

Auguste Vic (1888-1912)

Ferdinand Camino (1912-1919)

Jean Choubac (1919-1925)

Léon Lannepouquet (1925-1944)

André Hatchondo (1944-1947)

Philippe Labourdette (1947-1950)

Auguste Etchenausia (1950-1953)

Laurent Pardo (1953-1965)

Jean-Baptiste Errecart (1965-1981)

Raphaël Lassallette (1981-2001)

Kotte Ecenaro (2001-2008)

Jean-Baptiste Sallaberry (2008-2014)

Kotte Ecenaro (2014

________________________________________


________________

PREMIER MAIRE

An 5 de la république

An 5 de la République – Directoire (2/9/1795 au 9/11/1799)

Les agents municipaux (maires) sont élus au suffrage direct pour 2 ans et rééligibles, par les citoyens actifs de la commune, contribuables payant une contribution au moins égale à 3 journées de travail dans la commune. Sont éligibles ceux qui paient un impôt au moins équivalent à dix journées de travail.

Avec Thermidor (juillet 1794), la constitution instaurée le 22 août 1795 (5 fructidor), met en place les municipalités cantonales. Chaque commune élit dorénavant un agent municipal qui participe à l’administration de la municipalité cantonale. L’agent municipal passe sous l’autorité des « présidents des municipalités cantonales ».

image172

1803

Acte de mariage  de Jean SALLABERRY et Magdelaine DUHARTpar Martin BIDART, maire de Hendaye,en présence de :Jean DALBARADE (1743), 60 ans, ex ministre de la marine et amiral de la République  Etienne DURRUTY, 30 ans (futur maire, 1826 puis 1842)Etienne PELLOT (1758), 45 ans, navigateur (futur maire, 1815) deHendaye Joseph LABROUCHE (1769), 34 ans, négociant (né à Hendaye…et futur maire de Saint-Jean-de-Luz

 directoire

2/9/1795  au 9/11/1799

Les agents municipaux (maires) sont élus au suffrage direct pour 2 ans et rééligibles, par les citoyens actifs de la commune, contribuables payant une contribution au moins égale à 3 journées de travail dans la commune. Sont éligibles ceux qui paient un impôt au moins équivalent à dix journées de travail.

Avec Thermidor (juillet 1794), la constitution instaurée le 22 août 1795 (5 fructidor), met en place les municipalités cantonales. Chaque commune élit dorénavant un agent municipal qui participe à l’administration de la municipalité cantonale. L’agent municipal passe sous l’autorité des « présidents des municipalités cantonales ».

 

Coup d ‘état du 18 brumaire 9/11/1799

Consulat (11/11/1799 18/5/1804)

 

_______________

_______________

1erempire

___________________________________________________________

                      Premier Empire                             (Cent-Jours : 1er mars au  juin 1815)

En février et mars 1814 l’Empereur Napoléon défend ses possessions, contre toute l’Europe coalisée. Les Alliés finissent par arriver devant Paris tandis que Napoléon veut les arrêter à Saint Dizier Mais il arrive trop tard et doit se replier àFontainebleau.

Il charge son grand écuyer Caulincourt de négocier avec le tsar Alexandre 1er descendu chez Talleyrand, rue Saint-Florentin. Caulaincourt négocie une abdication en faveur du roi de Rome, fils de Napoléon, âgé de 3 ans. Le tsar n’y est pas opposé, mais apprenant la défection du maréchal Marmont, placé en avant-garde en Essonne, il impose l’abdication sans conditions de Napoléon, désormais à découvert, au Château de  Fontaibleau

Pour ne pas laisser une guerre civile se développer, Napoléon abdique après avoir vainement essayé de rallier les maréchaux.

restaur

La Restauration est une période de l’histoire de France comprise entre la chute du Premier Empire le 6 avril 1814 et la révolution des Trois Glorieuses du 29 juillet 1830. La Restauration consiste en un retour à la souveraineté monarchique, exercée dans le cadre d’une monarchie limitée par la Charte de 1814, sous les règnes de Louis XVIII et Charles X, frères de Louis XVI

Cette période est entrecoupée par les Cent-Jours du 20 mars au 22 juin 1815 pendant lesquels Napoléon reprit le pouvoir 

1815. Commence la reconstruction de Hendaye sous le mandat du maire Pellot cousin du corsaire. Le consensus antirévolutionnaire parcourt l’Europe après Waterloo.

1815   Ferdinand VII, roi d’Espagne, appuie Louis XVIII contre le retour en France de Napoléon 1er.

Le comte de Labisbal passe la Bidassoa le 27 août avec 15 000 Espagnols et se retire sans combats.

 1815. Une armée espagnole pénètre en France pour s’opposer à Napoléon.

URRUGNE  /  HENDAYE

Pendant des siècles les deux bourgades se sont, en tout ou partie, confondues; leurs habitants ont vécu, dans la même foi, la même vie de travail, à la terre ou à la mer; ils ont connu les mêmes événements. Longtemps, ils partagèrent la même histoire. A lire ces deux histoires complémentaires, on trouve, en outre, le grand intérêt d’une comparaison d’actualité entre des réactions très différentes face à ce qu’il est convenu d’appeler le progrès : Urrugne resté village basque, encore fidèle aux traditions, et Hendaye porté au rang de ville. Et l’on s’attarde à réfléchir, à savoir qui choisit le meilleur sort ? La réponse relève de la philosophie et non de l’histoire ! (F)

Hendaye

Remarquons la perpétuité, à travers plus de six siècles, du nom de Handaye, ainsi écrit dans ce document comme il l’est aujourd’hui, à une voyelle près. Il a résisté à la déformation en Andaye, qui fut assez fréquemment adoptée aux XVIIe et XVIIIe siècles par les géographes du roi ainsi que par des chroniqueurs et des militaires.

Autre remarque : dans ce manuscrit le « H » est aspiré (hôpital de Handaye); il l’est encore dans les textes officiels, et doit être ainsi dans les écrits, ainsi que dans la prononciation sous peine de commettre l’erreur qui choque surtout dans certaines publicités.

A ce propos, nous devons une réponse aux très nombreux curieux de l’étymologie du nom de leur ville, en basque Hendaia; ils ne sauraient exiger plus que des hypothèses, personne ne pouvant détenir la moindre certitude.

Les uns imaginent une explication dans handi-ibaia, grande rivière, les autres dans handi-aya, grande pente. Pour notre part, le jeu des contractions tellement usuel dans la langue basque nous amène à préférer handi-ibia, grand passage à gué, dans la même ligne que Behereco-ibia, Béobie, le gué d’en-bas et que Ondarrabia, vieux nom de Fontarabie, le gué dans le sable ! (F)

Hendaye compte, en 1806, 295 habitants.

La commune avait son territoire réduit à la surface occupée par le bourg et le bas quartier.

1820

Le projet de reconstruction du Vieux Fort, après plusieurs atermoiements, avait été définitivement abandonné en 1820, sur avis du général Lamarque, qui considérait que cet ouvrage était incapable d’opposer le plus léger obstacle aux mouvements d’une armée ennemie.

Le premier étage du clocher, en bon état, servait de mairie et d’école. Il fut endommagé par la foudre en 1836. Les services municipaux se transportèrent alors à la maison Imatz et y demeurèrent jusqu’au jour où, en 1865, fut construite une nouvelle mairie.

———————————————-

Les agrandissements successifs    

 

Hendaye a en 1806   295 habitants

___________________ 

1823 Louis XVIII appuie Ferdinand VII contre les Cortes.Le duc d’Angoulême est envoyé par le roi son oncle avec 70 000 hommes au-delà de la Bidassoa, en avril, et repasse le pont de l’Ile des Faisans en novembre 1824 

1823  Le pont de bateaux anglais est remplacé par un nouveau pont de bois à piles de pierre au passage de Béhobie, en 1823, et par le pont tout en pierre de 1856.

1823  En avril 1823, le Comte d’Artois, à la tête d’une armée levée pour secourir le Roi Ferdinand menacé par l’insurrection, entre à Irun aux acclamations de la population et occupe Fontarabie. Lorsque le 22 novembre, il revint en France, il franchit la rivière sur le pont de pierre et de bois qui venait d’être réparé et qu’il baptisa alors du nom de son fils, le Duc d’Angoulême

 1823 l’armée du Duc d’Angoulême traverse la Bidassoa pour aller en Espagne jusqu’à Cadix où il gagne la bataille du fort de Trocadéro «libérant » ainsi Ferdinand VII de la constitution qui lui a été « imposée » par la révolution libérale de 1820.

Lors de la première guerre carliste en Espagne durant les années 1833 à 1839  Hendaye reçoit quelques balles des soldats anglais qui aidaient l’armée libérale espagnole à déloger les carlistes de Fontarabie.

1826   En cette année, le maire, Etienne Pellot, est accablé par la perspective des travaux de reconstruction à entreprendre alors qu’il ne dispose que d’une seule recette, l’affermage de la jouissance des terres des Joncaux

 603 f par an, dont 500 f sont absorbés par les traitements du secrétaire de mairie (100 f), du maître d’école et du desservant  !

 Il n’est pas étonnant que dans de telles conditions l’administration et le partage de cet unique bien communal fassent l’objet d’un règlement très étudié et strict, dont un extrait résumé :

— Conformément à l’usage immémorial, tous les 8 ans, au mois de novembre, il sera procédé au renouvellement du partage en jouissance des terres Joncaux entre les habitants, chefs de famille, de cette commune classés en trois catégories :

ceux originaires ou alliés de la commune, c’est-à-dire y ayant des parents (ils sont 55 en 1835) ;

ceux propriétaires de maisons, ni originaires, ni alliés (ils sont 68 en 1835) •

les locataires ou métayers.

La répartition est faite au sort et par ordre de classe, le tirage commençant par le Grand Joncau et chaque ménage ne pouvant jamais avoir qu’un arpent (34 ares).

La jouissance est accordée moyennant :par an 9 f pour couvrir la dépense communale, 3 f par arpent.

Obligation de bonifier les terres au moyen, par arpent, de 4 gabarres de sable ou l’équivalent en engrais d’autre espèce et de vider les rigoles tous les deux ans.

Droit du maire à la jouissance gratuite d’un arpent, sans préjudice de son droit, à un second comme habitant de la commune. (Cette gratification, jugée illégale par le Préfet, lui fut retirée en 1857.)

Droit semblable accordé au garde-champêtre ainsi qu’au « mande- commun » ou valet de la mairie.

——————————————————————————-

Par la suite ce règlement ne subit d’autre modification que celle relative au mode d’attribution: bail à ferme en 1848, adjudication en 1857.

Si, dans ce chapitre, nous donnons la première place à ces terres, c’est non seulement parce qu’elles constituaient la seule ressource de la commune, mais aussi parce qu’elles furent à l’origine d’un litige, qui opposa Hendaye et Urrugne, pendant près de quarante ans, de 1830 à 1867.

En 1848,leur surface (26 hect. 55) était louée à 70 habitants

 En 1868, bien que d’autres ressources eussent apparu, cette location représentait 65 % des recettes communales

 Il est bien naturel dès lors que Hendaye se soit tellement acharné à la défense de ce bien et se soit peu inquiété de contredire le fabuliste affirmant que «c’est le fonds qui manque le moins !»

Un exposé de ce très long litige serait fastidieux, mais un résumé vaut d’en être fait parce que, d’une part, dans son issue favorable, Hendaye a trouvé le second stade de son expansion (et bien plus important que le premier en 1668), et que, d’autre part, il met en évidence la volonté de vivre et de grandir d’une commune jusqu’alors très pauvre.

1826  Reconsidérant la vie de la cité à notre point de départ, 1826, nous ne pouvons qu’admirer ses gestionnaires, leur art de tirer le meilleur parti de leurs maigres ressources du moment et rendre non moins hommage à l’énergie déployée par tous les habitants pour relever ces ruines dont le spectacle émut l’Impératrice encore en 1857, pour remettre en état les Joncaux, redresser les batardeaux, refaire les canaux, etc.

Combien ces ressources étaient faibles qui, outre la location des Joncaux, ne furent longtemps procurées que par l’adjudication (200 f par an) des herbes des glacis du Vieux-Fort ainsi que par la vente, fort rare d’ailleurs, de quelques petites parcelles de terrains vagues, quand une dépense exceptionnelle y contraignait !


 durruti

Hendaye à env. 350 habitants

1830  En 1830, Hendaye n’était encore qu’un bourg, une agglomération de 70 maisons environ, dont quelques-unes éparses dans la campagne proche. Sa surface n’était que de 33 ha 03 a 20, ainsi répartis :

  • labours, prés, jardins 22 ha 49 30
  • canaux, vagues 4 ha 71 40
  • bâtis 1 ha 13 90
  • routes, places, église, etc 4 ha 68 60

En 1867, au terme de plusieurs procès et même d’une pétition, qui fut directement adressée par les habitants à l’Empereur, Napoléon III, Hendaye arrachait à Urrugne 195 hectares.

L’affaire commença en 1830 par une initiative du Service du Cadastre (Contributions Directes) qui, dans un but de simplification, et certainement aussi parce que considérant que ce bourg n’était plus que ruine, proposa que, de nouveau, Hendaye ainsi que les Joncaux soient rattachés à Urrugne.

A Urrugne comme à Hendaye l’unanimité se fit pour repousser cette velléité, du moins contre une fusion totale, Urrugne faisant remarquer que sa voisine constituait une paroisse distincte. L’Administration n’insista pas sur ce point, mais, en dépit de la vigoureuse réaction des Hendaiars, elle persista à vouloir inscrire les terres des Joncaux dans le cadastre d’Urrugne.

Dès lors, l’Administration se heurta jusqu’en 1867 à onze municipalités, affirmant toutes successivement avec une égale ténacité leur volonté absolue, non seulement de sauvegarder la plénitude du territoire communal, mais, plus encore, d’obtenir son extension.

. En 1830, les dunes de la plage lui furent annexées. Mais elle avait perdu les Joncaux, rattachés sous la Révolution à Urrugne.  Cette île ne lui fut rendue que par la loi du 19 juin 1867.

 La superficie de la commune d’Hendaye passait ainsi à 228 hectares comprenant les maisons d’Otatx, Hinda, Ayzpurdi, Uristy. Larrun, Sascoénia, Ondaralxu et les dunes, et sa population de 617 à 918 habitants.

 Mais il subsistait deux anomalies : Hendaye restait séparée des Joncaux par une bande de terre d’un kilomètre de longueur qui suivait le cours de la Bidassoa depuis la pointe de Santiago jusqu’au pont de Béhobie.

 En outre, alors que le domaine d’Irandatz et le quartier de Zubernoa étaient à proximité du bourg d’Hendaye, ils dépendaient administrativement de celui-ci d’Urrugne, distant de plus de cinq kilomètres.

1830 Au moment de l’acquisition des dunes de mer, la commune d’Hendaye augmentée d’Ondarraïtz dépasse 300 habitants, avec un maire à la tête de son Conseil municipal.

 

1831 Plan de Hendaye ville dit plan Napoléon –seules les parcelles rouges sont construites.

___________________________________________.

Retour au SOMMAIRE    ou    SUITE           *********************     

_________________________________________