1856 traités de BAYONNE

.Les traités de Bayonne,

SUITE ET FIN

 DU TRAITE DES PYRENEES

Le Traité des Limites -ou de Bayonne- (1856) « à jours alternés ».

Il fait suite au fait suite au Traité des Pyrénées.
Les riverains des deux cotés ont les mêmes droits de navigation et de pêche qu’ils pratiqueront à jours alternés. Avec postériorité deux petits canons seront placés l’un dans le « puntal » de Fontarabie, l’autre dans la Station Navale de Hendaye pour signaler chaque jour, de février à la fin juillet, le tour de l’une ou l’autre rive, l’heure officielle étant l’heure de l’horloge de l’église du Juncal d’Irun.
Conclus le 2 décembre 1856 le 14 avril 1862 et le 26 mai 1866 entre la France et l’Espagne faisant suite au Traité des Pyrénées (signé le 7 novembre 1659) dont il précise certains points : il détermine plus précisément la frontière depuis l’embouchure de la Bidassoa jusqu’au point où confinent le département des Basses Pyrénénées l’Aragon et la Navarre ceci afin de remédier aux difficultés rencontrées depuis 200 ans !
« Napoléon III Empereur des Français, et Isabelle II reine des Espagnes, voulant consolider et maintenir la paix et la concorde entre les populations, voulant consolider la paix et la concorde entre les deux Etats habitant la partie de la frontière qui s’étend depuis le sommet d’d’Analarra où confinent les départements des Basses Pyrénées, de l’ Aragon et de la Navarre, jusqu’à l’embouchure de la Bidassoa, dans la rade du Figuier, et prévenir à jamais le retour des conflits regrettables qui, jusqu’à l’ouverture des présentes négociations, ont eu lieu à de différentes époques sur plusieurs points de cette frontière par suite de l’incertitude qui a régné jusqu’à présent au sujet de la propriété de quelques territoires et de la jouissance de certains privilèges que les frontaliers des deux pays revendiquaient comme leur appartenant exclusivement, et jugeant que, pour atteindre ce but, il était nécessaire de déterminer, d’une manière précise, les droits des populations frontalières, et en même temps les limites des deux Souverainetés, depuis l’extrémité orientale de la Navarre jusqu’à la rade du Figuier, dans un traité spécial, auquel devront se rattacher plus tard les arrangements à prendre sur le reste de la frontière depuis le sommet d’Analarra jusqu’à la Méditerranée »

En 1856, la Convention signée à Bayonne et confirmée en 1859, précise que

la frontière sera exactement fixée, non plus au milieu de la rivière, mais au milieu du chenal le plus profond;

les eaux seront franco-espagnoles;

une Commission Internationale des Pyrénées sera instituée ayant pour tâche de régler tous les litiges. La France y sera représentée par le Commandant de la Station Navale de la Bidassoa;

4° le droit de pêche n’appartient, en toute exclusivité, qu’aux riverains.

En 1886, autre Convention qui, sans modifier le fond de la précédente, apporte quelques précisions; il en fut de même en 1894, 1906, 1924, 1954.

Entre-temps, en 1873, la Marine Nationale reçut l’ordre d’établir à Hendaye même une station navale, annexée à celle de Saint-Jean- de-Luz et chargée de la liaison avec celle de la Marine Espagnole en place à Fontarabie.

Tandis que, de 1873 à 1886, à Saint-Jean-de-Luz veillait « Le Chamois », aviso de flottille à roues,

 à Hendaye était basé « Le Congre », chaloupe à voile, qui fut renforcé, en 1883, par « La Fournie », chaloupe à vapeur.

De 1886 à 1910, la canonnière « Le Javelot » remplace les précédents avec l’appui de la chaloupe à moteur « Le Nautile », amarrée à Socoa.

 (Nous retrouverons l’une et l’autre au cours d’un incident plus loin rapporté.)

Le mât du « Javelot » se dresse aujourd’hui sur le terre-plein de la Station; tous les jours, les couleurs y sont hissées. Il y est conservé en souvenir du lieutenant de vaisseau qui, à deux reprises, commanda la Station, Julien Viaud, en littérature Pierre Loti.

 

Ce dernier y arriva au mois de décembre 1891 alors qu’il venait d’être élu, et non encore reçu, à l’Académie Française, ce qui ne manqua pas de poser aux maîtresses de maison, dont il était l’hôte, un terrible problème d’étiquette ! A qui donner la première place?

 A l’académicien elle revenait de droit, mais alors c’était reléguer au second rang les officiers supérieurs, dont Loti n’était qu’un subalterne, ainsi que les autorités officielles, le Préfet lui-même !

Il quitta ce commandement au début de l’année 1893 et le recouvra de mai 1896 à fin 1897.

Au cours de cette brève période Pierre Loti fut reconquis par le charme du pays de « Ramuntcho » qu’un instant, suivant son propre aveu, il avait bien cessé de goûter.

 De Rochefort, sa ville natale, il écrivait, en effet, à un ami au mois de décembre 1895 :

« Autrefois, j’étais un admirateur passionné de ce petit recoin du monde; j’en ai bien rabattu, mais j’aime encore ces montagnes de Guipuscoa, derrière lesquelles j’ai vu, pendant trois ou quatre ans de ma vie, se coucher le soleil. Il est donc possible que l’été prochain je revienne par là… »

Il y revint si bien que Hendaye devint sa résidence d’été de prédilection et qu’il y voulut mourir

 

 

second empire

Le Second Empire est le système constitutionnel et politique instauré en France le 2 décembre 1852 lorsque Louis-Napoléon Bonaparte, le Président de la République française, devient « Napoléon III, Empereur des Français ». Ce régime politique succède à la Deuxième République et précède la Troisième République. 

   

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Hendaye à env .427 habitants

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1859  Par l’acte additionnel du 31 mars à Bayonne est mis en vigueur l’accord frontalier du châtelain d’Urtubie, et 2 autres délégués communaux français avec ceux de la rive et de la Marine espagnoles, qui définit la commu­nauté d’usage sur la base du statut le plus privilégié, celui de Fontarabie.
Sous réserve de mesures conservatoires des espèces, tous les riverains bénéficient exclusivement du droit de pêche, en particulier avec l’ancien privilège de la confrérie de San Pedro pour le rôle d’équipage des bateaux, et du libre prélèvement de sable et d’algues.
La station navale
De 1910 à 1914, la Station dispose de deux bâtiments : « Le Grondeur » et la chaloupe « Qui Vive », qui, après avoir rallié Brest et Rochefort, reprirent leurs places en 1915 et 1919.
De 1925 à 1949 : une série de chasseurs et de vedettes portuaires, qui ne sont plus désignés que par des numéros.
Depuis : une pinasse à moteur, « L’Artha II ».
La Station Navale est, avant tout, le poste de commandement d’un capitaine de frégate, qui partage avec le commandant de la Station de Fontarabie le pouvoir d’arbitrer tous les litiges d’ordre maritime, en vertu des Conventions franco-espagnoles.

1860

Hendaye compte environ 456 habitants.
1860 La première idée lui vint d’endiguer la Bidassoa; à la vérité, elle lui fut suggérée par une lettre du Préfet, l’invitant « à s’inspirer de la pensée du Souverain de rendre productif les communaux incultes », dont le spectacle dut impressionner l’Empereur au cours de ses séjours à Biarritz et de ses nombreuses excursions dans notre région.
Le Conseil municipal alors délibère : « considérant qu’il existe dans la commune un terrain de plus d’un km de long sur 300 m de large (30 hect.) baigné par les mers et qui serait d’une prodigieuse fertilité s’il était conquis à l’agriculture en endiguant le chenal de la Bidassoa, considérant que ledit terrain avait attiré l’attention de l’Impératrice lors de sa visite en 1857 en demandant pourquoi on n’avait pas essayé de le livrer à l’agriculture, les dispositions de ladite lettre impériale du 5 février 1860 fournissant les moyens de rendre ce sol productif, à défaut de ressources communales…, persuadé de l’immense avantage pécuniaire qu’en retirerait l’Etat et la commune, estime intéressant de faire étudier sérieusement cette question par MM. les Ingénieurs et la sollicitude de l’Administration ».
Ce projet ne tomba pas littéralement à l’eau ! Faute d’être subventionné, il reprit forme bien plus tard, avec la grande différence qu’il entra dans le cadre de l’urbanisme et non plus de l’agriculture.
Deux faits devaient lui imprimer cette nouvelle forme : ce furent, d’abord, la vocation, s’affermissant, de Hendaye station balnéaire, puis la création de la ligne de chemin de fer Paris-Irun avec une gare internationale à Hendaye.
Ce que nous appelons aujourd’hui la plage, son boulevard ainsi qu’une zone atteignant une profondeur de 300 m environ, tout cela constituait alors « les dunes », que l’Etat conseillait de couvrir de plantations; de ces dernières il ne reste plus que de-ci de-là quelques genêts.
Mais les Hendayais ne s’attardèrent pas dans cette orientation. Ils préférèrent —et l’avenir leur donna combien raison !— miser sur l’attraction de la mer et se préparer à recevoir les baigneurs, à l’exemple des autres plages de la Côte.
C’est à partir de 1854 que, sur la Côte, grandit l’affluence des baigneurs et des touristes, entraînés par l’exemple que leur offrirent l’Empereur et l’Impératrice.
Bien avant son mariage, alors qu’elle n’avait que 24 ans, Eugénie de Montijo était venue, en 1850, avec toute sa famille, séjourner, l’été, à Biarritz déjà centre d’attraction de la grande société espagnole.
Mariée en 1853, dès l’année suivante elle y revint régulièrement avec Napoléon III, même au cours de cette année.
Le pont du chemin de fer est construit sur l’ancien passage de Santiago en 1864.
La route provinciale d’Irun à Fontarabie, construite en 1865, est com­plétée par la route communale de Fontarabie à la Guadeloupe en 1885.
A Hendaye, le chemin de Belcénia à Ondarraïtz élargi en 1869 est repris en 1887 par le pont de Belcénia et le boulevard de la plage avec 600 mètres de digue de mer.
1862 Avant le jugement du tribunal d’arrondissement de Bayonne rendant à Hendaye les Joncaux retenus par Urrugne, et lui ajoutant tous les terrains d’alluvions jusqu’à la mer, la commune compte plus de 600 habitants. La cour d’appel départementale des Basses-Pyrénées confirme.
1863 Le premier train direction France-Irun arrive à Hendaye le 22 octobre 1863, et le premier train Madrid-Paris arrive à Hendaye le 15 août 1864.
1865 Restitution des Joncaux au terme de plusieurs procès et même d’une pétition, qui fut directement adressée par les habitants à l’Empereur, Napoléon III, Hendaye arrachait à Urrugne 195 ha.
L’affaire commença en 1830 par une initiative du Service du Cadastre (Contributions Directes) qui, dans un but de simplification, et certainement aussi parce que considérant que ce bourg n’était plus que ruine, proposa que, de nouveau, Hendaye ainsi que les Joncaux soient rattachés à Urrugne.
A Urrugne comme à Hendaye l’unanimité se fit pour repousser cette velléité, du moins contre une fusion totale, Urrugne faisant remarquer que sa voisine constituait une paroisse distincte.
L’Administration n’insista pas sur ce point, mais, en dépit de la vigoureuse réaction des Hendaiars, elle persista à vouloir inscrire les terres des Joncaux dans le cadastre d’Urrugne.
Dès lors, l’Administration se heurta jusqu’en 1867 à onze municipalités, affirmant toutes successivement avec une égale ténacité leur volonté absolue, non seulement de sauvegarder la plénitude du territoire communal, mais, plus encore, d’obtenir son extension.
1867

Partage Agrandissement :

« Pour des raisons géographiques, religieuses, de police et de citoyenneté », la superficie comprise entre une ligne verticale qui partait de l’actuelle église Ste. Anne de la plage et rejoignait le boulevard de l’Empereur, la rue d’Irandatz et celle du commerce actuelles à la Gare et de celle-ci au Joncaux longeant la Bidassoa, cesse d’appartenir à Urrugne et devient hendayaise.
1896
Partage Agrandissement : Irandatz et Zubernoa sont finalement transférés à Hendaye avec le château néo-gothique d’Abbadie, la limite d’Urrugne étant reportée derrière le ruis­seau Mentaberry, et les Hendayais passent à plus de 3 000, puis passent les 5 000 en 1930, avec l’essor de la plage, et les 8 000 maintenant.
Autre arrachement, qui, s’ajoutant aux terrains gagnés sur la mer, donne à la commune son importance actuelle, et peut-être définitive ?
L’étape finale vit naître son satellite, Hendaye-Plage.
Dernier et définitif agrandissement de la Commune de Hendaye; réclamé et obtenu par les mêmes raisons que celui de 1867 : il implique la perte par Urrugne des terrains de Subernoa et d’Irandatz.

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Hendaye compte environ 617 habitants.
L’une des causes de ce développement réside dans le prolongement jusqu’à Irun de la ligne de chemin de fer de Bordeaux à Bayonne, et l’ouverture de la gare internationale en 1864.
Dès lors surgit aux alentours de celle-ci un quartier qui ne cessa de s’étendre, rejoignant le bourg, tant le long de la voie ferrée que par Irandatz. De plus, les facilités ainsi créées pour le transport des marchandises donnèrent naissance à des industries nouvelles : fabrique de chocolat, conserves alimentaires, sans omettre de mentionner la liqueur d’Hendaye dont M. Paulin Barbier venait de reprendre l’exploitation. A ces activités locales, Hendaye ajouta plus tard, sous la direction de la famille Mauméjean, une fabrique de vitraux et de céramiques dont le renom artistique a franchi les limites de notre région jusqu’aux frontières de notre pays.

arrive hendaye plage

Une première tentation leur vint, en 1861, d’aliéner le terrain de la baie de Chingoudy; elle leur fut offerte par un spéculateur aussitôt repoussé comme tel 

. A ce dernier motif le Conseil municipal ajouta qu’il lui paraissait inopportun d’examiner une proposition quelconque, car « dans un avenir prochain, une concurrence s’établira évidemment pour l’acquisition de ce terrain et, alors seulement, il pourra y avoir des avantages réels pour la commune ». 

Pour cette raison plusieurs demandes d’acquisition de parcelles situées sur les dunes sont refusées de 1862 à 1867.

Une seule exception : en 1862, la vente de 12 ares, à 30 f l’are, « sur les dunes de la côte près la ruine de l’ancienne chapelle Sainte-Anne pour y bâtir une maison et un jardin d’agrément, au profit de Mr Didelin, professeur de dessin à Aire ». Ce maître en prospective autant qu’en perspective s’inscrit certainement en tête des bâtisseurs des villas en bordure de la plage !

 

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