1789 arbre de la liberté

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1789 

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Prise de la Bastille

l’ARBRE de la LIBERTE

Le premier arbre de la liberté

à l’angle de la Place de la République et de la rue du Port

il donnera lieu à plusieurs querelles et divisera les xuriak et les gorriak

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  La Révolution française est la période de l’histoire de France comprise entre l’ouverture des États généraux en 1789 et, le coup d’État du 18 brumaire (9-10 novembre 1799) de Napoléon Bonaparte. Il s’agit d’un moment crucial de l’histoire de France, puisqu’elle marque la fin de l’Ancien Régime, avec le passage à une monarchie constitutionnelle, puis à la Première République.

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Cela va concerner une fois de plus Hendaye et aboutira à sa destruction quasi totale

Quelques repères

La Monarchie absolue est abolie le 22 septembre 1792

 et est remplacée par La République.

Première République

1792  Le 22 septembre a été le jour 1 de la première République. Nous ne sommes plus en mil sept cent quatre vingt douze , mais en l’an I de la République Française.

Cette révolution suscite une grande inquiétude à l’étranger par les idées des lumières qu’elle diffuse, et l’Europe composée de royautés se sent menacée.

Une première coalition se dresse contre la France, que la victoire de Valmy maitrise le 21 juin 1791.

Louis XVI tente avec sa famille de rejoindre à l’étranger ses troupes fidèles afin de rétablir son autorité. Mais il est reconnu dans une auberge, arrêté à Varennes et ramené à Paris. Dès lors, les évènements se précipitent : le 11 décembre louis XVI est mis en accusation et son procés est ouvert; le 15 janvier il est déclaré coupable, le 17 condamné à mort et le 21 janvier guillotiné.

Les royautés de toute l’Europe, solidaires et affolées, réagissent; un roi de droit divin, cousin de toutes monarchies, est éxécuté.

Une coalition se forme     ;   Elle comprendra l’Autriche, la Grande Bretagne et l’Espagne.

La guerre de la Convention est déclarée.

Après l’exécution, Manuel Godoy, l’homme fort de l’Espagne, signe avec la Grande Bretagne son adhésion à la première coalition contre la France.

Bien que la République française se mobilise la première, et attaque l’Espagne le 7 mars à travers la frontière pyrénéenne, la guerre de la Convention contre l’Espagne ne figure pas dans les manuels français d’histoire. Les manuels espagnol lui donnent le nom de « Guerra contra la Convencion ».

Une lacune de l’histoire de notre pays difficile à nous satisfaire. Le mutisme de cet événement n’a fait qu’amplifier sa mémoire. On parle plutôt de guerre du Roussillon, alors que les combats ont eu lieu des deux côtés de la chaîne des Pyrénées.

Mais voyons les conséquences de la Révolution au Labourd.

En 1451, le Labourd s’était donné à la France, et il resta toujours attaché a ses rois, qui eurent la sagesse de reconnaître, continuer et renouveler les divers privilèges, dont notre province bénéficiait.

Ces privilèges comportaient l’exemption de nombreux impôts : aide, taille, gabelle, liberté de la pêche, de chasse.  Les droits féodaux n’existaient pas au Pays Basque où la noblesse était à peine figurée, et en nom seulement.  Les prestations n’existaient pas.    La plus grosse charge, qui pesait sur le pays, consistait dans l’entretien d’une milice de mille Basques pour la garde de la frontière.

François Ier en 1542, Henri II en 1554, François II en 1559, Charles IX en 1565 1568 et 1574, Henri III en 1575, et 1576, Henri IV en 1594 et 1598, Louis XIII en 1606 et 1617 Louis XIV en 1650, 1668, et 1683 confirmèrent tous ces privilèges par lettres patentes à ces dates, et toujours pour le même motif :

« récompense des services signalés, à la guerre, par mer et par terre et principalement à la garde de la frontière par leur régiment de mille hommes, pour leur pauvreté, l’infertilité de leur sol, pour les aider à vivre et les attacher à leur pays ».

Henri IV et Louis XIV furent particulièrement généreux, étendant l’exemption à toutes sortes d’impositions, tant ordinaires qu’extraordinaires, présentes et futures.   Il n’est pas étonnant que dans ces conditions la Révolution de 1789 ait été peu populaire au Labourd.

Dès les premiers évènements, la province adressa à Louis XVI le témoignage de sa fidélité. L’assemblée du baillage, siègeant à Ustaritz, où Urrugne était représenté par Dornaldéguy, protesta auprès de l’Assemblée Nationale contre toute modification de la forme administrative, contre l’union du Labourd au Béarn, dans un département, contre l’abolition des privilèges de la province, la création d’impôts, portés pour le Labourd, de 253 livres sous les rois à 60.000 livres, etc…

Mais cette protestation fut évidemment sans effet, aucune résistance ne fut possible, et chacun ne put que conserver dans son coeur le ressentiment que lui inspiraient des mesures si directement contraires à ses intérêts et surtout à sa foi, telles que la constitution civile du clergé, les proscriptions, les exécutions, la suppression du Bilçar, le cours forcé, les assignats, etc…

L’exécution de Louis XVI, l’invasion qui suivit, mirent un comble à la révolte des esprits. Il n’en faut que davantage admirer le patriotisme et l’héroïsme de nos compatriotes, qui, malgré cet état d’esprit se joignirent aux volontaires pour défendre leur commune contre l’envahisseur.

Les premières années de la Révolution furent sans doute assez calmes, comme dans tout le Labourd jusqu’au moment de la guerre de 1793. (f)

1793  Charles IV est roi en Espagne, la France en révolution.
Le général Ventura Caro avec 20 000 hommes passe à l’attaque sur toute la Bidassoa. Le 23 avril à midi, ses canons de Fontarabie à Saint-Martial ruinent la ville, l’église et le fort d’Hendaye.1793 …Malgré la réaction des chasseurs basques d’Harispe, futur maréchal, Ventura Caro passe la Bidassoa par Vera et après avoir surpris le camp de Sare et brûlé le château de Saint-Pée, le 1er mai, il prend à revers Urrugne, Biriatou et le haut Hendaye dont les ruines sont brûlées par des pillards le 31 mai. La Convention vote aux habitants un secours de 80 000 francs et envoie ses représentants en mission réorganiser les troupes françaises qui reprennent Urrugne avec la Croix des Bouquets en haut d’Hendaye, et disputent Biriatou.

1794  Le général Delaborde passe par Maïa sur la Bidassoa.

L’Armée Nationale française du général Castelner force Biriatou et la redoute Louis XIV, traverse la Bidassoa, et leurs 7.000 hommes réunis poussent jusqu’à Oyarzun le 1er août, pendant que La Tour d’Auvergne passe en barque avec les grenadiers de sa Colonne Infernale et surprend Fontarabie.                                                       Il occupe Fontarabie, démolit les remparts qui font face à Hendaye et creuse ceux restant pour les miner.                                               Le déclin de Fontarabie va s’approfondir, privée de fortifications et les changements stratégiques aidant (les perfectionnements de l’artillerie).

1794   Annexion temporaire de Hendaye détruit à Urrugne. Suppression du prieuré de Santiago et de sa paroisse, dont dépendait Biriatou d’où les habitants sont déportés 7 mois dans les Landes pour relations avec l’ennemi.

1795   Le XVIIIe siècle, malgré la collaboration franco-espagnole, se termine en disgrâce totale pour Hendaye : à la destruction de la ville et de ses archives, à la fuite de ses habitants, s’ajoute l’envasement du port de Belzenia.

La Révolution de 1789 semble avoir glissé sur le bourg de Hendaye sans la marquer du fer rouge des atrocités, dont furent victimes plusieurs communes peu éloignées.

La vie politique étant, ici et à cette époque, dominée par la religion, la plus grande exaction, dont souffrit la population, fut l’application, en 1792, de la loi sur la Constitution civile du clergé    .Dominique Galbarret, enfant de Hendaye, curé de la paroisse Saint-Vincent depuis 1768, refusa de prêter le serment imposé et, à l’exemple de son confrère d’Urrugne, s’exila.    Il choisit Fontarabie tout proche d’où, bon pasteur, il put continuer à veiller sur son troupeau, administrant les Sacrements à ses paroissiens, qui venaient clandestinement jusqu’à lui.     Il était, en cette année 1792, à Ciboure, un prêtre assermenté, Dithurbide, que les commissaires du peuple avaient espéré pouvoir y imposer comme curé. C’était, de leur part, bien mal connaître la population, qui rendit l’existence tellement intolérable à ce malheureux curé, qu’il dut demander son changement.      Il fut affecté à Hendaye, mais devant l’insuccès qu’il connut là encore, il n’y demeura guère plus d’un an. Quant aux autres conséquences des lois révolutionnaires, elles s’effacèrent dès 1791 devant les menaces de la guerre, puis devant la guerre elle-même.       Dès après la signature du Concordat par Pie VII et Bonaparte, le curé Dominique Galbarret put rentrer de son exil, en 1803, et se consacrer à la reconstruction de l’église. Il ne disposait d’autres ressources que celles que lui offraient ses paroissiens désargentés et, cependant, quatre ans plus tard, il eut la joie de l’ouvrir de nouveau au culte.    Comme vestiges du passé il ne put conserver —et il reste encore— que l’écusson des rois de France et de Navarre, dont la moitié fut martelée pendant la Révolution, sur le linteau de la porte Sud ainsi que la croix de pierre dressée à l’extérieur, près de cette porte; elle provient sans doute de l’ancien cimetière. (F)

Rapport du Comité de salut public sur les idiomes (8 Pluviôse An II : 27 janvier 1794) par Bertrand Barère de Vieuzac :

Vers une autre extrémité de la République est un peuple neuf, quoique antique, un peuple pasteur et navigateur, qui ne fut jamais ni esclave ni maître, que César ne put vaincre au milieu de sa course triomphante dans les Gaules, que l’Espagne ne put atteindre au milieu de ses révolutions, et que le despotisme de nos despotes ne put soumettre au joug des intendants : je veux parler du peuple basque.

Il occupe l’extrémité dés Pyrénées-Occidentales qui se jette dans l’Océan.

Une langue sonore et imagée est regardée comme le sceau de leur origine et l’héritage transmis par leurs ancêtres. Mais ils ont des prêtres, et les prêtres se servent de leur idiome pour les fanatiser; mais ils ignorent la langue française et la langue des lois de la République.   Il faut donc qu’ils l’apprennent, car, malgré la différence du langage et malgré leurs prêtres, ils sont dévoués à la République qu’ils ont déjà défendue avec valeur le long de la Bidassoa et sur nos escadres.

1797  Une armée française traverse la Bidassoa pour s’unir à une autre espagnole et attaquer le Portugal, allié de leur ennemi commun la Grande Bretagne.

Abolition du Biltzar du Labourd dans le cadre de la construction de l’état-nation. Simon Amespil maire-abbé de Hendaye sera le dernier représentant hendayais dans la dernière réunion de cette institution abolie en 1790 quand l’Assemblée Nationale approuve la division de la France en 83 départements, dont celui qui réunit le Labourd, La Basse Navarre et la Soule avec le Béarn.

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1789-1793

En novembre 1792, Carnot, par ordre de la Convention Nationale, fait mettre en état de défense les ports de Hendaye et de Socoa : « ces places doivent être fournies le plus tôt possible de munitions de bouche, telles que riz, viandes salées, etc… ».

Quant aux commissaires, dont Lamarque, ils ordonnent qu’à dater de ce jour, 20 octobre An 1 de la République, « il sera accordé une haute paye de 2 sols par jour aux soldats, chasseurs et cavaliers cantonnés à Hendaye, Sare et Urrugne sur les observations, qui nous ont été faites, de la cherté de la subsistance sur l’extrême frontière ».

Le 4 Frimaire An I (24 novembre 1792)

Le 4 Frimaire, la Convention, sur la proposition du Comité de Salut Public, décréta une allocation de 80.000 francs pour indemniser les citoyens hendayais. Suivant le rapporteur, les Espagnols font une guerre d’un nouveau genre : ils ont organisé des compagnies qu’ils appellent compagnies de voleurs; lorsque l’artillerie a bombardé une ville, ils lancent ces compagnies armées de torches, et celles-ci incendient, pillent et égorgent hommes, femmes et enfants. Il est avéré que l’armée espagnole, dans sa marche en avant, détruisait toutes les maisons pour ne pas gêner les opérations.

L’arrière-campagne de la commune, tous les points stratégiques, les sommets des collines de Subernoa sont garnis d’ouvrages et de tranchées.

21 janvier 1793 – Décapitation de Louis XVI

L’Europe est horrifiée à l’annonce de la décapitation de Louis XVI (21 janvier 1793). Son cousin, le roi d’Espagne, Charles IV, avait bien tenté de négocier l’exil du roi de France avec la Convention. Mais celle-ci, non contente de refuser cette issue favorable, déclare le 7 mars 1793, la guerre à l’Espagne qui relèvera le gant le 23 mars suivant

7 mars 1793

La situation se gâte singulièrement avec la déclaration de guerre de la Convention à l’Espagne, et la première attaque contre l’Espagne le 7 mars 1793 à travers la frontière catalane.

A ce moment, Hendaye était occupée par le 7ème Bataillon de la Gironde comprenant 300 hommes bien instruits, sous les ordres du commandant Labadie; ce poste dépend du camp de Hendaye, comprenant 1.300 hommes du 20ème régiment de ligne et 700 autres, du régiment Cantabre d’Infanterie légère; ils font partie de l’armée de 8.000 hommes commandée par le Général Duvergez -remplacé le 23 avril par le Général Reynié (Rénier)- qui s’appuie d’une part sur le fort de Hendaye, et de l’autre sur les redoutes du Camp Républicain et Louis XIV, au-dessus de Béhobie.

 

En face, l’armée espagnole, forte de 22.000 hommes sous les ordres du général Caro, était disposée le long de la Bidassoa, de San Martial à Fontarabie. Le premier objectif des Espagnols, afin d’occuper les hauteurs qui descendent de la Rhune sur Urrugne et Ciboure, était de détruire le Fort de Hendaye, répondant ainsi à une demande expresse des habitants de Fontarabie qui, depuis plus de trois siècles, supportaient mal et combattaient l’existence même de Hendaye sur la rive droite de Txingudi.

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23 avril 1793

Tenant à prendre l’offensive avant l’arrivée des renforts promis par la Convention, pour défendre Hendaye ainsi que le passage de la Bidassoa, le Général Servan avait installé deux points d’appui : l’un, «le camp républicain», sur la hauteur dominant la ville au Sud, l’autre, une redoute au sommet de la colline Louis-XIV, dominant Béhobie.   4 bataillons s’appuyaient sur ces deux ouvrages et, à droite, sur le fort de Hendaye.

De son côté, l’ennemi avait établi des batteries en nombre considérable sur la rive gauche de la Bidassoa de manière à battre le côté du fort opposé à celui qui était directement sous le feu de Fontarabie.

Soudainement, «une grêle de boulets, de bombes et d’obus assaillit à la fois le camp, le fort et la redoute Louis-XIV. Cette explosion jeta le désordre parmi les soldats français et leur consternation fut au comble en voyant les habitants d’Andaye fuyant éplorés avec leurs femmes et leurs enfants, et cherchant à éviter les terribles projectiles qui détruisaient leurs maisons».

Les combats furent très violents, surtout autour de la redoute Louis XIV, d’abord perdue, puis reprise. Au soir de la journée, chacun restait sur ses positions.

A midi, les Espagnols investissent le fort de Hendaye. Ses occupants, une compagnie de canonniers du régiment de la Gironde, s’enfuient, abandonnant à l’ennemi les munitions de guerre et de bouche qui s’y trouvent en grande quantité : plusieurs mortiers et 12 canons de bronze et de fer.

Les jours suivants, le bataillon des Pyrénées ou «Chasseurs Basques», et celui de la Gironde, contre-attaquent et repoussent les Espagnols au-delà de la frontière. Les jours d’après, les Espagnols reprennent l’offensive, forcent le camp de Sare, entrent dans Urrugne et occupent Saint-Jean-de-Luz.

Ce « combat du camp d’Hendaye », qui ouvrit la campagne est ainsi appelé dans un récit du temps auquel nous emprunterons les précisions et détails :

Le 23 avril, ils ouvrirent le feu avec une telle violence, tant de Fontarabie que des collines qui, de la rive gauche, dominaient le fort, qu’au bout de peu de temps, le fort, l’église et la ville n’étaient plus qu’un monceau de ruines. A midi, les Espagnols s’emparaient du fort démantelé et à bout de munitions, tandis que la Redoute Louis XIV était prise à revers.

Les Espagnols s’avancèrent jusqu’à Olette, mais ils y trouvèrent retranché le bataillon des Pyrénées ou chasseurs basques qui les battit et les repoussa au-delà de la frontière, mettant le siège devant Fontarabie qui se rendit aussitôt et fut incendiée le 25 avril 1793.

Sans que rien fit pressentir une attaque, un feu subit s’ouvre de Fontarabie sur Hendaye, alors que les habitants, sans méfiance, étaient plongés dans le sommeil; la plupart d’entr’eux sont écrasés sous les décombres des maisons qui s’écroulent enflammées sous l’effet des bombes qui pleuvent sur la ville, « une grêle de boulets, et d’obus assaillit à la fois le camp, le fort et la redoute Louis-XIV.    Cette explosion jeta le désordre parmi les Français et leur consternation fut au comble en voyant les habitants d’Andaye fuyant éplorés avec leurs femmes et leurs enfants, et cherchant à éviter les terribles projectiles qui détruisaient les maisons » et pour achever sa ruine, profitant du désordre inévitable qu’avait produit cette attaque inopinée, les Espagnols traversent la rivière et, par le moyen de torches, mettent le feu aux maisons que le bombardement n’avait pas atteintes.

A la nouvelle de cet événement, Reinier accourut avec ses troupes. L’ennemi à son tour, est refoulé sur l’autre rive, l’épée aux reins, par les Français qui se livrèrent, sur le sol espagnol, à des représailles. (N)

2 mai 1793    Pourtant, tirant profit de l’incurie du général Servan qui, sous le prétexte de réorganiser ses troupes, avait ordonné l’évacuation d’Hendaye, les Espagnols reprirent l’offensive et, le 2 mai, entraient à Saint-Jean-de-Luz.

Le 31 mai

Un détachement espagnol, venu de Béhobie, occupe Hendaye qu’il achève d’anéantir en y mettant le feu. C’est que les Espagnols font une guerre nouvelle, une guerre «sale». Leurs «compagnies de voleurs», armées de torches et d’armes blanches, sont organisées pour s’engouffrer dans les villes bombardées; pour piller, incendier, violer et égorger les hommes, les femmes et les enfants.

Les habitants s’étaient enfuis et beaucoup périrent de misère; plusieurs furent rattrapés et emmenés en Espagne par les troupes. Ceux qui revinrent se virent contraints de prêter serment de fidélité au roi d’Espagne.

Le 22 juin

Le Général SERVAN, ayant repoussé l’ennemi jusqu’à la Bidassoa, le déloge de la redoute Louis XIV, de Biriatou et des collines boisées qui surplombent Hendaye, l’obligeant à repasser en désordre la Bidassoa.

Le général, écrivant à la Convention la relation de cette opération, indique alors :

«On ne saurait trop se louer du zèle, des services et de la bravoure des citoyens LARROUY et DALBARRADE, l’un et l’autre de Andaye; ils avaient bien voulu s’offrir pour servir de guide aux colonnes de droite et de gauche, et ils combattirent avec une grande valeur».

A la suite de cette action, un détachement de 50 légionnaires des Montagnes et de 10 dragons, s’avancent jusqu’à Hendaye provoquant une ultime et bien inutile canonnade de Fontarabie sur Hendaye.

Les deux armées, aussi mal organisées et équipées l’une que l’autre, les Espagnols ayant toutefois la supériorité du nombre et de l’artillerie, se tiennent durant plusieurs mois en respect.

En août 1793

Les Français désormais commandés par le Général Labourdonnay, remplaçant Servan destitué, attaquent plusieurs fois sans succès. Ils reculent même jusqu’à Urrugne, puis jusqu’à Sare et Saint-Pée. Le mois suivant, ayant renforcé leur droite, ils obligent l’ennemi à repasser la Bidassoa et occupent les collines descendant de la Croix des Bouquets jusqu’à la mer. Ce camp, qui s’étend sur les côteaux dominant Hendaye et les lignes espagnoles, jusqu’à la chapelle Sainte-Anne, est appelé alors le « Camp des Sans-Culottes » que les Espagnols préfèrent identifier comme la «nouvelle Hendaye».

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EN GUIPUZKOA, EN NAVARRE ET EN BISCAYE.

CAMPAGNE DE 1793

En 1794

Une nouvelle attaque française contre la Croix des Bouquets réussit à bousculer les Espagnols, commandés par le Général Caro en personne, qui, une fois de plus, se replient au-delà de la Bidassoa. A la suite de cette dernière déconvenue, le Général Caro est destitué. Il est remplacé par le Comte de Colomera, un vieillard sans véritable expérience militaire.

La situation change d’aspect lorsque le Général Muller, épaulé à sa gauche par le général Moncey, disposant de troupes désormais mieux préparées et profitant de l’organisation défectueuse du front espagnol, engage le 25 juillet 1794, une opération d’envergure qui permet aux troupes françaises de franchir la Bidassoa, de devenir maîtres de la vallée du Bastan, de Vera, de Lesaca et, en contournant par le Sud-Ouest les Trois-Couronnes, de prendre à revers San Marcial pour finalement s’emparer d’Irun.

Le «combat du camp des Sans-Culottes», sur ce point clé de notre système défensif :

«Au premier temps, une très vive canonnade, partie de la Croix-des-Bouquets, créa la confusion dans le camp, puis une héroïque résistance s’affirma et «après 8 heures de combat les Espagnols écrasés pliaient de toutes parts, les Français avaient repris leurs positions et s’y maintenaient».

Enfin, ce fut la victoire, qui chemina les 23 juin et 31 juillet à travers les montagnes d’Urrugne sur l’aile gauche, par la Croix des Bouquets, Ibardin et au-delà; elle porta nos drapeaux à Saint-Martial, Irun, Fontarabie, la Haya, Saint-Sébastien (le 7 août) et Tolosa.

Les combats de Biscaye nous livrent Vitoria et Bilbao; ils s’arrêtent avec le traité de Bâle signé le 22 juillet. (Il intéressera les fervents de l’onomastique de noter que dans ce traité le Jaizquibel est dit «Harisguibel» — au revers pierreux, rocailleux).

Le 1er août

Le représentant du peuple Garran et le capitaine Lamarque avec 300 hommes, prirent par surprise Fontarabie défendue par une garnison de 800 hommes, en bloquant cette place forte, par mer, à l’aide d’une flotte improvisée, et en menaçant de passer la garnison par les armes. 2000 prisonniers, 200 canons, 10000 fusils, 30 chaloupes de pêche, une canonnière, furent le butin de cette prise.

La prise de Fontarabie mérite d’être rapportée, car elle fut d’une rare rapidité.

Le 31 juillet, Lamarque, capitaine de gre­nadiers, à la tête d’une petite troupe, se présenta devant la place. Après un échange de quelques coups de feu et l’occupation d’un mamelon proche, il fit à l’ennemi une sommation ne lui accordant que six minutes pour se rendre.

Le Conseil de Guerre, responsable de la défense, dut être terriblement affolé, car il y consentit aussitôt et constata seulement alors que 300 grena­diers avaient eu raison de 800 Espagnols soutenus par 50 bouches à feu.

Lamarque fut promu au grade d’adjudant-général, il le méritait bien.

La Convention rendit un décret portant que l’Armée des Pyrénées Occidentales avait bien mérité de la Patrie.

A leur tour, San Sébastian, Tolosa, Ondarroa et Vitoria tombaient sous les coups portés par Moncey.

Le 15 septembre 1794

Il est décidé de détruire les murailles de Fontarabie au motif que :

«Ce sera une faible expiation des horreurs commises par les Espagnols fugitifs et vaincus sur notre territoire et surtout à Hendaye, qui n’est qu’un monceau de ruines».

L’ouvrage est colossal. La destruction dure près d’un an et ne s’arrête qu’à la faveur du traité de Bâle en 1795.

Totalement dépouillée ou presque, notre fière et ombrageuse voisine perd définitivement toute sa superbe et se trouve réduite à n’être désormais qu’un mélancolique lieu touristique en Pays Basque.

Mars 1795, l’attaque française

Moncey, nommé commandant en chef en remplacement du général Muller, après un temps d’arrêt imposé par la mauvaise saison reprit, en mars 1795, son offensive en Biscaye.

En juillet, il obligea les Espagnols à battre en retraite et à évacuer Bilbao et l’Alava. Il se disposait à investir Pampelune, lorsqu’il reçut, à San Sébastian, la visite du marquis d’Iranda, Simon d’Aragorry, qui, émigré de France, avait laissé à Hendaye un domaine placé sous séquestre dont il désirait récupérer la possession. C’était là le but avoué de sa démarche. Mais il était porteur d’une lettre du roi d’Espagne qui demandait la paix.

Cette conquête relativemant facile, cette « occupation »compréhensive », méritent une explication. Ce passage des troupes de la révolution souleva un intérêt non dissimulé.

Cette guerre des Pyrénées a été occultée, contrairement à la guerre du Roussillon.

Eugène Goyheneche écrit :

« Le centralisme jacobin, le fanatisme politique et religieux des révolutionnaires sont responsables de l’avortement d’un projet qui peut-être eût changé le cours de l’histoire« .

 

Au début de la révolution le Capitaine Général de Guipúzcoa fait savoir au ministre Floridablanca que les femmes, trafiquantes de comestibles qui faisaient l’aller-retour deux fois par semaine au marchés de Saint Jean de Luz, et de Hendaye, facilitaient la contagion des idées révolutionnaires en Espagne; c’est vrai qu’il va y avoir beaucoup de francisés dans le Guipúzcoa et dans toutes les provinces basques.

1795

Voyant que l’Espagne ne gagnait rien de la guerre, et que la France était plus forte que ce qu’elle semblait, Manuel Godoy signe de façon séparée la paix de Bâle (1795).

En échange de l’arrêt des hostilités, l’Espagne reconnaît la République française, et cède à la France la partie espagnole de l’île d’Hispaniola. Les relations commerciales sont normalisées.

Pour la signature de ce traité Manuel Godoy reçut le titre de «Prince de la Paix» (Príncipe de la Paz).

Simon d’Aragorry, Hendayais qui déploie ses affaires en France et en Espagne, et a été fait Marquis d’Iranda par Charles III d’Espagne, s’entremet à Saint-Sébastien pour obtenir la paix.

A partir d’août le général Moncey ramène en France ses troupes de Bilbao.

Les deux pays concluent le Traité de Bâle, qui ouvre jusqu’en 1808 une alliance entre la France et l’Espagne face à la Grande Bretagne.

22 juillet 1795 – Le traité de Bâle

Le traité de Bâle est signé; la paix est revenue et … c’est un Hendayais qui en fut le premier émissaire   !!!

Si la paix est revenue, les dommages sont énormes. Hendaye est anéanti : un bon nombre de ses habitants sont morts –on ignore exactement combien– mais tous les autres, blessés ou saufs, se sont enfuis; le prieuré de Santiago est entièrement détruit, l’église est ruinée, presque toutes les maisons du bourg sont réduites en cendres. Le fort, la seule défense, la seule garantie de la liberté de circulation, de commerce et de pêche des Hendayais, est rasé.

Après ces batailles, Hendaye restait pantelant, palpitant encore après la mort. Presque toutes les maisons avaient été détruites par les projectiles ou par les incendies.

De l’église ainsi que du fort il n’y avait plus que des ruines, dont la destruction fut parachevée par deux compagnies envoyées à cet effet par les garnisons d’Irun et d’Oyarzun.

Quant aux habitants, les familles avaient fui, tandis que les hommes avaient été contraints, dès avril 1793, de s’engager dans la Légion des Montagnes, celle des miquelets, créée pour l’enrôlement des Basques français et espagnols : elle formait un bataillon avec six compagnies.

Bref, la ruine était totale. La commune avait elle-même disparu en mars 1793 en tant qu’entité administrative, son territoire ayant été de nouveau rattaché à Urrugne. Elle recouvra vite son autonomie, à la fin de 1796 dans le cadre du canton dont Urrugne demeura le chef-lieu jusqu’en 1802.

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Le port de Caneta n’est plus qu’une ruine

1796    La paix revient, troublée seulement par des actes de brigandage et de vols comme en connut toute la France, pendant les guerres de l’Empire; le calme persistera relatif jusqu’en 1808, époque à laquelle Urrugne se reprit à voir défiler troupes et matériel.

    fin         XVIIIème siècle

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