17 eme AGE d’OR de la COURSE suhigaraychipi, Corsaires

Les Corsaires

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Le 16 eme  siècle de notre histoire est dominé par les conflits qui affrontent l’Espagne à la France et à l’Angleterre pour des motifs politiques et religieux : les guerres et les paix successives amorcées par les rois Charles V et Philippe II entre les deux royaumes sont fréquentes, et auront parfois la mer comme cadre.   Les corsaires basques ne seront donc pas étrangers à ces fluctuations : ils y prendront plutôt une part active, soit grâce à leurs lettres de marque, soit en agissant pour leur propre compte.      En règle générale, nous pouvons considérer le XVIème siècle comme le premier siècle où les corsaires basques commencèrent à agir sous une réglementation bien définie.                                                                                    Les corsaires du Labourd furent les plus importants de tout le Pays Basque; ils opéraient dans toutes les eaux, avec ou sans permission, et ils arrivèrent même à s’immiscer dans le domaine de la piraterie. Les corsaires basco-français les plus renommés de ce siècle furent Duconte, Harismendi et Dolabarantz.

On signa donc un accord à Hendaye en 1536 entre les deux parties voisines, qui instaurait une clause très pragmatique selon laquelle les deux parties s’engageaient à ce que, si leurs rois respectifs se déclaraient la guerre, ceux d’entre eux qui recevraient les premiers l’ordre de guerre ou les lettres de marque devraient en aviser rapidement l’autre partie sur ce qu’ils allaient faire.

corsaire

En attendant voici raconté par Gipuzkoakultura un résumé du climat de l’époque et de l’épopée de Suhigaraychipi.                                  En revenant au temps qui nous occupe, pendant les premières années du XVI ème siècle, la France utilisait déjà les lettres de marque comme arme de premier ordre dans sa rivalité contre l’Espagne.     Les corsaires et les pirates de La Rochelle se font connaître parmi les marins basques au cours de ce siècle, ce qui n’est que le prélude de la renommée qu’ils atteindraient au siècle suivant.    C’est ainsi que le capitaine Martin de Iribas dut attaquer le fameux corsaire de La Rochelle, Jean Florin, qui s’était emparé du trésor qu’Hernan Cortés faisait transporter du Mexique en Espagne, en faisant prisonniers ses hommes qu’il emmena ensuite à Cadix.Les corsaires basques débutent en 1528, lorsque la Couronne espagnole déclara la guerre à la France et à l’Angleterre, et pressa le Gipuzkoa d’armer ses navires corsaires le plus vite possible.                                                                  Par suite de cette guerre, les corsaires français et anglais arrivèrent même à intercepter le commerce et la navigation de l’estuaire de Bilbao, comme par exemple en 1536, lorsque les consuls de Bilbao envoyèrent une lettre au magistrat de Bruges pour demander quelques pièces d’artillerie afin de se défendre contre les corsaires français.                                               Les corsaires du Labourd furent les plus importants de tout le Pays Basque; ils opéraient dans toutes les eaux, avec ou sans permission, et ils arrivèrent même à s’immiscer dans le domaine de la piraterie.       Les corsaires basco-français les plus renommés de ce siècle furent Duconte, Harismendi et Dolabarantz.  

             Puis les hommes du Gipuzkoa s’armèrent et s’emparèrent d’un nombre si élevé de vaisseaux français que ceux du Labourd demandèrent le renouement des anciennes relations d’amitié.                                                                                         Gipuzkoakultua

On signa donc un accord à Hendaye en 1536 entre les deux parties voisines, qui instaurait une clause très pragmatique selon laquelle les deux parties s’engageaient à ce que, si leurs rois respectifs se déclaraient la guerre, ceux d’entre eux qui recevraient les premiers l’ordre de guerre ou les lettres de marque devraient en aviser rapidement l’autre partie sur ce qu’ils allaient faire.                        Au cours de ces guerres contre l’Espagne, la France s’allia aux Turcs qui avaient consolidé à ce moment-là un grand empire, qui jouissaient d’un grand prestige et qui étaient avides d’expansion.                                                   Cette alliance eut ses effets dans le contrôle du trafic commercial et dans la suprématie navale en Méditerranée. L’un des chefs des pirates turcs était Barberousse, qui grâce à son alliance avec la France, attaqua les côtes espagnoles en 1530. Les Turcs capturèrent des hommes du Gipuzkoa, comme un marin de Deba qu’il fallut racheter en 1533 de l’emprise de Barberousse, ce à quoi contribua sa ville natale en apportant la somme nécessaire.         Cet accord de respect mutuel signé entre voisins allait se rompre quelques années plus tard, en 1553, lorsque Philippe II qui n’était pas encore roi recommanda aux armateurs de Saint Sébastien de partir à la poursuite des navires corsaires du Labourd qui rentraient chez eux après avoir pillé aux Antilles. Cependant, sous le couvert de cette permission, les armateurs continuèrent d’attaquer les nefs françaises, ce qui fait que celles qui transportaient des vivres à la province du Gipuzkoa cessèrent de le faire à cause de ces attaques.

La piraterie et les corsaires basco-français

Au cours de la seconde moitié du siècle, les corsaires basco-français se font remarquer pour les faits suivants.                                        En premier lieu, pendant ces années-là, la piraterie basco-française est établie sur une base systématique et bien ferme; grâce à toute une série de normes rigoureuses. A partir de ce moment-là également, la passivité des juges sera évidente.                                 En second lieu, les Français ne jouent pas franc-jeu avec les corsaires du Gipuzkoa, après la signature de la paix entre les deux royaumes.                                                                                         En ce sens, il faudrait citer les corsaires de Saint Jean de Luz et de Ciboure, qui vers 1560 commencèrent à déranger les navires du Gipuzkoa dans les ports de Terre-Neuve, en les expulsant sans leur permettre de pêcher; dès 1559, un écrivain disait des habitants de Saint Jean de Luz qu’ils étaient toujours bien considérés par les rois de France, parce que « ses habitants sont très belliqueux en mer« . Comme exemple, le pirate et marchand marin Saubat de Gaston, de Biarritz, qui en 1575 aborda en haute mer des navires et les dévalisa ensuite à l’embouchure de l’Adour; et deux autres pirates, le capitaine Bardin aidé par un certain Motxi, qui firent honneur à leur condition de pirates en saccageant les sujets de leur propre roi.     L’impassibilité de l’Amirauté française devant de tels faits fit intervenir le roi de France, qui ordonna que ces permissions fussent accordées sur paiement d’une caution, et que les différends sur les captures fussent réglés devant l’Amirauté. .                     L’un de ces corsaires français qui attaquaient nos côtes était l’Hendayais Joanes de Suhigaraychipi, plus connu comme « Le Coursic » (le petit corsaire), qui fut corsaire du roi et gagna des titres de noblesse pour ses exploits et les services rendus.             Sa frégate, la « Légère« , avait l’autorisation d’exercer comme corsaire contre les Espagnols et aussi contre les Hollandais.             Son succès fut si grand que le gouverneur de Bayonne en personne finança la moitié de l’armement de sa frégate, qui était munie de vingt-quatre canons. L’opération s’avéra tellement fructueuse qu’il captura cent navires en moins de six ans. Avec le support de gens de la noblesse, sa frégate, qui était ancrée au port de Sokoa, devint bientôt la terreur des Anglais et des Hollandais.                                                               L’une de ses plus grandes prouesses eut lieu en 1692 dans nos eaux, juste en face de la baie de Saint Sébastien.    A la hauteur du port de San Antonio, en Biscaye, il découvrit deux vaisseaux hollandais qui se dirigeaient vers notre ville; il les atteignit en deux jours. Il s’approcha du premier, qui avait cinq-cents tonnes, trente-six canons et cent marins, et l’attaqua avec une première décharge. Il l’aborda deux fois malgré la différence entre les deux bateaux et, blessé, dut battre en retraite à cause du feu ennemi.                             Cela ne l’empêcha pas de continuer à haranguer ses marins basco-français. Ce furent cinq heures de combats sanglants, à tel point que seuls survécurent dix-huit marins hollandais. Le second vaisseau hollandais sombra aussi. Mais il n’y eut que cinq Basques morts sur le lieu de la tragédie.    Quelques jours plus tard, « le Coursic » reprit la mer. A peine était-il entré à l’embouchure de l’Adour qu’une corvette anglaise équipée de cent vingt hommes et soixante-quatre canons se lança contre lui. L’Hendayais l’attaqua sans lui laisser à peine le temps de résister.     Le combat commença à huit heures du matin et finit à trois heures de l’après-midi par la victoire du capitaine de « La Légère » et la capture de l’Anglais.                                   Cette victoire, célébrée par le public entassé sur les deux rives de l’estuaire fut si retentissante que cela l’encouragea à donner des cours aux marins afin d’équiper d’autres nefs corsaires, pour les avoir tous sous son contrôle et pour aller à la recherche de la nouvelle flotte espagnole qui se disposait à prendre la mer.         Dans le Golfe de Gascogne, il s’empara de quelques bateaux hollandais.Et en dehors de nos eaux, il faudrait mentionner son expédition à Spitzbergen, au Nord de l’Europe, contre les Hollandais, d’où il rentra chargé de baleines.                                  En six ans il captura à lui seul cent voiliers marchands, et en huit mois, avec le support des frégates du Roi, cent vingt-cinq.                 Il remplit le port de Saint Jean de Luz de ses butins à tel point que le gouverneur de Bayonne écrivait à Louis XIV :

« Il est possible de traverser depuis la maison où votre Majesté aviez logé jusqu’à Ciboure sur un pont fait avec les navires pillés et attachés les uns aux autres« .

A sa prodigieuse audace, il ajoutait une loyauté digne d’un gentilhomme. Tout manquement à la parole donnée et toute trahison étaient impitoyablement châtiés.                                                       Après plusieurs années il s’occupa à protéger contre les Anglais les retours des Basco-français et des Bretons de Terre-Neuve, où il mourut en 1694. Une inscription figure sur sa tombe :        « Capitaine de frégate du Roi », le même qui l’autorisa à dévaliser plus de cent navires marchands.

A partir de 1688, les frégates légères françaises, anciens baleiniers qui avaient été armés pour l’occasion, semaient la terreur sur les côtes de l’Atlantique. Ces frégates se firent surtout remarquer lors des combats entre Louis XIV, roi de France, et les alliés européens de la Ligue d’Augsbourg, parmi lesquels se trouvait l’Espagne, et reprirent de plus belle. Quelques-unes de ces frégates se livrèrent aux pillages corsaires sur les côtes basques  d’Espagne
En 1691, le Consulat de Bilbao fréta deux frégates pour surveiller leur zone, et arrivèrent ainsi à mettre en déroute une flotte entière de corsaires français. Les basques d’Espagne, afin d’assurer la sécurité de ses côtes, firent construire en 1690 une frégate, qui profita de ses lettres de marque pour s’emparer de plusieurs redoutables vaisseaux marchands, et en huit mois, avec le support des frégates du Roi,  . A sa prodigieuse audace, il ajoutait une loyauté digne d’un gentilhomme. Tout manquement à la parole donnée et toute trahison étaient impitoyablement châtiés.
Après plusieurs années il s’occupa à protéger contre les Anglais les retours des Basco-français et des Bretons de Terreneuve, où il mourut en 1694. Une inscription figure sur sa tombe: « Capitaine de frégate du Roi », le même qui l’autorisa à dévaliser plus de cent navires marchands.

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Croisic était il Bayonnais ou Hendayais

 (Bulletin Sté Sciences Lettres et Arts de Bayonne

Pendant longtemps a on cru que ce valereux marin était Bayonnais. Cependant en feuilletant les archives de cette époque à Urrugne, nous avions constaté que cette  nombreuse famille de marins était établie  depuis toujours  à Urrugne, et pour être plus précis à Hendaye qui était un quartier de cette ville.

Il fallut attendre les écrits de Edouard DUCERE  (1849-1910) de la Société des Sciences et Arts des Lettres de  Bayonne,  qui contestent la naissance à Bayonne et apportent la preuve de sa naissance à Hendaye.

 VOIR        DOCUMENTS

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Tombe de Suhigaray à Plaisance  Terre Neuve

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A la fin du 16 ème s. Hendaye n’est encore qu’un modeste hameau,un quartier d’Urrugne, mais qui, déjà, aspire à son autonomie,sans doute ses gens ont-ils été mis en goût par l’exemple de Ciboure,qui vient d’obtenir sa libération de la tutelle d’Urrugne !Comme il était de règle que, plus ou moins tôt, l’institution d’une paroisse engendrât celle d’une communauté, les Hendaiars commencèrent astucieusement par réclamer, d’abord, un lieu de culte qui leur soit propre..                                                                  Il leur fut facile d’arguer de la grande distance qui les séparait de l’église paroissiale d’Urrugne, de la difficulté qu’ils en éprouvaient « pour recevoir les Sacrements et suivre les offices divins ». Effectivement, ils obtinrent de l’évêque de Bayonne,en  le droit de construire une chapelle de secours desservie par un vicaire et le curé d’Urrugne Ainsi, ils franchissaient unepremière étape et abordaient aussitôt la seconde.                                                   S’adressant au Parlement de Bordeaux, ils réclament et obtiennentquelques droits par des arrêts de 1603 et 1630, dont, malheureusement,nous ne connaissons pas le détail.                       Il nous suffit de savoir qu’Urrugne réagit vivement, repoussant toute désunion, sous une forme quelconque, paroisse ou jurade et réclamant le maintien intégral, à son profit, de la police, del’intendance et des pacages communaux                         (F)

1604 Par arrêt français en Conseil des Finances, le poisson de Hendaye à Capbreton est excepté de l’édit d’embargo pour être débité en Espagne malgré la guerre.                                           1607 Une embarcation d’Hendaye, pour avoir tiré une baleine sur le sable d’Ondarraïtz sans passer à Fontarabie, y est brûlée le 16 février.Les embarcations de Fontarabie disputent une baleine à celles d’Hendaye en 1618 et aussi le 16 janvier 1619 et ont le dernier mot : on peut dater de cette époque un accord disposant entre autres, que si les Hendayais ont le pouvoir de harponner la baleine, le privilège de l’achever et de la fondre moyennant prélèvement revient à Fontarabie.                                            Malgré l’évolution des rapports suivant la paix des Pyrénées, une baleine et son baleineau furent disputés le 4 février 1688 encore avec le même sort.                                                                                    1609 Jean d’Espagnet, premier président du Parlement de Bordeaux, enquête pour Henri VI sur les privilèges en Bidassoa

1609 La juridiction du Parlement de Bordeaux s’exerce en matière de sorcelle­rie sur Hendaye, et le tambourinaire Ausugarto, Domingina Maletena et Marie de la Parque (Laparca) à 20 ans, sont entre autres brûlés par le conseiller de Lancre, puis Catherine de Barrendéguy le 3 septembre 1610 à Bordeaux.

 LA TOUR DE MUNJUNITO

1609 Les Hendayais désarment la tour de Munjunito des canons qu’ils y entre­tenaient. Dès le xv° s. une tour, dite de Munjunito, s’élevait près du port; une carte de 1680 la situe encore, bien qu’elle ait été désarmée,en 1609     .En 1521, après s’être emparé de Fontarabie, l’amiral Bonnivet la jugea insuffisante et fit construire, plus loin, par ses troupes,une autre tour fortifiée                          .Au cours de la guerre de 1636, cette fortification joua pleinementson rôle d’observatoire et concourut à la victoire navale, hélas ! sans lendemain, qui fut remportée par notre flotte en face de Fontarabie.L’expérience ayant prouvé qu’à ce rôle devait s’ajouter celui d’une défense renforcée, la principale de ces tours fut remise en état en 1664 et armée de canons servis par 30 hommes du roi.Pour autant l’ouvrage n’apparut pas bien redoutable à Louis de Froidour, qui, voyageant par ici en 1672, nous en a laissé une description succincte, mais précise et imagée :

« Le fort de Hendaye n’est, à proprement parler, qu’un pigeonnier,une tour carrée sans autre bâtiment. Au fond, une chambre pour les munitions; au-dessus, la chambre du commandant et des officiers;plus haut, celle des soldats. Au-dessus, une plate-forme et 4 guérites avec des canons. Il y a en bas du côté de la rivière ou de la mer une petite plate-forme où il y a du canon et cela regarde Fontarabieet est comme une vedette pour voir ce qui s’y passe. »       1610   On pratique alors sur les plages une pêche à pied avec un long filet porté sur les têtes derrière les vagues, puis hâlé à la corde en groupe. Depuis 1900 on porte le filet en barque.    1611 La juridiction du Saint Office s’exerce en matière de sorcellerie sur Fontarabie où Isabel Garcia est condamnée à 13 ans avec un groupe de sorcières après que l’inquisiteur de Logroño ait brûlé Marie Zozaya de Rentería le 6 novembre 1610.                1612 Fontarabie maintient ses avantages en interdisant, en mars, une barque à quille au prieur de Santiago, Harostégui, et, en août, en prélevant des droits à la Lonja sur Miguel de Amezaga, de Saint-Jean-de-Luz, pour flottage de bois navarrais sur la Bidassoa.     1615 En octobre eut lieu le passage de deux fiancées royales.Le projet de ce double mariage avait été ébauché par Henri IV ;il fut réalisé cinq ans après sa mort, en 1615. Elisabeth de France, soeur de Louis XIII, épousa l’infant d’Espagne qui devait devenir le roi Philippe IV, tandis que la soeur de ce dernier, Anne d’Autriche, devenait reine de France par son mariage avec le roi Louis XIII.

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