PRIEURE-HOPITAL de ZUBERNOA — PELERINAGE DE COMPOSTELLE

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12 eme siècle

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 Les plus anciens domaines que nous voyons exploités sur le territoire d’Hendaye sont ceux de Zubernoa, baigné par la Bidassoa, et d’Irandatz, qui lui était contigu
. Dès le XIIe siècle, nous trouvons Guillaume de Zubernoa et Bernard d’Irandatz apposant comme témoins leur signature au bas d’un acte du 1er janvier 1149. Le Vicomte ou Gouverneur de Bayonne fait appel aux chefs de ces deux maisons en qualité de conseillers, suivant la coutume féodale alors en vigueur dans le Labourd.
 Par la suite, le nom de Zubernoa cessa de s’appliquer au domaine, mais s’étendit par contre, de la nouvelle paroisse qui allait être créée, aux maisons qui formèrent la Campagne d’Hendaye et une partie de celle d’Urrugne. Quant à celui d’Irandatz, il subsiste encore, et après avoir passé entre les mains de la famille Laroulette, au XVIIè siècle, puis entre celles de la famille d’Aragorry au XVIII siècle, il est, depuis le mariage en 1752 de Rose d’Aragorry avec Michel d’Arcangues, la propriété des descendants de ce dernier

.Achetée par la Ville, cette vieille ferme qui avait nom d’Irandatz, est devenue la Maison de la petite Enfance 

L’acte du 1er janvier 1149 dont nous venons de parler était un compromis passé entre l’Evêque de Bayonne, les seigneurs de Zubernoa et d’Irandatz et le Prieur de l’Abbaye Bénédictine d’Arthous dans les Landes. Celui-ci, Sanche de Donnezain, avait fondé quelques années auparavant, en 1135, sur les terres données par Guillaume de Zubernoa, un hospice pour les pèlerins qui se rendaient à Saint-Jacques-de-Compostelle. Il était question, dans ce compromis, de l’édification d’une chapelle que justifiait déjà l’importance de la population, et dont l’emplacement est encore aujourd’hui marqué d’une croix, à l’intersection des chemins de Béhobie et de Santiago.

 

Ordre de l’Epée rouge
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L’Hôpital de Saint Jacques est crée sur la rive droite de la Bidassoa en 1135, quelques mètres en amont de l’actuel pont Saint Jacques. l’Ordre de l’Epée Rouge (Ordre -militaire et religieux- de Saint Jacques)  sous la protection des roi de Castille et de Navarre, prendra dans un premier temps sa direction. Cet endroit était le passage des pèlerins qui, suivant le Chemin de la Côte, voyageaint à pied, le gué de Béhobie étant le passage des autres pèlerins qui allaient à Compostelle sur des cavaleries ou en charriot.

Le PRIEURE-HOPITAL de ZUBERNOA, résulte de la création de la
Chapelle de l’Hôpital Saint Jacques en 1149, qui se convertira en paroisse, et comprendra aussi le lieu de Biriatou avec son église. Sur le document de création figurent les noms de Guillaume de ZUBERNOA (sur les terres duquel se plaçaient hôpital et chapelle) et Bertrand d’IRANDATZ propriétaires respectivement des domaines du même nom
Ses fondateurs le voulurent là parce qu’il commandait le point le plus étroit du  passage de la rivière , non seulement par ses riverains des deux bords ( qui en firent usage jusqu’au XX ° s ) , mais aussi par les pélerins visant Fontarrabie et la route de la côte  cantabrique .
 Servir les uns et les autres entrait pleinement dans la vocation de ces religieux hôspitaliers.
D’ailleurs pour assurer leur propre subsistance et celle de leurs hôtes, ainsi que pour pourvoir aux dépenses d’entretien de la maison du prieur et de l’hôpital, ils jouissaient de biens étendus, que le manuscrit de 1305 énumère
<< l’annexe de Biriatou, son moulin, sa nasse, ses dimes et droits, ses champs, paturages , forêts, bois, terres cultes et incultes, ses péages, ports ou passages de Hendaye à Fontarrabie, de Béhobie à Irun, privilèges de chasse et de pêche , ses maisons et tous autres biens , fruits et revenus, questes, cens et appartenances >>
.Ces biens  étaient grands, mais nous sommes au Moyen- Age  en ces temps ou au Labourd, il était plus de terres incultes que de cultivées.
 Les fonds ne manquaient certes pas, mais si aux religieux il offrit quelque richesse, c’est à leur travail qu’ils la dûrent
.Peu à peu ils cédèrent aux uns et aux autres la plus grande partie des terres qu’ils avaient mises en valeur dans toute la vallée — rive droite — de la Bidassoa, tellement que nous  trouvons leurs propriétés et droits bien réduits au XVII ° s.
Ils sont, en effet, ainsi précisés dans un acte signé par Louis XIV, mettant fin à un litige d’ordre territorial avec l’Espagne:
— à Urrugne, le passage de Béhobie ;
–à Hendaye , le passage de l’hôpital Saint-Jacques et aussi la grande île et autres terres dits  des Joncaux
( fait dans la barraque de l’île des Faisans, située au milieu de la rivière de la Bidassoa .)
Au commencement les biens sont inventoriés;25 journées de terres labourables 6 à 7 hectares, des vergers, une vigne et …une nasse pour la pêche du saumon, celle-là qui valut au prieur  tant de jalousies de la part des Hendaiars !
Ce religieux ne cessa d’être leur bête noire ! Ainsi en 1775, dans une requête au roi relative aux diffilcultés qu’ils éprouvaient de la part des pêcheurs de Fontarrabie, les Hendaiars allaient jusqu’à accuser le prieur << d’une trop parfaite intelligence >> avec ces derniers ainsi qu’à rejeter  sur lui et bien d’autres, l’état de leur misère.
 Leur plainte ne manque pas d’humour ! Du prieur ils disent ; << non content d’exercer un état que les disciples du Sauveur du Monde avaient quitté pour Le suivre, il s’approprie 2 arpents de terre comme joignant l’île d’Insura
.Il a fait construire une baraque pour l’utilité de sa nasse, il y fait traîner ses filets et s’oppose à ce que les opposants les mettent en culture.
Les habitants de Fontarrabie ont fait  << un pacte de famille >> avec le prieur, ils pêchent en commun avec lui.Ce prieuré est assez rentable pour fournir au titulaire la plus honnête subsistance >>
 .Il est vrai que bien d’autres ne sont pas épargnés dans cette plainte, tels les habitants des paroisses d’Ustaritz, Cambo et Larressore, << qui se permettent de venir pêcher sur la Bidassoa…,non contents  de disposer à leur gré de la Nive où abonde le saumon et autres poissons .>>
Considérant à nouveau l’activité du prieuré, nous ne disposons d’aucun texte qui nous éclaire tant soit  peu sur ce qu’elle fut aussi bien autant des religieux de l’Ordre du Saint Esprit. c’est à dire jusqu’en 1530, qu’au cours du long siècle qui suivit, sous les Prémontrés , jusqu’en 1650;
Il n’est pas douteux qu’au cours de tous ces siècles l’activité du prieuré – hôpital  se développa pleinement dans le cas de la vocation de ses religieux; il est également certain que le nombre des pélerins alla en déclinant.
 Le fait est que de 1650 à 1792, les registres de l’hôpital ne mentionnent que deux décès :
— en 1683 , celui de S…de Bontour, du diocèse de Sens, venant de Saint Jacques en Galice et qui fut enterré dans l’église >>
— en 1752, celui d’un bas-navarrais, de 70 ans environ .
Par contre, seuls depuis au moins 1650, le prieur et son vicaire concentrèrent toute leur activité dans le domaine spirituel
.Ayant ajouté aux bâtiments primitifs une église comprenant deux chapelles intérieures ( Saint- Bernard et Sainte-Croix ) ils reçurent de l’évêque  la juridiction d’une paroisse comprenant l’annexe de Biriatou ainsi que le quartier dit de Subernoa, prélevé sur la vaste paroisse d’Urrugne
et soulageant d’autant son église-mère.
L’Evêque, malheureusement, ne prit pas la précaution de délimiter très exactement cette nouvelle paroisse.
 Il en résulta une belle confusion, dont deux cents ans plus tard, Hendaye ne manqua pas  de tirer profit !
 Pour autant la paroisse Saint Vincent d’Urrugne conserva jusqu’en 1792 la coutume d’une procession annuelleà l’église de l’hôpital Saint- Jacques de Subernoa. c’était au temps des rogations et deux jours lui étaient consacrés.
 Le premier, ce sont les gens de Subernoa qui venaient en procession à leur ancienne église-mère; le lendemain, ceux d’Urrugne faisaient la procession inverse, toujours par le Pas-de-Béhobie ( trajet aller et retour environ 20 km ). La fatigue était grande, mais la communauté, généreuse, savait y apportait quelque soulagement !
De ce prieuré,de ce grand domaine du Moyen-Age, situé sur le bord de la Bidassoa , près du pont de Santiago, il ne reste plus que le bénitier conservé à l’église Saint Vincent                                             (F)
 et quelques pierres conservées à Priorenia
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Pour conclure citons une chanson guipuzcoane à propos du pèlerinage.
 En effet à la frontière franco-espagnole d’Irun il semble que l’on accueillait les pèlerins revenant de Saint-Jacques de Compostelle par un chant où les paroles espagnoles se mêlent aux paroles basques:

Pelegrino,pelegrino,
una limosnita
por amor de Dios.
Zingar, arraultze
bat ez bada bertze
bertze…
Pelegrinuac datoz Santiagotican,
Atea irequi beza, icusiagatican;
Chomin,jozac trompeta.
Pello, non duc conqueta?
Berdin baldic baciagoc
Ecarri beteta

<Pèlerin, pèlerin, l’aumône pour l’amour de Dieu. Jambon, oeufs sinon un, plusieurs, plusieurs…Les pèlerins viennent de Saint-Jacques; ouvrez la porte pour les voir.Chemin sonne trompette. Pierre, où est ta terrine? Si cela t’est égal apporte-la  pleine>                                                                       (F)

le passage vers Compostelle

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Le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle  est un pèlerinage catholique, dont le but géographique est le tombeau légendaire de l’apôtre saint Jacques, , situé dans la crypte de la cathédrale -de-Compostelle en Galice
Mais c’est seulement après la prise de Grenade en 1492, sous le règne des Rois catholiques, Ferdinand d’Aragon et Isabelle la Catholique, que le pape Alexandre VI 1492 à 1503) a déclaré que Compostelle était, avec Rome et Jérusalem, le lieu d’un des “ trois grands pèlerinages de la Chrétienté ”.
Le mot “ tombeau ” a disparu des discours des deux derniers papes.
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Deux routes conduisaient de France en Espagne à travers les Pyrénées Occidentales : celle de Saint-Jean-Pied-de-Port à Roncevaux et Pampelune et celle de Saint-Jean-de-Luz à Irun et Burgos par Santiago
. La première était la moins pénible ; c’était la voie naturelle de la traversée des Pyrénées. Les armées de Charlemagne et de Louis le Débonnaire l’empruntèrent au IXè siècle : on sait ce qu’il leur en coûta. A plus forte raison les pèlerins inoffensifs, proie facile pour les bandits qui infestaient le pays et pour les indigènes qui, bien qu’adonnés à la culture, n’avaient pas perdu l’habitude de détrousser les voyageurs, ne pouvaient s’y aventurer sans danger.
Beaucoup préféraient donc suivre le second itinéraire malgré les inconvénients qu’il présentait. De Saint-Jean-de-Luz à Santiago, la route passait à 500 mètres du bourg d’Urrugne, montait à Postaenea, un relai de poste, sans doute situé à la Croix des Bouquets, et, négligeant les lacets actuels de la descente sur Béhobie, atteignait la Bidassoa plus à l’ouest de ce bourg en dévalant la colline d’Aldapa.
 C’était le chemin suivi par les équipages et les courriers qui allaient de France en Castille et à Madrid. La chaussée était assez mal pavée, mais sans ornières. En hiver, par mauvais temps, les diligences avaient du mal à escalader ce que l’on appelait « la montagne de Béhobie ». Une diligence partait deux fois par semaine de Bayonne pour Madrid. Dans l’intervalle on devait louer des mules. Pour bénéficier de la poste et des relais, il fallait retenir sa place à l’avance et le prix était exorbitant : en 1722, le prix du voyage en poste de Paris à Hendaye était de 2.400 livres pour un fonctionnaire accompagné de deux valets, et autant pour le retour. Il ne faut pas oublier que la monnaie d’alors avait une toute autre valeur que notre  franc.

Les dégradations causées par l’eau au gué de Santiago obligèrent dans la suite à modifier l’itinéraire, On utilisa le Pas de Béhobie à proximité de l’île des Faisans et dès lors fut créé un nouveau tracé de route qui, au pied de la redoute Louis XIV, suivant à peu près le tracé actuel, rejoignait l’ancienne route à la Croix des Bouquets.
On passait la rivière dans un grand bac qui transportait voyageurs, bêtes de somme, carrosses et charrettes. Les droits étaient perçus avant l’embarquement. Le tarif n’empêchait pas les bateliers de rançonner les voyageurs, aussi bien d’un côté que de l’autre. Toutes les relations de voyage le constatent. Pour en finir avec les exigences des passeurs, le roi de Castille avait, dès 1525, ordonné la construction d’un pont, mais l’exécution ne suivit pas. En 1701 existait un pont de bois, traversant l’île des Faisans. Mais ce pont fut alternativement détruit et reconstruit au cours de chaque guerre. On le remplaça dans la seconde moitié du XVIIIè siècle par un pont en pierre qui fut lui-même détruit en 1813 par l’armée française battant en retraite. Les Anglais lui substituèrent des pontons. En 1823, à la suite du passage de l’armée du comte d’Artois, il fut refait en pierre et en bois et appelé « pont du duc d’Angoulême ». Le pont actuel a été construit en exécution du traité de 1856.
Quant au passage entre Hendaye et Fontarabie, enlevé aux habitants d’Hendaye qui n’avaient pas le moyen d’en assurer le trafic et concédé en 1634 à la maison d’Urtubie en reconnaissance des services qu’elle avait rendus au cours du siège de La Rochelle, il semble n’avoir été que peu utilisé malgré l’existence d’une assez bonne route qui, prolongeant la rue Agorette à Ciboure, suivait les falaises de Socoa jusqu’à Haïçabia, pour s’enfoncer ensuite dans les terres, et par Dorrondéguy, Errondonia et Chorrioenia atteindre Irandatz.
Les pèlerins n’étaient pas les seuls voyageurs passant par Santiago. Un courant d’affaires s’établit de très bonne heure entre le Labourd et le Guipuzcoa. Cette province basque espagnole, montagneuse et au sol pauvre, avait besoin de blé et de bétail qu’elle importait de France avec laquelle elle communiquait plus facilement qu’avec le reste de la Péninsule. En échange, elle fournissait du vin, du fer, du charbon et du bois. Le Guipuzcoa jouissait de tout temps de l’exemption des droits de douane et de la liberté du commerce, et de leur côté, les habitants du Labourd résistaient victorieusement aux tendances centralisatrices du pouvoir royal.                                              (OG)

Carte montrant les chemins contemporains en Europe pour se rendre à Saint-Jacques-de-Compostelle

L’endroit où les pélerins embarquaient pour accoster à quelques encablures en Espagne
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 Ce sera le début des grands itinéraires qui draineront tous les pèlerins des pays de l’Europe et de l’Angleterre

Plus tard ces cheminements en groupe se firent d’autan plus rares qu’à la suite d’abus ils furent interdits par les rois.
 Ne furent autorisés que les pélerins voyageant isolément, munis d’une attestation du curé de leur paroisse. C’est cette pièce qui nous a heureusement permis de connaître le point de départ de ceux d’entre eux qui vécurent leur dernière heure à Urrugne .
 Bien d’autres documents font ressortir la faveur dont jouissait notre route auprès les pélerins: des guides et des itinaires publiés à leur intention, des notes de voyage, des chansons, des cantiques spirituels et même des images d’Epinal.
 Le suprême tèmoignage demeure dans les pierres: sculptures dans nos lieux de prière, souvenr à l’état de ruines dans les hôstelleries et dans les hôpitaux qui jalonnaient les routes jacobites, marquant les gîtes d’étape desservis par les ordres hospitaliers ou religieux.
La route qui , fut la plus fréquentée est celle qui illustre au Moyen-Age le nom de Roncevaux.
De nombreuses et très sérieuses études l’ont mise en pleine lumière ainsi que le courant qui l’alimentait.
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 Mais ,avant elle, il y eut notre route, le première en date du milieu du X° s, elle fut un peu abandonnée dès le recul de la domination musulmane  et rendit celle de Roncevaux plus sûre , à partir du XII°
 Elle rentra toutefois dans le circuit normal de bien de pélerins. Normalement elle drainait les Bretons, les Normands,les Anglais, venus par la mer et qui après avoir débarqué à Soulac, en Gironde arrivaient à Bayonne par la route des lacs.
A Dax elle recueillait ceux, partis de Paris et Bordeaux, qui avaient choisi la route la moins accidentée en direction de Bayonne .De là tous avançaient vers Saint-jean-de-Luz (Donibane ) et Ciboure où de son hôpital il reste la Croix blanche.
 De même il était des pélerins, débouchant de Vézelay ou de Toulouse, que la vue des Pyrénées avait fait réfléchir, au fur et à mesure de leur approche et qui, finalement, avaient décidé de respecter leur majesté.
 Alors, sans s’avancer jusqu’à Ostabat, les uns, à Orthez ralliaient Bayonne. A tous Urrugne offrait trois points d’entrée en Espagne Béhobie, Hendaye -Zubernoa et Ibardin.

 

Puis à l’aide de gabarres, et avec l’aide de bateliers Hendayais, après un séjour à l’ hôpital de Zubernoa,ils débarquaient  en terre encore Navarraise., à Irun d’ou commence la  » Voie Royale »
 » nous fûmes bien étonnés quand nous fûmes à Sainte-Marie. Tous mes compagnons et moi dîrent adieu à la France jolie. Et en pleurant nous mîmes à dire : adieu les nobles fleurs de lys. En Espagne nous faut suivre. C’est un étrange pays « .

Le “ Chemin Français ”, itinéraire  fut établi au XIe siècle par le Roi Sanche le Grand de Navarre. Cette vague humaine de pèlerins que ce chemin canalisait était alimentée par une série d’affluents qui augmentaient son débit.
 L’un d’eux, sans doute l’un des plus importants de la Péninsule, passait par Irun. Le chemin de Gipuzcoa a pour point de départ Irun.
D’ailleurs cette voie fût empruntée depuis  la plus haute antiquité, vieille voie romaine dont les fouilles aux alentours de l’Eglise de Irun, ont révélé
d ‘intéressants vestiges.

Église Nuestra Señora del Juncal

IRUN et le musée Oiasso  domaine public

Les pèlerins en provenance d’Europe qui, au départ de l’embouchure de la Bidassoa d’Hendaye àà Irún, orientaient leurs premiers pas sur la péninsule en direction de l’intérieur du Gipuzkoa, savaient sans aucun doute qu’ils allaient pénétrer sur une route qui, en marge de ses connotations compostelliennes, était l’un des principaux axes de communicationdu Nord de la péninsule déjà à l’époque romaine. Ce n’était probablement pas la routela plus rapide, mais elle était sûre et très fréquentée, elle était bien protégée

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En 1140, un petit moine poitevin, Aymeri Picaud, décrit le premier topo-guide des chemins, dans le Codex Calixtinus.

Ce sera le début des grands itinéraires qui draineront tous les pèlerins des pays de l’Europe catholique.Ce codex sera le premier guide touristique. Il raconte le voyage, les routes, les chemins, les haltes ,les secours, les refuges, les dangers, les rivières et les gué, les monts et les plaines, mais aussi les gens.Pour ce qui nous concerne il fait un tableau de notre région, haut en couleur, pour des raisons qui lui sont sans doute propres , il n’a pas aimé , c’est le moins que l’on puisse dire : laissons lui la parole

<< Les péagers frappent les pèlerins avec des bâtons si ceux-ci ne leurs payent pas de tribut, alors qu’ils ne devraient pas en payer. Les péagers osent frapper des personnes à la recherche d’une quête spirituelle.
La perception du tribut est don exercée de manière injuste.
Les passeurs en chargeant les embarcations plus que cela n’est possible, mettent en péril la vie des voyageurs.
Alors que la religion chrétienne diffuse un message de paix et de charité, les péagers commettent tout ces abus, ce qui est intolérable pour l’Eglise, a fortiori que les pèlerins en sont les premières victimes.

 Nous nous sommes du Labourd et ce récit ne devrait pas nous concerner.
 Encore que – mais ceci est une légende – le bouche à oreille des anciens laisse entendre qu’à  Hendaye dans des temps trés reculés, la traversée de la Bidassoa se faisait de la manière suivante : les bagages étaient mis dans une barque, les pélerins dans une autre: la barque des bagages arrivait toujours à destination, celle des pélerins chavirait quelques fois. Je le répête ceçi ne peut être qu’une légende malveillante .
Dans le Guide du Pèlerin de St Jacques de Compostelle de 1139, Aymery Picaud décrit:

 « Puis près des ports de Cize on trouve le Pays des Basques qui possède une ville, Bayonne, sur le rivage, vers le septentrion
 Cette terre, à la langue barbare, est boisée, montueuse, dénuée de pain et de vin et de tous aliments corporels, mais, en revanche, on y trouve des pommes, du cidre et du lait …
Ils sont féroces et la terre où ils habitent est aussi féroce, sylvestre et barbare; la férocité de leur visage et de même la barbarie de leur langue, épouvantent les coeurs de ceux qui les voient…(…)
Ils s’habillent vraiment mal et mangent et boivent mal.
 En effet, toute la famille d’un Navarrais, tant serviteur que maître, tant servante que maîtresse, a l’habitude de manger tous les aliments mélangés en une seule marmite, non avec des cuillères, mais avec les mains, et de boire à un même vase.
 Si tu les voyais manger, tu croirais voir manger des chiens ou des porcs.
 Si tu les entendais parler; tu te souviendrais de chiens aboyants.
En effet, ils ont une langue tout à fait barbare; (…)
 Ce peuple est un peuple barbare, différent de tous par ses coutumes et son essence, dénué de honte  , de teint noir; laid à voir, dépravé, pervers, perfide, dénué de bonne foi et corrompu, libidineux, ivrogne, savant en toutes violences, féroce et sauvage, mal honnête et réprouvé, impie et dur, cruel et querelleur, ignorant de tout ce qui est bon, savant en tous vices et iniquités, semblable en malice aux Gètes et aux Sarrasins, ennemi en tout de nos gens de France.
Pour un sou seulement, le Basque ou le Navarrais tue, s’il le peut, un Français. Dans certaines régions, soit en Biscaye et en Alava, quand les Navarrais se réchauffent, l’homme montre à la femme, et
la femme à l’homme, leurs parties honteuses. Les Navarrais usent même de la fornication incestueuse avec leurs bestiaux; on dit en effet que le Navarrais suspend au postérieur de sa mule et de sa jument un cadenas, afin que nul autre n’y parvienne. !

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LES FORS
Le for est un texte constitutionnel négocié entre les petits États basques et leur nouveau roi. Quand les Romains s’installèrent en 194 avant J.C. dans l’actuel Pays basque, les fors étaient faits verbalement, et les libertés des Basques étaient assurées.
Il fallut attendre  1155 pour que les premiers fors soient écrits et signés en Navarre.. D’ailleurs aujourd’hui, dans le nom de la Communauté forale de Navarre, l’adjectif forale vient de For.
 Les fors protégeaient la population basque des empiètements des seigneurs et des rois contre la liberté du peuple. Quand ils accédaient au trône, ils devaient s’engager par serment à respecter ces fors; ce n’est qu’ensuite qu’ils étaient reconnus par les représentants des provinces basques. Les fors des provinces basques avaient une force juridique supérieure aux édits royaux.
 Si une loi adoptée était en contradiction avec le for provincial, l’assemblée apposait la formule: « se obedece pero no se cumple », c’est-à-dire, « nous obéissons mais nous n’appliquerons pas ». Cette formule garantissait la liberté des communautés basques vis à vis des rois de France ou de Castille. Elle établissait dans les fait un statut d’union entre égaux. Ces libertés furent détruites en France lors de la nuit du 4 août 1789.
 En Espagne, dans les faits, ces libertés furent sapées dans leurs fondement quand la loi de 1839 établit que les fors des provinces basques étaient conservées, pour autant qu’elles ne portaient pas atteinte à la Constitution espagnole. Les fors étaient alors réduits à une simple règle, modifiable à volonté par les autorités espagnoles.
Droit espagnol
Les fors locaux ou municipaux correspondaient à l’ensemble des statuts juridiques suivants:les coutumes de chaque localité,les privilèges octroyés par les rois,l’ensemble des dispositions qui protégeaient la noblesse, le clergé, et la vassalité d’une zone.
Il s’agissait d’un pacte solennel entre les peuples et le roi, et aussi, par extension les lois qui régissait telle ou telle contrée ou localité. Ils furent abrogés par Philippe V au début du XVIII ème siècle par le biais des décrets de Nueva Planta.                                                          M.Lafourcade

 

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Carte de l’Europe au 13ème siècle.

Le Saint Empire romain germanique n’est pas un état unitaire mais un ensemble complexe de royaumes, duchés, principautés (dont certaines ecclésiastiques) et villes-républiques, l’empereur étant élu parmi les souverains par les électeurs palatins.

En rouge l’Aquitaine anglaise

 La Bidassoa devient la frontière entre la Gascogne anglaise et la Castille

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conflit hen font

En 1203 Alphonse VIII de Castille octroie les

 Fors à Hondarribia.

D’après ces Fors  la ville est propriétaire de la BIDASSOAet de la baie de TXINGUDI

1203.  La charte de Fontarabie lui accorde avec les 2 rivières d’Oyarzun  , la franchise totale de péage en Castille, et moyennant 500 maravédis par an le port d’Asturiaga. On peut le localiser comme port fluvial , pour communiquer sur l’Uruméa avec Saint-Sébastien (Donostia), ou comme port de mer dans l’anse du Figuier, terminus de la navigation fluviale depuis Santestevan (Donos- tibiri). Le port dans la Bidassoa devait y être toutefois dès l’origine car le prieur de Zubernoa était obligé d’y faire repasser la nuit la gabarre qui lui était concédée le jour sur la rive d’en face.

1203. FOR (charte municipale) DE FONTARABIE, octroyé par Alphonse VIII de Castille considère comme sa propriété l’espace qui va du chenal de Pasajes “  usque ad ribum de Fonterabia ” (jusqu’à la rivière de Fontarabie -la Bidassoa-) des Trois Couronnes et Lesaca  jusqu’à la mer… et Irun et ses habitants, ainsi que le port de Asturiaga (où le prieur de Santiago de Subernoa sera obligé de faire passer les nuits la gabarre qui pendant la journée servait à faire traverser la Bidassoa aux pèlerins).

traduction de Philippe Beitia

Moi Alfonse, par la grace de Dieu , roi de Castille et de Tolède, avec mon épouse Aliénor et mon fils Ferdinand , je fais connaître ce qui suit à ceux qui sont présents et à ceux qui viendront après eux.
Je vous donne et concède pour le présent et le futur, à vous Conseil de Fontarabie; et ce à perpetuité les fors de Saint Sébastien. Je vous donne et concède aussi les lieux qui suivent. Ceux qui vont de la rive de Iarcen < ! > ( Inavan) à la rive de Fontarrabie et de la Pena de Aia jusqu’à la mer ( et de Lesaca jusqu’à la mer de Belfa ! ) jusquà la mer et limite d’Irun avec tous ceux qui y habitent . Je vous donne aussi Guillermo de Lançon et ses compagnons afin qu’ils soient vos administrés et je vous concède le port d’Asturriaga à perpétuité . Par pacte vous vous engagez à donner chaque année 50 maravedis pour ce port. Et j’ordonne fermement que personne n’ait l’audace de faire paître des troupeaux sur votre territoire sans votre consentement, et que vous soyez libres de tout péage dans mon royaume.
Si quelqu’un avait l’audace d’enfreindre ou de retrancher quelque chose à notre désir, qu’il encoure toute la colère de Dieu tout puissant et qi’il soit obligé de verser comme caution 500 pièces d’or au trésor royal et que le dommage qu’il vous aurait fait, il le répare en donnant le double .
Charte donnée à Palencia le 18 avril 1241 et moi le roi Alfonse régnant sur la Castille et sur Tolède que j’ai signée de ma main, je lui donne autorité et je la confirme.

 1203   Une Charte du roi de Castille, nouveau souverain du Guipuzcoa, détache (?) cette vallée, de Saint-Sébastien dont elle relevait d’après la charte accordée par son ancien souverain le roi de Navarre Sanche le Savant. Elle octroie au conseil de Fontarabie, avec Irun, Lezo et Passages, le statut même de Saint-Sébastien, la franchise générale de péages et le droit d’élire chaque année son alcalde et son prévôt, “ prepositum et alcaldem ”. Datée du 18 avril 1203 par divers auteurs, la copie diplomatique de 1510 la date du 18 avril 1246, mais elle est en tous cas de cette même époque de la charte de Rouen accordée à Bayonne en 1215 par le roi d’Angle­terre.

En dehors de ces pèlerins et de ces marchands, Santiago, puis Béhobie, vit passer des guerriers appartenant aux armées françaises, espagnoles ou anglaises. Du XIIe siècle au début du XIXè siècle, les deux nations voisines se mesurent en des querelles meurtrières qui, presque chaque fois, prennent fin sur des échanges de princes, pour mieux se rallumer quelques années après. Et même en état de paix officielle, la possession de la Bidassoa, avec le droit de navigation et de pêche qui en découle, ne cessera d’opposer Ondarrabiars à Hendayais sous l’œil indifférent et même parfois avec la complicité tacite ou expresse du pouvoir central de chacun des deux pays.

L’histoire de ces incidents de frontières et de ces conflits qui s’échelonnent sur sept siècles forme à elle seule plusieurs chapitres du manuscrit entrouvert, devant vous. Pour abréger, il suffira d’en donner les principaux traits.

Les habitants de Fontarabie, qui n’avaient pas pris ombrage de l’établissement de leurs émigrants sur l’autre rive de la Bidassoa, ne mirent bientôt que plus d’acharnement à leur interdire l’usage de cette rivière. Confondant la possession de fait avec le droit de souveraineté, les Espagnols invoquaient la jouissance qu’ils avaient exercée, depuis la fondation de leur cité, sur le fleuve et ses deux rives jusqu’à la limite de la marée haute, per­cevant des droits de port et interdisant à tous autres de naviguer, de jeter l’ancre et de pêcher, à moins de concessions expresses, telles que celles accordées aux moines de Santiago et à quelques amis. Ils ajoutaient que les eaux de la Bidassoa étaient grossies par un cours d’eau venant de leur montagne.

Les Labourdins rétorquaient qu’ils bénéficiaient pour la pêche el la navigation d’une prescription plus que trentenaire et que la plus grande profondeur du fleuve se mesurait près de la rive française et non du côté de Fontarabie. De plus, si les Guipuzcoans avaient un affluent sur leur territoire, eux-mêmes en comptaient trois aujourd’hui disparus : le Crasper, le Dalentchet et la Vertébie. Ils avaient établi trois nasses ou pêcheries alors que ceux de Fontarabie n’en avaient que deux qui, elles, payaient des redevances aux sires d’Urtubie. De ces trois nasses, deux appartenaient à l’hôpital de Santiago et la troisième à la maison d’Ayzpurdi qui apparaît ainsi comme l’un des plus anciens domaines d’Hendaye, après ceux de Zubernoa et d’Irandatz. Des arguments, on en vint aux mains. Cet état d’hostilité avait dû commencer au plus tard dans la deuxième moitié du XIV siècle ; vers le milieu du siècle suivant, il était devenu une situation presque permanente, remontant à une date dont on avait perdu le souvenir. Il fut marqué par les habituels coups de surprise, destruction de nasses ou de filets, capture d’embarcations et de matelots, et parfois d’incidents  tragiques.

La légende raconte que le roi Sanche de Navarre << lors de la réconquista sur les maures >> a traversé la dernière défense, avec une troupe choisie spécialement pour sa bravoure, et a cassé les chaînes qui entouraient les réserves de Yaqub ben Yusuf.

En mémoire de son geste, le roi de Navarre aurait incorporé les chaînes à son blason et qui apparaissent de même dans le quart inférieur droit des armes d’Espagne.

La recherche historique penche plutôt pour une évolution d’un écu à rais d’escarboucle vers l’écu actuel, mais la légende est belle.

 1204 Alphonse VIII de Castille traverse la Bidassoa, occupe le Labourd et la Soule, reçoit l’hommage des seigneurs de Béarn, de Tartas, d’Armagnac et d’Orthez.Fait un don à la cathédrale de Bayonne, il prend Dax et incendie sa cathédrale.  Alphonse se voudra maître du duché de Gascogne de 1204 à 1214, néanmoins  ses héritiers ne réussiront pas à le garder.

L’ancienne ville de Lapurdum/Labourd se nomme dorénavant Bayonne, et cède à Ustaritz le titre de capitale de la province du Labourd. Bayonne est devenue ville libre en dehors de la région à laquelle elle avait donné le nom.

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La parte vieja le siècle dernier

XIIe siècle, premières années: Alphonse VIII de Castille marié à Aliénor, fille de Henri II de Angleterre et d’ Aliénor d’Aquitaine, enlève à la Navarre les territoires basques péninsulaires dans le cadre de son projet de se rapprocher du duché de Gascogne que sa femme avait reçu comme dot.

1204  Alphonse VIII de Castille où il venu sanctionner l’arbitrage du sire d’Albret entre Bayonne et le Labourd et passé en Espagne pour battre à Najera, Henri de Transtamare et Du Guesclin

Il est difficile de croire que ce roi, à qui le Gipuzcoa s’est donné en 1200 qui a donné sa charte à Hondarribia en 1203  et qui tenait sa cour à St Sébastien en 1204 n’est pas venu alors jusqu’à la Bidassoa

1215  Jean sans terre , duc d’Aquitaine accorde à Bayonne et alentours une charte qui en fait une république autonome

1245 Thibaut de Champagne pille Saint Jean de Luz. Les doléances des habitants ne portent que sur des volailles, des cochons des chèvres et des récoltes

1245 La déclaration de bonne correspondance avec la Navarre signale l’origine de ce trafic descendant laine, vin, charbon et fer ou argent de la haute Bidassoa, jusqu’à Fontarabie monnayant ses droits de port franc.

1245 Un traité de bonne correspondance avec la Navarre mentionne à Fonta­rabie prévôt, jurats et conseil.

1254. L’Ordre de Santiago donne au diocèse de Compostelle ses hôpitaux en Gascogne, Bordeaux, Rocamadour et Toulouse.

Dernier quart du XIIIe siècle. Il parait probable que la baie de Txingudy  a vu passer des troupes françaises; voulaient-elles prendre Fontarabie et ainsi œuvrer pour les droits au trône de Castille des héritiers de Fernando de la  Cerda? Ou s’agissait-il des chevaliers égarés qui voulaient chasser les anglais de la Gascogne? 

1276 Machin Arsu, guidant les troupes castillanes par les sentiers du Jaïzquibel, (?) aurait permis la surprise d’une armée française et tué 5 chevaliers, dont les têtes figurent dans son blason décrit par Diego de Urbina, roi d’armes de Philippe III d’Espagne, le 24 mars 

1280, c’est au tour de Philippe le Hardi de venir assiéger Fontarabie pour obliger le roi de Castille, Alphonse le Sage, à rendre aux Infants, ses propres neveux, la liberté dont il les avait privés. On raconte que les hommes d’armes espagnols, ayant enveloppé de draps les sabots de leurs chevaux, surprirent l’armée assiégeante et l’attaquèrent avec tant d’impétuosité qu’ils l’obligèrent à se retirer en déroute, décimant l’entourage du roi de France qui, lui-même, eut sa vie en danger.

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XIVe-XVe SIECLES CRISE ET TRANSITION A L’AGE MODERNE

Siècle de crise générale: du changement climatique aux crises religieuses et spirituelles  en passant par la crise économique, les luttes sociales, la peste bubonique et la guerre de Cent ans entre la France et l’Angleterre, et qui éclaboussa aussi les autres royaumes, l‘Europe occidentale  en est ébranlée.Vers la fin du XVe siècle ,quatre grands changements se pointent: un commerce de plus en plus mondialisé après les découvertes d’un nouveau continent et de nouvelles routes ultra maritimes, la bourgeoisie comme classe sociale de plus en plus puissante, une autorité croissante des rois qui autour de leurs personnes vont créer l’état moderne et, enfin, une nouvelle vision de l’homme et du monde.

En 1305 Le nom de Hendaye apparait pour la première fois dans un document.

La Bidassoa traversée par troupes castillanes

 .Début de la guerre de cent ans

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. Quant à la Bidassoa,elle s’appelait, dans les temps anciens, “ Almichu ”.  ( N )

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Parmi les rares documents qui font mention d’Hendaye il en est un qui fait allusion à un pont la reliant à Fontarabie.

 En  1309    effet, des difficultés s’étant produites entre les habitants d’Hendaye et ceux de Castro-Urdialés, sans doute sur des.questions de pêche, deux députés français et deux espagnols se réunirent “ au milieu du pont de Fontarabie ” pour aplanir ce litige. Les cartes anciennes tant françaises qu’espagnoles indiquent en effet les vestiges d’un pont qui dût sans doute disparaître au cours des nombreuses guerres entre les deux pays. Quoiqu’il en soit puisqu’un pont avait été justifié c’est qu’il y avait sur les deux bords du fleuve deux localités assez importantes et entretenant des relations suivies. C’est tout ce que l’on peut dire car les documents que l’on possède sur la région dans les temps anciens sont des plus rares,les Anglais, quand ils durent évacuer le pays, en 1450, ayant emporté leurs archives avec eux. Il faut donc arriver à la seconde partie du XVe siècle pour entrer dans la période véritablement historique, car on trouve alors, dans   dans les textes officiels des renseignements absolument sûrs

La Guerre de Cent Ans débute (1337-1453)

1337. Début de la Guerre de Cent Ans entre la France et L’Angleterre; Edouard III d’Angleterre et duc d’Aquitaine -Guyenne pour les anglais- non seulement il ne fait allégeance au Roi de France en tant que duc de Guyenne mais il se proclame héritier légitime du trône français à l’avènement de la dynastie des Valois par extinction des Capétiens. 

1337 à 1453  La rivalité entre les royaumes de France et d’Angleterre, vieille de plus de deux siècles, se manifeste par une série de guerres entrecoupées de longues trêves : c’est ce que l’on appelle, improprement, la « Guerre de Cent Ans ». Sur ce conflit majeur se greffent des conflits secondaires qui impliquent les alliés des deux rois (Aragon, Castille, Ecosse, princes des Pays-Bas et d’Allemagne rhénane), les papes et, dans la succession des guerres civiles, les grands féodaux français et anglais.

1341 Edouard III d’Angleterre et duc de Guyenne-Gascogne autorise au seigneur d’Urtubie la construction d’un château sur la route d’Espagne près d’Urrugne. Alphonse XI de Castille était allié du roi de France de même que Philippe III de Navarre de la maison d’Evreux.

Au-delà des luttes féodales, et même si son prétexte est dynastique, la Guerre de Cent Ans est en réalité l’expression du premier grand conflit de deux Etats souverains.

Et le Labourd ne fut pas absent de cet éternel conflit. Le déroulement des faits, d’une complication extrême n’offre pour nous que peu d’intêret. Ce qui nous importe c’est de savoir ce qui s’est passé sur notre sol et les conséquences qui en ont résulté.

Appartenant à la Gascogne jusqu’en 1152 notre province du Labourd passa alors sous la domination anglaise, à la suite du mariage d’Héléonore d’Aquitaine et d’Henri Plantagenet; elle y demeura jusqu’en 1451 Le régime féodal connut peu d’altérations, les relations avec l’Angleterre étant presque exclusivement limitées au versement de contributions.

Après le mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec Henri II Plantagenêt, en 1152, les terres du Labourd passeront sous la dépendance de la couronne anglaise et elles seront l’objet de multiples intrigues, dont l’un des principaux protagonistes sera le fameux Richard Cœur de Lion, artisan du développement commercial et économique de Bayonne.

Et le Labourd ne fut pas absent de cet éternel conflit. Le déroulement des faits, d’une complication extrême n’offre pour nous que peu d’intêret. Ce qui nous importe c’est de savoir ce qui s’est passé sur notre sol et les conséquences qui en ont résulté.

Appartenant à la Gascogne jusqu’en 1152 notre province du Labourd passa alors sous la domination anglaise, à la suite du mariage d’Héléonore d’Aquitaine et d’Henri Plantagenet; elle y demeura jusqu’en 1451 Le régime féodal connut peu d’altérations, les relations avec l’Angleterre étant presque exclusivement limitées au versement de contributions.

Après le mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec Henri II Plantagenêt, en 1152, les terres du Labourd passeront sous la dépendance de la couronne anglaise et elles seront l’objet de multiples intrigues, dont l’un des principaux protagonistes sera le fameux Richard Cœur de Lion, artisan du développement commercial et économique de Bayonne.

Cette influence anglaise dura jusqu’en 1450, quand le Labourd revint à la couronne française, après la signature du traité de paix au château d’Ayherre. 

   1347 Un acte du 29 mars concerne les facilités particulières accordées à Domi­nique de Lastaola, pour l’usage de la rivière, que Fontarabie lui refuse le droit de transmettre, objectant ainsi son monopole 

 1355 une troupe navarraise est concentrée dans le Prieuré de Santiago prête à partir pour la Normandie lutter contre les anglais.

1355  le prince noir d’Angleterre_Toutefois, on doit mentionner que depuis son arrivée en Aquitaine en1355, jusqu’à son retour définitif en1371pour cause de maladie, il a organisé pendant seize ans une interminable suite de chevauchées, tant contre ses adversaires en dehors de ses provinces que contre quiconque osait contester son autorité sur ses terres. Souvent implacable et brutal, il se conformait néanmoins aux terribles “ usages ” en vigueur en temps de guerre, savoir pillages, démolitions, ravages, incendies.

1357 Par provision royale les alcades ordinaires dans le Guipuzcoa sont en posses­sion de leurs pouvoirs classiques, à la fois maires et juges avec la vara ou barre de justice.

1365 Bajel ou bachot

Embarcation flottable et portable, pour la descente de la Navarre selon le traité de commerce de Fontarabie avec Charles le Mauvais.

1365 Charles le Mauvais, roi de Navarre, met en œuvre un pont sur la Bidassoa et un magasin général à Andara, par un acte de 1365 où Fontarrabie de son côté se charge de rectifier et dérocher le cours d’eau et ses chemins muletiers jusqu’à l’embouchure.

1367   Prince Noir d’Angleterre fils d’Edouard III et père de Richard II. Il doit être cité car la maison Bouniort de Biriatou porte encore son nom, en souvenir d’un séjour qui a pu coïncider avec l’ année ou il est venu sanctionner l’arbitrage du sire d’Albret entre entre Bayonne et le Labourd, et passé en Espagne pour battre à Najera, Henri de Transtamarre

1367 Charles de Navarre après l’entrevue de Peyrehorade, autorisa le Prince Noir à passer par Roncevaux avec 8000 hommes et ses archers gallois qui débouchèrent dans les plaines de Pampelune pour combattre Don Pedro.

 Celui-çi avait  comme capitaine Bertrand Duguesclin, fait comte de Borjo  berceau de la famille des Borgia

1373 II y a deux alcaldes à la tête de la cité de Fontarrabie

1377La Bidassoa est traversée par les troupes du roi Henri II de Castille allié du roi de France, (il l’a aidé en plus à monter sur le trône éliminant le roi légitime Pierre aux velléités pro anglaises); ils vont prendre Saint Jean de Luz aux anglais et assiéger Bayonne.

1377 le Roi de Castille allié du roi de France contre le roi anglais, lance ses troupes piller le sud de la Gascogne

Henri II de Transtamare, roi de Castille est allié de Charles V de France ; Edouard III d’Angleterre et le prince noir meurent . Henri fait passer la Bidassoa  à 20.000 hommes , envoie Ruy diaz de Rochas avec 200 bateaux le long de la côte, prend SaintjeandeLuz aux Anglais et les  assiège dans Bayonne

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  • Ce siècle marque la fin du Moyen Age et le début de l’époque moderne
  • Renaissance en Italie c’est le Quattrocento
  • Début des explorations maritimes des Portugais puis des Espagnols ).
  • Vers 1450, Gutenberg met au point la presse à vis après avoir réinventé, vers 1440, les caractères mobiles (sorte de tampons représentant chacun une lettre)

Espagne

1419  Ferran Peritz de Ayala avec 8 000 castillans va brûler l’église de Saint- Jean-de-Luz et repasse la Bidassoa.

  • 1492 : Fin de la Reconquista chrétienne et début de l’Inquisition.
  • 1492 : L’expédition navale espagnole dirigée par Christophe Colomb découvre l’Amérique.

France

  • 1429, Jeanne d’Arc délivre la ville d’Orléans assiégée par les Anglais
  • 1453 : Fin de la Guerre de Cent Ans entre les rois de France et d’Angleterre

1451.  Apparition du bourg de Hendaye,     dépendant d’Urrugne,

Une fois la guerre de Cent ans terminée et l’Aquitaine redevenue française LOUIS XI reconnait  à  l’Espagne la totalité de la possession de la Bidassoa

1425. Blanche de Navarre est mariée à l’héritier d’Aragon Jean. Le contrat de mariage prévoit que les deux royaumes ne fusionneront pas, et que le premier fils hérite du royaume de Navarre.

Un Syndic pour l’administration de Hendaye est nommé par les Jurats  d’Urrugne sous la supervision du seigneur d’Urtubie.

1439. Le routier castillan Rodrigue de Villandrando, “ l’empereur des brigands ”, “ l’écorcheur ”,  plus que notable mercenaire au service du roi de France Charles VII contre les anglais, et un moment compagnon de Jeanne d’Arc, sévit en Guyenne-Gascogne et, peut-être il s’approcha de la Bidassoa. Il terminera anobli. 

1451 A la suite du traité de Ayherre signé en mai au château de Belzunce, où le Labour reconquis sur les Anglais par Gaston VII de Béarn devient définitivement français, un premier groupe de 40 maisons se bâtit à Hendaye, appuyé par une tour-frontière, et les jurats d’Urrugne, patronnés par le châtelain d’Urtubie depuis le XIe siècle, y nomment un syndic pour l’administrer

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La guerre civile de Navarre est un conflit successoral qui débute en 1451, dix ans après la mort de la reine Blanche Ire de Navarre, alors que la couronne est usurpée par son second époux, le roi Jean II d’Aragon, qui refuse de la céder à leur fils Charles de Viane

. Sur ce conflit successoral se greffe la rivalité de deux partis nobiliaires navarrais, les Agramontais et les Beaumontais, et les appétits d’expansion territoriale des puissants royaumes voisins de Castille et d’Aragon.

Le conflit est en réalité peu sanglant, constitué de sabotages et d’escarmouches, au cours duquel on ne déplore que deux assassinats.

 Ses conséquences n’en sont pas moins importantes puisque cette guerre civile ouvre les portes à l’annexion du royaume Navarrais par la couronne castillano-aragonaise un demi-siècle plus tard.        (A)

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1451. La tour de Munjunito est élevée du pied de la falaise d’Hendaye, couronnée en maison forte, probablement vers le port de la ville.. On décide que quarante maisons et une tour de défense seront construites à Hendaye, une fois le Labourd devenu français suite au traité d’Ayherre après la conquête française de Bordeaux et de Bayonne

A la tour du Guardiagafia, mentionnée alors près d’Irun, on peut ratta­cher toute une génération d’une vingtaine d’ouvrages antérieurs au XVIII” siècle, avec entrée par échelle escamotable à 4 mètres du sol, et à hauteur maximum d’une lance de cavalier suivant le vieux principe navarrais. On en voit encore 4 jusqu’à Oyarzun, et 4 couronnent le Jaïzquibel, dont Erramutz, Sante Barbara et San Enrique.

 À la mort de Blanche en 1441, Jean d’Aragon conserve la Navarre, spoliant son fils Charles de Viane.Charles de Viane est soutenu par les Beaumont et les Luxe, qui s’opposent aux Gramont, alliés aux vicomtes de Béarn et aux vicomtes de Dax.

 Après la mort de Charles de Viane, la guerre est temporairement résolue par l’arbitrage de Louis XI de France et d’Henri IV de Castille à l’entrevue du pont d’Osserain, en 1462 Jean d’Aragon conserve la Navarre jusqu’à sa mort ; ensuite, le royaume va à sa fille Éléonore de Navarre, qui meurt la même année.

 La couronne reste dans la famille de Béarn.La solution ne satisfait que partiellement les deux partis, qui guerroient sporadiquementjusqu’au début du XVIe siècle.

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1458 La première commission mixte franco-espagnole reconnaît à l’Espagne la propriété du fleuve dans tout ce qu’il recouvre à hautes eaux, mais ce texte dont l’original brûlé en 1498 ne put être produit par la suite, demeure lettre morte au moins en ce qui concerne la tour de HENDAYE, dont le pied était dans l’eau. Un poteau-frontière en pin aurait été planté alors sur la rive française.

 1458 Fontarabie détruit la tour, appelée de Munjunito, que l’on avait commencéà construire à Belzenia pour défendre le port de Hendaye.

 Les commissaires de Castille et de France se réunissent et dictent une sentence unanime par laquelle tout ce que la Bidassoa et le bras de mer recouvrent depuis Endarlaza jusqu’au cap du Figuier appartient au Roi de Castille. La sentence écrite en langue gasconne disparut dans l’incendie de Fontarabie de 1498. 

En 1463 rencontre sur la rive hendayaise entre Henri IV de Castille et Louis XI de France qui voulait arbitrer les différends entre la Castille et l’Aragon. Le roi de Castille dit au roi de France “ qu’il était chez lui car tout ce qui inondaient les plus hautes marées étaient ses terres

1650 Hendaye compte 1250 habitants

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Portrait de Louis XI  

Occupé par ailleurs Louis XI se désintéressa du sort de la Bidassoa

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Très nombreux furent alors les rois, les reines, les princes, les ambassadeurs, les généraux et les grands personnages qui traversèrent la Bidassoa ou vinrent dans le pays. On ne saurait les mentionner tous mais il n’est pas sans intérêt d’indiquer les passages qui furent les plus sensationnels. Un des premiers événements qui marqua le retour du pays de Labourd à la France fut le voyage du roi Louis XI.

Ce souverain n’était pas mû seulement par le désir de visiter une province rattachée depuis peu à son royaume, il était aussi chargé d’un arbitrage entre Henri IV, roi de Castille, et Jean II, roi d’Aragon, afin de rétablir la paix troublée par les Castillans.

 Ces derniers, profitant des luttes engagées entre Jean II et son fils, Charles de Viane, s’étaient emparés d’une partie de la Navarre méridionale.

 Le roi de France alla s’installer au château d’Urtubie situé à Urrugne. De cette résidence, il se rendait à Hendaye où avaient lieu les conférences. Il prononça, dans ce village, le 4 mai 1464, une sentence arbitrale en vertu de laquelle la province d’Estella était enlevée à la Navarre et passait à la Castille.

Par ses allures et sa manière de se vêtir, le roi de France provoqua quelques sarcasmes dissimulés car il eut été dangereux de faire la moindre allusion désobligeante à son sujet. Il n’en fit pas moins une bizarre impression sur les Castillans ainsi que le raconte Commines dans les termes suivants :

“ Notre roy se habilloit court et si mal que pis ne povaits e” assez mauvais drap aucune fois ; et portoit ung mauvais chap-” peau différent des aultres, et une imaige de plombdessus. Les” Castillans s’en moquèrent et disaient que c’était par chicheté.” En effect, ainsi se despartit cette assemblée pleine de mocque-” rie et de picque : oncques puis ces deux roys ne s’aimerent et” se dressa de grans brouillis entre les serviteurs du roy de Castille qui ont duré jusqu’à sa mort et longtemps après et I’ayveu le plus povre roy, habandonné de ses serviteurs que je veiz

                                                                          N                   

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Ce voyage de Louis XI ne fut pourtant pas entièrement perdu pour les Hendayais. Le roi, ayant conservé un bon souvenir de son séjour à Saint-Jean-de-Luz, accorda à ses habitants l’exemption de la moitié des droits d’assise que la Couronne se réservait sur les marchandises vendues à Bayonne et à Saint-Jean-de-Luz. Cette franchise devait être étendue en 1565 à Urrugne et à Hendaye.

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1462  Après un grand incendie en 1462 et l’incendie totale  de 1499, n’épargnant que 9 maisons, Fontarabie se reconstruit à neuf.

1463 Louis XI de France – Henri IV de Castille ,

Médiation de Louis, entre Henri et Jean II d’Aragon : Par l’accord de Bayonne le 9 mai 1462, Louis avait appuyé Jean contesté en Catalogne, Jean abandonnant à Louis sa fille Blanche et ses droits sur le Roussillon. Sollicité le 20 janvier 1463 à Bayonne, le 4 mai à Urtubie Louis s’entremet : Henri abandonne ses droits sur la Catalogne à Jean, et reçoit le Merindad d’Estella que Jean détache de la Navarre dont il avait pris la régence. Philippe de Commines rapporte que le roi de France, mal vêtu, et le roi de Castille, ostentatoire, se rencontrèrent au milieu de la Bidassoa et se séparèrent peu satisfaits.

1475 le 23 septembre 1475 Louis XI de France s’allie contre Ferdinand et Isabelle à Alphonse V de Portugal et envoie 40 000 hommes avec Alain d’Albret, qui du 14 février 1476 met plus de 50 jours pour emporter le passage de la Bidassoa jusqu’à Fontarrabie, défendue par Juan de Gamboa. Arrivé le 8 avril sous la place, le sire d’Albret (Labrit) s’en écarte le 11 pour ravager Oyarzun et Renteria, repasse sous ses murs le 11 mai et la Bidassoa le 15. La paix est signée à Saint-Jean-de-Luz en 1478.
Jean d’Albret et le Duc d’Angoulême, futur François 1er de France, revenant d’assiéger le duc d’Albe à Pampelune, passent sur la Bidassoa par les cols de Velate et de Maya, et les Anglais débarqués à Passages de Fontarabie se rembarquent après avoir dévasté Hendaye. Une trêve d’un an est signée à Urtubie le 1″ » avril 1513.. ,

1476Le 20 mars, le roi confirme à la ville  de Fontarrabie le droit qu’elle avait dû laisser perdre, de nommer chaque année son chef de police, et cette charge de prévôt exécutif bénéficie du tiers des saisies avec confirmation renou­velée en 1503 et 1563.

1476. Castille en guerre civile: Henri IV meurt et deux reines sont proclamées, Isabel sa sœur, appuyée par les provinces basques et mariée à Ferdinand héritier de la Couronne d’Aragon, et Jeanne sa fille qui était soutenue par une armée française aux ordres d’Aman d’Albret; cette armée va assiéger Fontarabie qui résiste grâce à l’artillerie envoyée par Isabel.

 Isabel victorieuse est reconnue Reine de Castille, royaume qui s’unira à l’Aragon quand en 1479 son époux héritera de la couronne d’Aragon.

 L’Espagne des Rois Catholiques est née, ils vont créer des institutions politiques et appuyer la bourgeoisie et le peuple à fin d’imposer leur autorité sur les féodaux.

Par la conquête du Royaume musulman de Grenade et par l’expulsion  des Juifs en 1492 les Rois Catholiques recherchaient tant la cohésion territoriale et religieuse que l’obtention de recours financiers dans une visée d’expansion territorial et ultramarine. Ce sera la première étape d’une longue ambition qui verra le royaume de Navarre annexé par les rois Catholiques   ()

1478 Ferdinand et Isabelle sont rois catholiques en 1474, le 23 septembre 1475

Louis XI de France s’allie contre eux à Alphonse V de Portugal et envoie 40 000 hommes avec Alain d’Albret, qui du 14 février 1476 met plus de 50 jours pour emporter le passage de la Bidassoa jusqu’à Fontarrabie, défendue par Juan de Gamboa.

 Arrivé le 8 avril sous la place, le sire d’Albret (Labrit) s’en écarte le 11 pour ravager Oyarzun et Renteria, repasse sous ses murs le 11 mai et la Bidassoa le 15. La paix est signée à Saint-Jean-de-Luz en .

1480 Une ordonnance royale conservant le privilège de Fontarabie, prohibe port et maisons en pierre à Irun-Uranzu, défense du monopole confirmée en 1496.

1499 Les Joncaux d’Hendaye, en aval de Béhobie, sont successivement endigués et mis en culture.                      Après un grand incendie en 1462 et l’incendie total de 1499, n’épargnant que 9 maisons, Fontarabie se reconstruit à neuf.

1480Une ordonnance royale conservant le privilège de Fontarabie, prohibe port et maisons en pierre à Irun-Uranzu, défense du monopole confirmée en 1496.

1489 Nasse ou pêcherieUne ligne de pieux plantés dans le courant permet, à un endroit resserré, de tendre en travers un filet à saumons, et le 14 janvier Fontarabie obtient de tirer le filet de sa nasse en bas de Biriatou sur les terres riveraines de la maison de Bouniort, moyennant un saumon et 6 ducats par an

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DEBUT DE  L’OUVRAGE DE  THEODORIC LEGRAND

 ( de l’Ecole des Chartes )

SUR LES DIFFERENTS DE FONTARRABIE AVEC HENDAYE

EXTRAIT

en attendant la totalité de l’ouvrage

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CHAPITRE      PREMIER

XV ème Siècle.

INTRODUCTION

Nous n’avons nullement l’intention de présenter ce travail comme une étude complète et définitive des différends qu’eut jadis Fontarabie avec notre province française de Labourd.

Complète, — cette étude ne saurait l’être ; nous ne la commençons qu’avec le quinzième siècle, faute de documents suffisamment explicites, et cependant, bien avant cette époque, l’héroïque et valeureuse cité guipuzcoane se dressait déjà superbe sur les rives du large estuaire qu’elle domine encore de ses ruines majestueuses.

Définitive,.— elle l’est encore moins ; car si, non sans profit d’ailleurs, nous avons consulté d’autres dépôts d’archives, nous avons tiré la plus grande partie des éléments de cette étude des archives municipales — encore non classées — de la ville même de Fontarabie ; c’est dans un monceau de documents entassés dans une salle basse attenant à la sacristie de Santa Maria qu’il nous a fallu distinguer ceux qui pourraient nous fournir d’utiles renseignements ; c’est dire que de grandes difficultés matérielles sont venues paralyser notre travail et rendre nos recherches quelque peu hasardeuses. Bien que nous ayons fait tout notre possible pour que rien ne nous échappât qui fût important, nous n’affirmerions pas qu’un examen plus minutieux des documents n’eût pu — sur certains points — nous fournir de plus amples détails.

Nous dirons enfin qu’en faisant cette étude nous n’avons  pas tant eu le désir de raconter les différends de Fontarabie avec le Labourd que d’attirer l’attention des historiens sur une région dont l’histoire est encore trop imparfaitement connue. Chaque ville guipuzcoane de quelque importance possède des archives anciennes ; ces archives, la plupart du temps, ne sont pas encore classées, mais elles le seront bientôt ; il nous semble qu’il y a là matière à toute une série d’intéressants travaux sur les relations du Guipûzcoa avec le Pays Basque français, rentrant parfaitement, d’ailleurs, dans le cadre de la Revue du Béarn et du Pays Basque.

Nous terminerons cette brève introduction en remerciant toutes les personnes qui nous ont largement aidé dans nos travaux. Tout d’abord, nous adresserons l’expression de notre sincère et respectueuse reconnaissance à M. Morel-Fatio qui, dès le début, a bien voulu nous guider de ses savants conseils ; nous remercierons D. Juliân Paz, archiviste à l’Archivo General de Simancas, qui a eu l’obligeance de nous fournir par corres- pondance les quelques renseignements qui pouvaient nous être utiles ; D. Antonio de Cerrageria et D. Francisco Lupiani, attachés à la Bibliothèque nationale de Madrid qui, lors de notre séjour dans la capitale espagnole, nous ont si aimablement aidé dans des recherches d’ailleurs malheureusement restées infruc- tueuses ; D. Esteban Sors de Arzuaga, qui nous a si courtoisement reçu aux Archives Municipales de la ville d’Irun, confiées à sa garde. Nous adresserons enfin l’expression de notre affectueuse reconnaissance à l’affable et distingué inspecteur des archives municipales de Guipûzcoa, Sr. D. Serapio de Mugica, — de l’amitié duquel nous nous honorons, — qui, non content de nous ouvrir bien grandes les portes des Archives Municipales de Fontarabie, s’est encore fait un plaisir de nous aider maintes fois dans nos recherches. Grâce à lui, grâce aussi à bien d’autres sympathi- ques personnalités Ondarabiarres, dont nous ne citerons que l’excellent Sr. D. Olegario de Laborda, alors alcalde de la Cité, nous avons fait un délicieux et inoubliable séjour dans ce pays enchanteur dont la magnificence des sites n’a d’égale que l’exquise bonté de ses habitants.

Début de l’ouvrage

CHAPITRE PREMIER

C’est un siècle charnière entre le Moyen Âge et la Renaissance Les historiens situent sa fin en 1492 avec la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb

Nous ne pouvons guère parler d’une façon précise et détaillée des relations de Fontarabie avec le Labourd avant le quinzième siècle. Ce n’est pas qu’antérieurement à cette époque, des traités ne se soient pas conclus entre les provinces de Guipûzcoa et de Labourd, mais de ces documents plus anciens, le rôle de Fontarabie ne se dégage pas assez nettement pour que nous puissions l’exposer ici . A peine quelques maisons avaient-elles été bâties sur la rive française de la Bidassoa, que Fontarabie, jalouse de ses droits, fit sentir sa toute-puissance aux quelques pêcheurs labourdins qui se hasardèrent à naviguer dans la baie. Il dut y avoir, de la part des Hendayais, quelques vives protestations suivies très probablement d’un appel au roi de France, mais rien ne nous permet de préciser ces faits.

1455   Une tour dut être construite dès 1455 environ, soit sur l’emplacement actuel du port de Hendaye, soit sur celui du fort aujourd’hui en ruines qui fut construit en 1665 . Toujours est-il que, le 28 septembre 1458, Henri IV de Castille écrivait au corregidor de Guipûzcoa, D. Juan Furtado de Mendoza, que, malgré ses instances auprès du roi de France, la tour de Hendaye allait être achevée et qu’en présence d’une telle provocation, il fallait, de la part de Fontarabie, une attitude plus qu’énergique. Tout Français devait, à son passage sur la rive espagnole, en faire la déclaration à l’alcalde du lieu où il débarquait, lequel transmettait à ses collègues des villes voisines la promesse faite sous serment par le Français de se bien conduire et de respecter les lois du pays. Si le Français causait quelque dommage, nul besoin n’était de le juger, il fallait le tuer sur le champ ; et non seulement le roi conseillait à ses sujets cette mesure violente, mais encore il la leur ordonnait

  1. Le mandement royal fut lu sur la place publique de Fontarabie et les pêcheurs de Hendaye et des autres villages labourdins se rendirent compte ainsi que le séjour dans la ville guipuzcoane pouvait devenir dangereux.

Il dut y avoir — là encore, malheureusement, nous manquons de données certaines — une résistance assez vive de la part des habitants de Hendaye et d’Urrugne, d’ailleurs excités par le sire d’Urtubie, tout-puissant alors sur la rive française du fleuve. Le corregidor, effrayé de la révolte générale des Labourtins et des altercations sanglantes qui se produisirent sur la Bidassoa, fit poster aux environs d’Irun, dans la tour dite de Guardiagana, une troupe de mille fantassins

  1. Cet état de défiance et de perpétuelles menaces ne pouvait durer longtemps. Au mois de novembre ou de décembre suivant, Charles VII et Henri IV, de commun accord, résolurent de régler les différends entre Labourdins et Guipuzcoans, au moyen d’une commission mixte, inaugurant ainsi un système qui sera fréquemment employé par la suite, avec plus ou moins d’efficacité d’ailleurs. La commission fut composée de délégués de Castille et de Guipuzcoa, d’une part — c’étaient le Docteur Fernan Gonzales. de Toledo, habitant de Valladolid, le Docteur Diego Garcia de Burgos, habitant de Salamanque, le Docteur Palos de Ondarroa délégués de France et de Guyenne, d’autre part, — c’étaient Me Martin, habitant et chanoine de Dax, et Me Nates, de Dax éconservés
  1. 1. Les commissaires, assistés de deux notaires royaux, déclarèrent que toutes les terres recouvertes par le fleuve depuis Endarlaza

2  jusqu’au cap du Figuier appartenaient au roi de Castille et décidèrent qu’un mât de pin destiné à délimiter la frontière entre les deux royaumes serait placé à Ondaraltzu, sur la pointe actuelle d’Ondarraïtz, qui devait s’étendre alors moins loin vers la barre du Figuier.

  1. 3. La sentence fut transcrite sur parchemin par les soins de Juanot de Vera, alcalde de Fontarabie, et placée dans les archives de la ville où elle fut brûlée lors du terrible incendie de 1498

1463          En avril 1463 , la paix se fit sur la frontière. Pendant quelque temps, les habitants des deux villes oublièrent leurs querelles, occupés qu’ils étaient des préparatifs de la prochaine entrevue des deux rois de France et de Castille, entrevue qu’avait rendue nécessaire l’attitude prise récemment par Louis XI dans les affaires d’Aragon

  1. Le 8 mai, les rois accompagnés d’une suite nombreuse d’illustres personnages se virent sur les bords du fleuve, à Hendaye. L’accueil, de part et d’autre, fut fort courtois. Entre autres choses, Henri IV de Castille prit soin de faire remarquer à Louis XI que le royaume de France commençait seulement à la rive de Hendaye et que la Bidassoa dans toute sa largeur appartenait à la Couronne de Castille.

Le roi de France, d’ailleurs fort malencontreusement préoccupé par de plus graves questions, y consentit

2 ; cet aveu peu réfléchi fut pour les Espagnols comme un nouveau gage de leurs droits.

Treize ans plus tard, la guerre éclata dans le pays basque. Alphonse V, roi de Portugal, avait su persuader le roi de France d’envahir le Guipuzcoa tandis que lui-même et les partisans de la Beltraneja s’occuperaient d’attaquer la Castille.

  1476   Le 14 février 1476, quarante mille hommes, sous la conduite d’Alain, sire d’Albret, traversèrent le pas de Béhobie et se dirigèrent sur Irun qu’ils pillèrent et incendièrent. Durant plus de deux mois, ce furent de sanglantes escarmouches entre les bandes guipuzcoanes et les détachements français postés dans la campagne environnante. C’est seulement le 8 avril que le siège fut mis devant Fontarabie. Les assiégés se défendirent valeureusement, tant et si bien d’ailleurs que l’ennemi partit, le troisième jour, ravager les bourgs laissés sans défense d’Oyarzun et de Renteria. Cependant, le 11 mai, Fontarabie, de nouveau, fut attaquée. La place, merveilleusement défendue par D. Juan de Gamboa, était ravitaillée par mer ; elle aurait pu soutenir ainsi longtemps le choc de l’ennemi, quand le 15 du même mois, les Français, désespérant de jamais s’en emparer, repassèrent la frontière

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.Fin du chapitre premier de Théodoric Legrand :  

             le XV ème siècle

LA SUITE DANS LA RUBRIQUE  :  LIVRES

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1492  FIN DU MOYEN AGE

Capture.PNGseizieme

La guerre de Course

image51sont successivement endigués et mis en culture.

Evolution de Hendaye au cours du XVIème siècle

1501 Premier tarif conservé des droits à la Lonja, ou douane de Fontarrabie.

Les Hendayais arment leur tour, plusieurs fois ébrêchée et colmatée, de 3 canons battant l’eau et le fort d’en face, et une autre tour française est entreprise à Béhobie, sans suite.La tour de Hendaye reconstruite, l’artillerie de la forteresse de Fontarabie la démolit.

Le « corregidor » de Guipúzcoa traverse la Bidassoa muni de sa vara (barre de justice), signifiant la souveraineté espagnole sur la rivière et la rive droite par elle mouillée, pour s’entretenir avec le sénéchal de Lannes à propos d’un différend sur le trafic commercial sur la Bidassoa.

1510 Les habitants de la rive droite de la Bidassoa navigueront avec des barques sans quille d’après la sentence prononcée à l’unanimité par une commission mixte franco-espagnole qui ne se prononce pas sur la propriété de la rivière : espagnole d’après Fontarabie, partagée entre les deux royaumes d’après le seigneur d’Urtubie

Après les saisies du trafic navarrais en juin et septembre, et une entrevue fin 1509 entre le sénéchal des Lannes et le corrégidor de Guipuzcoa, une seconde commission mixte est composée de :

  • Me Mondot de la Martonie, président du Parlement de Bordeaux.
  • Me Guillaume de Laduchs, sénéchal des Lannes (de Bayonne).
  • Don Cristóbal Vasquez de Acuña, du Conseil de Castille.
  • Don Francisco Tellez de Ontiberos, corrégidor de Guipuzcoa (à Tolosa).

Ne se prononçant pas sur la souveraineté que Fontarabie proclamait exclusivement espagnole et que le châtelain d’Urtubie réclamait mi-fran­çaise et mi-espagnole, leur sentence du 10 avril à Saint-Jean-de-Luz recon­naissait un usage commun du fleuve, avec un port à Hendaye mais sans l’usage de barques à quille.

1510 A la suite d’une saisie du trafic navarrais par Pierre de Bouniort, remettant en question la sentence provisoire, la commission réunit en 1511 les mêmes Espagnols avec Me Compaignet d’Armendaritz et Me Jean d’Ibarrole, et elle en est encore là en 1520 avec toujours les mêmes Espa­gnols et Jean de Calvimont et François Cadenet, conseillers au Parlement de Bordeaux.

Construction rive gauche d’un château fort en face du gué de Béhobie -appelé plus tard Gasteluzar- ordonné par Ferdinand le Catholique.

1512 Ferdinand est Roi Catholique, allié à Henri VIII, roi d’Angleterre; Louis XII est roi de France allié à Jean d’Albret, roi de Navarre.

Jean d’Albret et le duc d’Angoulême, futur François Ier de France, revenant d’assiéger le duc d’Albe à Pampelune, passent sur la Bidassoa par les cols de Velate et de Maya, et les Anglais débarqués à Passages de Fontarabie se rembarquent après avoir dévasté Hendaye. Une trêve d’un an est signée à Urtubie le 1er avril 1513.

1513 Jean III de Navarre (1484-1516) tente de reconquérir son royaume, une première fois en 1512, mais échoue malgré une aide timide française, et une deuxième fois en 1516, date à laquelle il meurt.

Jean d’Albret et le duc d’Angoulême, futur François Ier de France, revenant d’assiéger le duc d’Albe à Pampelune, passent sur la Bidassoa par les cols de Velate et de Maya, et les Anglais débarqués à Passages de Fontarabie se rembarquent après avoir dévasté Hendaye.  Une trêve d’un an est signée à Urtubie le 1er avril 1513.

Une armée anglaise alliée de l’Espagne, occupa pendant quelques jours Hendaye au grand dommage de ses habitants.

Pendant les années qui suivirent, le calme régna dans le pays jusqu’au jour où en 1521, lors de la seconde guerre de Navarre, l’amiral Bonnivet fit une diversion dans le Guipuzkoa.

Après avoir pris le fort de Béhobia de construction récente, il s’empara de Fontarrabie. Cette place resta en possession des Français jusqu’en septembre 1523 et fut reprise alors par les armées de Charles-Quint.

Hendaye se ressentit de ces opérations, car elle fut souvent traversée par des convois de troupes, de ravitaillement, de munitions et aussi par les incursions des Espagnols qui faisaient des razzias dans le Labourd.

Ce n’est qu’après la reprise de Fontarrabie par les Espagnols et lorsque les hostilités eurent été portées ailleurs, que les Hendayais connurent une longue période de paix.

 

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Une réflexion sur “ PRIEURE-HOPITAL de ZUBERNOA — PELERINAGE DE COMPOSTELLE ”

  1. Bonjour !
    Fin juillet, j’ai du interrompre mon pèlerinage vers Jérusalem en raison d’une blessure au genou :
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    De retour en France, je reprends aujourd’hui la publication des photos de pèlerins sur le site  » Les Photos du Camino  » :
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    Veuillez m’adresser votre ou vos clichés à l’adresse suivante :
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    Cordialement,
    Jean-Pierre
    PS : pouvez-vous transmettre ce message à tous les pèlerins que vous connaissez ? Merci
    Désolé si vous avez déjà reçu ce message …

    Jean-Pierre Répondre

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