Croisic

6

SUHIGARAYCHIPI

était il Bayonnais ou Hendayais   

Etait-il natif de Bayonne, Joannis de SUHIGARAYCHIPI dit Coursic, dit Croisic, ce grand marin, qui peut être considéré comme l’un des plus prestigieux capitaine des ports de Bayonne et du pays du Labourd et dont le ministre de Pontchartrain avait dit à Madame de Gramont qu’il était meilleur corsaire que bon sujet de Sa Majesté .

Capitaine de navire marchand et en son temps capitaine de corsaire, il devint capitaine de frégate du roi comme Louis de Harismendy, natif de Bidart, qui peut être considéré comme son égal.

Plusieurs auteurs ont confirmé son origine bayonnaise dans leurs ouvrages.

Il est vrai que certaines archives municipales de Bayonne permettaient de supposer que ce glorieux capitaine était né dans cette ville.

Dans certains registres est signalée la maison de Croisic à la rue de la Galuperie.

En outre dans un registre paroissial, est mentionné , à la date du 24 novembre 1638, le baptême dans l’église cathédrale, de Jehan, fils de Joannis de Suhigaraychipy et de Magdeleine de Sopite.

Mais cette famille était-elle de Bayonne, ou bien ce qui est probable, s’y était elle réfugiée comme beaucoup d’autres familles, lors de l’invasion en octobre 1636, par les troupes espagnoles de certaines paroisses frontalières du Pays de Labourd, et avait-elle prolongé son séjour après le départ en octobre 1637 des envahisseurs, sa maison ayant peut-être été pillée et brûlée comme beaucoup d ‘autres maisons de ces paroisses et principalement de Hendaye et de Ciboure ?

Par ailleurs, ce baptême, concernait-il celui qui devait être connu sous le nom de Croisic, nom que portera une partie de sa descendance ?

ORIGINE HENDAYAISE DE COURSIC

Il peut être affirmé que Coursic était natif de

Hendaye. Sa date de naissance et celle de son baptême sont inconnues, car en 1793, les Espagnols entrés dans le territoire de Hendaye, avaient emportés les registres de cette paroisse

En outre, bien que cette période ne soit pas concernée il y a lieu de préciser que les registres d’état civil de cette ville pour la période 1793-1813 , avaient été brûlés par les  » alliés  » lors de leur arrivée en France en 1813

Cependant, les archives des notaires d’Urrugne, de Ciboure et Saint Jean de Luz afférentes aux 17eme et 18eme siècles, conservées par les Archives Départementales des Pyrenées Atlantiques permettent de retrouver trace de certaines familles de Hendaye.

Parmi ces minutes notariales, se trouve le contrat de mariage, établi à Hendaye le 23 janvier 1679 par Me de Bereau, notaire royal de Ciboure, de ce fameux Joannis de Suhigaraychipy, qualifié de marinier, et de Saubadine de Haramboure , les deux habitant Hendaye.

Le futur époux était assisté de son beau-frère Joannis de Morcoitz, époux de Marie de Suhigaraychipy La future épouse était la fille de Miguel de Haramboure et de Marie de Hiriart sieur et dame de la maison de Sansignene de Hendaye.

Elle était assistée de Joanissona Detcheverry et de Marie de Haramboure, conjoints sieur et dame de la même maison, son beau-frère et sa soeur .

Un des témoins était Martin de Haramboure, capitaine de navires, ancien jurat de la paroisse de Hendaye, oncle de la future épouse ( et beau-frère de l’époux car marié à Jeanne de Suhigaraychipy

Précédemment, le 24 février 1675 , en la paroisse de Biriatou et par le même notaire, avait été établi le même contrat de mariage d’un autre Joannis de Suhigarachipy , aussi marinier habitant aussi à Hendaye, et de Domindigne Daspicoetta, fille de Gracianne de Chanchic, veuve du premier lit de feu Martin de Daspicoetta de Biriatou et veuve en deuxième noces de Joannis de Haramboure, sieur de la maison d’Arroupea de Biriatou.

Le futur époux était assisté de ses beau-frères, Martin de Haramboure et de Joannis de Morcoitz, maîtres de navires de Hendaye ..

Il est précisé dans ce dernier contrat, que la mère de Joannis de Suhigaraychipy était Marie de Margerie. Par ailleurs, divers actes notariés prouvent que les deux futurs époux, concernés par ces deux contrats de mariage, étaient deux frères

.Ils avaient tous deux comme beau-frères Joannis de Morcoitz.

Ce dernier a été, en 1691, troisième lieutenant sur la frégate La Légère commandée par Croisic dont le frère, l’autre Joannis s’y trouvait embarqué en qualité de deuxième lieutenant.

En 1690 , Coursic résidait encore à Hendaye , selon les mentions figurant sur un acte notarié daté du 12 septembre 1690 Cet acte était établi à la demande de André Darretche , capitaine de navires de Saint jean de Luz pour être notifié à Joannis de Suigaraychipy di Coursic habitant Hendaye en vue d’obtenir conformément à la décision du Conseil d’Etat du 21 juillet 1690 la main levée des trois quarts du vaisseau le Saint Antoine de Saint Jean de Luz et de l’ensemble de la cargaison de morue.

Ce navirre venant de Terre-Neuve avait été pris par Coursic, car 1/4 appartenait à des Espagnols.

Par ailleurs, sur le registre paroissial, Coursic capitaine de frégate du Roi, parrain à un baptême célébré à Bayonne le 6 janvier 1691 est porté comme résidant à Hendaye.

Sur le même registre, de nouveau parrain à Bayonne le 16 janvier 1691 , est porté comme résident à Hendaye

Il est probable que c’est vers 1691 que Croisic et sa famille s’est installé à Bayonne achetant la maison qui sera nommée la maison de Croisic, à la rue de la Galuperie .

A ce sujet il y a lieu de préciser que les noms des maisons n’étaient pas fixées suivant les mêmes règles selon qu’elles étaient situées en milieu rural ou en milieu urbain.

En milieu rural basque selon l’usage ou la coutume, il était attribué aux maisons, un nom compte tenu, soit de la situation par rapport au voisinage ou à la nature environnante, soit de leur forme, de couleur, de leur ancienneté, ce nom n’étant pas modifié par le temps.

Au centre de Bayonne, les maisons étaient nommées par le nom de leur propriétaire.

Le nom se modifiait donc lorsque il y avait un changement de propriétaire.

La maison de Croisic a été ainsi nommée après son achat par Croisic.

Après le décès de ce dernier, sa veuve Saubadine de Haramboure a acheté une maison située rue Pannecau ; un Procès Verbal de prise de possession par elle de cette maison a été établi le 5 décembre 1696 par Me de Laborde notaire royal de Bayonne ( 7 )

ASCENDANCE DE CROISIC .

Joannis de Suigaraychipy était le fils de Joannes de Suhigaraychipy et de Marie de Margerie résidant à Hendaye.

Ces derniers s’étaient mariés en février 1640. Un acte notarié daté du 28 février 1642 cite en effet leur contrat de mariage établi en février 1640

La date de naissance de leur fils  » Coursic  »devait se situer entre 1640 et 1646

Il peut être affirmé sans crainte d’erreur, que l’enfant Jehan de Suigaraychipy Baptisé à Bayonne le 24 novembre 1638 n’était pas celui qui allait devenir Croisic .

Les noms et prénoms sont en effet différents , s’agissant de la mère Marie de Margerie, mère de Croisic, était la fille unique de Esteben de Margerie, marchand de Hendaye, et de Marie d’Agorette sieur et dame de la maison de Péricorena de Hendaye.

Veuf Esteben de Margerie avait épousé en deuxième noces Marie Daguerre. a testé le 6 avril 1654 devant Me Diharce notaire royal

LE PERE DE CROISIC CAPITAINE DE NAVIRE.

Un acte daté du 31 décembre 1641 cite le navire la Marie de Saint Vincent de Ciboure, de 180 tx.armé de 6 pièces de canon, 2 pétards, 20 mousquets navire qui doit partir pour la pêche et chasse des baleines sous la conduite de Joannes de Suhugaraychipy, marchand marinier de Hendaye.

Un autre acte daté du 17 novembre 1665 cite le navire le Saint André de 150 TX qui est revenu de la pêche aux baleines, et dont le maître postif était Joannes de Suhigaraychipy dit Guichona, habitant la paroisse de Hendaye .

Il est probable qu’il s’agissait du père de Croisic.

ORIGINE DU NOM DE SUHIGARAYCHIPY

Ce nom est celui d’une maison d’Urrugne, citée dans divers actes, et notamment dans un acte notarié daté du 20 juin 1647, le maître de cette maison étant alors Pascoal de Suhigaraychipy .

Dans plusieurs paroisses du pays du Labourd et de Basse-Navarre, il existait une maison nommée Suhigaray. Mais il semble qu’une maison appelée Suhigaraychipy ne se trouvait qu’à Urrugne , où, par ailleurs, existait et existe encore la maison Suhigaray.

Durant les 17 eme et 18eme siècles, diverses personnes vivant dans la paroisse d’Urrugne ont continué à porter ce nom qu’elles devaient à un ancêtre né dans la maison de Suhigaraychipy .

Croisic né à Hendaye, paroisse voisine d’Urrugne, devait avoir son père, ou son grand-père né dans cette même maison.

CONCLUSION

Il est certain que Joannis Suhigaraychipy dit Coursic, dit par la suite et généralement Croisic n’était pas natif de Bayonne .

Les informationsqui ressortent de ces documents de son époque tendent à prouver qu’il était de la paroisse de Hendaye.

Pour terminer, il y a lieu de rappeler qu’a Terre-Neuve, en l’église de Placentia , se trouve la tombe de Croisic décédé au cours d’une de ses croisières.

Sur la pierre tombale ont été gravées les mentions suivantes : » CY GIS IOANNES DE SUIGARAICHIPI DIT CROISIC CAPITAINE DE FREGATE DU ROY 1694  » ENVIEUX POUR L’HONNEUR ‘ DE ) MON ( Sr LE ? ) PRINCE J’ ALLAIS

NE SUIVANT SA CARRIERE ATTAQUER LES ENNEMIS EN LEUR MESME ( PAYS )

Décédé à Plaisance TERRE NEUVE en 1694

(Bulletin Sté Sciences Lettres et Arts de Bayonne

DUCERE un corsaire basque sous Louis XIV

————–

 xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

Retour au sommaire         CONTINUER       

 

********************************

 

—————